Les laboiireurs sont confus d'avoir perdu leur peine
12. La vigne est dessechee, ou avec la Vulg. confuse, comme au vers. 10. — La joie s'est retiree confuse devant le deuil universel.
13. Passes la niiit dans le parvis des prelres, entre le portique et I'autel (ii, 17).
14. Publics (litt. sanflifiez) un jeune, consacrez un jour ou tout le peuple jeunera. — Une assemblee solennelle oil tout le peuple viendra dans le temple adresser des supplications a Jehovah. — Criez a Jehovah et apaisez sa justice, sinon une calamite plus grande vous menace.
15. Ah! quel jour! Plusieurs, apres le Syriaque, mettent ces mots dans la bouche des pretres : criez a Jehovah : ''^ Ah! quel jour!" II nous parait plus probable que c'est le prophete qui parle ainsi, pour justifier son appel a la penitence et la priere. — Le jour de Jehovah : terme solennel d'un usage frequent dans les prophetes k partir de Joel. Dans le sens absolu, c'est le grand jour du jugement final qui mettra fin a I'existence terrestre de I'humanite par le chatiment eternel des ennemis de Dieu et I'e'ternelle recompense de ses fideles serviteurs. Mais cette expression n'a souvent qu'un sens relatif, et elle designe alors un jugement partiel de Dieu, amenant sur un peuple quelque catastrophe extraordinaire, ou meme le faisant disparaitre pour toujours de I'histoire. Ces jugements partiels, incomplets et provisoires sont aussi d&s jours du
PROPHETIE DE JOEL. Chap. I, 16—20; II, i — 10.
Chap. II.
fait par le Tout-Puissant. ^^La nourriture n'a-t-elle pas ete enlevee sous nos yeux.' La joie et I'allegresse n'ontelles pas disparu de la maison de notre Dieu.'' i7Les semences ont seche sous leurs mottes ; les greniers sont vides, les magasins tombent en ruines, parce que le ble est desseche.
i^Comme les betes gemissent! Les troupeaux de bceufs sont effares,
parce qu'ils n'ont point de pature ; meme les troupeaux de brebis patissent. ^9je crie vers vous, Jehovah; car le feu a devore les paturages du desert, la flamme a brule tous les arbres des champs. ^oLes betes sauvages memes brament apres vous, parce que les courants d'eau sont a sec et que le feu a devore les paturages du desert.
CHAP. II, I — 17. — Menace d'une autre calamite. Second appel au repentit.
3lOnnez du cor en Sion, et sonnez de la trompette sur ma sainte montagne! Oue tous
les habitants du pays tremblent, car le jour de Jehovah vient, car il est proche! ^Jour de tenebres et d'obscurite, jour de nuages et de brouillards! Comme I'aurore qui s'etend sur les montagnes, un peuple vient nombreux et fort, tel qu'il n'y en a jamais eu auparavant et qu'il n'y en aura pas apres lui dans la suite des ages.
3Devant lui le feu devore, et derriere lui la flamme brille. Le pays est comme un jardin d'Eden devant lui, et derriere lui c'est un desert affreux; rien ne lui echappe. 4 A les voir, on dirait des chevaux, et ils courent comme des cavaliers. 5 On entend comme un bruit de chars quand ils
bondissent sur le sommet des montagnes ; c'est comme le bruit de la flamme qui devore le chaume; c'est comme un peuple robuste range en bataille. ^Devant eux les peuples tremblent d'effroi, tous les visages palissent. 7 Us s'elancent comme des heros ; ils escaladent la muraille comme des hommes de guerre ; ils marchent chacun devant soi, sans s'ecarter de la route. ^Ils ne se poussent point les uns les autres; chacun suit son chemin ; ils se precipitent au travers des traits, et ils ne rompent point leurs rangs. 9 lis se repandent dans la ville, ils s'elancent sur les murs, montent dans les maisons; ils entrent par les fenetres, comme le voleur. 10 Devant eux la terre tremble, les cieux s'ebranlent, le soleil et
Seigneur, parce qu'ils prdludent au grand jour de la justice definitive oil tout ce qui s'est eleve centre Dieu sera abaisse, et tout ce qui a ete opprime sera ^leve. iluel jour, s'ecrie done ici le piophete, que celui ou les sauterelles et la secheresse (vers. 17 sv.) ont ravage ce pays ! Mais ce jour, si vous ne faites penitence, n'est que le prelude d'un a.\x\.xe jour de Jehovah, d'un autre jugement bien plus terrible que celui-ci. Ce second jugement entrevu par le regard du prophcte, c'est sans doute celui dont les Chaldeens seront les ministres, qui reduira en cendres Jerusalem et le temple, detruira le royaume de Juda et en conduira les habitants en exil. — Ravage fait par Ic Tout-Puissant, en hebr. kescJiod niischscJiaddai .• jeu de inots. 17. Les seinailles ont seche : au fleau des sauterelles est venu s'ajouter celui de la secheresse. Vulg. , les aiiiinaux ont pourri sur leur fiiinier, faute de nourriture. -- Les magasins touibcnt en ruine : comme ils sont
devenus inutiles, on neglige leur entretien.
