‹ La Sainte Bible (volume 3)Chapitre 651 sur 941 · Qu^sivit verba utilia, et con · texte numérisé non relu

Qu^sivit verba utilia, et con

sauterelle, etc. Quelques especes de sauterelles dtaient autrefois et sont encore aujourd'hui en Orient un mets savoureux : le vieillard ne peut plus le digerer. Vulg., la sauterelle s\'paissit ou se gonfle : quelques auteurs voient dans ces mots une allusion k I'obesite de certains vieillards. Mais S. Jerome, qui traduit ainsi, explique les choses autrement : le mot hebreu qui signifie sauierelle, dit-il, veut dire aussi tahis, talon ou cheville du pied;de Ik ce sens :les pieds du vieillard se gonflent et s'alourdissent, notamment par la goutte. — La cdpre, petite baie, fruit du caprier, n'a plus cfeffet, elle est impuissante a reveiller I'appetit. Motais traduit, on la cdpre eclate : la capre, dit-il, est un fruit qui contient des bales enveloppees dans de petites feuilles. Au temps de la maturite, ces feuilles s'ouvrent et laissent tomber la baie : belle image de la mort qui a lieu par le depart de I'ame sortant du corps. — La detnettre eterjielle : les Hebreux, comme les Egyptiens et les Romains, appelaient ainsi le sepulcre, quoique I'esperance de la resurredlion ne leur fi^it pas etrangere {Tob. iii, 6). — Les pleureiirs parcourent les rues, en attendant la mort du vieillard, et s'informent s'il est encore en vie. On voit que la coutume de louer des pleureurs pour lac^remonie des funerailles est fort ancienne {Matlh. ix, 23. Comp. Horace, A rs poel.^;^;^ : qui condufli ploraiit in fu7tere).

6. L'auteur compare la vie, d'abord a une lampe suspendue au plafond par un fil d'argent, et alimentee par une ampoule d'or d'ou I'huile decoule dans la lampe par de petits canaux ; puis a un seau suspendu audessus d'un puits par une corde attachee a une poulie ou roue fragile. Les anciens exegetes ne se contentent pas de cette signification generale; ils cherchent a decouvrir ce qui, dans I'homme, est la corde d'argent (Fame?), ou I'ampoule d'or(le corps?), ou le

seau qui tire I'eau de la citerne (le coeur qui sans cesse regoit le sang et I'envoie dans tout le corps comme une eau vivifiante?),etc.

Au lieu de, avant que se brise V ampoule d'oj, S. Jerome traduit, ava?tt que retourne la baiidelette d'or, c.-a-d., comme il I'explique lui-meme, avant que Tame retourne a Dieu, d'oii elle etait descendue,

7. Ce verset constate seulement ce qui arrive quand un homme meurt : les deux elements qui formaient le compose humain, le corps et Fame, se separent, et chacun d'eux retourne a son lieu d'origine, le corps a la terre et I'esprit a Dieu. Quelle idee I'Ecclesiaste se fait-il de ce retour a Dieu de I'esprit separe du corps? II ne s'explique pas Ik-dessus ; mais si Ton ne doit pas lui preter sur ce sujet des idees toutes chrdtiennes, fruit de revelations posterieures, il est certain 1° qu'il met une difference essentielle entre I'homme et I'animal, en pensant (iii, 21), que I'esprit de I'un remonte vers Dieu, et que I'esprit de I'autre descend vers la terre; 2° que le retour de I'esprit de I'homme vers Dieu, qui est une fontaine de vie {Ps. xxxvi, 9), n'est pas congu par lui comme une sorte de resorption ou d'absorption dans I'Etre divin, et par suite comme un aneantissement de la personne humaine. Cette personnalite, dans la pensee de l'auteur, continue si bien au delk de la vie prdsente, que la conclusion de son livre est que " Dieu amenera toute oeuvre, bonne ou mauvaise k son jugement " xii, 14.

9-14. Epilogue. Ce morceau est par rapport k I'Ecclesiaste ce qu'est le xxi^ chapitre de S. Jean par rapport au quatrieme Evangile; il a pour but de confirmer et d'accrediter le livre tout entier. L'auteur parle de lui-meme a la y personne, comme il I'avait d^ja fait au debut de son livre.

9. Un grand nontbre de sentences : allusion au livre des Proverbes.

L'ECCLESIASTE. Chap. XII, ii— 14.

ecrire avec droiture de.s paroles de verite. ^^Les paroles des sages sont comme des aiguillons, et, rassemblees en recueils, elles sont comme des clous plantes, donnees par un seul Pasteur. ^^Du reste, mon fils, que ces choses suffisent a t'instruire; multiplier les livres n'aurait pas de fin, et

beaucoup d'etude est une fatigue pour le corps. ^sEcoutons le resume de tout ce discours : Grains Dieu et observe ses commandements,car c'est la le tout de I'homme. i4Car Dieu citera en jugement sur tout ce qui est cache toute oeuvre, soit bonne, soit mauvaise.

