‹ La Sainte Bible (volume 3)Chapitre 733 sur 941 · Premiere partie (Chap, ii-xlii · texte numérisé non relu

Premiere partie (Chap, ii-xlii

Maximes, preceptes et conseils varies sur toutes les vertus privees et sociales. Des exhortations, des prieres y rompent de temps a autre la monotonie. On trouvera, au cours du commentaire, et dans la table, les quelques subdivisions, peu marquees d'ailleurs, dont cette partie est susceptible.

Deuxienie partie (Chap, xlii, 15- 1, 23). Exemples de sagesse donnes :

1° par la Providence du Createur qu'il celebre dans une hymne remarquable (xlii, 15-xliii, 37). 2° Par les ancetres du peuple d'Israel, depuis Enoch jusqu'au grand-pretre Simon, qui vivait du temps de I'auteur (xliv-l, 23).

Epilogue (1, 24-li). Conclusion, priere et derniere instruction de I'auteur.

Le livre est precede d'un prologue du au tradufteur grec, qui nous fournit quelques donnees sur sa composition et sa tradu6lion. On ne le considere pas comme inspire.

Auteur. Si le livre de la Sagesse est anonyme, celui de V Ecclcsiastique est signc ; malheureusement I'auteur n'est connu que parson nom. II nous I'apprend lui-meme, a la fin de son ceuvre (1, 29) : " Donriiiani sapientia; et disciplines scripsit in codice isto Jesus, filius SiracJi, Jerosolyviita. Les manuscrits grecs portent lyxoaiy., scripsi. Le prologue, plac^ en tete du livre, par le petit- fils de I'auteur, repete la meme donnee : Avus nieus Jesus . . . vol nit et ipse scribere aliquid horuni quce ad do6}rinani et sapien-

LE LIVRE DE L'ECCLESIASTIQUE

tiaju pertinent, etc. {Prolog.) A defaut de documents historiques, I'auteur se fait connaitre, par son ouvrage, comme un homme profondement verse dans I'etude des saintes Ecritures, et d'une piete peu commune.

Peut-etre fut-il, selon la conje6lure de quelques ecrivains, pretre et meme medecin. Mais les connaissances particulieres dont il temoigne, touchant ces deux professions, sont trop peu cara6lerisees pour etablir une conclusion certaine.

L'epoque a laquelle I'ouvrage fut compose pent etre precisee avec plus de certitude. On est autorise a la fixer, non pourtant sans controverse, aux premieres annees du 2^ siecle avant J.-C, vers 190.

Cette date resulte des considerations suivantes.

1° L'auteur depeint le grand pretre Simon, fils d'Onias, avec tant de details et une complaisance si marquee, avec des traits si precis (1, 1-21), qu'on ne peut douter, et tout le monde en convient, qu'il n'ait connu le pontife, et ne I'ait vu souvent accomplir les ceremonies saintes. Or ce Simon a vecu, nous le verrons, environ 60 ans avant le regne de Ptolemee VII Evergete en Egypte (145-117 av. J.-C).

2° Le petit-fils de l'auteur, qui traduisit en grec I'oeuvre de son grandpere, nous declare, dans le prologue, qu'il est venu en Egypte dans la 38^ annee du regne de Ptolemee Evergete. " Iv yy.p t(>> oy^ow zat zpia-

KOCT'j) 'izZl £7r'. Toil Yiilirj-.'iTOI) jSa«7t/.£(J0;

Trapayev/jQsis st; Ai'yuTrrov." Vulg.'W^;// in o6lavo et trigesivto anno teinporibus PtolenicBi Evergetis regis, postquavi perveni in ALgyptuni..^ Or la 38^ annee de ce regne nous reporte vers I'an 130 avant J.-C. II est vraisemblable d'admettre qu'il s'ecoula environ 60 ans entre la composition de I'ouvrage par le grand-pere et sa traduction par le petit-fils.

