A grand bruit, en foule, tumultueusement
7. Conseil de tons les ininistres : exageration mensongere; il n'y avait pas eu probablementde conseil proprement dit,et Daniel n'avait pas ete consulte. Le mot uiinisires est pris ici dans le sens general de fonctionnaires, et comprend les quatre classes enumerees ensuite. — Si ce n^est a toi : d'apres les auteurs anciens, les Perses consideraient le roi comme fils et image des dieux, et meme comme dieti. — La fosse aux lions. Lenormant : " La fosse aux lions devient pour nous un detail d'une exactitude topique, en pre'sence des admirables bas-
PROPHETIE DE DANIEL. Chap. VI, 8—23.
la fosse aux lions. ^Maintenant, 6 roi, porte la defense et ecris le decret, afin qu'il n'y puisse etre dcroge, scion la loi des Medes et des Perses, qui est irrevocable." 9 En consequence le roi Darius ecrivit le decret, la defense.
^°Lorsque Daniel eut appris que le decret etait ecrit, il entra dans sa maison, qui avait dans la chambre haute des fenetres ouvertes du cote de Jerusalem. Trois fois par jour il se mettait a genoux et louait Dieu, comme il le faisait auparavant. ^^^Alors ces hommes vinrent en foule et trouverent Daniel priant et invoquant son Dieu. ^^p^js \\^ s'approcherent du roi et lui parlerent au sujet de la defense royale : " N'as-tu pas ecrit une defense portant que quiconque, pendant trente jours, adresserait une priere a quelque dieu ou homme, si ce n'est a toi, 6 roi, serait jete dans la fosse aux lions? " Le roi repondit : " La chose est certaine, d'apres la loi des Medes et des Perses, qui est irrevocable." ^sAlors ils reprirentetdirent au roi : " Daniel, I'un des captifs de Juda, n'a pas eu cgard a toi, 6 roi, ni a la defense que tu as ecrite; mais trois fois le jour il fait sa priere." 14 Lc roi, entendant cela, en eut un grand deplaisir; il prit a cosur de delivrer Daniel, et jusqu'au coucher du soleil il essaya de le sauver. ^sMais ces hommes vinrent a grand bruit vers le roi et lui dirent : " Sache, 6
roi, que c'est la loi des Medes et des Perses qu'il ne pent etre deroge a toute defense et tout decret rendu par le roi." ^^ Alors le roi donna I'ordre qu'on amenat Daniel et qu'on le jetat dans la fosse aux lions. Le roi prit la parole et dit a Daniel : " Puisse ton Dieu que tu sers constamment, te delivrer lui-meme! " "7 On apporta une pierre et on la mit sur I'ouverture de la fosse ; le roi la scella de son anneau et de I'anneau des grands seigneurs, afin que rien ne fut change a regard de Daniel.
^^Le roi s'en alia ensuite dans son palais; il passa la nuit a jeun et ne fit pas venir de femmes aupres de lui, et le sommeil s'enfuit loin de lui.
19 Puis le roi se leva a I'aurore, au point du jour, et il se rendit en toute hate a la fosse aux lions. ^oQuand il fut pres de la fosse, il appela Daniel d'une voix triste ; le roi prit la parole et dit a Daniel : " Daniel, serviteur du Dieu vivant, ton Dieu que tu sers constamment a-t-il pu tc delivrer des lions? " 2iAlors Daniel parla avec le roi : " O roi, vis eternellement! ^sMon Dieu a envoye son ange et ferme la gueule des lions, qui ne m'ont fait aucun mal, parce que j'ai ete trouve innocent devant mon Dieu ; et devant toi non plus, 6 roi, je n'ai commis aucun mal. "-3Alors le roi fut tres joyeux, et il ordonna de retirer Daniel de la fosse. Daniel fut done retire
reliefs de chasses d'Assurbanipal transport's h. Londres, ou nous voyons amener sur le terrain, dans des cages, les lions gardes pour le plaisir du roi." — Evidemment ce decret ne regardait pas les habitants de tout le royaume; il visait seulement les foncflionnaires de la cour.
8. Ecn's, ou bien fai's enregistrer, afin qu'il n'y manque aucune des formes ordinaires; un edit royal revetu de ces formes etait irrevocable d'apres la loi des Mhles et des Perses. Comp. Esih. i, ig; viii, 8.
9. Ecrivit ou fit enregistrer le decret. Les fonflionnaires avaient fait croire sans peine a Darius que celte defense etait un moyen d'obliger les nations recemment conquises ci reconnaitre son autoritd et de mettre ;i I'dpreuve leur soumission.
10. La chambre haute : comp. A<fl. x, 9. — Des fenetres oicvertes, non grill'es, comme elles I'etaient souvent en Orient, du cote de Jerusalem, ou Dieu avait promis de fixer ses yeux et son coeur. I Rois, ix, 3; comp. ibid, viii, 29 sv. Ps. xxviii, 2;/e'r. xli, 5. — Trois fois par jour : la tradition rabbinique attribue cette coutume a la grande Synagogue dont I'existence est posterieure k Daniel. Mais ce pouvait etre auparavant une pratique particulieie a certains hommes pieux, surtout pendant I'exil. Comp. Ps. Iv. 18. — D'autres textes nomment comme heures specialement consacrees a la priere la troisieme, la sixi^me et la neuvieme. Comp. Ail. iii, i; x, 9. C'tftait aussi vers la troisiome et la neuvieme heure que I'on devait ofiVir dans le temple le sacrifice perpetuel. Noinbr.
