‹ La Sainte Bible (volume 3)Chapitre 652 sur 941 · II. — L'UNITfi · texte numérisé non relu

II. — L'UNITfi

Au xviF siecle quelques mots de Richard Simon, et au XVIIF siecle un ouvrage de Herder representerent le Cantique comme un recueil de chants detaches, une anthologie de poemes lyriques. " Quelques interpretes, nous dit Reuss, ont trouve moyen de pousser plus loin encore la methode de Herder, quant a la division du texte en parcelles de minime dimension. On a ete jusqu'a declarer qu'une partie des morceaux ainsi detaches ne representent plus que des fragments, ou des additions postiches faites a des pieces plus anciennes par des glosateurs mal avises, Dans les deux cas, on a cru faire avancer I'intelligence d'un livre, dont on s'exagerait I'obscurite, en bouleversant I'ordre afluel de ses elements d'une maniere tellement arbitraire, qu'on ne se contenta pas de changer la succession des differentes idylles, mais qu'on alia jusqu'a composer celles-ci librement, en combinant ensemble, pour les former, des versets tires de divers chapitres. " Depuis lors plusieurs exegetes independants ont travaille a dissequer ce poeme de diverses facons, avec autant de hardiesse et non moins de desaccord. Ainsi M. Siegfried, dans un commentaire public en 1898, distingue dix chants. M. Budde en compte vingt-trois , dans son commentaire

LE CANTIQUE DES CANTIQUES

paru la meme annee. Ces derniers critiques ne semblent done pas avoir reussi beaucoup mieux que ceux dont Reuss, en 1879, constatait I'insucces : "...Les uns veulent y voir [dans le Cantique] un recueil de poesies detachees, tandis que les autres pretendent y reconnaitre une piece unique, et dont toutes les parties sont reliees entre elles par un lien indissoluble. Oii petit dire que cette dernicre coicepiion tend a prevaloir de plus en plus, quoique I'autre trouve encore quelquefois des defenseurs dont I'autorite scientifique et litteraire lutte sans grand succes, peut-etre aussi sans trop d'adresse, contre celle de la majorite qui compte dans ses rangs les hebraisants les plus renommes de notre epoque. " \Le Caiitigue des cantiques, 1879.)

Deja en 1830 I'exegete protestant Rosenmiiller etablissait, par une longue et solide demonstration, I'unite du Cantique. Les personnages restent les memes tout le temps et conservent jusqu'au bout le meme caractere; tout se tient dans cette serie de dialogues ; plusieurs expressions et locutions, des formules entieres sont repetees 9a et la; enfin partout le style et le ton revelent un auteur unique. Aussi un des derniers commentateurs du Cantique, M. Castelli, professeur a Florence (rationaliste), soutient que I'unite 6! auteur et I'unite de plan ne peuvent etre mises en doute (1892).

L'AUTHENTICITfi.

La tradition juive et la tradition chretienne attribuent a Salomon le Cantique des cantiques. La raisoti principale de cette attribution est le titre meme du poeme : " Cantique des cantiques qui (est) de Salomon. " C'est I'explication la plus plausible du lamed qui precede le nom de Salomon et qu'on appelle lamed au6loris. De la meme fagon, et avec le m^me sens, cette particule est placee

avant le nom de David dans le titre d'un bon nombre de Psaumes. — De plus, " I'ecrivain fait preuve de connaissances etendues en histoire naturelle. Dans les cent seize versets de son poeme, il nomme une vingtaine de plantes et autant d'animaux. Or Salomon fut remarquable dans cet ordre de connaissances. Ill Reg., i^') 33- — Enfin I'auteur decrit avec tant de vivacite et de precision les choses de I'epoque salomonienne, qu'on pourrait difficilement admettre qu'il n'en soit pas le contemporain.

Apres Ewald, de Wette le reconnait lui-meme : " II y a la une serie d'images et d'allusions, une fraicheur de vie qui caracterisent le temps de Salomon. " Einleitzmg y^ edit. p. 372.

Frz. Delitzsch appuie la meme conclusion : " Le Cantique porte en luimeme les traces manifestes de sa composition salomonienne. C'est ce qui ressort de la richesse des images empruntees a la nature, de I'abondance et de I'etendue des references geographiques et artistiques, de la mention d'un si grand nombre de plantes exotiques et de choses etrangeres, et particulierement des objets de luxe, comme tout d'abord du cheval d'Egypte. " ( Lesetre. Cantique dans le Dicl. de la Bible.)

