‹ La Sainte Bible (volume 3)Chapitre 661 sur 941 · Quas est ista, quae progreditur · texte numérisé non relu

Quas est ista, quae progreditur

— Les Vevres sont des lis, des lis rouges, fleur assez commune en Palestine.

14. C&s pierrcs precieuses de Tharsis sont des chrysolithes, suivant les LXX et Flavius Josephe.

15. De blanches colon ties de jnnrbre, pour marquer I'elegance et la fermete.

16. Et toiite sa personne est plcitic de chartne. hebr. m. a m. // est tout cnticr charme. Comparez Ps. xlv, 3 (Vulg. xliv) Speciosiis forma prce filiis Jiojninuin...

CHAP. VI

2, 3. Pour f aire paitre son troupeau...; Vulgate, poicr se nourrir datis les jardins, et vers. 3, qtii se noiirrit pariiii les lis, Rosenmiiller I'interprete par rassasier ses yeux, son odorat. Les LXX ont traduit par 7ioi;j.aivj'.v, faire paitre; et il semble bien que ce soit Ik le vrai sens, comma plus haut, ii, 16.

VI, 4-9. LEpoHX, a son tour, celeb re les cJiarnies de VEpouse.

4. Coinnie Thirsa. Les LXX et la Vulgate ont pris ce nom propre pour un nom commun [fiic, s'Loo/via, Vulg. suavis). Le nom de

cette villa signifie en effet " grace, beaute. " M. V. Guerin et M. Legendre identifient Thirsa avecTallouzah situee a quelques kilometres N.-E. de Naplouse. Thirsa, ancienne ville du pays de Chanaan, fut, avant Samarie, la capitale du royaume des Dix tribus.

5. Detoiirne de nioi tes yeiix, car ils me trouble/it. Ces derniers mots sont rendus dans la Vulg. par " me avolare fecerunt, " ils ni'ofit fait fiiir; c'est aussi le sens donne par les LXX, mais la sens da troublcr est meilleur. — Tes chevetix sont conune itn troupeau de chevres etc. et vers. 6, 7. C'est exa<^1:ement, avec les memes comparaisons, dans les memes termes, le portrait de I'Epouse trace precedemment iv, 1-3.

8. II y a soixante reines, quatre-vingts C07icubines; concubines signifie femmes du second rang, de condition inferieure. Ces details sont empruntes aux moeurs de la cour royale a cette epoque. Les chififres ne doivent pas etre pris rigoureusement pour un nombre precis, mais seulement pour marquer un grand nombra. L'Epousa du Cantique est distingue'e enlre toutes ces femmes, et uniquement aimee.

432 LE CANTIQUE DP:S CANTIQUES. Chap. VI, 10—12; VII, i— 11.

Les jeunes tilles I'ont vue et I'ont proclamee bienheureuse; Les reines et les concubines Font vue et I'ont loude.

10 Quelle est celle-ci cjui apparait comme I'aurore, Belle comme la lune, pure comme le soleil, Mais terrible comme une armee en bataille?

11 J'etais descendue au jardin des noyers, Pour voir les herbes de la vallee, Pour voir si la vigne pousse, Si les s^renadiers sont en fleur.

12 Je ne sais, mais mon amour m'a fait nionter Sur les chars de mon noble peuple.

CHAP, VII

Ch. VII. P^lEVIENS, reviens, Sulamite,

Reviens, reviens, afin que nous te regardions. — Que voulez-vous voir dans la Sulamite? — Comme une danse de Machanaim.

2 Que tes pieds sont beaux dans tes sandales, fille de prince ! La courbure de tes reins est comme un collier, CEuvre de mains habiles.

3 Ton sein est vme coupe arrondie, Remplie d'un vin aromatise.

Ton corps est un monceau de froment Entoure de lis.

4 Tes deux seiiis sont comme deux faons, Jumeaux d'une gazelle.

5 Ton cou est comme une tour d'ivoire; Tes yeux sont comme les piscines d'Hescbon, Pres de la porte de cette ville populeuse. Ton nez est comme la tour du Liban, Qui surveille le cote de Damas.

6 Ta tete s'eleve comme le Carmel, Les cheveux de ta tete sont comme la pourpre : Un roi est enchaine a leurs boucles.

7 Que tu es belle, que tu es charmante, Mon amour, au milieu des delices !

8 Ta taille ressemble au palmier, Et tes seins a ses grappes.

9 J'ai dit : Je monterai au palmier, J'en saisirai les rameaux.

Que tes seins soient comme les grappes de la vigne, Le parfum de ton souffle comme celui des pommes, Et ta bouche 'comme un vin exquis !...