PROPHETIA DANIELIS. Cap. VI, 8—23.
nurn. 8. "Nunc Itaque rex confirma sententiam, scribe decretum : ut non immutetur quod statutum est a Medis et Persis, nee praevaricari cuiquam liceat. 9. Porro rex Darius proposuit edidlum, et statuit.
10. Quod cum Daniel comperisset, id est, constitutam legem, ingressus est domum suam : et fenestris apertis in coenaculo suo contra Jerusalem tribus temporibus in die iflcctebat genua sua, et adorabat, confitebaturque coram Deo suo sicut et ante facere consueverat.
II. Viri ergo illi curiosus inquirentes invenerunt Danielem orantem, et obsecrantem Deum suum. i 2. Et accedentes locuti sunt regi super edicto : Rex numquid non constituisti, ut omnis homo, qui rogaret quemquam de diis, et hominibus usque ad dies triginta, nisi te, rex, mitteretur in lacum leonum? Ad quos respondens rex, ait : Verus est sermo juxta decretum Medorum, atque Persarum, quod praevaricari non licet. 13. Tunc respondentes dixerunt coram rege : Daniel de filiis captivitatis Juda, non curavit de lege tua, et de edicto, quod constituisti : sed tribus temporibus per diem orat obsecratione sua. i4.0uod verbum cum audisset rex, satis contristatus est : et pro Daniele posuit cor ut liberaret eum, et usque ad
occasum solis laborabat ut erueret ilium. 15. Viri autem illi intelligentes regem dixerunt ei : Scito rex, quia lex Medorum, atque Persarum est ut omne decretum, quod constituerit rex, non iiceatimmutari.
16. Tunc rex praecepit : et adduxerunt Danielem, et miserunt eum in lacum leonum. Dixitque rex Danieli:
Deus tuus, quern colis semper, ipse liberabit te. 17. Allatusque est lapis unus, et positus est super os laci :
quem obsignavit rex annulo suo, et annulo optimatum suorum, ne quid fieret contra Danielem.
18. Et abiit rex in domum suam, et dormivit incoenatus, cibique non sunt allati coram eo, insuper et somnus recessit ab eo, 19. Tunc rex primo diluculo consurgens, festinus ad lacum leonum perrexit : 20. appropinquansque lacui, Danielem voce lacrymabili inclamavit, et afFatus est eum : Daniel serve Dei viventis, Deus tuus, cui tu servis semper, putasne valuit te liberare a leonibus.^ 21. Et Daniel regi respondens ait : Rex in asternum vive :
22. *Deus meus misit Angelum *iM;ich.; suum, et conclusit ora leonum, et ^°' ^}^^^^non nocuerunt mi hi : quia coram eo justitia inventa est in me : sed et coram te, rex, delictum non feci.
23. Tunc vehementer rex gavisus est super eo, et Danielem praecepit
xxviii, 4 sv. Comp. Dan. ix, 21 ; I Esdr. ix, 5; Ps. cxli, 2. — Daniel continua de prier comma il avait coutume de le faire. Obdir au ddcret en omettant cette pratique eiit ete faire injure au Dieu d'Israel en rendant au roi un hommage blasphematoire.
\^. A grand bruit : Vulg. comprenant I'intention du roi.
17. L^ouverhire^ I'entree; ce mot peut designer aussi bien une porte laterale que I'ouverture a Fair libre au-dessus de la fosse. — A fin que rien ne fut change etc. — Vulg. A fin qiion ne fit rien contre Daniel.
18. De feiirincs de son harem. — Vulg., ne se fit point apporter de notiirittere; d'autres autrement.
20. Dieu vivant, locution propre k la Bible, que le roi pouvait avoir entendue la veille de la bouche de Daniel. On sait
d'ailleurs que les Mddo-Perses avaient sur la religion des idees beaucoup plus pures que les Assyrians et les Babyloniens.
22. Devaiit toi non plus : Daniel n'a pas peche contre I'esprit, mais seulement contre la lettre de I'e'dit, et cela, non par mdpris du roi, mais pour etre fidele a son Dieu. — Dieu a envoye son ange, etc. — L'apotre S. Paul fait allusion a ce prodige, en I'attribuant au merite de la foi {H3r. xi, 2,2))- H pensait sans doute aussi a Samson {Jug. xiv, 5 sv.), et a David {I Sam. xvii, 34 sv.); mais c'est Daniel qu'il avait principalement en vue : la phrase dont il se sert reproduit I'expression meme de la version grecque de notre passage, £9pa;av a-o[j.axa Xeo'vxtov. D'ailleurs l'apotre trouvait dans ce meme passage (voy. vers. 23), I'exemple de la fo du saint prophete dont il fait I'cloge.
