‹ La Sainte Bible (volume 3)Chapitre 641 sur 941 · Qui ainic Pargent : il s'agit ici, non de · texte numérisé non relu

Qui ainic Pargent : il s'agit ici, non de

Vaz'are{\v, 7-12), mais de I'homme avide de faste et d'opulence, qui n'arrive jamais a satisfaire ses gouts de luxe.

10. Ceux qui les mangent, les serviteurs, les intendants, tout le train de maison. Le possesseur n'en a que plus d'embarras et de soucis.

12 sv. Non seulement la richesse ne procure h. qui la possede aucun bien reel, mais souvent elle se perd par quelque catastrophe imprevue. L'auteur dans ce passage fait allusion a Job (comp. /tf^, i, 21).

16. // mange dans les tcnebres, soit au figure : dans la tristesse; soit au propre : dans une salle que n'eclaire pas une joyeuse lumiere. D'ailieurs, ce verbe est douteux; une legere modification du mot hebreu donne le sens de tristesse, bien plus satisfaisant : tous les jours de sa vie (se passent) dans les tcnebres, la tristesse, etc.

L'ECCLESIASTE. Chap. V, 17—19; VI, i— 12.

i7Voici done ce que j'ai rcconnu etre bon et scant, c'est que rhomme mange et boive, et jouisse du bienetre au milieu de tout le travail auquel il se livre sous le soleil, durant les jours de vie que Dieu lui a donnes; car c'est la sa part. ^^YA encore pour tout hommc qui a recu de Dieu

des richesses et des biens, avec pouvoir d'en manger, d'en prendre sa part et de se rejouirdans son travail, c'est la un don de Dieu. i9Car alors il ne songe guere aux jours de sa vie, parce que Dieu repand la joie dans son coeur.

CHAP. \ I. — La richesse ne donne pas le bonhcur; Dieu a determine

d'avance le lot de cliacun.

Chap. VI. ^P^L est un mal que j'ai vu sous ;^^' le soleil, et ce mal est frequent iii^^ parmi les hommes : =tel homme a qui Dieu a donne richesses, tresors et gloire, et qui ne manque pour son ame de rien de ce qu'il pent desirer; mais Dieu ne le laisse pas maitre d'en jouir; c'est un etranger qui jouit de ses biens : voila une vanite et un mal grave. sQuand un homme aurait cent fils, vivrait un grand nombre d'annees, et que les jours de ses annees se multiplieraient, si .son ame ne s'est pas rassasiee de bonheur, et qu'il n'ait pas meme eu de sepulture, je dis qu'un avorton est plus heureux que lui. 4Car il est venu en vain, il s'en va dans les tenebres, et les tenebres couvriront son nom; 5il n'a ni vu ni connu le soleil, il a plus de repos que cet homme. ^Et quand il vivrait deux fois mille ans sans jouir du bonheur, tout ne va-t-il pas au meme lieu?

7 Tout le travail de I'homme est pour sa bouche; mais ses desirs ne sont jamais satisfaits. ^Car quel avantage a le sage sur I'insense.'' Quel avantage a le pauvre qui sait se conduire en presence des vivants.'' 9Ce que les )'eux voient est preferable a la divagation des desirs. C'est encore la une vanite et la poursuite du vent.

I" A toute chose qui arrive, son nom est determine d'avance; on sait ce que sera un homme, et il ne pent contester avec un plus fort que lui.

"Car il Y a beaucoup de paroles qui ne font qu'accroitre la vanite : quel avantage en revient-il a I'homme?

12 Car qui sait, en effet, ce qui est bon pour I'homme dans la vie, pendant les jours de sa vie fugitive, qu'il passe comme une ombre .^ Et qui pent dire a I'homme ce qui sera apres lui .sous le soleil?

18. Liaison : le mieux (vers. 17) est de jouir ici-bas du bien-Ctre que procure le travail; mais (vers. 18) cela meme est un don de Dieu.

19. // lie songe gith'c au v jours dc sa vie : sa vie est douce et passe comme inaper^ue, sans ctre attristee par de pcnibles retle.xions et de vains soucis.