10 — Qui coule aisement pour mon bien-aime, Qui glisse sur les Icvres de ceux qui s'endorment.

11 Je suis a mon bien-aime, Et c'est vers moi qu'il porte ses desirs.

VI, 10 — VIII, 4. Les chanties de la vie iwuvelle des Epoux^ dans les sentinienis d'ttn amour tendre et fort.

10. Ces paroles sont appliquees a la Vierge Marie dans la liturgie de I'Eglise.

12. Mon amour in\i fait 7110 titer sur les chars de mon tioble peuple, m. a m. mon ame (mon desir) m'a mise (sur) les chars de moti peuple, d''un noble. \'\x\g. mon ame a dte toute troublee, a cause des chars d'Aminadab. Les LXX ont aussi le nom propre

Aitiinadab. La syntaxe hebraique demanderait I'article devant Tadjecflif, si Ton traduit tnon tioble peuple. Le texte de ce passage parait altere; et les commentateurs ont beaucoup de peine a le lier a ce qui precede et a ce qui suit. Inutile de citer ici les innonibrables hypotheses, conjedlures, interpretations proposees .\ cet effet.

CHAP. VII

I. Sulamite; c'est la premiere fois que ce nom se presente pour designer I'Epouse.

CANTICUM CANTICORUM. Cap. VI, 10—12; VII, 8— 11. 433

quasi aurora consurgens, pulchra ut luna, electa ut sol, terribilis ut castrorum acies ordinata? 10, Descend! in hortum nucum, ut viderem poma convallium,et inspicerem si floruisset vinea, et germinassent mala punica. 11. Nescivi : anima mea conturbavit me propter quadrigas Aminadab.

I 2. Revertere, revertere Sulamitis : revertere revertere, ut intueamur te.

— :i:— CAPUT VII. — :i:—

UID videbis in Sulamite, nisi choros castrorum?

Quam pulchri sunt gressus tui in calceamentis, filia principis! Junctures femorum tuorum, sicut monilia, quas fabricata sunt manu artificis. 2. Umbilicus tuus crater tornatilis, nunquam

indigens poculis. Venter tuus sicut acervus tritici, vallatus liliis. 3. Duo ubera tua, sicut duo hinnuli gemelli capreas. 4. Collum tuum sicut turris eburnea. Oculi tui sicut piscinae in Hesebon, quas sunt in porta filiae multitudinis. Nasus tuus sicut turris Libani, quae respicit contra Damascum. 5. Caput tuum ut Carmelus:

et comas capitis tui, sicut purpura regis vincta canalibus. 6. Quam pulchra es, et quam decora carissima, in deliciis! 7. Statura tua assimilata est palmas, et ubera tua botris.

8, Dixi : Ascendam in palmam, et apprehendam fructus ejus : et erunt ubera tua sicut botri vineas : et odor oris tui sicut malorum. 9. Guttur tuum sicut vinum optimum, dignum dilecto meo ad potandum, labiisque et dentibus illius ad ruminandum. 10. Ego dilecto meo, et ad me conversio ejus. 11. Veni di- Jecte mi, egrediamur in agrum, com-

Dans quelques manuscrits des LXX il est ecrit avec un v, au lieu du X ; de meme dans I'ancience version italique, d'ou il a passe dans la liturgie chrdtienne, Sunamitis. On I'a explique par fille de Sunani, {Stiiiaiii, aujourd'hui Stilavi, petite ville de la tribu d'Issachar). Les modernes regardent plutot ce nom comme symbolique : forme feminine du nom de Salomon, il signifierait Salomofiienne, ou bien, selon d'autres, "la parfaite, I'integre, ou, conformement a un autre sens de la meme racine, celle qui possede, qui produit la paix, le contentement." (Castelli.) — Comme tine danse de Machanaim. Si le texte est exacSl, voila encore une allusion qui nous ^chappe. Ce nom propre (si e'en est un) signifie " Deux camps. " S'agit-il de I'endroit dont parle la Genese, xxxii, 2?

2. Comme il est question de datise dans le verset precedent, I'eloge de I'Epouse, la description de sa beaute, commence cette fois par les pieds. Dans les comparaisons suivantes, qui sont marquees au coin du genie oriental, inutile de chercher pour chaque image un sens tres precis, et d'en vouloir faire dans le detail une application mystique. Comme Bossuet le remarque avec beaucoup de tacft, il est plus convenable de placer tous ces eloges dans la bouche des jeunes filles qui composent le choeur.

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