La plupart des critiques modernes non catholiques ont rejete I'authenticitc du Cantique pour les raisons suivantes. i. II y a, dans ce livre, des aramaismes trahissant une certaine evolution de la langue et une cpoque bien plus basse que celle de Salomon. On a note encore quelques termes exotiques. — 2. Au chap, vi, vers. 4, il est dit : " Tu es belle, mon amie, comme Thersa, splendide comme Jerusalem. " Thersa, mise en parallele avec Jerusalem, semble etre alors la capitale du ro}'aume du Nord.

Nous sommes done au moins a I'epoque qui suivit la separation des dix tribus. — 3. Enfin, si I'epouse dont Salomon a voulu celebrer les charmes est la fille du roi d'Eg}'pte, il est

LE CANTIQUE DBS CANTIQUES

assez etrange qu'il en parle comme d'une simple fille des champs. — A ces difficultes on repond : " Tel mot est-il SLirement un aramaisme? est-il certain que tel aramaisme ne se soit introduit dans la langue hebraique qu'a telle epoque?" — Thersa ne pouvait-elle pas etre cclebre par son site et ses agrements avant de devenir la capitale du royaume du Nord?

— Enfin ceux qui interpretent le Cantique comme une allegoric ne pensent pas qu'il y soit question de la fille du roi d'Egypte. (Voir le paragraphe suivant.)

On obje6le encore — et cette objeftion est plus serieuse — Salomon ne pouvait pas parler de lui-meme comme il en a parle dans ce livre :

par exemple, au chap, viii, vers. 12 : " A toi, Salomon, les mille sides!..."

D'autre part, les adversaires de I'authenticite sont loin de s'entendre sur I'auteur, ou meme sur la date de ce poeme; et ils avouent leur embarras. II ne faut pas I'oublier d'ailleurs, la question d'authenticite n'est pas de premiere importance. Ce qui est capital pour nous c'est de connaitre que le livre est inspire ; cette affirmation de la Canonicite est tout a fait independante de I'autre, et il est bon de Ten distinguer soigneusement.

L'iNTERPRIilTATION.

I. Interpyctatiou historiquc.oiL pnrement littemle. Au jugement de Theodore de Mopsueste le Cantique etait simplement un epithalame celebrant I'union de Salomon avec la fille du roi d'Egypte ou avec la Sulamite. Ce sentiment, comme nous I'avons vu, a ete condamne par I'Eglise. — L'exegese rationaliste moderne ne va pas au dela de la lettre du texte, et applique tout le poeme a une union purement humaine. Ce serait un chant sur les noces de Salomon ; ou bien une idylle sur les amours d'un berger et d'une bergere, celle-ci restant fidele a son fiance en depit des

desirs de Salomon qui la veut pour son harem, et malgre les sedu6lions de la cour royale. Done, pour les uns, fond historique ; pour les autres, pure fi6lion. Et sur la forme du poeme meme divergence de vues : serie de dialogues avec une progression veritable et meme tons les caracleres d'un draine; ou bien, tout au contraire, chants lyriques distin6ls, mis bout a bout sans autre liaison que I'analogie du sujet. Le cara6lere commun de cette exegese est la negation de tout sens typique, mystique, allegorique.

Mais si ce poeme ne celebrait que des amours profanes, sans s'elever plus haut, ni les Juifs, ni I'Eglise chretienne ne I'auraient recu dans le canon des Livres inspires. Cette reponse, deja ancienne, garde toute sa valeur contre la theorie des exegetes qui ne croient plus a I'inspiration.

2. Interpretation typique. Le Cantique a un sens litteral et dire6l, par exemple, I'union de Salomon avec la fille du roi d'Egypte ; mais ce sens n'est pas unique; il faut s'elever plus haut et voir, derriere cette figure, I'union du Christ etde I'Eglise. Ecoutons Dom Calmet dans la preface de son Commentaire sur le Cantique :

" La plupart croient qu'il fut ecrit a I'occasion du mariage de Salomon avec la fille de Pharaon, roi d'Egypte; et par consequent avant la vieillesse de Salomon ; et cette opinion est non seulement la plus suivie [du temps de Dom Calmet, semble-t-il], mais encore la plus probable. " Et plus loin : " Cette idee generale que nous venons de donner du dessein du Cantique, n'est, pour ainsi dire, que I'ecorce de ce divin ouvrage. II a dans I'intention du Saint-Esprit, et dans I'idee de I'Eglise, et des Peres, un autre sens infiniment plus releve, et plus beau. Salomon y chante un mariage tout chaste de Jesus-Christ avec la nature humaine, avec son Eglise, avec chaque ame en particulier. C'est

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a quoi il faut elever son esprit et son coeur, en lisant ce Livre. Ouiconque y apporte des yeux profanes, et un coeur rempli d'un amour charnel, y trouvera une lettre qui tue, au lieu do I'esprit qui vivifie. " — Les principaux partisans de cette interpretation sont, au XIF siecle, Honorius d'Autun ; plus tard Nicolas de Lyra, Jansenius de Gand, Bossuet, Dom Calmet, Schegg, Mgr Plantier. De nos jours, le P. Semeria lui semble favorable (cf Revue bibliqiie, 1893, p. 444); et surtout le P. Th. Calmes qui admet lui aussi deux sens, et rejette cependant le sens historique :

" Le Cantique, dit-il, n'est pas une allegoric, c'est une parabole. Par consequent, le sens principal, celui que I'Esprit-Saint veut surtout inculquer au lefteur, n'est pas celui qui est dire61:ement exprime par les mots . . .