18. Effares, troubles, ne sachant ou aller. Vulg., mugissent. — Troupeaux de brebis, plus exacftement le menu betail, brebis et chevres.
i<). Je crie : paroles du prophete et conclusion de son discours que tout Israel doit s'appliquer. — Le feu, la flamme : poetique, pour la secheresse. — Les paturages du desert (Vulg., la beaute du desert) : plaines impropres ^ la culture, oil les Orientaux font paitre leurs troupeaux.
20. Brament apres vous; la Vulg. ajoule, comme un champ qui a soif de pluie.
CHAP. II
I. Sonnez du cor (hebr. schophar, trompette recourbee), comme on le fait pour con\oquer le peuple {Nombr. x, 2 sv.), afin de lui donner un solennel avertissement. — Le jour de Jehovah : la nouvelle description qui commence ici ne semble pas se rappor-
PROPHETIA JOEL. Cap. I, 16—20; II, i— 10.
Domini, et quasi vastitas a potente veniet. 16. Numquid non coram oculis vestris alimenta perierunt in domo Dei nostri, lastitia, et exsultatio.'' 17. Computruerunt jumenta in stercore suo, demolita sunt horrea, dissipatas sunt apothecas : quoniamconfusumest triticum. I S.Quid ingemuit animal, mugierunt greges armenti.^ Quia non est pascua eis :
sed et greges pecorum disperierunt.
19. Ad te Domine clamabo : quia ignis comedit speciosa deserti, et flamma succendit omnia ligna regionis. 2,0. Sed et bestias agri, quasi area sitiens imbrem, suspexerunt ad te : quoniam exsiccati sunt fontes aquarum, et ignis devoravit speciosa deserti.
— :i:— CAPUT II. — :!=—
Propheta Judceis crudelitatem hostium suorum denuntiat, et quam tenibilis erit ipsis dies ilia : quapropter ad poenitentiam eos hortatur : et conversis magnam pollicetur Dominus prosperitatem, seque daturum spiritum suum super omnem carnem, et magna prodigia ante diem Domini magnum et terribilem : eritque salvus omnis qui invocaverit nomen Domini.
ANITEtubainSion,ulu-
ate in monte sancto meo,
conturbentur omnes habi-
tatores terrae : quia venit
dies Domini, quia prope est. 2. Dies tenebrarum, et caliginis, dies nubis, et turbinis : quasi mane expansum super montes populus multus et fortis : similis ei non fuit a principio, et post eum non erit usque in annos generationis et generationis, 3. Ante faciem ejus ignis vorans, et post eum exurens flamma : quasi hortus voluptatis terra coram eo, et post eum solitudo deserti, neque est qui eiFugiat eum. 4. Quasi aspectus equorum, aspectus eorum : et quasi equites sic current.
5. Sicut sonitiis quadrigarum super capita montium exsilient, sicut sonitus flammas ignis devorantis stipulam, velut populus fortis pr«paratus ad proelium. 6. A facie ejus cruciabuntur popuii : omnes vultus redigentur in ollam.
7. Sicut fortes current : quasi viri bellatores ascendent murum : viri in viis suis gradientur, et non declinabunt a semitis suis. 8, Unusquisque fratrem suum non coarctabit, singuli in calle suo ambulabunt : sed et per fenestras cadent, et non demolientur. 9, Urbem ingredientur, in muro current : domos conscendent, per fenestras intrabunt quasi fur. 10. A facie ejus contremuit terra, moti sunt coeli : "sol et luna obtenebrati sunt, et Stellas retraxe-
ter au meme evenement que la pr^cedente. Le prophete menace son peuple, si le fleau des sauterelles ne I'amene pas a la penitence, d'un jugement plus severe, jugement que Dieu accomplira, non plus par une invasion de ces insefles, mais par I'invasion d'une armee ennemie venant du nord (vers. 20), I'armee chaldeenne (voy. la note de i, 15). Ce chatiment k venir est decrit sous des images empruntees en grande partie a la forme du chatiment atfluel.
2. Au matin de cejour regne I'obscurite, produite par des masses de nuages : symbole de la colere divine; puis, au lieu de la douce aurore, apparait une armee aux amies brillantes. L'image convient egalement a I'approche d'une troupe de sauterelles, dont les corps lisses et luisants projettent dans Pair, au dire des voyageurs, un reflet jaunatre.