Comme le lis blanc, tres abondant en
Palestine et qui se multiplie facilement, ainsi Israel revenu de I'exil se multipliera. Comp. Eccli. xxxix, 19 — Ses racines comme les cedres du Lihau.
7. Sa oloire : c'est sans doute a I'excellence du fruit de I'olivier, plutot qu';\ la beaute de Tarbre, que se rapporte cette comparaison. — Son parfum, comme I'odeur vivifiante qui s'exhale de la riche vegetation dti Liban.
8. A son ombre, \ I'ombre d' Israel compard a un arbre. — Revivre, pousser en abondance, le froment. — Soti nom, etc, : il aura le renom du vin du Liban ; ou bien : son nom prononce rejouira comme le 7nn du Liban. C'est pour la troisieme fois que le Liban sert de point de comparaison aux benedi(flions temporelles et spirituelles que Jehovah reserve a son peupie; cet eloge de la chatne de montagnes qui borne au nord la Terre sainte, convient bien a un proph^te du royaume du nord.
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PROPHETIA OSEE. Cap. XIV, i — lo.
— :i:— CAPUT XIV. — :i:—
Perditionem annuntiat Israeli propter ipsius peccata : revocat tamen ad se, et conversis plurima bona promittit.
EREAT Samaria, quoniam ad amaritudinem concitavit Deum suiim :
in gladio pereant, parvuli eorum elidantur, et foetas ejus discindantur.
2. Convertere Israel ad Dominum Deum tuum : quoniam corruisti in iniquitate tua. 3. Tollite vobiscum verba, et convertimini ad Dominum : et dicite ei : Omnem aufer iniquitatem, accipe bonum : et reddemus vitulos labiorum nostrorum.
4. Assur non salvabit nos, super equum non ascendemus, nee dicemus ultra : Dii nostri opera ma-
nuum nostrarum : quia ejus, qui in te est, misereberis pupilli.
5. Sanabo contritiones eorum, diligam eos spontanee : quia aversus est furor meus ab eis. 6. Ero quasi ros, Israel germinabit sicut lilium, et erumpet radix ejus ut Libani.
7. Ibunt rami ejus, et erit quasi oliva gloria ejus : et odor ejus ut Libani,
8. Convertentur sedentes in umbra ejus : vivent tritico, et germinabunt quasi vinea : memoriale ejus sicut vinum Libani. 9. Ephraim quid mihi ultra idola.'^ ego exaudiam, et dirigam eum ego ut abietem v ire litem : ex me fructus tuus inventus est.
10. Quis sapiens, et intelliget ista.'' intelligens, et sciet ha^c.'* quia rectas vias Domini, et justi ambulabunt in eis : praevaricatores vero corruent in eis.
9. Qu^aw-ait-il., litt. que nia-t-il encore a fai7-e; me est expletif; ou bien : Ep/irai'iii... qti'ai-je encore a faire, c.-a-d. je ne veux plus avoir encore a faire avec des idoles : par qiioi Ephraim est averti implicitement de s'en separer pour toujours. — Oest nioi, et non pas des idoles sans vie, qui liii reponds, qui I'exauce, aussi bien dans le pass^ que dans I'avenir, qui le regarde avec amour et prends soin de lui. — Comine %in cypres verdoyant : le cypres toujours vert, et qui semble ne pas mourir, rappelle I'arbre de vie. Qu'Ephraim reste toujours uni k cet arbre, a Jehovah, et il portera des fruits abondants.
\ ulgate : c'es/ vioi qui Vexaucerai ci le ferai prosperer comiiie le sapin /ot/jours vert, etc.
Suit la conclusion de tout le livre, sous la forme d'un avertissement solennel donne a Ephraim.