3° L'epoque de cette composition coincide avec un temps de persecu-

tion marquee contre les Juifs. La priere de l'auteur (chap, xxx, 22- XXX vi, 19) temoigne des afflictions de ses contemporains, et nous ramene aux mauvais jours 011 Ptolemee IV Philopator {222-20^) inaugura les vexations dont Israel fut viftime pendant le 2^ siecle.

Ces indications paraissent assez precises. Elles ne sont pourtant pas sans conteste. II se trouve en effet qu'un autre grand-pretre, Simon, egalement fils d'Onias, a vecu vers I'an 300 av. J.-C, et qu'un autre Ptolemee Evergete a regne en Egypte vers 250. De la une opinion nouvelle, embrassee par plusieurs exegetes modernes et recents, qui fait remonter un siecle plus haut la composition de I'Ecclesiastique.

Cette opinion ne parait pas historiquement fondee.

II est certain, en effet, que Ptolemee III Evergete I n'a pas regne 'i,'^ ans ; ce n'est done pas le Ptolem.ee dont parle le prologue. — A cette difificulte, on repond que le texte grec, cite plus haut, ne signifie pas la 38*^ annee du regne d'Evergete, mais bien I'age du tradu6lcur, qui serait venu en Egypte dans la 38^ annee de sa vie. — Malgre I'etrangete de cette donnee, surtout de la part d'un auteur qui ne nous dit pas meme son nom, on pourrait a la rigueur I'accepter, si la phrase employee n'etait la formule ordinaire pour indiquer I'annee du regne. Cette seule observation fait crouler tout le fondement de cette opinion. — Vainement obje6te-t-on que Ptolemee Evergete II lui-meme n'aurait pas regne 38 ans ; car il est constant que son regne, malgre une assez longue interruption, date de 170, et les historiens le font remonter a cette annee ou il commenca a regner a la place de son frere Ptolemee IV Philometor.

Nous avons du reste d'autres temoignages historiques certains qui nous permettent de distinguer entre les deux Simon, fils d'Onias. Eusebe

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de Cesaree, dans sa Demonstration evangelique (P. L. 22,616), nous apprend " qu'a ce Simon, fils d'Onias, qui vecut au temps ou VEcclesiastigue fut compose, succeda un autre grandpretre du nom d'Onias, precisement a I'epoque ou Antiochus Epiphane voulait obliger les Juifs a sacrifier aux dieux. — St Jerome, dans son commentaire sur Daniel (9, 14) nous fournit la meme donnee. II est done certain qu'il s'agit du deuxieme Simon (219 a 199) dans VEcclesiastigue.

D'ailleurs, point de persecution anterieure a cette epoque; nulle probabilite que la version des Septante commencee en 286 ait ete terminee vers 250 : autant de motifs de ne pas reculer a I'an 290 la composition de ce livre.

Texte primitif. Nous avons deja dit que ce livre avait ete traduit de I'hebreu. C'est en efifet dans cette langue qu'il fut compose. Le tour general du style, une foule de locutions hebraiques, des fautes meme du tradu6teur qui ne s'expliqueraient pas en dehors de I'original hebreu, ne permettent pas d'en douter. — St Jerome a eu entre les mains le texte hebreu. I Malheureusement ce texte moins estime des Juifs palestiniens, qui ne le regardaient pas comme canonique, neglige des chretiens qui se servaient exclusivement du grec, ne tarda pas a disparaitre. Depuis de longs siecles I'original de VEcclcsiastique etait perdu ; il n'en restait que quelques versets, recueillis par le Talmud, lorsque en 1896 un heureux hasard fit rencontrer dans une synagogue du Caire un manuscrit hebreu contenant les dix derniers chapitres du livre (xxxix, 15-xlix, 11). Cet important fragment, public depuis,a permis de reconnaitre le cara6lere

de la langue originale. Ce n'est ni le chaldaique, comme plusieurs I'avaient pense; ni I'hebreu rabbinique, mais bien I'hebreu classique, imitant a dessein la langue de I'Ancien Testament.

