‹ La Sainte Bible (volume 3)Chapitre 666 sur 941 · LIVRE DE LA SAGESSE. Chap. I, 8—16; II · texte numérisé non relu

LIVRE DE LA SAGESSE. Chap. I, 8—16; II

Chap. II.

^Aussi celui qui tient des discours impies ne saurait raster cache, ni echapper au chatiment de la justice.

9 Car les pensees des impies seront examinees ; la connaissance de ses paroles arrivera jusqu'a Dieu pour le chatiment de ses iniquites i^Une oreille jalouse entend tout et le bruit des murmures ne lui echappe pas.

iiGardez-vous done de ces murmures inutiles, et preservez votre langue du blaspheme ; car la parole la plus secrete ne sortira pas impunement de vos levres, et la bouche qui ment donne la mort a I'ame.

12 Ne courez pas apres la mort par

les egarements de votre vie, et n'attirez pas sur vous la perdition par les oeuvres de vos mains. ^sCar Dieu n'a pas fait la mort, et il n'eprouve pas de joie de la perte des vivants. ^4 II a cree toutes choses pour la vie ; toutes les creatures sont salutaires ; il n'y a en elles aucun principe de destru6lion, et la mort n'a pas d'empire sur la terre. ^sCar la justice est immortelle.

16 Mais les impies appellant la mort du geste et de la voix; la regardant comme une amie, ils se passionnent pour elle; ils font alliance avec elle, et ils sont dignes, en effet, de lui appartenir.

CHAP. II. — Maximes et raisonnements des impies touchant la destinee humaine [vers, i — 20]. Refutation de ces maximes [21 — 25].

de nos narines est une fumee, et notre pensee une etincelle qui jaillit au battement de notre cceur. sQu'elle s'eteigne, notre corps tombera en cendres et I'esprit se dissipera comme I'air leger. 4 Notre nom tombera dans I'oubli avec le temps, et personne ne gardera le souvenir de nos oeuvres.

Notre vie passera comme un reste de nuee ; elle se dissipera comme un

iLS se sont dit les uns aux autres, dans I'egarement de leurs pensees : " II est court et triste le temps de notre vie et, quand vient la fin d'un homme, il n'y a point de remede; on ne connait personne qui soit revenu du sejour des morts. ^Le hasard nous a amenes a I'existence, et apres cette vie nous serons comme si nous n'avions jamais ete; le souffle

Pentecote, I'Eglise applique au don des langues les mots scientiam habet vocis : ce n'est qu'une simple accommodation.

9. Les pensees ou les dcsseins. — Jusqu 'd Dieu : comp. Jacq. v, 4.

10. Utie oreille jalouse, I'oreille d'un Dieu jaloux de la fidelity de son peuple ; litt. une oreille de Jalousie, xeWo. f\W&r\ a la jalousie, comme on dit Pa'il de lafoi. — Murmures blasphematoires, occasionnds par les malheurs des Juifs k cette epoque; Dieu semblait les avoir abandonnes, et plusieurs niaient sa providence; quelques-uns meme allaient jusqu'k I'apostasie.

11. Inutiles, c.-k-d. mauvais, funestes : litote. Ce mot est souvent employe dans ce sens : comp. Matth. xii, 36; Ep/ie's. v, 11; Tit. iii, 9; Phile'fn. ii; H3r. xiii, 17. — Blasphhne, litt. ditraH^ionj le contexte indique que Dieu en est I'objet. — Parole secrete, dite dans I'intimite. — Qui ment : le mensonge est pris ici dans le sens tres general de parole coupable, injuste. — La tnort spirituelle.

12. Ne courez pas : ironie (comp. Prov. viii, 36); aux yeux d'un homme sense, les

mechants se comportent comme s'ils desiraient la mort; ils prennent plus de peine a satisfaire leurs passions et h. se perdre, qu'ils n'en auraient k les combattre et a se sauver. La mort dont il s'agit ici est la mort spirituelle et par suite le chatiment reserve au pecheur apr^s la vie presente. Ce chatiment, I'auteur I'appelle mort ou perditio7t (comp. vers. 11; iv, 19), non parce que I'ame coupable sera rdellement aneantie, mais parce que I'etat de souffrance et de misere oii elle sera reduite pent etre nommee une mort, en comparaison de la vie bienheureuse et immortelle dont jouiront les justes. Les memes expressions ont passe avec le meme sens dans la langue chr^tienne.

13. La mort n'entrait pas dans le plan primitif du Createur (ii, 23); elle est due k une cause accidentelle, au pdche, occasionn^ lui-meme par la jalousie du d^mon.

14. Toutes choses en general, et particuli^rement les etres vivants. — Toutes les especes de creatures, tout ce qui arrive k I'existence : c'est le sens du gr. -^vihtKc, et du lat. nationes (Pline : nationes mellis.

