‹ La Sainte Bible (volume 3)Chapitre 632 sur 941 · Les se7itiers de sa 77iaiso7t, tout ce qui s'y passe · texte numérisé non relu

Les se7itiers de sa 77iaiso7t, tout ce qui s'y passe

28. Heu7ruse de ce qu'elle a procure a sa maison et a elle-meme le bien-etre et I'honneur.

29. Ce verset est sans doute I'expression de la louange adressee k la femme forte par son mari. Se S07it i!i077t7rcs ve7-t7<cuses, litt. fo7'tes. L'hebr. chai'l exprime tout d'abord I'idee defo7re, d'ou celle de vertu, et quelquefois de richesses.

30. La c7-ai7ite de Dieu est la condition du m^rite de la femme, comme elle etait proclamee au commencement du livre (i, 7) la condition du merite de I'homme.

31. Do7i7icz-lui : qu'elle jouisse des fruits de son travail, etc. Cette recompense temporelle est I'image et I'avant-gout de celle que le souverain Juge reserve au ciel a la femme vertueuse.

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Intuatiuctian.

LE livrc de rEcclesiastc est generalement regarde comme un des livres dc I'Ancicn Testament qui offrent a I'exegete le plus de difficultes. A premiere vue, la doctrine morale de cet ecrit semble trop humaine, indigne d'un auteur inspire, voisine meme du fatalisme et de la philosophie epicurienne; ou encore, elle parait incoherente et contradictoire. Mais a mesure qu'on penetre davantage I'esprit de tout le livre, ces impressions se corrigent : on saisit mieux le sens intime des pensees, leur lien peu apparent; bon nombre dc points obscurs finissent par s'eclaircir.

QoJicleth est, dans le texte hebreu, le titre du livre. Ce mot signifie, selon I'opinion la plus commune, celui qui convoqiic une assemblee, qui parle en public, concionator. Les Septante I'ont traduit par 'E/./.Xviatacrry;;, et la Vulgate a suivi cette traduction.

L'Ecclesiaste debute par un tableau poetique de la vanite de tons les etres de ce monde. Toutes choses tournent dans un cercle, et rien n'est nouveau sous le soleil. Puis, il fait appel a son experience. Roi dans Jerusalem, il a tout vu, tout essaye, et il a senti profondement la vanite de la science, des plaisirs, des richesses. L'homme, dit-il, ignore ce que deviendront apres sa mort les fruits de ses travaux. Done, mieux vaut en jouir de son vivant,en regardant tout bien comme un don de la main de Dieu (ch. i et ii).

Dans les chapitres suivants, les considerations de QohcletJi ne se succedent pas toujours dans un ordre aussi parfait; clles aboutissent du moins a la meme conclusion : tout en ce monde est effort sterile, vanite,

neant. L'homme ne pent rien changer au plan divin : qu'il I'accepte avec resignation ; il ne pent pas se dcfendre des injustices, ni eviter les contretemps; ou, plutot, il n'y a point de contre-temps : tout arrive en son temps, au temps prevu ; il faut se soumettre. II est bien difficile d'analyscr la suite du livre, ou se melent les reflexions sur les objets les plus divers : avarice, exces, tyrannic ; puis, des sentences dans lest)le et la forme de celles des Proverbes; et enfin, des conseils pratiques pour la conduite de la vie. La division du sujet, le groupement des idees differe avec chaque exegete, justement parce qu'il n'y a point, dans la suite des pensees, d'ordre logique rigoureux.

A la fin du livre, I'Ecclesiaste exhorte le jeune homme a jouir de la vie en gardant le souvenir de Dieu, avant que viennent les jours tristes, la vieillesse, — dont les maux sont decrits dans une allegoric pittoresque. La vanite de toutes choses est encore proclamee, et voici " le mot final de tout ce discours : Grains Dieu et observe ses commandements, car c'est le tout de l'homme" (xii, 13J.

II ne s'agit pas ici de resoudre en detail les difficultes suscitees par ces douze petits chapitres. Exposons brievement les principaux s)-stemes d'in-' terpretation et les principes de solution.

Plusieurs ont pense que ca et la I'auteur pretait la parole aux impies, materialistes, fatalistes, epicuriens, pour refuter ensuite leur doflrine.

Mais cette hypothese, n'etant fondee sur aucune indication du texte, est arbitraire. Tous les commentateurs la rejettent aujourd'hui pour I'ensemble du discours; quelques-uns la

L'ECCLESIASTE.

retiennent pour tel passage d'interpretation plus difficile, sans pouvoir toutefois I'etablir solidement.