10. Les voies de JeJiovah^ ses commandements, ses desseins providentiels, ses jugements, sont droits et saints; ils conduisent
il la vie les justes qui s'y conforment, mais le rebelle qui s'y heurte tombera et trouvera la mort sur la voie. Comp. II Cor. ii, 15 sv. Dans ce chapitre, et specialement au vers. 9, " Osee fait pressentir qu'une partie du peuple se rendra d^cidement indigne des graces promises. Ce sont ceux d'entre les Israelites qui, paiens dejh. sur la terre d'lsrael, le deviendront tout a fait, une fois transportes au milieu des Centils. Mais il fait comprendre aussi que certains membres de ce peuple s'attacheront fidelement a Dieu et participeront finalement a son regne. Ce furent premierement les membres du peuple des dix tribus qui continuerent h. peupler la Galilee depuis la mine et cjui, au temps du Messie, formerent le noyau de I'Eglise. Puis ce furent aussi ceux qui, apres avoir subi la captivite, prirent part sous Zorobabel a la restauration du temple et du culte de Jehovah. Ces membres du peuple des dix tribus se retrouverent ainsi sur la ligne des ben^diflions divines et eurent part a la venue du regne messianique. "
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Intiatiiictian.
JOEL (Yo'e/, abreviation de Ye/iovaJi-el^ c.-a-d. Jehovah est Dieu^, fils de Phatuel, a prophetise en Judee. Du moins on a tout h'eu de le croire, a en juger par son ecrit. II ne fait jamais allusion au royaume des dix tribus^, tandis qu'il parle avec emotion de la Judee et de Jerusalem (ii, 32 ; iii, i, 6, 17, 20 sv.), du temple, la maison du Seigneur, et des sacrifices que les pretres ses ministres y offrent (i, 9, 13 sv.; ii, 17), de la trompette qui retentit sur le Sion (ii. i, 15) et des assemblies saintes dans lesquelles on loue Dieu et Ton implore sa pitie (i, 13, 14; ii, 15 sv.). C'est de Sion (la Jerusalem ideale dont la capitale juive est la figure) que partira le Seigneur au grand jour du jugement (iii, 16), et le jugement accompli, c'est dans Sion qu'il habitera (iii, 21).
A quelle epoque Joel a-t-il vecu.?
II est moralement certain que c'est avant I'exil.s Mais a quelle date? Les reponses sont partagees. — Peu apres le schisme des dix tribus, dit un critique allemand, manifestement trop hardi. — Environ un siecle plus tard, disent d'autres, au temps de Joas, roi
de Juda, dans le i^r quart du 9*^ siecle avant J.-C. Joel serait done le plus ancien prophete dont nous possedions les ecrits. Mais cette date, acceptee par un grand nombre d'exegetes contemporains, parait encore trop lointaine.
II est vrai, dans I'enumeration des ennemis du peuplejuif : Pheniciens, Egyptiens, Philistins, Idumeens, le prophete ne nomme ni Damas, ni I'Assyrie, ni Babylone. Est-il permis de conclure de ce silence qu'il ecrivait avant I'epoque 011 ces pays menacerent la Palestine, c.-a-d. au plus tard sous le regne de Joas, puisque I'invasion syrienne eut lieu vers les dernieres annees de ce roi (II Rois, xii, 17)? Oui, s'il est demontre d'abord que Joel a voulu, ou qu'il a du nommer tous les ennemis passes ou actuels de Juda. Mais cette preuve estelle faite.' Amos, qui est certainement plus recent — sa prophetie est datee - — ne nomme pas davantage les Syriens ni les Assyriens {^Avi. i, 6-15).
Cet argument prouve du moins que Joel a ecrit avant les grandes invasions assyriennes vers la fin du 8*^ siecle : a cette epoque ce redoutable ennemi eut certainement figure sur la liste des nations pa'icnnes desi-
' Ou peut-etre le Dieu. "
celui dont Jehovah est
2 Le nom d'Israel qui se lit trois fois : ii, 27; iii 2, 16, est le titre d'honneur qui designe tous les descendants de Jacob.
^ Les critiques rationalistes qui font de Joel un contemporain d'Esdras, de Nehdmie ou meme des Machabees, font dtat :
1° De certaines lessemblances de pensees ou d'expressions entie Joel et des tfcrivains antdexsiliaques;
2° De la situation politique, religieuse et morale de la theocratie judaique telle qu'elle leur parait ressortir du livre de Joel;
3° De certaines proprietes du style et de la dicflion de ce prophete.