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de la fosse, et on ne trouva sur lui aucune blessure, parce qu'il avait cru en son Dieu. 24 Sur I'ordre du roi, on amena ces hommes qui avaient dit du mal de Daniel, et on les jeta dans la fosse aux lions, eux, leurs femmes et leurs enfants. lis n'avaient pas encore atteint le fond de la fosse, que les lions les saisirent et briserent leurs OS.
25Alors le roi Darius ecrivit a tous les peuples, nations et langues qui habitent sur toute la terre : " Que la paix vous soit donnee en abondance!
26 De moi emane I'ordre que dans toute I'etendue de mon royaume on craigne et on revere en tremblant le Dieu de Daniel; car il est le Dieu vivant, qui subsiste eternellement ; son royaume ne sera jamais detruit et sa domination n'aura pas de fin.
27 II delivre et il sauve, il fait des signes et des prodiges au ciel et sur la terre; c'est lui qui a delivre Daniel de la griffe des lions."
28 Or Daniel prospera sous le regne de Darius et sous le regne de Cyrus le Perse.
UXIEME PARTIE
Propheties sur les royaumes de la terre et le royaume de Dieu [Ch. VII — XII].
CHAP. VII. — Les quatre animaux et les quatre empires. Le regne du Fils
de I'homme et des Saints.
voyais dans ma vision pendant la nuit, et voici que les quatre vents du ciel fondaient sur la grande mer. 3Et quatre grandes betes monterent de la mer, differentes I'une de I'autre.
4 La premiere etait semblable a un lion et avait des ailes d'aigle. Je contemplais, jusqu'au moment ou ses
Ch. VII. iK^^^^alA premiere annee du regne
de Baltasar, roi de Babylone, Daniel etant sur sa couche eut un songe et des visions en son esprit. ^H ecrivit ensuite le songe et raconta la substance des faits.
Daniel prit la parole et dit : Je
24. Ces hotmnes, non pas tous les fondlionnaires de I'empire, mais le petit nombre de ceux d'entre eux qui avaient trame la peite de Daniel. — Leurs fe mines et leurs enfants : c'etait I'usage chez les Perses dans le chatiment des grands coupables {Herod, iii, 119; comp. Esth. XVI, 18). Moise avait defendu cette pratique aux Israelites, les innocents ne devant pas etre enveloppes dans le chatiment des criminels {Deuf. xxiv, 16).
28. Prospera sous le regne de Darius; Vulg., persevera jusqu\xu regne de Darius; probablement : v^cut ainsi jusqu'^ la fin du regne de Darius.
CHAP. VII
I sv. Ce chapitre, qui est encore ecrit en arameen, forme la conclusion de la 1'^'= par-
tie (ch. ii, vi). II a, en effet, le meme objet cjue le chap, ii : la succession des empires qui est reprtfsentee au ch. ii sous le symbole cl'une statue composde de plusieurs metaux differents, est figuree ici par quatre animaux. Mais, non seulement I'image est changee; la vision du ch. vii ajoute en outre k la premiere des elements nouveaux, elle precise la nature et le caracflere des quatre empires paiens et donne une idee plus complete du royaume de Dieu qui doit les remplacer.
D'apres I'interpretation traditionnelle, les quatre empires figures par les quatre animaux sont les monarchies babyloniennes, medo-perse, grecque et romaine. Plusieurs commentateurs modernes, posant en principe qu'il n'existe pas de veritable prophetic, et supposant que le livre de Daniel est
PROPHETIA DANIELIS. Cap. VI, 24—28; VII, 1—4.
educi de lacu : eductusque est Daniel de lacu, et nulla lassio inventa est in eo, quia credidit Deo suo.
24. Jubente autem rege, adducti sunt viri illi, qui accusaverant Danieiem : et in Jacum leonum missi sunt, ipsi, et filii, et uxores eorum : et non pervenerunt usque ad pavimentum Jaci, donee arriperent eos leones, et omnia ossa eorum comminuerunt.
25. Tunc Darius rex scripsit universis populis, tribubus, et linguis habitantibus in universa terra : Pax
3. vobis multiplicetur. ^26. "A me constitutum est decretum, ut in universe imperio, et regno meo tremiscant, et paveant Deum Danielis :
ipse est enim Deus vivens^ et asternus in sa^cula : et regnum ejus non dissipabitur, et potestas ejus usque in asternum. 27. Ipse liberator, atque salvator, faciens signa, et mirabilia in coelo, et in terra : qui liberavit Danielem de lacu leonum.
I, 28. "^Porro Daniel perseveravit usque ad regnum Darii, regnumque Cyri Persas.
— :^— CAPUT VII. — :i:—
Visio Danielis de quatuor bestiis quatuor regna designantibus : de antique dierum et throno ejus ac ministris, quo judicante perierunt bestise : ad hunc accedens filius hominis accipit potestatem ajternam et incorruptibile regnum ; declarantur r-egna per bestias designata, et maxime quae per quartam bestiam et ejus cornua designentur quae resignabit usque ad tempus et tempora et dimidium temporis.
