LIVRE DE LA SAGESSE. Chap. XIX
entrainait a cctte fin et leur faisait oublier ce qui venait de leur arriver, afin qu'ils subissent dans sa pleine mesure le chatiment qui manquait encore a leurs precedents supplices, 5et que, tandis qu'un merveilleux passage etait accorde a votre peuple, ils trouvassent une mort etrange.
^Car la creation tout entiere fut transformee dans sa nature, obeissant aux commandements particuliers qui lui etaient donnes, afin que vos enfants fussent conserves a I'abri de tout mal. 7Ainsi on vit une nuee couvrir le camp de son ombre; la ou il y avait auparavant de I'eau apparut la terre ferme; la mer Rouge ouvrit un libre passage, et les flots impetueux se changerent en un champ de verdure.
8 Ils y passerent, toute une nation, ayant sous les yeux de merveilleux prodiges. 9Comme des chevaux en paturagc, comme des agneaux bon dissants, ils vous glorifiaient Seigneur, vous leur liberateur. ^oCar ils se rappelaient que, durant leur exil, a la place des autres animaux, la terre ne produisit que des moustiques, et le fleuve, au lieu de poissons, une multitude de grenouilles. "Plus tard, ils virent encore une etrange produ6lion d'oiseaux, lorsque, pousses par la convoitise, ils demanderent une nour-
riture delicate. ^^ Pour satisfaire leur desir, des cailles monterent du cote de la mer.
13 Et le chatiment tomba sur les pecheurs, non sans etre signale d'avance par de violents eclairs. Ils soufifrirent justement pour leurs crimes ; Hear ils avaient montre pour I'etranger la haine la plus odieuse.
Ceux (de Sodome) ne voulurent pas recevoir des gens qui ne les connaissaient pas ; ceux-la reduisirent en esclavage des etrangers qui leur avaient rendu des services. ^5 II y a plus, car voici une autre consideration en faveurdes premiers rc'est en ennemis qu'ils recevaient ces etrangers, 16 tandis que les autres accueillirent d'abord votre peuple avec des demonstrations de joie, et apres I'avoir admis a la jouissance de leurs droits, ils I'accablerent des plus cruelles souffrances. ^/Aussi furent-ils frappes d'aveuglement, comme ceux qui assiegeaient la porte du juste, lorsque, enveloppes de tenebres profondes, ils cherchaient chacun I'entree de la porte.
18 Car les elements echangaient leurs proprietes, comme dans le psalterion les sons changent de rythme tout en restant les memes. C'est ce qu'on pent voir clairement par les
Egyptiens : voy. la note du vers. i. — A cettc fin, i\ cette derni^re/^VzV qui devait les perdre. — Ce qui venait de leur arriver^ les precedents fleaux, et specialement la mort de leurs premiers-nes. — Qii'ils snhissent dans sa pleine mesure, en gr. itpoaavaTrATiptojdJT' (cod. Alex.).
5. Un merveilleux passas;e a tra\ers la mer Rouge. — Une mort etrange, produite par une cause miraculeuse.
6. Car introduit une reflexion philosophique sur le role des creatures entre les mains de Dieu. - Fut transformee, litt. formee de tiouveau, et, d'apres la Vulg., ramenee ^ ce qu'elle etait a I'origine, la servante de I'homme. — Comtnandements particuliers :
la pensee est expliquee au verset suiv.