CHAP. VI

1. Est frequent {y\\\g.)y ou mieux Iflurdenwnt sur Ics Jtonnnes.

pest

3. Les jours de ses annees : pour mieux peindre la longue duree de cette vie, I'auteur decompose les annees en jours.

4. // est I'enu : c'est de I'avorton qu'il s'agit dans les vers. 4 et 5; le vers. 6revient a I'iiomme que Dieu ne laisse pas jouir de sa fortune.

5. // a plus de repos, un sort plus heureux en general. Vulg. , il n'a pas connu la difference du bien et du mal.

7-8. Poitr sa bouche^ pour s'assurer les di\ erses jouissances de la vie; mais I'homme

LIBER ECCLESIASTES. Chap. V, 17-^19; VI, i— n.

17. Hoc itaque visum est mihi bonum ut comedat quis, et bibat, et fruatur lastitiaex labore suo, quo laboravit ipse sub sole numerodierum vitas suje, quos dedit ei Deus, et hasc est pars illius. i 8. Et omiii homini, cui dedit Deus divitias, atque substantiam, potestatemque ei tribuit ut comedat ex eis, et fruatur parte sua, et lastetur de labore suo : hoc est donum Dei. 19. Non enim satis recordabitur dierum vit^ suas, eo quod Deus occupet deliciis cor ejus.

-^'^ CAPUT VI. -^--

Misera est avari vanitas, qui ne in necessariis quidem audet partis uti.

ST et aliud malum, quod vidi sub sole, et quidem frequens apud homines :

2. Vir, cui dedit Deus divitias, et substantiam, et honorem, et nihil deest animae suas ex omnibus, quas desiderat : nee tribuit ei potestatem Deus ut comedat ex eo, sed homo extraneus vorabit illud :

hoc vanitas, et miseria magna est, 3. Si genuerit quispiam centum li-

beros, et vixerit multos annos, et plures dies astatis habuerit, et anima illius non utatur bonis substantias suas, sepulturaque careat : de hoc ego pronuntio quod melior illo sit abortivus. 4. Frustra enim venit, et pergit ad tenebras, et oblivione delebitur nomen ejus. 5. Non vidit solem, neque cognovit distantiam boni et mali : 6. etiam si duobus millibus annis vixerit, et non fuerit perfruitus bonis : nonne ad unum locum properant omnia.?

7. Omnis labor hominis in ore ejus : sed anima ejus non implebitur. 8. Quid habet amplius sapiens a stulto.? et quid pauper nisi ut pergat illuc, ubi est vita.? 9. Melius est videre quod cupias, quam desiderare quod nescias : sed et hoc vanitas est, et prassumptio spiritus.

10. ''Qui futurus est, jam vocatum est nomen ejus : et scitur quod homo sit, et non possit contra fortiorem se in judicio contendere.

1 1. Verba sunt plurima, multamque in disputando habentia vanitatem.

'■ I Reg. tj, Heta^Reg.

n'arrive jamais a une situation telle qu'il soit pleinement satisfait, qu'il ne desire plus rien. — Car anicne la raison de ce qui precede : les hommes les plus ditferents par le caraftere moral, tels que le sage et I'insense, sent pareils sous ce rapport, leurs desirs sont egalement insatiables. Le sage, il est vrai, s'efforce de les dominer, et le pauvre, qui sait gouverner sa vie, les dissimule en s'imposant des privations ; mais ces desirs n'en existent pas moins au fond de leur cceur, aussi bien que dans le coeur de I'insense, qui se donne libre carriere pour les satisfaire.

Vulg., ^!/el avantage a le pauvre^ si cc finest g It'll va la on est la vie.

g. Sens : jouir du bien qu'on a afluellement vaut mieux que de Juisser son ame s'egarer a toutes sortes de desirs.

10. A toute chose; Vulg., a tout hoi/u/ie qui doit arriver a f existence, etc. — Son

noin : ce que cette chose sera et comment elle sera est determine et comme formulci d'avance. — On sait, c'est une chose connue (de Dieu), arretee d'avance : comp. AH. XV, 18. — Avec tin plus fort que lui, avec Dieu, qui regie toutes choses.

