Au lieu du present : sa main gauclie
soiitient ma tete, il parait plus conforme au contexte de traduire par I'optatif.
7. Ne reveillez pas la bien-aimee; au lieu de bie?i-aimcc, le mot hebreu signifie proprement amoitrj&t plusieurs traduisent :ne reveilles pas l' amour. Mais au ch. vii, verset 7 le meme terme s'applique a I'Epouse, appelee " Mon amour ".
11, 8 — III, 4. Monologue de VEpouse
{en songe,peut-etre).
8, 9. Images gracieuses pour peindre la force de I'amour. Celui qui aime se precipite vers I'objet aime, en franchissant rapidement tous les obstacles.
10. Les mots de la VviSg. propera ..., cohtmba mea, ne se trouvent pas dans le texte hebreu. Les LXX ont aussi ce dernier vocatif ' ' ma colombe ".
II et suiv. L'Epouse rapporte les suaves paroles de son Bien-aime I'invitant a gouter les charmes du printemps.
1 2. Vulg. Tenipus putationis advenit, le temps de tailler (la vigne) est venu. Comme on pent fort bien rapporter le substantif zamir a la racime zamar tailler, cette tradudflion de saint Jerome est tout a fait admissible. Quelques anciens interpretes et les modernes en general preferent traduire par chants {zamh- de zamar, chanter).
424 LE CANTIQUE DES CANTIQUES. Chap. II, 15—17; HI, i— 11.
Fais-moi entendre ta voix;
Car ta voix est douce, et ton visage chaimant.
15 Prenez-nous les renards,
Les petits renards qui ravagent les vignes, Car nos vignes sont en fleur. "
16 Mon bien-ainie est h. moi, et je suis a lui; II fait paitre son troupeau parmi les lis,
17 Avant que vienne la fraicheur du jour, Et que les ombres fuient.
Reviens! ... sois semblable, mon bien-aime, A la gazelle ou au faon des biches, Sur les montagnes ravinees.
Chap. 1 1 1.
CHAP. III
UR ma couche, pendant la nuit, J'ai cherche celui que mon cceur aime; li Je I'ai cherche, et je ne I'ai point trouve ... Levons-nous, me suis-je dit, faisons le tour de la ville, Parcourons les rues et les places, Cherchons celui que mon cc£ur aime. " Je I'ai cherche, et je ne I'ai point trouve.
3 Les gardes qui font la ronde dans la ville m'ont rencontree " Avez-vous vu celui que mon coeur aime? "
4 A peine les avais-je depassds,
Que j'ai trouve celui que mon coeur aime.
Je I'ai saisi et je ne le laisserai pas aller
Jusqu'a ce que je I'aie amene dans la maison de ma m6re,
Dans la chambre de celle qui m'a donne le jour.
5 — Je vous en conjure, filles de Jerusalem, Par les gazelles et les biches des champs,
Ne reveillez pas, ne reveillez pas la bien-aim^e, Avant qu'elle le veuille.
6 Quelle est celle-ci qui monte du desert, Comme une colonne de funiee, Exhalant la myrrhe et Tencens,
Tous les aromates du parfumeur?
7 Voici le palanquin de Salomon; Soixante braves I'entourent, D'entre les vaillants d' Israel
8 Tous sont armes de I'epee, cxerccs au combat; Chacun porte I't'pee sur sa hanche.
Pour ecarter les alarmes de la nuit.
9 Le roi Salomon s'est fait une liticre De bois du Liban.
10 11 en a fait les colonnes d'argent,
Le dossier d'or, le siege de pourpre;
Au milieu est une broderie,
fEuvre d'amour des filles de Jerusalem.
Ti Sortez, filles de Sion, et voyez le roi Salomon,
Avec la couronne dont sa mere I'a couronne
Le jour de ses epousailles,
Le jour de la joie de son coeur.