" Pourquoi le livre de I'Ecclesiaste ne serait-il pas la confession simple ct sincere de celui qui a cherche en sens divers le bonheur de cette vie sans reussir a le rencontrer tel qu'il I'avait reve? II I'a demande tour a tour a la science, au plaisir et a la gloire. Mais, au fond de toutes les coupes dont ses levres se sont approchees, il a trouve unc lie amere : la vanite des biens terrestres et I'affliction d'esprit dont leur jouissance est suivie . . . De ce point de vue, nous assistons a toutes les marches et contremarches du QoJicletk a la recherche du bonheur. " Si, par exemple, a la fin du chapitre iii, I'Ecclesiaste semble douter reellement que I'homme et la bete aient un sort different apres la mort, il rappelle simplement un doute passe ; " arrive a ce point de sa confession, il s'est souvenu des perplexites auxquelles son ame fut un jour en proie. Au cours de sa marche en avant vers le bonheur, il s'ctait demande si I'homme vertueux pouvait au moins espcrer pour une autre viequelque compensation a I'injustice des choses presentes.Or, a cette question il n'avait pas su donner alors une reponse categorique et affirmative...

Mais ce fut aux jours " de sa folic et de sa vanite " qu'il s'arreta au doute, presque a la desesperance. En nous faisant part de ses incertitudes passees, il ne nous trompe pas, puisque a la fin du traite il livre le mot de I'enigme, la solution a laquelle il s'est definitivement arrete."( P. Alfred Durand, Etudes, t. LXXXIII, p. 42-45.)

Pour tel autre, I'Ecclesiaste parait exposer ses sentiments a^luels, meme dans ce passage difficile. Dans ce cas, d'accord avecl'explication precedentc pour ne pas forcer le sens des mots et pour y voir I'expression d'un veritable doute, il faut s'en ecarter en entendant ce doute d'un etat d'ame aclnel.

On fait alors porter cc doute, non

point sur la survivance de I'ame, nettement affirmee en plusieurs endroits du livre, mais, a cause meme de la locution employee, sur le uiode de survivance, sur le sejour et la condition des morts, — points sur lesquels les idees vagues et sombres de I'ancienne Loi s'eclairent et se modifient dans les deux siecles qui precedent I'ere chretienne. Comme on le voit, cette interpretation place la composition du livre a une epoque assez basse. (Cf Revue biblique, 1900.

Les critiques independants n'au-

raient pas releve dans I'Ecclesiaste tant d'incoherences ct de contradictions, s'ils avaient mieux compris la nature de cet ecrit, s'ils avaient applique a son analyse une psychologic plus penetrante, une exegese moins rudimentaire. Un ecrivain peut enoncer des propositions, en apparence contradi6l:oires,en realite parfaitement consequentes ou compatibles, s'il se place a des points de vue differents C'est justement le cas de QoJieletli. II se met tantot au point de vue de la faiblesse de I'homme, tantot au point de vue de la grandeur de Dieu; et suivant qu'il regarde I'osuvre divine sous un angle ou sous I'autre, naturellemcnt ses reflexions diffcrent,sans etre, pour cela, contradicloires. Elles sont differentes aussi suivant les evenements qui les suggerent, les impressions recues, les conseils a donner, le caraftere des personnes a exhorter, etc. Ne nous attardons pas a des objections facilement resolubles par le simple bon sens.

Passons a la question d'auteur. La tradition juive et la tradition chretienne s'accordent pour attribuer a Salomon la composition du livre de ri'2cclesiaste. Les exegetes catholiques jusqu'a ces derniers temps ne se sont point ecartes de ce sentiment ; M. Motais, en 1876, I'a soutenu eloquemment au cours de deux forts

L'ECCLESIASTE.

volumes; il est defendu encore par M. Vigouroux, le P. Cornely, M. Philippe, etc. Les raisons qu'on fait valoir en faveur de cettc opinion sont, d'abord, les paroles memes du Hvre inspire. Des le debut, I'Ecclesiaste se cVitJi/s lie David. II est roi dans Jerusalem ; il a surpasse par sa sagesse tous ceux qui ont regne sur Jerusalem avant lui; il a entrepris de grands travaux, bati des maisons, fait des jardins, des pares, des reservoirs, possede de grandes richesses. Tout cela, cvidemment, ne peut convenir qu'a la personne de Salomon. En second lieu, on insiste sur I'unanimite de la croyance traditionnelle chez les anciens Peres et commentateurs.