NNOprimoBaltassar regis Babylonis, Daniel somnium vidit : visio autem
^ capitis ejus in cubili suo :
et somnium scribens, brevi sermone comprehendit :
Summatimque perstringens, ait :
2. Videbam in visione mea nocte, et ecce quatuor venti coeli pugnabant in mari magno. 3. Et quatuor bestial grandes ascendebant de mari diversas inter se. 4. Prima quasi leasna, et alas habebat aquilas : aspiciebam donee evulsas sunt alas ejus, et sublata est de terra, et super pedes quasi homo stetit, et cor homi-
I'oeuvre d'un ecrivain juif contemporain des Machabees, refusent de voir dans la quatrieme bete I'embleme de I'empire romain; I'auteur du livre ne serait plus un prophete, mais un simple historien; tout s'arreterait a Antiochus Epiphane, et le quatrieme empire serait ou bien le grec (le medo-perse comptant pour deux),ou bien celui des successeurs d'Alexandre, particulierement le royaume de Syrie. Mais on ne saurait accepter ces interpretations arbitraires, inspirdes surtout par le desir d'eliminer de I'histoire tout surnaturel ; et qui sont d'ailleurs en contradiction avec le texte sacre.
1. Ln /''^ afine't', vers I'an 540 av. J.-C; car Baltasar, qui fut tue en 538, n'avait rempli les fonflions de vice-roi que pendant un petit nombre d'annees. Comp. viii, i. Pour la succession des evenements ce chap, vii fait done suite au recit du ch. iv. — Des visions en soji esprit, litt. de sa tete, comme ii, 28.
2. La substatice (litt. caput, summain) des faits; la paraphrase de la Vulgate rend bien le sens. Dans ce preambule, Daniel parle de lui h. la 3^ personne. Plusieurs y soupgonnent la main du redafleur du livre, non celle du prophete lui-meme.
La grande mer est le symbole naturel de la masse de I'humanite, specialement de I'humanite paienne, au sein de laquelle se forment les divers empires. Les qtiatre vents du ciel symbolisent, soit les puissances celestes (les anges, dit S. Jerome), qui president a la naissance et au de'veloppement des nations; soit les forces et les tendances inherentes a la nature humaine, lesquelles, avec la permission de Dieu, font explosion dans I'histoire et donnent a chaque empire son caraftere pai'ticulier.
3. Quatre betes : comp. Apoc. xiii, i. Les prophetes representent souvent les nations sous I'embleme d'animaux, re'els ou fantastiques : voy. Is. xxvii, i ; li, 9; Eze'c/i. xxix, 3; xxxii, 2. Comp. Ps. Ixviii, 31; Ixxiv, 13. — MonterentV\\x\& apres I'autre. — Differentes, chacune ayant, comme I'empire qu'elles figurent, son allure, son mode d'agir, son caractere propre.
4. La premiere, un lion. — Vulg. et grec : utie lionne — avec des ailes d\iigle, symbole de force et d'agilitd, symbolise le i^"" empire, la monarchie babylonienne. La meme image se trouve dans y/r. iv, 7, 13; xlix, 19 sv.; Hab. i, 8; Ezech. xvii, 3 etc. — Le plus noble des animaux sauvages et leplus noble
PROPH^TIE DE DANIEL. Chap. VII, 5—9.
ailes furent arrachees, et ou elle fut enlevee de terre, et dressee sur ses pieds, comnne un homme, et ou un coeur d'homnne lui fut donne. sEt voici une autre bete, une deuxieme, ressemblant a un ours; elle dressait I'un de ses cotes, et trois cotes etaient dans sa gueule entre ses dents, et on lui disait : Leve-toi, mange beaucoup de chair! ^Apres cela, je regardais, et voici une autre bete semblable a un leopard ; elle avait sur son dos quatre ailes d'oiseau, et cette bete avait quatre tetes, et la domination lui fut donnee. 7Apres cela je regardais dans les visions de la nuit, et voici une quatrieme bete, terrible, effrayante et extraordinairement for-
te; elle avait de grandes dents de fer; elle devorait et brisait, et le reste elle le foulait aux pieds; elle etait differente de toutes les betes qui avaient precede, et elle avait dix cornes. ^Je considerais les cornes, et voici qu'une autre corne, petite, s'eleva au milieu d'elles, et trois des premieres cornes furent arrachees par elle, et cette corne avait des yeux comme des yeux d'homme, et une bouche qui disait de grandes choses.
9je regardais, jusqu'au moment ou des trones furent places, et ou un vieillard s'assit. Son vetement etait blanc comme de la neige, et ses cheveux comme de la laine pure. Son trone etait des flammes de feu ; les
des oiseaux correspondent k la tete d'or de la statue du ch. ii, qui reprdsentait Nabuchodonosor. Les bas-reliefs de Ninive et de Babylone representent souvent cette sorte d'animaux composites, et notamment des lions ailes. — Ses Mlesficrenf arrachees, etc. : ces traits se rapportent aux dernieres annees de I'empire babylonien, affaibli et tombant sous les coups des Medo-Perses; ce n'est plus le lion vigoureux, ni I'aigle rapide qui louche a peine la terre, mais Vhoinine faible et mortel, incapable de se ddfendre contre la deuxieme bete. Selon d'autres, ces images feraient allusion au chatiment dont Dieu frappal'orgueil de Nabuchodonosor, lorsque ce roi fut pour un temps prive de sa puissance et reduit a I'etat de brute, puis redevenu homme et s'elevant au-dessus du rang des betes, aprcs qu'il eut reconnu la souverainete du Dieu d'Israel. On ne voit pas pourquoi Daniel ferait en cet endroit allusion k. ce fait, et si longtemps apres I'ev^nement.