II. Des aiguillons ^onx stimuler et r^veiller les esprits. — Elles sont conwie des clous solidement plantes : elles ne peuvent plus se dispei'ser; un sol commun les porte toutes; ce rapprochement aide, non seulement k les retenir, mais aussi a les comprendre. Ou bien : et comme des clous plantes par les mattres des assemblees, par les predicateurs dans les assemblees des fideles. — Un seul Pasteur : Dieu : comp. /<?>. xxiii, 1-4; Ps. xxiii, i; xxviii, 9; I Cor. ii, 12 sv.

Vulgate : parce qu'elles sont donnees selon le conseil des mattres par tin seul Pasteur.

12. Ces cJwses, les paroles des sages, et specialement toutes celles qui sont contenues dans VEcclc'siaste, sans qu'il soit necessaire d'y rien ajouter. — Beaucoup d^ etude ou de meditation (Vulg.).

13. Ecoutons le resume, litt. la Jin, le resultat final du discours, de ce livre. Delitzsch traduit : le resume du discours, aprcs que tout a I'te entendu, est ceci : Crains Dieu,

LIBRI ECCLESIASTES. Cap. XII, ii— 14

scripsit sermonesrectissimos, ac veritate plenos, 1 1. Verba sapientium sicut stimuli, et quasi clavi in altum defixi, quas per magistrorum consilium data sunt a pastore uno. 1 2 . His amplius fili mi ne requiras. Faciendi plures libros nullus est finis : frequensque meditatio, carnis afflictio

est. 13. Finem loquendi pariter omnes audiamus. Deum time, et mandata ejus observa : hoc est enim omnis homo : 14. et cuncta, quas fiunt, adducet Deus in judicium pro omni errato, sive bonum, sive malum illud sit.

etc. — C'est Id le tout de Vhomme, tout son bien, ou tout son devoir, tout ce qui constitue veritablement Thomme. Delitzsch : c'est Id tout /lOfHfue d'apres sa destination, c.-a-d. c'est Ik la destination, le but de la vie de chaque homme sans exception. La Vulgate s'adapte tres bien k ce sens ; on la traduit ordinairement : c'est Id tout fhoiiitne, tout ce qu'il doit faire d'apres sa destination; ou bien : tout Phomtne, tout I'etre et tout le pouvoir de I'homme, cela seul lui est ac-

corde ; tout le reste depend de I'Etre infini, incomprehensible, dont Thomme ne peut pene'trer, encore moins modifier les desseins.

14. Sur tout ce qui est cache 'at. rapporte a jugejnent, et bonne ou mauvaise a toute a'uvre.

Delitzsch : " Cette certitude d'un jugement final pour tout homme apres la vie presente est le fil d'Ariane au moyen duquel I'Ecclesiaste se retrouve en terminant et sort du labyrinthe de ses reflexions. "

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Introbuction.

La CANONICITlt DU Cantique DES CANTIQUES.

DES doutes semblent s'etre eleves chez les Juifs, avant I'ere chretienne, sur la question de savoir si le Cantique devait etre maintenu dans le Canon des Livres inspires. Plusieurs passages talmudiques font allusion a ces doutes : " Au commencement il y eut des gens qui dirent : Les Proverbes, le Cantique des cantiques et I'Ecclesiaste doivent etre caches (c'est-a-dire detournes de I'usage public, mis au rang des apocryphes), parce qu'ils contiennent des paraboles et n'appartiennent pas aux Hagiographes." Ailleurs Rabbi Akiba proteste la-contre en termes energiques : " A Dieu ne plaise! aucun Israelite n'a jamais doute que le Cantique ne rende les mains impures [c'est-a-dire, ne soit un Livre sacre], car le monde n'a rien de plus precieux que le jour oil le Cantique des cantiques fut donne a Israel. Tous les Hagiographes sont saints; mais le Cantique est tres saint." (Loisy, Hist, (ill canon de I'A. T., p. 51.)

Dans I'Eglise chretienne Theodore de Mopsueste ("j" 428) nia inspiration du Cantique des cantiques. Son opinion, combattue par Theodoret, fut ensuite condamnee par le v^ Concile oecumenique.

Les Reformateurs reconnurent I'autorite divine de ce Livre, contenu dans le canon des Juifs. Pour I'avoir attaquee, Chastillon fut chasse de Geneve par Calvin. Depuis un siecle ou deux I'exegese protestante est divisee dans cette question. Les critiques rationalistes,comme Reuss,font valoir contre la canonicite des raisons tirees de la nature meme du livre, du sujet traite

et de la maniere dont il est traite.

Mais un fait historique ne se decide pas par des appreciations de ce genre.

Or le Cantique — c'est un fait constant — a ete tenu pour canonique pendant dix-neuf siecles par la Synagogue juive et par I'Eglise chretienne.

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