Pris au sens litteral, le livre du Cantique decrit en proprestermesl'amour profane. Mais les scenes qu'il retrace, bien qu'ayant un fondement dans la realite, ne sont pas historiques ; ce sont des fi6lions, sous lesquelles I'Esprit-Saint nous presente un enseignement mystique. Le sens direft et litteral est secondaire. Dans I'intention de I'auteur, il est subordonne au sens indire6l et typique, principalement voulu par le Saint-Esprit. L ecrivain lui-meme a-t-il eu connaissance de la portee mystique du livre? Rien ne nous oblige a I'admettre. Comme le fait tres bien remarqucr le Pere Genocchi, I'enseignement traditionnel et la decision de I'Eglise, condamnant I'interpretation exclusivement litterale de Theodore de Mopsueste, ne s'ctendent pas a cette diclinclion." (^Rev. biblique, 1898, p. 460.)

Cependant la plupart des recents Commentateurs catholiques, craignant de mettre en peril le cara6lerc sacre de ce Livre, ou de s'ecarter du sentiment traditionnel, en admettant un sens historique quelconque, ou, de quclquc facon que ce soit, deux sens, I'un litteral et dirc6l, I'autrc

allcgorique et superieur, se prononcent pour

3. Liiiterpyetation tmiquement allegorique. Elle est admise par le P.Gietmann, Mgr Meignan, M. Vigouroux, M. Fillion, M. Minocchi, etc.; elle s'appuie sur la tradition juive et chretienne, et sur certains passages analogues des Livres saints. On ajoute que I'allegorie seule peut rendre compte de ce qu'il y a d'indecis et de flottant dans Ic theatre de Taction et dans la qualite des personnages. La scene est tantot au palais du roi, tantot dans les champs, dans la maison de I'epoux ou de repouse;ellc est transportee brusquement d'un lieu a I'autre. " De nombreux traits du poeme ne conviennent ni a Salomon ni a d'autres personnages purement terrestres, et deviennent par la meme incomprehensibles, si Ton ne s'eleve pas au-dessus du sens litteral : ainsi le heros est tour a tour, et sans transition, berger, chasseur, roi glorieux, pour redevenir subitement berger ; sa fiancee erre seule la nuit par les rues de la ville, etc." (Fillion.)

M. Lesetre resume fort bien les temoignages de I'antiquite. " Voici, ecrit il, comment s'expriment les Peres : " Ce livre doit etre entendu dans le sens spirituel,c'est-a-dire dans le sens de I'union de I'Eglise avec Jesus-Christ, sous le nom d'epouse et d'cpoux, et de I'union de I'ame avec le Verbe divin... Par I'epoux, il faut entendre le Christ, et I'Eglise est I'epouse sans tache et sans ride. "

Par

Origene, /;/ Cant., Houi. i.

I'epouse, la divine Ecriture entend I'Eglise, et c'est le Christ qu'on appelle I'epoux. " Theodoret, /;/ Cant,, prolog. — " Ce qui est ecrit fait penser a des noces, mais ce qui est compris est I'union de I'ame humaine avec Dieu." S. Greg, de Nysse, In Cant. Horn. i. — " Salomon unit I'P^iise et le Christ et chante le doux epithalame des saintes noces." S. Jerome, Ep. liii, 7, ad Paulin. — " Le

LE CANTIQUE DES CANTIQUES

Cantique des cantiques est la joie spirituelle des saintes ames aux noces du roi et de la reine de la cite, le Christ et I'Eglise. Mais cette joie est enveloppee de voiles allegoriques, pour rendre les desirs plus ardents et la decouverte plus agreable a I'apparition de I'epoux et de I'epouse. " S. Augustin, De civit. Dei, xvii, 20.