5. Un otirs, animal puissant et vorace, symbolise la seconde monarchie, I'empire medo-perse, figure par la poitrine et les bras d'argent de la statue (ii, 39). — Elle dressait iin de ses cotes (Vulg., elle sc tint a cote du lion), une de ses jambes pour I'attaque. Cette image correspond k celle du b^lier qui avait uae corne plus haute que I'autre (viii, 3), ce qui signifie la preponderance prise par la nation perse sur la nation mede. D'autres : elle se levait d^iin cote'; I'ours medo-perse a deux cotes : " I'un, le cote mede, reste en repos; I'autre, le cote perse, s'eleve et devient plus haut que le premier " (Trochon). — Trois cotes (Vulg., trois rangces de dents), embl^me des vastes conquetes de I'empire medo-perse du cote de I'occident, du c6t(^ du septentrion et du cote du
midi; ou bien par une application plus precise, figure des trois principales conquetes de Cyrus, savoir la Babylonie, la Lydie et I'Egypte. — Leve-toi, en avant, assouvis ta voracite, gorge-toi des depouilles des nations.
Pour un certain nombre d'exegetes modernes, le second empire, c'est la Medie seule, par opposition a la Perse, qui serait representee par la 3ebete. Mais I'histoire ne connait qu'un empire medo-perse, au sein duquel I'autorite appartint d'abord a la dynastie mede, puis a la dynastie perse. Quand Cyrus I'emporta sur Astyage, dit Rawlinson, " ce fut un changement de dynastie plutot qu'une conquete etrangere; Astyage et ses predecesseurs avaient ete rois des Medes et des Perses, Cyrus et ses successeurs furent rois des Perses et des Medes. " C'est de la meme maniere que le livre de Daniel envisage les choses; il distingue deux dynasties, mais il ne connait qu'une seule monarchie, representee au ch. viii (vers. 21) par un seul animal, le belier \ deux cornes. Comp. v, 28; viii, 8, 12, 15; xi, i sv.
6. Uit leopard, animal caracfl^rise par I'agilite avec laquelle il bondit sur sa proie {Hal), i, 8); il symbolise la troisieme monarchie, I'empire macedonien et les rapides conquetes d'Alexandre le Grand (comp.
viii, 21), et il correspond au ventre et aux cuisses d'airain de la statue du ch. ii. — Quatre ailes d^oiseau, pour augmenter encore I'agilite du quadrup^de. — Si/r son dos quatre tetes : ce sont les quatre monarchies (xi, 4) dans lesquelles I'empire grec, qu'Alexandre n'avait pas eu le temps d'organiser, se divisa, ou plutot se realisa (comp. viii, 8 i\ viii, 21). Ces quatre Etats sont la Macedoine, la Thrace, la Syrie et I'Egypte.
PROPHETIA DANIELIS. Cap. VII, 5—9.
nis datum est ei. 5. Et ecce bestia alia similis urso in parte stetit : et tres ordiiies erant in ore ejus, et in dentibus ejus, et sic dicebant ei :
Surge, comede carnes plurimas.
6. Post hasc aspiciebam, et ecce alia quasi pardus, et alas habebat quasi avis, quatuor super se, et quatuor capita erant in bestia, et potestas data est ei. 7. Post haec aspiciebam in visione noctis, et ecce bestia quarta terribilis, atque mirabilis, et fortis nimis, dentes ferreos habebat ma-
gnos, comedens atque comminuens, et reliqua pedibus suis conculcans :
dissimilis autem erat ceteris bestiis, quas videram ante earn, et habebat cornua decem. 8. Considerabam cornua, et ecce cornu aliud parvulum ortum est de medio eorum : et tria de cornibus primis evulsa sunt a facie ejus : et ecce oculi, quasi oculi hominis erant in cornu isto, et OS loquens ingentia.
9. Aspiciebam donee throni positi sunt, et antiquus dierum sedit :
Les commentateurs qui voient dans le leopard le symbole de la monarchie perse soutiennent deux choses inadmissibles :
I. que, des neuf rois perses que nomme I'histoire, Daniel n'en aurait connu que quatre, figures par les quatre tetes; 2. que ces quatre tetes existant simultancinent sur le dos du leopard seraient quatre rois siiccessifs.