LIBER SAPIENTL4{. Cap. I, 8—16; II, 1—4.

net omnia, scientiam habet vocis.

8, Propter hoc qui loquitur iniqua, non potest latere, nee praeteriet ilium corripiens judicium. 9, In cogitationibusenim impii interrogatio erit : sermonum autem illius auditio ad Deum veniet, ad correptionem iniquitatum illius. 10. Quoniam auris zeli audit omnia, et tumultus murmurationum non abscondetur.

1 1. Custodite ergo vos a murmuratione, quae nihil prodest, et a detractione parcite linguae, quoniam sermoobscurus in vacuum non ibit:

OS autem quod mentitur, occidit animam. 12. Nolite zelare mortem in errore vitas vestrae, neque acquiratis perditionem in operibus manuum vestrarum. 13. ''Quoniam Deus mortem non fecit, nee laetatur in perditione vivorum. 14. Creavit enim, ut essent omnia : et sanabiles fecit nationes orbis terrarum : et non est in illis medicamentum exterminii, nee inferorum regnum in terra. 15. Justitia enim perpetua est, et immortalis. 16. Impii autem manibus et verbis accersieruntillam:

et aestimantes illam amicam, defluxerunt, et sponsiones posuerunt ad

illam : quoniam digni sunt qui sint ex parte illius.

— *— CAPUT IL — ^i:—

Omnis impiorum vitcc futurae spem non habentium, scopus est frui hujus vitae voluptatibus, ideoque justum, qui diversum respicit finem, ferre nequeunt, sed ad mortem usque persequuntur : sicut et diaboli invidia homo a Deo creatus immortalis, fa6lus est mortalis.

IXERUNT enim cogitantes apud se non recte :

''Exiguum, et cum taedio est tempus vitas nostrae, et non est refrigerium in fine hominis, et non est qui agnitus sit reversus ab inferis : 1. quia ex nihilo nati sumus, et post hoc erimus tamquam non fuerimus : quoniam fumus flatus est in naribus nostris : et sermo scintilla ad commovendum cor nostrum : 3. qua exstincta, cinis erit corpus nostrum, et spiritus difFundetur tamquam mollis aer, et transibit vita nostra tamquam vestigium nubis, et sicut nebula dissolvetur, quas fugata est a radiis solis, et a calore illius aggravata: 4. et nomen

"Job. 7, t et 14, I.

equortim, etc.). — Sont sahitaires , non nuisibles, ont regu de Dieu a I'origine les qualitds necessaires k leur mutuelle conservation. En grec, acoti^piot ; le mot latin de I'ancienne version italique, sanabilis, a le meme sens a6lif, plutot que celui de gtterissable, qu'on lui donne souvent ici, mais a tort. — // liy a en elles, telles que Dieu les a faites k I'origine.

1 5. Cay- : raison de ce qui precede : le dessein primitif du Createur continue de se realiser dans les justes. — La justice, la sagesse pratique, est immortelle, conduit a I'immortalite; ou bien : les justes, ceux qui pratiquent la sagesse, sont immortels. La Vulgate a.]ou.\.t, perpetua. Quelques manuscrits latins ajoutent encore : mais Vinjristice s^acquiert la mort : ces mots, regardes par plusieurs comme une simple glose, donnent au premier membre un membre parallele qui complete le verset.

16. Ironie : comp. vers. 12. A considerer les adlions et les paroles criminelles des impies, on dirait qu'ils desirent leur perte eternelle. Les derniers mots visent proba-

blement les Juifs apostats qui, renongant a leur alliance avec le Seigneur et ne voulant plus etre son heritage, devenaient en quelque sorte la propriete de la mort.

CHAP. II

1. Les tins aux autres pourrait aussi, avec la Vulg., se joindre a ce qui suit, ils ont dit, raisotinant follement entre eux. — // est court : comp. Gen. xlvii, 9; Job, xiv, i sv. Ps. xxxix, 6 sv. — Qui soil revenu (comp. pour I'expression I Esdr. iii, 3; Tob. ii, 9) : le gr. aitoXuda.; se prete a un autre sens : qui delivre du sejour des morts.

2. Le hasard, non un dessein reflechi, precongu. Vulg., nous sommes ne's de rien, nous n'etions rien avant de naitre. — Une fumee qui se dissipe et disparait sans retour. — Notre pensee, etc. Vulg., et la parole est une etincelle qui agite notre coeur.

3. L'air leger : c'est apres ces mots que la Vulg. met la 2^ partie du vers. 4, notre vie passera, etc.

4. C'est la chaleur solaire qui,agissant inegalement sur les dififerentes couches d'air,

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