— " Salomon, divinement inspire, a chante les louanges du Christ et de I'Eglise, la grace du saint amour et les mysteres des noces eternelles. " S. Bernard, Stip. Cant., Serin, i. 8 . . . " Ce sens n'a pas ete imagine arbitrairement par les interpretes. — I. II a une base solide dans les nombreux passages de I'Ancien et du Nouveau Testament qui presentent les rapports de Dieu avec son peuple sous I'image de I'union conjugale. Le Psaume xliv traite ce sujet sous une forme analogue. Dans Osee, ii, 19, 20, 23, le Seigneur dit a la nation choisie : " Je te prendrai pour epouse a jamais. " \cLJcr. ii, 2. Is. 1, i; liv, I, 6, Ix, 4, 5 etc.] Le Seigneur est frequemment presente comme epoux, et I'Eglise comme epouse, dans le Nouveau Testament. MattJi. ix, 15; XXV, l-i3;/^«., iii, 29; ^///., v, 23-25, 31, 32 ; II Cor., xi, 2 ; Apoc. xix, 7, 8." (Lesetre,/6'^.«/.)Plusieurs passages de I'Ancien Testament {ci.Isa'ie, liv etc.), la meme ou ils offrent cette image de I'union de Dieu avec son peuple elu, annoncent les temps messianiques; il est done tout a fait juste d'appliquer ces passages a I'Eglise du Christ.

De cette interpretation plusieurs autres sont derivees par une deduction bien naturelle. L'union de Jesus- Christ avec son Eglise se realise d'une facon concrete et particuliere dans I'ame de chacun des fideles, membres vivants de I'Eglise dont Jesus-Christ est la tete, selon la belle do6lrine de saint Paul. Et cette union trouvant son plus parfait accomplissement dans I'ame tres pure de la Vierge Marie, on a vu avec beaucoup de raison en I'Epouse du Cantique la figure de la Mere du Sauveur. Cette application, deja faite par saint Ambroise, developpee surtout par Denis le Chartreux, saint Bernard, est adoptee dans la liturgie de I'Plglise.

Concluons. La premiere interpretation est inadmissible; les deux dernieres sont orthodoxes. La troisieme, qui s'en tient au sens allegorique, revendique a juste titre en sa faveur le temoignage de la tradition. II importe done par-dessus tout de ne point s'attacher a la lettre du texte, qui donnerait seulement un sens profane et pourrait meme susciter dans I'esprit des images dangereuses. II faut ne jamais perdre de vue ce sens superieuret divin de I'inefifable amour de Dieu pour les hommes, pour son Eglise, pour chaque ame fidele.

Alors, la le6lure du Cantique eleve le coeur vers Dieu, lui inspire, a I'egard de ce Dieu si aimant, les plus tendres sentiments de reconnaissance et d'amour, et lui fait gouter ainsi de celestes delices.

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Jxt Cmitipe tiES CxintiriUEe.

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Chap. I.

CHAP. I

CANTIQUE des Cantiques, de Salomon.

U'il me baise des baisers de sa bouche! Car ton amour est meilleur que le vin; 3 Tes parfums ont une odeur suave, Ton nom est une huile epandue; C'est pourquoi les jeunes fiUes t'aiment.

4 Entraine-moi apres toi ; courons !

Le roi in'a fait entrer dans ses appartements secrets; Nous tressaillirons, nous nous r^jouirons en toi; Nous celebrerons ton amour plus que le vin. Qu'on a raison de t'aimer!

5 Je suis noire, mais je suis belle, filles de Jerusalem, Comme les tentes de C^dar, comme les pavilions de Salomon.

6 Ne prenez pas garde ci mon teint noir, C'est le soleil qui m'a bridee :

Les fils de ma mere se sont irrites contre moi; lis m'ont mise a garder des vignes; Ma vigne, a moi, je ne I'ai pas gardee.

7 Dis-moi, 6 toi que mon cceur aime, Ou tu menes paitre tes brebis, Oil tu les fais reposer a midi, Tour que je n'erre pas comme une egaree Autour des troupeaux de tes compagnons.

8 — Si tu ne le sais pas, 6 la plus belle des femmes, Sors sur les traces de ton troupeau, Et m^ne paitre tes chevreaux pres des huttes des bergers.

9 A ma cavale quand elle est attelee aux chars de Pharaon Je te compare, 6 mon amie.

10 Tes joues sont belles au milieu des colliers. Ton cou esi bean au milieu des rangees de perles.

1 1 Nous te ferons des colliers d'or, pointilles d'argent.

12 Tandis que le roi est k son divan, Mon nard exhale son parfum.

CHAP. I

1. Le Cantique des cantiques^ c'est une forme hebraique du superlatif,et cela signific le plus excellent des caniiqites. Cf. le Saint des saints, le Roi des rois, Vanite des vanites, etc. — de Salomon^ cf. Yltilrod. ^ III. — Le titre n'etant pas compte comme verset dans la Vulgate, le verset i de la \'ulg. correspond au verset 2 de I'hebreu, le verset 2 au verset 3, et ainsi jusqu'£\ la fin du chapitre.

Versets 2-7. Paroles de VEpousc.

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