PROLOGUE
Ce prologue n'est pas regarde comme canonique, c.-k-d. comme faisant partie des Ecritures inspirees. L'auteur y explique d'abord comment son grand-pere fut anient k composer ce livre (en hebreu), a quelle occasion et dans quel but lui-meme le traduisit en grec.
Des le<;ons^ litt. des choses pouvant servir a la formation morale, conduire a la sagesse. — La loi, les cinq livres de Moise, ... les autres ecrhmins, appeles hagiographes :
telle etait, des cette epoque, la division des
livres contenus dans le canon des Juifs. Comp. LuCn, xxiv, 14. — Qui les ont suivis, qui ont ecrit apres eux et surtout dans le meme esprit. — Ceux du dehois, les Juifs vivant hors de la Palestine qui, ne comprenant plus la langue h^braique, restaient plus ou moins etrangers aux anciens livres sacrds, et avaient besoin soit de nouveaux ouvrages composes en grec, soit de traductions grecques des livres hebreux.
N'ont pas la mane force, etc. " Voir un ouvrage seulement traduit, dit D. Calmet, c'est regarder une tapisserie a I'envers; ce sont les memes personnages, mais ils n'ont
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Gi'clE'jiiisticus.
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PROLOGUS.
ULTORUM nobis, et magnorum per legem, et prophetas, aliosque qui secuti sunt illos, sapientia demonstrata est : in quibus oportet laudare Israel doctrinae et sapientias causa : quia non solum ipsos loquentes necesse est esse peritos, sed etiam extraneos posse et dicentes et scribentes doctissimos fieri. Avus meus Jesus, postquam se amplius dedit ad diligentiam lectionis legis, et prophetarum, et aliorum librorum, qui nobis a parentibus nostris traditi sunt : voluit et ipse scribere aliquid horum, quae ad doctrinam et sapientiam pertinent : ut desiderantes discere, et illorum periti facti, magis magisque attendant animo, et confirmentur ad legitimam vitam.
Hortor itaque venire vos cum benevolentia, et attention studio lectionem facere, et veniam habere in illis, in quibus videmur sequentes imaginem sapientiae deficere in
verborum compositione. Nam deficiunt verba Hebraica, quando fuerint translata ad alteram linguam, Non autem solum base, sed et ipsa lex, et prophetas, ceteraque aliorum librorum, non parvam habent differentiam, quando inter se dicuntur.
Nam in octavo et trigesimo anno temporibus Ptolemasi Evergetis regis, postquam perveni in ^Egyptum, et cum multum temporis ibi fuissem, inveni ibi libros relictos, non parvas, neque contemnendas doctrinas. Itaque bonum et necessarium putavi et ipse aliquam addere diligentiam et laborem interpretandi librum istum : et multa vigilia attuli doctrinam in spatio temporis ad ilia, quag ad finem ducunt, librum istum dare, et illis qui volunt animum intendere, et discere quemadmodum oporteat instituere mores, qui secundum legem Domini proposuerint vitam agere.
ni la menie beaut^, ni la meme grace. " S. Jerome dit a ce sujet avec son energie ordinaire : Alienis defttibus connnoliti cibi vescentibus nmiseam faciunt.
En la j8<: annee du regne d'Evergete?
Voyez I'introducftion p. 504. — LHnstnic- Hon religieuse des Juifs habitant I'Egypte etait inferieure a celle des Juifs de la Pales-
tine. La Vulg. traduit,yj/ trouvai des livres qui etaieni resh's, dont la do£lrine n' etait ni mediocre Jti me'prisable, ce qui est en desaccord avec le contexte. D'autres.y'j trouvai un exemplaire du livre de mon aieul; mais acpo'ij-otov signifie dijferent, litt. no7i semblablc, et non pas exemplaire. — Wapplication, ou de savoir, d" etude.
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L'ECCLESIASTIQUE. Chap. I, i— 14.
PREMIEME PARTIE.
Origine et nature de la sagesse. Exhortations a se livrer a elle et a suivre ses enseignements.
[Ch. I— XVI, 21].
CHAP. I, — Origine de la sagesse [vers, i — 10]. La crainte de Dieu et ses rapports avec la sagesse [11 — 30].
Chap. I. |{jPgg*5a|0UTE sagesse vient du Seigneur,
Elle est avec lui eternellement.
2 Qui pent compter le sable de la mer,
Les gouttes de la pluie et les jours du passe.'*
3 Qui peut atteindre la hauteur du ciel, la largeur de la terre, I^ci profondeur de I'abime et la sagesse .''
4 La sagesse a ete crdee avant toutes choses, Et la lumiere de Tintelligence des I'eternite.
5 [La source de la sagesse, c'est la parole de Dieu au plus haut des cieux, Ses voies sont les commandements eternels.]
6 A qui a ete revelee la racine de la sagesse .'' Qui a connu ses desseins profonds?
7 [A qui la science de la sagesse a-t-elle etd revelee, Et qui oomprend son habilet^?]
8 II n'y a qu'un sage, grandement redoutable, Assis sur son trone : c'est le Seigneur.
9 C'est lui qui I'a cre^e; II I'a vue et il I'a fait connaitre.
10 II I'a r^pandue sur toutes ses ceuvres, Ainsi que sur toute chair, selon la mestire de son don, II I'a donnee liberalement a ceux qui I'aiment.
1 1 La crainte du Seigneur est gloire et honneur, Et joie, et couronne d'allegresse. .