15. Prenez-iioits les renards, etc. " Ce verset 15 a de tout temps embarrasse les commentateurs, qui ne savent au juste s'il contient les paroles du Salomon spirituel ou de la Sulamite". (Pillion.) " C'est le dernier vers de la chanson cjue Tepoux a chantee h la fenctre de I'epouse. Aprcs quoi il entre,
et I'epouse lui dit qu'elle est toute h. lui, etc. L'epoux en rentrant, donne ordre hses gens de veiller a la garde de sa vigne. ' (Dom Cahnet.) Ce sont peut-etre quelques paroles d'une chanson connue, amenees ici sur les It'vres de I'Epouse par ces mots du vers. 13 " La vigne en /leu r exhale son far/inn. "
CANTICUM CANTICORUM. Cap. II, 15-17; III, i — 11. 425
et facies tua decora. 15. Capite nobis vulpes parvulas, qu^ demoliuntur vineas : nam vinea nostra floruit. 16. Dilectus meus mihi, et ego illi,qui pascitur inter lilia 17. donee aspiret dies, et inclinentur umbra;, Revertere : similis esto, dilecte mi, capreas, hinnuloquecervorum super montes Bether.
— :i:— CAPUT III. — *—
||N lectulo meo per noctes quassivi quem diligit anima mea : quassivi ilium, et non inveni. 2. Surgam, et circuibo civitatem : per vicos et plateas qu^eram quem diligit anima mea : quassivi ilium, et non inveni.
3. Invenerunt me vigiles, qui custodiunt civitatem : Num quem diligit anima mea, vidistis? 4. Paululum cum pertransissemeos, inveni quem diligit anima mea : tenui eum : nee dimittam donee introducam ilium
in domum matris meae, et in cubiculum genitricis meae. 5. Adjure vos filiae Jerusalem per capreas cervosque camporum, ne suscitetis, neque evigilare faciatisdilectam donee ipsa velit.
6. Quas est ista, quas ascendit per desertum sicut virgula fumi ex aromatibus myrrhas, et thuris, et universi pulveris pigmentarii? J. En lectulum Salomonis sexaginta fortes ambiunt ex fortissimis Israel : 8.0mnes tenentes gladios, et ad bella doctissimi : uniuscujusque ensis super femur suum propter ti mores nocturnos. 9. Ferculum fecit sibi rex Salomon de lignis Libani :
10. columnas ejus fecit argenteas, reclinatorium aureum, ascensum purpureum : media caritate constravit propter Alias Jerusalem : 1 1 .egredimini et videte filias Sion regem Salomonem in diademate,quo coronavit ilium mater sua in die desponsationis illius, et in die lastitia:^ cordis ejus.
16. Vulg. Oiii pascitur; d'apres I'hebreu, mieux vaut I'aflif, qui fait pailrc.
ij.Avant que vienne la frauheiir ciujour.
Plusieurs commentateurs pensent qu'il s'agit de la brise du soir. Reuss traduit : " Quand viendra a souffler la brise die soir, quand les ombres s\dlongcnt,... reviens''Wv\^. Donee aspiret dies et inclinentur umbra;. Mais ce dernier mot en hebreu a un sens different : jusqu'a ce que les omijres fuicnt, se dissi- ^^«/. Bossuet I'a fort biencompris : "jusqu'a ce que le jour paraisse, a I'aube duquel une brise le'gere s'eleve et les ombres se dissipent. " II faut alors joindre cela a ce qui precede, et non au mot suivant, Reviens.
CHAP. III
I. C'est le monologue de I'Epouse qui continue. Elle racontela recherche anxieuse de son Bien-aime. Comparez I'anxiete des saintes Femmes, spe'cialement de Marie- Madeleine, h, la recherche de Jesus. (S. Jean, XX, I suiv.)
■^. " Avez-vous vit Celtii que moii ca'tir aiine?" Comme si tout le monde ^tait au courant de ce qui occupe son cceur. Comparez la parole de Marie-Madeleine a Jesus lui apparaissant sous I'exterieur d'un jardinier : " Si c'est toi qui L'as enleve, dis-moi ou tu Z'as mis et jc le prendrai." (S. Jean, xx, 1 5.)