Sa comparaison avec la version grecque a fait ressortir, malgre quelques imperfeftions de detail, le caraftere de fidelite presque servile de I'oeuvre du petit-fils de Sirach. II suit de tres pres le texte et rend ordinairement le mot hebreu par le mot grec equivalent. Quelques textes obscurs ont ete heureusement elucides grace a I'original. Par exemple les versets 8 et 9 du chap. 49 avaient ete traduits : 8. " Ezechiel contemple la vision de gloire que le Seigneur lid viontra sur le char des cherubins. 9. Car il songe a Vennenii dans la menace dhme pluie d'orage, et il fit du bien a ceux qui suivaient la voie droite'' Plusieurs critiques sougonnaient que le traducteur avait lu 'oyeb, ennemi, au lieu de 'iyob,]oh. On obtenait ainsi un meilleur sens. Le texte original a justifie cette hypothese : on y trouve iyob^ et, au lieu d'un verset inintelligible et sans lien avec le contexte, on a :

9) " Et Ezechiel a aussi parle de Job, qui a accompli toutes les voies de la justice."

Depuis la decouverte des chapitres xxxix, 15 a xlix, 11, M. Schechter, professeur a Cambridge, sachant que le manuscrit provenait d'une synagogue du Caire, parvint a se faire ceder tout le contenu de la Ghenizah.^ Outre sept nouveaux feuillets du manuscrit deja connu, il s'en trouva quatre d'un autre manuscrit plus petit. Quelques autres feuillets furent encore trouves.

En resume, aftuellement on a public du texte original,4 Eccli. iii, 6vii,22;xi,34''-xvi,26;xxx, ii-xxxv,2;

' Fertur et Panaretos Jesu, filii Sirach, liber et alius, pseudepigraphus, qui Sapientia Salomonis inscribitur; quorum priorem hebraicum reperi. (Hier, Prasf. in libr. Salom.).

"" Cowley et Neubauer, The original he-

brew of a portion of Ecclesiasticus, Oxford,

^ Cf. Et. juives. Juil.-Sept. iSuj.

* Schechter and Taylor, The Wisdom of Ben Sira, portions of the Book of Ecclesia-

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xxxvii, 27-xxxviii, 27; xxxix, 15xlix, II; xlix, 15-li, 30. En tout 695 versets sur 1411 qu'en renferme V Ecclesiastig?ie,d'a.^rhs, la maniere de compter de Swete, O. T. in Greek.

L'Inspiration de Y Ecdesiastique a donne lieu a la meme controverse que les autres Hvres dejiterocanoniques. A cet egard, rien de particulier, sinon qu'il a ete moins conteste que plusieurs d'entre eux. Estime d'abord des Juifs Palestinians, admis meme dans le canon des Juifs alexandrins, cite et transcrit avec honneur par le Talmud, ilsemble n'avoir cesse d'etre, parmi les Juifs, un livre sacre qu'a la suite d"interpolations toujours faciles dans un recueil de maximes. Ouoi qu'il en soit, I'Eglise chretienne, malgre quelques dissonances passageres,

n'a jamais mis en doute son inspiration. De I'aveu meme des auteurs hostiles a ce livre, la lettre de St Jacques s'en inspire constamment, et parfois meme en reproduit les paroles. Les premiers Peres, comme St Clement Romain,'rauteur de I'Epitre de St Barnabe, la Do6lrine des apotres, s'en servent egalement. Des le milieu du deuxieme siecle VEcclesiastique est allegue comme texte de I'Ecriture par les Peres d'occident comme par ceux d'orient. Les heretiques memes, dans les controverses, par example de St Augustin avec les Donatiens, ne repoussent pas son autorite. Enfin, de bonne heure, des le 4^ siecle, les Conciles I'inscrivent dans les canons scripturaires.

sticus from Hebrew manuscripts in the Cairo Genizah colleflion, presented to the University of Cambridge by the editors.

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