7. Dans les visions de la mcit (comp. verset 2) : cette reprise de la vision proph^tique annonce des faits plus graves que ceux qui precedent. — Ufie qtiatrieme bete, brutale et feroce, symbole de la 4^ monarchie universelle, de I'empire romain, caracfleris^ par le fer, comme dans la statue du chap. ii. Plus grand et plus puissant que les autres, "I'empire romain, dit Denys d'Halicarnasse, regne sur toutes les contrees de la terre qui ne sont pas inabordables, il domine sur toute la mer; seul et le premier il a fait de rOrient et de I'Occident ses frontieres. " Cette bete n'est pas nommee, sans doute parce qu'elle n'a son semblable dans aucun des animaux existant sur la terre. Ce trait suffit a r^futer les interpretes qui voient en elle le symbole de la monarchie grecque fondee par Alexandre le Grand, car cette monarchie n'a rien qui la distingue specifiquement de toutes les autres. Un autre trait, s-A. force extraordinaire, ne permet pas non plus d'y voir la monarchie de Syrie, representee par Antiochus Epiphane. — Dix comes (comp. Apoc. xvii, 7, 12), c.-a-d. dix rois (vers. 24), en prenant ce mot dans le sens de royatiines, qu'il a souvent (ii, 44): elles correspondent aux dix orteils de la statue (ii, 41). De plus, elles ne paraissent pas I'une apres I'autre, mais se trouvent en meme temps sur la tete de la bete, puisqu'une petite corne surgit au milieu d'elles. Elles ne sauraient done symboliser dix rois de Syrie (I'histoire n'en compte d'ailleurs que sept, au plus huit) qui se seraient sticccde jusqu'a Antiochus Epiphane. Les dix cornes signifient la multitude d'Etats aux-
quels donna naissance la dissolution de I'empire romain.
8. Une petite corne : puissance de peu d'apparence, mais dans laquelle semblent se concentrei toute la force de la 4^ bete et son hostilite contre Dieu. Les trois cornes arrachees par elle (litt. devatit elle, comme si elles ne pouvaient subsister en sa presence) signifient probablement que plusieurs des Etats sortis de la 46 monarchie se soumettront a la petite corne et accroitront ainsi son pouvoir. — Des yeux d'homme, une bouche, semblent indiquer que cette puissance hostile a Dieu se personnifiera dans un individu habile et clairvoyant. Cet individu tout rempli d'orgueil, I'interpretation traditionnellel'identifie avec la personne ou le pouvoir designe par S. Paul comme " I'homme du peche, le fils de la perdition, I'impie, " en un mot I'Antechrist, dont I'apparition doit precederleglorieuxavenement du Messie (II Thess. i, 10).
Que la petite corne du chap, vii ait une autre signification que la petite corne du chap, viii, laquelle designe Antiochus Epiphane, c'est ce qui resulte clairement des circonstances toutes differentes de leur apparition et de leur maniere d'agir. Voyez viii, 9-14, 23-25.
9. Des trones Jurent places, litt. jetes du ciel ; ce n'est ni dans le ciel ni sur la terre, mais entre ciel et terre, que le jugement parait se passer. — Un vieillard, litt. un avance de jours, le Dieu dternel (comp. I Tim. i, 17; Apoc. i, 17), represents sous les traits d'un vieillard " parce que I'age donne I'impression de la majesty. " — S'assit pour juger, entoure d'autres juges (puisqu'il y a plusieurs trones), ses assesseurs, appeles plus loin les saints du Tres-Haut, c.-^.d. les esprits celestes " envoyes par Dieu pour exercer leur ministere en faveur de ceux qui recueilleront I'heritage du salut " {Hebr. i, 14) et eminemment saints. — Comp. Dan. X, 13, 20; xi, i; xii, i; Tab. viii, 3, etc. /.uc, i, 19 sv. Souvent ailleurs, c'est le Messie qui
PROPHETIE DE DANIEL. Chap. VII, 10—22.
roues, un feu ardent. i°Un fleuve de feu coulait, sortant de devant lui; mille milliers le servaient, et une myriade de myriades se tenaient debout devant lui. Le Juge s'assit, et des livres furent ouverts. "Je regardais alors a cause du bruit des grandes paroles que la corne proferait; je regardais, jusqu'au moment ou la bete fut tuee, et son corps detruit et livre au feu. ^^Aux autres betes aussi, on avait ote leur domination, et la duree de leur vie avait ete fixee jusqu'a un temps et un moment.
i3je regardais dans les visions de la nuit, et sur les nuees vint comme un Fils d'homme; il s'avanga jusqu'au vieillard et on I'amena devant lui. 14 Et il lui fut donne domination, gloire et regne, et tous les peuples, nations et langues le servirent. Sa domination est une domination eternelle qui ne passera point, et son regne ne sera jamais detruit.
isMoi, Daniel, je fus trouble en mon esprit au-dedans de moi, et les visions de ma tete m'effrayerent. ^^Je m'approchai vers I'un de ceux qui
etaient la, et je lui demandai quelque chose de certain sur tout cela, et il me parla pour m'en donner I'explication. ^7Ces quatre betes tres grandes, ce sont quatre rois qui s'eleveront de la terre; ^^mais les Saints du Tres-Haut recevront le royaume, et ils possederont le royaume a jamais, pour une eternite d'eternites.