Ces raisons n'ont point paru convaincantes au jugement de plusieurs exegetes modernes (Jahn, Herbst, Movers, Veith,M. Loisy, le D' Scholz, le P. Condamin {Revue biblique, 1900 p. 35-44.) etc. La tradition, disentils, ne tranche pas la question. Les traits sous lesquels I'auteur se pre-

sente peuvent etre une fi6lion, comme dans le livre de la Sagesse. Plusieurs idees, reflexions, sentiments, et la situation meme, indiquee par les allusions et le ton de I'ouvrage, ne sauraient convenir a Salomon. Enfin la langue du livre, chargee d'aramaismes. presente les caracleres de la plus basse epoque. " Ouiconque admet un developpement historique de la langue hebraique, dit Mgr Kaulen, ne peut regarder Salomon comme I'auteur du texte que nous avons sous les yeux... Si le texte acluel n'est pas une transcription du texte primitif en langue de I'epoque postexilienne, I'Ecclesiaste, comme le livre de la Sagesse, aura etc compose par un auteur posterieur a la captivite, et attribue a Salomon comme au plus digne representant des pensees exprimees dans ce livre." {Einleitung, 3^ ed. p^ 323.)

Le Commentaire des pages suivantes conserve le point de vue de I'opinion traditionnelle.

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CHAP. I. — Proloy;ue; titie ct sujet sont vanitc et miserc [vers, i — [12-18].

Cliap. I. [^^^^^^^ A roles de I'Ecclesiaste,

fils de David, roi de Jerusalem.

^Vanite des vanites!

dit I'Ecclesiaste, vanite des vanites! Tout est vanite. 3 Quel avantage revient-il a rhomme de toute la peine qu'il sc donne sous le soleil? 4 line generation passe, une autre vient, et la terre subsiste toujours. sLe soleil se leve, le soleil se couche, et il se hate de retourner a sa demeure, d'ou il se leve de nouveau.

^Le vent va au midi, tourne vers le nord; puis il tourne encore et reprend les memes circuits. 7 Tons les fleuves vont a la mer, et la mer n'est point remplie;ils continucnt a aller vers le lieu ou ils se dirigent. ^Toutes choses sont en travail au-dela de ce qu'on peut dire;roeil n'est pas rassasie de voir, et I'oreille ne se lasse pas d'entendre. vCe qui a etc, c'est ce qui sera, et cc qui s'est fait, c'est

du livre : toutes les choses humaines -11]. Vanite de la sagesse humaine

ce qui sc fera; il n'y a rien de nouveau sous le soleil. i^S'il est une chose dont on disc : " Vois, c'est nouveau ! " cette chose existait deja dans les siecles qui nous ont precedes.

"On ne se souvient pasde ce qui est ancien, et ce qui arrivera dans la suite ne laissera pas de souvenir chez ceux qui vivront plus tard.

i^Moi, I'Ecclesiaste, je suis depuis longtemps roi d' Israel a Jerusalem, i3et j'ai applique mon esprit arechercher et a sonder par la sagesse tout ce qui se fait sous les cieux : occupation penible a laquelle Dieu soumet les enfants des hommes. i4j'ai examine tout ce qui se fait sous le soleil : oui, tout est vanite et poursuite du vent. ^sCe qui est courbe ne peut se redresser, et ce qui manque ne peut etre compte. ^^Je me suis dit en moimeme : " J'ai acquis une grande sagesse, surpassant tous ceux qui ont

CHAP. I

1. Ecclesiasic, ht-br. qohelcth, celui qui tient une asseinbltie et y enseigne : nom symbolique de Salomon, sans doute paice que ce roi avait coutume d'enseigner le peuple par ses discours et par ses Merits, ou du moins parce qu'il remplit ce role dans ce livre. — Roi dc Jcruscihm se rapporte, non a David, niais a Salomon.

2. Vanitc des vanites : vanite a son plus haut degrt^ : idiotisme hebreu.

4 sv. Cette vanite apparait et dans le cours de la nature et dans les ocuvres de Thomme : lout roule dans le meme cercle; nul resultat durable, nul prugrcs, universel oubli.

if/, par un etrange contraste, laterre^ qui

n'est faite que pour I'homme, la terre cjui n'a ni raison ni conscience, ne passe pas I

6. Le vent : dans la Vulg., c'est le soleil qui est sujet de ce premier membre.

7. Les fleuves suivent toujours le meme cours : I'intention de lauteur parait ctre de peindre, non les vicissitudes des choses, mais la permanence de leur marche et des lois qui les r^gissent : image de Thomme qui, arrctti comme le monde par la loi supcrieure qui le gouverne, roule lui aussi dans un cercle qu'il ne saurait franchir.

S. En travail, en acflivite, jusqu'a la fatigue, selon la force du mot hebreu : le monde n'otfre au regard qu'une succession continuelle de choses qui naissenl et qui meurent, qu'un perptituel devenir; Thomme ne

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