‹ La Sainte Bible (volume 3)Chapitre 650 sur 941 · Allegoric de la vieillesse · texte numérisé non relu

Allegoric de la vieillesse

1. Les jours maiivais : I'auteur a surtout en vue les infirmites et souffrances physiques.

2. L'obscurcissement du soleil et des astres figure en general la tristesse : comp. Ezech. xxii, 7, 8; Job, iii, 9; xxxiii, 28, 30; Is. V, 30; Amos, viii, 9. Mais on pent, sans subtilitd, donner un sens plus precis a ces images. Le soldi qui eclaire le monde exterieur est le sj'mbole du flambeau qui eclaire I'homme int^rieur, savoir de la raison et de I'intelligence (hebr. rotiach, gr. -vsuij.a, lat. spiritus). La lumicre que donne ce soleil, ce sont les conceptions nettes et vives, les souvenirs fidelement conserves. — La lune figure ici la partie inferieure de I'ame humaine (hebr. nephesch, gr. 'iux^ lat. atiiina), qui preside aux foncflions de la vie animale. — Les etoiles sont les cinq sens, par les-

L'ECCLESIASTE. Chap. XII, 3—10.

soleil ct la lumiere, la lune et les etoiles, et que les nuages reviennent apres la pluie; stamps ou tremblent les gardiens de la maison, ou se courbent les hommes forts, ou celles qui moulent s'arretent parce que leur nombre est diminue, 011 sont obscurcis ceux qui regardent par les fenetres, 4 ou les deux battants de la porte se ferment sur la rue, tandis que s'affaiblit le bruit de la meule; ou Ton se leve au chant de I'oiseau, ou disparaissent toutes les filles du chant; 5ou Ton redoute les lieux eleves, ou Ton a des terreurs dans le chemin, ou I'amandier fleurit, ou la sauterelle devient pesante, et ou la capre n'a plus d'effet, car I'homme s'en va vers

la demeure eternelle, et les pleureurs parcourent les rues; ^avant que se rompe le cordon d'argent, que se brise I'ampoule d'or, que le seau se detache sur la fontaine, que la poulie se casse et roule dans la citerne; 7avant que la poussiere, faisant retour a la terre, redevienne ce qu'elle etait,et que I'esprit retourne a Dieu qui I'a donne.

^Vanite des vanites, dit I'Ecclesiaste, tout est vanite.

90utre que I'Ecclesiaste fut un sage, il a encore enseigne la science au peuple ; il a examine et sonde, et il a redige un grand nombre de sentences. loL'Ecclesiaste s'est etudie a trouver un langage agreable, et a

quels Tame connait les objets exterieurs. — Les Ullages symbolisent les infirmit^s qui obscurcissent et attristent le temps de la vieillesse. D'ordinaire la pluie amene un ciel serein ; pour le vieillard il n'y a plus de beau jour : aux nuages succedent les nuages, apres les jours sombres reviennent les jours sombres.

3. Dans ce verset, le vieillard est coniju sous I'image d'une maison delabree et chancelante. Les gardiens de la maison designent les bras et les mains, qui lui apportent les choses utiles et en ^cartent les choses dangereuses; ces gardiens ont perdu maintenant toute vigueur. — Les hovinies forts paraissent etre les os. Le Cantique compare (v, 15) ceux du jeune homme a des colonnes de marbre; dans la vieillesse, ils sont courbes et branlants. Selon d'autres interpretes, les hommes forts figureraient les jambes. — Par un rapprochement qu'on retrouve dans toutes les langues, les dents sont comparees aux servantes qui, dans I'antiquite, moulaient le grain en tournant une petite meule. Dans la vieillesse, elles se reposent, elles choment, parce qu'elles sont trop peu nombreuses pour remplir leurs foncftions. — Celles qui regardent par lesfe7ietres ditt. par les treillis : I'ancien Orient ne connaissait pas d'autres fenetres), ce sont les yeux, plus specialement la pupille, placde au centre de I'orbite entiere de I'oeil. Ciceron {Tusc. i, 20) appelle aussi les yeux les "fenetres de I'ame."

4. Les deux battants de la porte sont les levres du vieillard ; elles rentrent en quelque sorte dans sa bouche et sont fermdes sur la rue, sur le dehors, et cela ;i cause de I'absence des dents. Comp. Job, xli, 5, 011 les machoires de Leviathan (crocodile) sont

appelees les portes de sa face. Pour la meme raison le bruit de la meule s'affaiblit, s'abaisse, devient sourd et sans eclat : le vieillard n'a plus que des gencives pour broyer les aliments. L'image est empruntee a ces moulins a bras dont nous venons de parler. Comp. Je'r. xxv, 10; Apoc. xviii, 23.

— Oit Von se leve : le vieillard dort d'un sommeil si leger, que le chant matinal du petit oiseau suffit pour I'eveiller. — Toutes les

filles du chant : chanteurs et chanteuses se gardent bien de paraitre devant le vieillard : il n'a pas d'oreilles pour eux. Comp. II Sam. xix, 36.

Bien d'autres explications ont etd donnees de ce verset difficile. Ainsi la porte qui se ferme sur la rue signifierait I'isolement du vieillard au milieu de la generation plus jeune qui I'entoure, mais separee de lui par des goCits, des idees, des interets differents. — Le bruit de la meule qui s'affaiblit serait une image de I'afifaiblissement de la voix du vieillard, qui a perdu son assurance et sa sonority. — Enfin les filles du chant figureraient soit ses oreilles auxquelles n'arrive plus, ou n'arrive qu'avec peine le son des joyeux cantiques ; soit ces cantiques eux-memes, qui ne resonnent plus sur ses levres.

5. Le vieillard redoute les lieux eleves, les moindres montees, parce qu'il est faible et d'haleine courte. D'autres, les personnes elevJes Gn dignite;il est timide devant elles.

— Eji chemin : il craint, non sans raison, mille accidents. — LJamandicr pousse des fleurs a la fin de I'hiver sur ses rameaux nus ; ces fleurs, rouges d'abord, blanchissent ensuite et tombent k terre comme des flocons de neige : image du vieillard dont la tete est couverte de cheveux blancs. — La

LIBRI ECCLESIASTES. Cap. XII, 3—10.

scat sol, et lumen, et luna, et Stellas, et revertantur nubes post pluviam :

3. quando commovebuntur custodes domus, et nutabunt viri fortissimi, et otiosaj erunt molentes in minuto numero, et tenebrescent videntes per foramina : 4. et claudent ostia in platea, in humilitate vocis molentis, et consurgent ad vocem volucris,etobsurdescentomnes filias carminis. 5. Excelsa quoque timebunt, et formidabunt in via, florebit amygdalus, impinguabitur locusta, et dissipabitur capparis : quoniam ibit homo in domum asternitatis

suae, et circuibunt in platea plangentes. 6. Antequam rumpatur funiculus argenteus, et recurrat vitta aurea, et conteratur hydria super fontem, et confringatur rota super cisternam, 7. et revertatur pulvis in terram suam unde erat, et spiritus redeat ad Deum, qui dedit ilium.

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