11. Paroles de contestation avec Dieu; elles sont vaines et inutiles : I'homme n'a qu'a se soumettre a la Providence et a reconnaitre humblement sa dependance.

12. Sens : I'homme, d'ailleurs, ignore ce qu'il lui faut pour etre heureux; pour le savoir, il lui faudrait lire dans I'avenir, chose impossible pour lui. — Ce qui sera aprcs lui, par ex., s'il laissera des enfants, s'ils entreront en possession des biens amasses par lui, etc.

Ce verset commence le chap, vii dans la Vulg., mais il est mieux a sa place \ la fin du ch. vi.

L'ECCLESIASTE. Chap. VII, i— 17.

CHAP. VII. — Maximes sur les tristesses de la vie, sur la sagesse

et la moderation.

Ch. VII. S^/iwr«|NE bonne reputation vaut mieux qu'un bon parfum, et Ic jour de la mort que le jour de la naissance. ^ Mieux vaut aller a la maison de deuil qu'a la maison de festin, car dans la premiere apparait la fin de tout homme, et le vivant y reflechit. 3 Mieux vaut la tristesse que le rire, car un visage triste fait du bien au coeur. 4Le coeur des sages est dans la maison de deuil, et le coeur des insenscs dans la maison de joie.

5 Mieux vaut entendre la reprimande des sages que le chant des insenses. ^Car semblable au petillement des epines sous la chaudiere est le rire des insenses : c'est la encore une vanite. 7 Car I'oppression rend insense le sage, et les presents corrompent le coeur.

^Mieux vaut la fin d'une chose que son commencement; mieux vaut un esprit patient qu'un esprit hautain.

9Ne te hate pas dans ton esprit de t'irriter, car I'irritation repose dans le sein des insenses. ^^Ne dis pas : "D'ou

vient que les jours anciens etaient meilleurs que ceux-ci.-* Car ce n'est pas par sagesse que tu fais cette question. ^^ La sagesse est bonne avec un patrimoine, et profitable a ceux qui voient le soleil. ^^ Car on est abrite par la sagesse comme par I'argent; mais un avantage du savoir, c'est que la sagesse fait vivre ceux qui la possedent. ^sRegarde I'o^uvre de Dieu : qui pourra redresser ce qu'il a courbe? i4Au jour du bonheur, sois joyeux, et au jour du malheur reflechis : Dieu a fait I'un comme I'autre, afin que I'homme ne decouvre point ce qui doit lui arriver. ijTout ceci, je I'ai vu au jour de ma vanite : il y a tel juste qui perit dans sa justice, et il y a tel mechant qui prolonge sa vie dans sa mechancete. 16 Ne sois pas juste a i'exces, et ne te montre pas sage outre mesure :

pourquoi voudrais-tu te dctruire ?

17 Ne sois pas mechant a I'exces, et ne sois pas insense : pourquoi voudrais-tu mourir avant ton temps?

CHAP. VII

Ce chapitre, ainsi que le lo*^, otifre une ressemblance frappante de style avec le livre des Proverbes.

1. Le jour dc la mort, non seulement met fin k toutes les tristesses et a tous les maux de la vie, mais encore nous rapproche de Dieu : comp. iii, 21; xii, 7.

2. Les ceremonies du deuil duraient ordinairement huit jours, pendant lesquels on faisait des visiles de condoleance aux proches parents du defunt. — Celiii qui vit : les vivants ont la une occasion de reflechir sur la mort qui les attend ^ leur tour.

3. Mieux vaut, moralement. — h''aii du bien, moralement, au caur, le rappelle aux pensees serieuses et elevees. Vulgate : la colcre qui reprend vaut tnieux que Ic rire qui approuve; car la tristesse du visage corrige le coeur de celui qui peche.

4. Le cceur des sages est dans la maison de deuil : c'est Ik qu'il se porte de preference, qu'il se plait.

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