I. Ailleurs, ou denoweau
L'ECCLESIASTE. Chap. IV, 2— r
leurs opprcsseurs, et personne qui les console! ^Et j'ai trouve les morts qui sont deja morts plus heureux que les vivants qui sont encore vivants, 3et plus heureux que les uns et les autres celui qui n'est pas encore arrive a I'existence, qui n'a pas vu les mauvaises a6l'ions qui se commettent sous le soleil.
4j'ai vu que tout travail et que toute habilete dans un ouvrage n'est que jalousie de Thomme a I'egard de son prochain : c'est encore la unc vanite et la poursuite du vent.
5 L'insense se croise les mains et mange .sa propre chair. ^Mieux vaut une main pleine de repos, que les deux pleines de labeur et de poursuite du vent.
"J'ai considere une autre vanite sous le soleil. ^Tel homme est seul, n'ayant personne avec lui, ni fils, ni frere; et pourtant son travail n'a point de treve, et ses yeux ne sont jamais rassasies de richesses. "Pour qui done est-ce que je travaille et que je prive mon ame de jouissance.'' " C'est encore la une vanite et une mauvaise occupation.
9Mieux vaut vivre a deux que solitaire; il y a pour les deux un bon salairc dans Icur travail. '"Car s'ils
tombent, I'un pent relever son compagnon ; mais malheur a celui qui est seul et qui tombe sans avoir un second pour le relever! " De meme, si deux couchent ensemble, ils se rechauffent mutuellement ; mais un homme seul, comment aura-t-il chaud .'' 12 Et si quelqu'un fait violence a celui qui est seul, les deux pourront lui resister, et le cordon a trois fils ne se rompt pas facilemcnt.
^sMieux vaut un jeune homme pauvre et sage qu'un roi vieux et insense qui ne sait plus ecouter les avis; '4 car il sort de prison pour regner, quoiqu'il soit ne pauvre dans son royaume. ^sj'ai vu tous les vivants qui sont sous le soleil entourer le jeune homme qui devait succeder au vieux roi et regner a sa place; i^elle etait infinie toute cette foule qui lui rendait hommage. Et cependant la posterite ne se rejouira pas a son sujet. C'est la encore une vanite et la poursuite du vent.
i7Prends garde a ton pied quand tu vas a la maison de Dieu ; s'approcher pour ecouter vaut mieux que d'offrir des vi6limes a la maniere des insenses ; car leur ignorance les conduit a faire mal.
4. Hnhilcte ow sttcch. — 7V^V.f/ que jalousie peut s'entendre de deux manicres : est inspire par ledesirde I'emporter sur autrui; ou bien : a pour effet d'exciter la jalousie des autres homines (Vulg.). — Poiirsitite du ve)itf peine inutile.
5. Mange sa propre chair : au lieu de vivre du travail de ses mains, il se consume lui-meme, en quelque sorte, et va a sa ruine.
6. De repos : non pas le repos du paresseux, mais de celui qui est uni il un travail moderd et au bien-etre.
8. Pour qui done, etc. : I'auteur se met ;i la place de cet homme sans famille et fait entendre cette plainte en son noni. Motais sous-entend : // ne dii point : Pour qui., etc.
9. Un bon salairc, un prccieux avantage; ce salaire consiste dans la douce persuasion cju'a chacun d'eux son travail profitera a I'autre.
\2. On lit dans le Talmud : " Un homme sans compagnon est comme la main gauche sans la droile.
Suit une autre consideration, empruntee .\ la vie politique, pour montrer combien la popularite est chose vaine.