Ces assertions, en partie entierement gratuites, en partie appuydes sur des rapprochements forces ou sur des interpretations fantaisistes, ne nous paraissent pas suffisantes pour etayer une these aussi opposee ^. toute la tradition ancienne que Test celle de la modernity de Joel. Voyez Ktiabenhaiier, in Propli. iiiin. t. i, p. 189-194. Le savant exegete discute longuement les raisons apporttes soit par les critiques rationalistes, soit par certains auteurs catholiques, comme par exemple le D' Scholz, et il en fait tr^s bien ressentir I'inanite.
Lx\ PROPHETIE DE TOEL.
gnees par le prophete a la vengeance du Dieu de I'alliance. D'autre part on a des raisons probables de croire qu'il est anterieur a Amos. Ce prophete commence son livTe en citant sans autre indication d'origine, un texte qui se lit dans Joel, iii, i6. Or on remarque que chez ce dernier les mots, rapportes par Amos, appartienne;^nt evidemment au contexte.
Ce n'est done pas Joel qui les a empruntes. On trouve aussi dans Amos certaines images et les phrases memes de Joel, soit dans la peinture du salut messianique (Amos, ix, 11-15 et/t'r/, iii, 18-21); soit dans la description de I'invasion des sauterelles (A7/1. iv, 9 sv. et /oc/, i, 2 sv. etc.) : Amos parait faire allusion a une invasion anterieure de ce fleau, dont le peuple n'a point profite. Le nom qu'il donne a la sauterelle, gdjsdm, est le meme que dans Joel, et il ne se rencontre pas ailleurs.
Or Amos appartient aux temps d'Ozias et de Jeroboam II. On peut done admettre que Joel a prophetise sur la fin du 8*^ siecle. II occuperait dans I'ordre chronologique la place qui lui a ete assignee dans la collection des petits prophetes, entre Osee, dont il serait en partie le contemporain, et Amos, auquel il serait un peu anterieur.
La propJietie de Joel, proposee a I'occasion d'un double fleau, une invasion de sauterelles, et la secheresse, se compose -de detix discotirs :
Le premier discours i, 2-ii, 17 est une exhortation a faire penitence.
Le prophete decrit le fleau en traits vivants et pittoresques (i, 2-20); puis passant au jour du Seigneur dont le fleau decrit est le presage, il trace le sombre tableau du redoutable jugement de Dieu (ii, i-n), et il conclut a la necessite d'une vraie penitence,
non seulement exterieure, mais intime et qui change lescoeurs(ii, 12-17). Le peuple a ecoute la voix de son prophete (ii, 18, 19).
Dans LE deuxi£me DISCOURS (ii-20-iii, 21) Dien lui proinet en recompense de lui rendre sa faveur.
1° Dans le present, il eloignera le lugubre fleau ; les recoltes seront abondantes (ii, \(J'-2/\); il les dedommagera des pertes qu'ils viennent de subir afin qu'ils sachent bien que le Seigneur n'abandonne pas son peuple (ii, 25-27).
2° Pour Vavenir, ce seront les biens messianiques (ii, 28-iii, 21), en particulier I'efl'usion sur toute chair des dons du Saint-Esprit (ii, 28, 29) et la protection particuliere de Dieu assuree a tous ceux qui invoqueront son nom (ii, 30-iii, 16).
Le livre se ferme sur I'annonce " d'une paix et d'un bonheur eternels en face d'une desolation et d'un chatiment egalement eternels " (iii, 17-21).
Au jugement des meilleurs critiques, le livre de Joel remarquable, " par la purete du langage, la regularite dans le parallelisme, I'elevation poetique et la vivacite du coloris " " atteste I'age d'or de la litterature hebraique " (Pillion).
II est cite comme ecrit inspire, par S. Pierre qui nomme Joel, au matin de la Pentecote {A^. ii, 16 sv. et Joel, ii, 28 sv.); par S. Paul, qui s'appuie sur sa prophetic (ii, 32) en meme temps que surcelle d'lsaie (xxviii, 16) pour etablir qu'il n'y a plus desormais de distinction entre Juifs et Gentils {Rom. ix, II sv.); par S. Jean {Apoc.
ix, 2, 7-9), qui semble avoir emprunte au prophete du 8^ siecle plusieurs traits de sa description du fleau des sauterelles.
L'authenticite et I'integrite de cette prophetic ne sont mises en doute par person ne.
PROPHETIE DE JOEL. Chap. I, i— 15.