19 Alors je voulus avoir une certitude sur la quatrieme bete qui etait differente de toutes les autres, extremement terrible, dont les dents etaient de fer et les griffes d'airain, qui mangeait, brisait et foulait aux pieds ce qui restait; ^oet sur les dix cornes qui etaient sur sa tete, et sur I'autre corne qui etait sortie et devant laquelle trois etaient tombees, cette corne qui avait des yeux et une bouche proferant de grandes choses, et qui paraissait plus grande que ses compagnes. ^rje regardai, et cette corne faisait la guerre aux Saints et et I'emportait sur eux, ^ajusqu'a ce que le vieillard vint, que lejugement fut donne aux Saints, et que le temps arriva ou les Saints possederent le
juge {Fs. ii ; 7s. xi, 4, al.); mais il s'agit ici, non du jugement dernier, mais d'un jugement invisible, anterieur el preparatoire k celui-la, et dans lequel le Pere soumettra k son Fils tous ses ennemis. — Neigc, laiiie pure : embleme de la saintete parfaite. — Flainmes de feu : symbole de la puissance de Dieu k la fois vivifiante et consumante (Comp. Apoc. i, 12-16). Le trone est garni de roues : comp. Ezcch. i, 4-2 1; x, 12 sv.
10. Un fleuve de feu : c'est la vie divine se repandant dans I'univers. — Mille iiiilliers d'anges. — Le Juge s'assit, litt. judicium sedit, que plusieurs traduisent, le tribunal, celui qui preside et ses assesseurs; d'autres, avec plus de raison \)e\\\.-Qii-Q,il s^assit pour juger. — Des livres, oii toutes les adtions des hommes sont ecrites : symbole de la toute-science de Dieu. Comp. Apoc. xx, 12.
12. A I'occasion de la destrucflion de la 4*^ bete, le prophete mentionne la iin des trois i^eSj dont il n'avait rien dit jusque Ik : elles ont disparu quand elles ont eu atteint la duree que Dieu avait assignee a leur existence.
13. Je regardais, &tc. : nouvelle repetition de la formule (vers. 2', 7), introduisant comme le 3*^ aCle de la vision. — Sur (lilt.
avec) les nuees : le cortege des nudes, dans I'Anc. Testament, est le privilege exclusif de Dieu {Ps. xviii, 10-19; xcvii, 2-4; Is. xiv, 14; xix, i; Nah. 1,3); c'est done un personnage divin qui entre en scene pour inaugurer le regne de Dieu. D'aulre part, il est revL'lu d'une forme humaine, il possede I'humanite. Toule la tradition a vu dans ce Dieu-Homme le Messie; lui-meme, sans doule par allusion k ce passage, s'est attribue specialement le litre de Fils de I'homme, Matth. viii, 20; xxiv, 30; et surtout xxvi, 64. — On Vainejia, les anges, servant d'introducleurs, I'amenerent.
14. // lui fut donne' par le Vieillard, comme I'explique la Vulgate. Dieu le Pore, en faisant asseoir son Fils a sa droile {Ps. ex, i), I'inslalla comme souverain et juge du monde. — Son regne ne sera jamais detruit : comp. Ljic, i, 33.
" Le fail prophdtiquement contemple par Daniel dans ces deux versets (13-14) est evidemment la venue du Christ dont les propheles avaient si souvent parleavant lui. Mais il faul observer qu'ici, comme souvent dans les tableaux prophetiques, la premiere venue du Sauveur pour I'etablissement du royaume messianique se confond avec sa
PROPHETIA DANIELIS. Cap. VII, 10—22.
vestimentum ejus candidum quasi nix, et capilli capitis ejus quasi lana munda : thronus ejus flammas ignis :
rotas ejus ignis accensus. 10. Fluvius igneus, rapidusque egrediebatur a facie ejus : "millia millium ministrabant ei, et decies millies centena millia assistebant ei : judicium sedit, et libri aperti sunt. 1 1. Aspiciebam propter vocem sermonum grandium, quos cornu illud loquebatur :
et vidi quoniam interfecta esset bestia, et perisset corpus ejus, et traditum esset ad comburendum igni :
1 2. aliarum quoque bestiarum ablata esset potestas, et tempora vitas constituta essent eis usque ad tempus, et tempus.
13. Aspiciebam ergo in visione noctis, et ecce cum nubibus coeli quasi filius hominis veniebat, et usque ad antiquum dierum pervenit :
et in conspectu ejus obtulerunt eum.
14. Et dedit ei potestatem,et honorem, et regnum : et omnes populi, tribus, et linguas ipsi servient : * potestas ejus, potestas asterna, quas non auferetur : et regnum ejus, quod non corrumpetur.
15. Horruit spiritus meus, ego Daniel territus sum in his, et visiones capitis mei conturbaverunt me.
16. Accessi ad unum de assistentibus, et veritatem quaerebam ab eo de omnibus his. Oui dixit mihi interpretationem sermonum, et docuit me : 17. Hasc quatuor bestias magnas : quatuor sunt regna, quas consurgent de terra. 18. Suscipient autem regnum sancti Dei altissimi : et obtinebunt regnum usque in sasculum, et saecuium sasculorum.