5. Repetition du verset 7 du ch. ii. C'est I'Epouse qui parle, ou peut-etre la Coryphee repetant a ses compagnes, les fiUes de Jerusalem, la recommandation de I'Epoux.
Ill, 6-1 1. Entree solennelle de PE-pouse ix Jerusalem.
Ce passage est chante probablement par le choeur des filles de Jerusalem.
6. (liii monte du desert; desert ne doit pas s'entendre d'un vaste territoire au sol sterile et sans habitants ; mais en Palestine ce mot signitie la campagne inhabite'e.
7. Le palanquin de Salomo7i; Vulg. leHtilum Salomonis, =a litiere, plutot que " son lit nuptial", comme traduit Dom Calmet.
10. Ai( milieu est une broderie, oetivre d'amour, etc. Vulg. media (plur. neutre, le milieu) caritate conslravit, traduit par les commentateurs est pave d' amour, n'est pas Ires clair. Plusieurs, apres Theodotion, omettent le mot amour. Les modernes I'expliquent comme une locution adverbiale, ce qui conduit au sens adopte dans notre traducftion.
11. C'etait la coutume, daus I'antiquit^, d'orner les e'poux d'une couronne, au jour de leurs noces. — Les paroles de ce verset sont appliquees a Notre-Seigneur par la liturgie de FEglise, pour la fete de la sainte
LE C ANTIQUE DES C ANTIQUES. Chap. IV, i — 13.
CHAP. IV
Chap. IV.
UI, tu es belle, mon amie; oui, tu es belle! v'fS^A ^^^ y^^^ ^°"^ desyeux de colombes derriere ton voile; l^^yj Tes cheveux sont comme un troupeau de chevres, Suspendues aux flancs de la montagne de Galaad.
2 Tes dents sont comme un troupeau de brebis tonducs, Qui remontent du lavoir;
Chacune porte deux junieaux, Aucune d'elles n'est sterile.
3 Tes levres sont comme un fil de pourpre, Et ta bouche est charmante;
Ta joue est comme une moitie de grenade Derriere ton voile.
4 Ton cou est comme la tour de David, Batie pour servir d'arsenal;
Mille boucliers y sont suspendus, Tous les boucliers des braves.
5 Tes deux seins sont comme deux jumeaux de gazelle. Qui paissent au milieu des lis.
6 Avant que vienne la fraicheur du jour, Et que les ombres fuient,
J'irai a la montagne de la myrrhe Et k la colline de I'encens.
7 Tu es toute belle, mon amie, Et il n'y a pas de tache en toi.
8 Viens avec moi du Liban, ma fiancee, Viens avec moi du Liban!
Regarde du sommet de I'Amana,
Du sommet dli Sanir et de I'Hermon,
Des tanicres des lions,
Des montagnes qu'habitent les leopards.
9 Tu m'as ravi le coeur, ma sceur fiancee,
Tu m'as ravi le coeur par un scul de tes regards, Par une des boucles qui pendent sur ton cou.
10 Que ton amour a de charme, ma soeur fiancee, Que ton amour est deletflable!
11 vaut mieux que le vin;
L'odeur de tes parfums vaut mieux que tous les aromales.
1 1 Tes levres distillent le miel, ma fiancee,
Le miel et le lait se cachent sous ta langue,
Et l'odeur de les vetements est comme l'odeur du Liban.
12 C'est un jardin ferm^ que ma soeur fiancee, Une source fermee, une fontaine scelloe,
13 Un bosquet ou croissent les grenadiers, Avec les fruits les plus exquis,
Le cypre avec le nard,
Couronne d'epines, au Capitule des Vepres et de Laudes, dans I'hymne des Vepres; et la iv^ Legon est un passage d'un sermon de saint Bernard sur ce texte.
CHAP. IV
IV, I — V, I. Dialogue cnire PEpoux et VEpouse qui expriinent leiir niutiiel anioiir.