‹ La Sainte Bible (volume 3)Chapitre 659 sur 941 · Le cypre^ voyez i · texte numérisé non relu

Le cypre^ voyez i

428 LE CANTIQUE DRS CANTIQUES. Chap. IV, 14—16; V, i—q.

14 Le nard et le safran,

La cannelle et le cinnamome,

Avec tons les arbres qui donnent I'encens,

La myrrhe et I'aloes

Et toutes les plantes embaumees;

15 Une fontaine dans iin jardin, Une source d'eaux vives,

Un ruisseau qui coule du Liban.

16 Levez-vous, aquilons; venez, autans!

Soufflez sur mon jardin, et que ses parfums s'exhalent! — Que mon bien-aime entre dans son jardin, Et qu'il mange de ses beaux fruits!

Chap. V.

CHAP. V

jE suis entre dans mon jardin, ma soeur fiance'e,

J'ai cueilli ma myrrhe et mon baume;

J'ai mange le rayon avec le miel, J'ai bu mon vin et mon laitl ...

Mangez, amis, buvez, enivrez-vous, mes bien-aim^s.

2 — Je dors, mais mon cceur veille ...

C'est la voix de mon bien-aime! II frappe :

" Ouvre-moi, ma soeur, mon amie,

Ma colombe, mon immaculee;

Car ma tete est couverte de rosee,

Les boucles de mes cheveux sont trempe'es des gouttes de la nuit."

3 "J'ai ote ma tunique, comment veux-tu que je la remette.'' J'ai lave mes pieds, comment les salirais-je? '

4 Mon bien-aime a passe la main par le trou de la serrure, Et mes entrailles se sont emues sur lui.

5 Je me suis levee pour ouvrir a mon bien-aime. Et de mes mains a degoutte la myrrhe,

De mes doigts la myrrhe repandue sur la poignee du v.errou.

6 J'ouvre h mon bien-aime;

Mais mon bien-aime avait disparu, il avait fui. J'etais hors de moi quand il me parlait. Je sors pour le chercher, et ne le trouve pas; Je I'appelle, il ne me repond pas.

7 Les gardes qui font la ronde dans la ville me rencontrent; lis me frappent, ils me meurlrissent;

Les gardiens de la muraille m'enlevent mon manteau.

8 Je vous en conjure, filles de Jerusalem, Si vous trouvez mon bien-aim^,

Que lui direz-vous? ...

Que je suis malade d'amour.

9 — Qu'a done ton bien-aime de plus que les autres, O la plus belle des femmes.'

Ou'a ton bien-aime de plus que les autres. Pour que tu nous conjures de la sorte?

14. Le safran, parfum trcs estime par les Orientaux. — Le cinnamome entrait dans la composition de I'huile sainte que Moise prescrivit pour les oni^lions, Exode xxx, 2y, de meme dans la composition des aromates dont on se servait pour parfumer les appartements et les lits de repos. Cf. Difl. de la Bible.

15. Qui coitle du Liban. La \'ulg. ajoute, ou interprcte, avec impcluosite. Mieux vaut

dire que ces eaux coulent pares et limpides.

16. Rien de plus poeticjue et de plus gracieux. — Que mon Bienainu' etc., c'est evidemment I'Epouse qui prend la parole : son Epoux doit jouir de ses charmes; elle est toute :\ Lui. " Mon jardin est k Lui plutot qu';\ moi ... C'est le Christ qui m'a creee, ornee, ordonnee, moi I'Eglise. " (Corn, a Lap.)

CANTICUM CANTICORUM. Cap. IV, 14—16; V, 1—9.

14. nardus et crocus, fistula et cinnamomum cum universis lignis Libani, myrrha et aloe cum omnibus primis unguentis. 15. Fons hortorum : puteus aquarum viventium, quas fluunt impetu de Libano.

16, Surge aquilo, et veni auster, perfla hortum meum, et fluant aromata illius.

— :i:— CAPUT V. — :>—

ENIAT dilectus meus in hortum suum, et comedat fructum pomorum suorum. Veni in hortum meum soror mea sponsa, messui myrrham meam cum aromatibus meis : comedi favum cum melle meo, bibi vinum meum cum lacte meo : comedite amici, et bibite, et inebriamini carissimi.

1. Ego dormio, et cor meum vigilat : vox dilecti mei pulsantis :

Aperi mi hi soror mea. amica mea, columba mea, immaculata mea :

quia caput meum plenum est rore, et cincinni mei guttis noctium.

3. Exspoliavi me tunica mea, quomodo induar ilia? lavi pedes meos, quomodo inquinabo illos? 4. Dilectus meus misit manum suam per foramen, et venter meus intremuit ad tactum ejus. 5. Surrexi, ut aperirem dilecto meo : manus meas stillaverunt myrrham, et digiti mei pleni myrrha probatissima. 6. Pessulum ostii mei aperui dilecto meo :

at ille declinaverat, atque transierat.

Anima mea liquefacta est, ut locutus est : quassivi, et non inveni ilium : vccavi,et non respondit mihi.

7. Invenerunt me custodes qui circumeunt civitatem : percusserunt me, et vulneraverunt me : tulerunt pallium meum mihi custodes murorum, 8. Adjure vos fili^ Jerusalem, si inveneritis dilectum meum, ut nuntietis ei quia amore langueo.