19. Post hoc vokii diligenter discere de bestia quarta, quas erat dissimilis valde ab omnibus, et terribilis nimis : dentes et ungues ejus ferrei : comedebat, et comminuebat, et reliqua pedibus suis conculcabat :
20, et de cornibus decem, quas habebat in capite : et de alio, quod ortum fuerat, ante quod ceciderant tria cornua : et de cornu illo, quod habebat oculos, et os loquens grandia, et majus erat ceteris. 21. 'Aspiciebam, et ecce cornu illud faciebat bellum adversus sanctos, et praevalebat eis, 22. donee venit antiquus dierum, et judicium dedit Sanctis Ex-
<^Apoc. II,
seconde venue pour la consommation de ce regne. II en est ici de I'etablissement du regne comme il en est ailleurs de I'accomplissement du jugement. Ce qui est longuement prepare et ne se consomme que graduellement dans I'histoire du monde, est decrit sommairement comme s'accomplissant eii une fois. Cependant la prophetie renferme un indice de la presence du royaume divin sur la terre avant le jugement final ici ddcrit; c'est la guerre que la 4^ bete fait aux saints (vers. 21)." Bible annott'c.
15. Au-dedans de Jitoi, litt. dans la game, le foiirreau : I'esprit est dans le corps comme I'epee dans le fourreau. Vulg. , ix cause de ces choses.
16. Je nCapprochai, toujours en vision, jusqu'k la fin du chapitre.
17. Quatre rois, en style prophetique quatre royaunies personnifies dans les rois : comp. vers. 23 et viii, 20, 2 1 . — Qici s" elcveront I'un apres I'autre, chacuii en leur temps. La monarchie Babylonienne avait deja paru et touchait meme k sa fin; I'ecrivain sacre s'exprime n^anmoins au futur \ cause des trois autres, qui appartenaient encore a I'avenir.
18. Les saints, tout le peuple theocratique, fideles sortis de la gentilite et Israelites devenus Chretiens. Dejk dans les dcrits de I'ancien Testament le Messie n'est jamais separe de son peuple : il est celui a qui tous doivent obeissance {Gen. xlix, 10); il est la lumiere des gentils {Is. xi, 10; xlii, 6), le salut de Dieu jusqu'aux confins de la terre {Is. liii, II sv.), le pasteur qui conduit, gouverne et nourrit son troupeau {Is. xl, 1 1 ; Es. xxxiv, 23; xxxiv, 27 etc.). Ici tous ses sujets nous apparaissent associes a sa royaute et partageant sa gloire. Comp. Jeatt, xiv, 2; Apoc. i, 6, 9; V, 10, etc. — Recevront le royaume, exerceront la domination sous le sceptre de leur roi, le Fils de I'homme (vers. 13-14).
19-21. Les vers. 19 et 20 donnent quelques traits nouveaux. Le fait mentionne vers. 21 ne I'est pas non plus dans le recit meme de la vision (vers. 8); c'est Ik sans doute ce qui causait I'angoisse de Daniel (vers. 15).
22. Le jugement fiit donn^ : Jesus-Christ, le Fils de I'homme, est designe dans S. Jean comme le juge du monde {Jean, v, 2'j.
Comp. A^. x, 42; xvii, 31); mais nous sa-
690 PROPH^TIE DE DANIEL. Chap. VII, 23—28; VIII, 1—4.
royaume, 23 II me parla ainsi : " La quatrieme bete, c'est un quatrieme royaume qui sera sur la terre, different de tous les royaumes, et qui devorera toute la terre, la foulera et la reduira en poudre. 24 Les dix cornes signifient que dix rois se leveront de ce royaume ; un autre se levera apres eux, qui differera des precedents et abattra trois rois. 25 H proferera des paroles contre le Tres-Haut, il opprimera les Saints du Tres-Haut, et formera le dessein de changer les temps et la loi, et les Saints seront livres en sa main jusqu'a un temps, des temps
et une moitie de temps. ^^Et lejugement se tiendra, et on lui otera sa domination pour le detruire et I'aneantir pour toujours. 27 Et le regne, la domination et la grandeur des royaumes qui sont sous tous les cieux seront donnes au peuple des Saints du Tres-Haut; son regne est un regne eternel, et toutes les puissances le serviront et lui obeiront."
28Voila la fin du discours. Moi, Daniel, mes pensees m'effrayerent beaucoup, je changeai de couleur; mais je conservai la chose dans mon coeur.
CHAP. VIII. — Le belier et le bouc, ou la deuxieme et la troisieme
monarchic.
Ch. VIII. iP^^A troisieme annee du regne I du roi Baltasar, j'eus une vision, moi Daniel, apres celle que j'avais eue auparavant. ^Etant en vision, il arriva, comme je regardai, que je me trouvais a Suse, la forteresse qui est dans la province d'Elam, et j'etais en vision pres du fleuve Oulai. 3je levai les yeux et je vis un belier qui se tenait devant le fleuve;
ilavait deux cornes; ses cornes etaient hautes, mais I'une etait plus haute que I'autre, et la plus haute s'elevait la derniere. 4je vis le belier heurtant de ses cornes vers I'occident, vers le septentrion et vers le midi; aucune bete ne tenait devant lui, et il n'y avait personne pour delivrer de sa main ; il faisait ce qu'il voulait et grandissait.
vons d'autre part que les saints jugeront avec lui, tout d'abord et par un privilege special les douze Apotres {Matt/i. xix, 28); mais aussi d'une certaine maniere les saints (I Cor. vi, 3). — D'autres prefcrent le sens : justice fiii rendiie. II n'y aurait dans ces paroles de i'ange aucune allusion aux promesses du N. T. que nous venons de rappeler.