9. Qualis est dilectus tuus ex dilecto, o pulcherrima mulierum?

qualis est dilectus tuus ex dilecto, quia sic adjurasti nos?

CHAP. V

1. Enivtcz-vousj s'enivrer en style biblique, ce n'est pas toujours devenir ivre, au sens que nous attachons a ce mot, mais souvent c'est prendre part a un banquet joyeux ou le vin coule abondamment.

L'Epoux s'adresse ici a ses compagnons, aux paranymphes, et les invite a partager sa joie.

V, 2 — VI, 3. L Epoiise raconte^ semble-t-il , un songe et elle cclcbre les charines de son Epoux.

2. Comp. /mi/, v, 5 " L'amour est vigilant, il s'assoupit et jamais ne s'endort." — II frappe : " Oiivre-moi! ... Comp. ces paroles de Notre-Seigneur : " Je me tiens a la porte et je frappe." {Apoc. iii, 20.) — Que celte Epouse, qui I'aime tant, lui ouvre aussitot, car il a froid!

3. "Expoliavi me tunica ... Lavi pedes meos : delicatte sponsas colorata excusatio." (Bossuet.)

4. Vulg. Venter meus intremuit ad taftum ejus, mes cntrailles se sont eiiiiies en Pentendani /rapper. Hebr. et LXX, se sont emties a cause de lui, sur lui.

5. 6. Vulg. I\fes doigts etaient pleins de la inyrrhe la plus prccieuse.

J^ai Icve le verrou de ma porte pour mon Bien-aime. Le texte hebreu coupe la phrase autrement. II s'agit de la myrrhe repandue par I'Epoux sur la poignee du verrou et d^coulant sur la main de I'Epouse lorsqu'elle ouvre. Comparez a ce trait un usage des Grecs et des Romains, auquel il est fait allusion dans ces vers de Lucrece (iv, 1 171 suiv.) :

At lacrymans exclusus amator liinina scepe Floribus et sertis operit, postesque superbos Ungit amaracino, et foribus miser oscula figit.

6. La disparition de I'Epoux, ici encore, (cf. iii, 2, 3) donne a I'Epouse I'occasion de tdmoigner son amour intense et fidele par des recherches pleines d'anxi^te, au mepris de tous les perils.

7. Brutalement frappee, depouillee de son manteau, elle ne se lamente pas de res mauvais traitements, elle n'y attache aucune importance, uniquement preoccupee de retrouver Celui qu'elle aime. La vehemence de son affecflion est exprimee dans le verset 8.

6. Qii\i done ton bien-aime de plus que les autres. Vulg. ex dileclo, entre les bien-aimh (?) la preposition hdbr. miii. exprime plutot ici le comparatif.

430 LE CANTIQUE DES CANTIQUES. Chap. V, ro-i6; VI, 1—9.

Chap. VI.

10 — Mon bien-aime est blanc et vermeil; II se distingue entre dix mille.

1 1 Sa tete est de For pur,

Ses boucles de cheveux sont flexibles comme des palmes Et noires comme le corbeau.

12 Ses yeux sont comme des colombes au bord des ruisseaux, Se baignant dans le lait,

Posees sur des rives pleines.

13 Ses joues sont comme un parterre de baume, Un carre de plantes odorantes;

Ses levres sont des lis

D'ou decoule la myrrhe la plus pure.

14 Ses mains sont des cylindres d'or, Emailles de pierres de Tharsis;

Son sein est un chef-d'ceuvre d'ivoirc, Couvert de saphirs.

15 Ses jambes sont de blanches colonnes de marbre, Posees sur des bases d'or pur.

Son aspe(fl est celui du Liban, Elegant comme le cedre.

16 Son palais n'est que douceur,

Et toute sa personne est pleine de charme. Tel est mon bien-aime, tel est mon ami, Filles de Jerusalem.

CHAP. VI

E quel cote est alle ton bien-aime, O la plus belle des femmes?

De quel c6t6 ton bien-aime s'est-il tourne, Pour que nous le cherchions avec toi.''

2 — Mon bien-aime est descendu dans son jardin, Au parterre de baume,

Pour faire paitre son troiipeaii dans les jardins Et pour cueillir des lis.

3 Te suis a mon bien-aime, et mon bien-aime est a moi; II fait paitre son iroupeaii parmi les lis.

4 Tu es belle, mon amie, comme Thirsa, Charmante comme Jerusalem,

Mais terrible comme une armee en bataille.

5 D^tourne de moi tes yeux, car ils me troublent. Tes cheveux sont comme un troupeau de chcvres Suspendues aux tiancs de la montagne de Galaad.

6 Tes dents sont comme un troupeau de brebis Qui remontent du lavoir;

Chacune porte deux jumeaux; Aucune d'elles n'est sterile.

7 Ta joue est comme une moitic de grenade Derricre ton voile.

8 II y a soixante reines, quatre-vingts concubines, Et des jeunes tiUes sans nombre;

9 Une seule est ma colombe, mon immaculee, L'unique de sa mere.

La prefdree de celle qui lui donna le jour.

10. Mon bien-aime est blanc ct vermeil. Comparez Lam. iv, 7 :

Ses princes etaieut plus brillants que la iieige,

plus blancs que le lait, I.eur corps plus rouge que le corail,

ieur couleur celle du sapliir.

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