12 La crainte du Seigneur rejouit le cceur; Elle donne gaiete, joie et longue vie.
13 Celui qui craint le Seigneur s'en trouvera bien a la fin Et il trouvera grace au jour de sa mort. [L'amour de Dieu est une glorieuse sagesse; Ceux h, qui il se montre, Dieu leur communique la sagesse Pour le contempler et reconnaitre ses grandeurs.]
14 Le commencement de la sagesse est de craindre Dieu; Elle est formee avec les fideles dans le sein de leur mere.
CHAP. I
I. Sagesse, aocpia : ici, comme dans les Proverbes et le livre de la Sai^csse, ce mot signifie tantot la Sagesse increee,soit comme attribut divin impersonnel, soit comme seconde personne de la Ste Trinite, comme Fils de Dieu; tantot la sagesse crede, soit communiquee par Dieu a ses creatures raisonnables, soit poetiquement personnifide (comp. iv, 11-19; vi, 18-33; "^'^'j 20-xv, 10;
xxiv). L'auteur emploie comme termes correlatifs : cppovTia'.;, auvsatc, £TTiaTT,(XTi, TratSeia, prudeiitia, intclleflus^ scie/itia, discipima dans la Vulgate.
A la place du 1^ membre, il y a dans la Vulg., ct elle a toujours cie avec lui, ct elle est avant tons les siecles.
2-3. Sens : de meme que personne ne peut compter..., de meme nul ne peut scruter I'origine et la nature de la sagesse.
LIBER ECCLESIASTICI. Cap. I, i — 14.
— :;:— CAPUT I. —
Sapientia incomprehensibilis et in creaturis relucens, ab Eeterno originem a solo Deo omnipotente trahit, quam dat diligentibus ac timentibus ipsum : nam timor Domini, qui hie multipliciter commendatur, non solum sapientiam, sed et reliquas secum affert virtutes : simplici autem corde ad Deum accedendum est.
MNIS sapientia a Domino Deo est, et cum illo fuit semper, "et est ante asvum. 2. Arenam maris, et pluvias guttas, et dies saeculi quis dinumeravit?
Altitudinem coeli, et latitudinem terras, et profundum abyssi quis dimensus est? 3. Sapientiam Dei prascedentem omnia quis investigavit? 4. Prior omnium creata est sapientia, et intellectus prudentias ab aevo. 5. Fons sapientias verbum Dei
in excelsis, et ingressus illius mandata asterna. 6. Radix sapientias cui revelata est, et astutias illius quis agnovit? 7. Disciplina sapientias cui revelata est, et manifestata? et multiplicationem ingressus illius quis intellexit? 8. Unus est altissimus Creator omnipotens, et Rex potens, et metuendus nimis, sedens super thronum illius et dominans Deus.
9. Ipse creavit illam in Spiritu sancto, et vidit, et dinumeravit, et mensus est. 10. Et eiFudit illam super omnia opera sua, et super omnem carnem secundum datum suum, et praebuit illam diligentibus se.
1 1. Timor Domini gloria, et gloriatio, et lastitia, et corona exsultationis. 1 2. Timor Domini delectabit cor, et dabit laetitiam, et gaudium, et longitudinem dierum. 13. Timenti Dominum bene erit in extremis, et in die defunctionis suas benedicetur. 14. Dilectio Dei honora-
La Vulg. traduit la fin du vers. 3 : qui a penetre la sagesse de Dieu atiterieure a toutes choses ?
5. La parole de Dieu^ ses revelations; ou bien son Verbe, son Fils eternel. — Les votes qii'elle suit et qu'elie ordonne de suivre sont les commandements de Dieu, la loi.
Ce verset exprime une pensee juste, mais il interrompt la suite des idees; on le trouve dans la Vulg., mais non dans le cod. Vat.
6. La racijie de la sagesse, son essence ou son origine, sa source. ■— Ses desseiits, litt. ses artifices, en prenant ce mot dans un sens favorable.
7. So7t habilete, en gr. TToXoTistpiav, Htt. une habiletc acquise par une tongue experience. La Vulg. traduit ce mot ici nmltitudinem ingressus illius.
Ce verset ne se trouve pas dans le cod. Vat.
8. La Vulg. paraphrase ce verset et en altere le sens : il tiy a qu''un tres haut Cre'ateur tout-puissant. Rot fort et grandement redoutable, assis sur soji trone et Dieu souverain.
9. Qui Pa creee; la Vulg. ajoute, dans ou par I'Esprit-Saint. — // la fait connaitre par ses oeuvres, en creant le monde, ou elle se montre avec eclat dans I'ordre et I'harmonie de toutes ses parties. Diniimeravit rend bien le gr. £;T,pi6;j.r;(T£v, mais on conjecflure avec vraisemblance que £;T,pi6[j.Tia£v ne repond qu'imparfaitement au mot hebreu, lequel aurait ete mieux traduit en grec
par £?viYn<TaTo, enarravit, comme dans le passage parallele de Job, xxviii, 27 : Tunc vidit illam (sapientiam) et enarravit.
11 me semble toutefois que Ton pourrait conserver au verbe grec son sens naturel et traduire : il Pa vue et il Pa coti7iue ititimement, sous tous ses aspecfls, dans tous les elements qui constituent sa nature. L'expression aurait ete choisie a dessein pour indiquer la science multiple et comprehensive de Dieu, penetrant le fond de toute chose et embrassant tous les details. C'est ainsi que la Vulg. parait avoir entendu ce passage : il Pa coniptee et il Pa mesuree.
II. La crainte du Seioneur ici, comme dans les autres livres sapientiaux, c'est le devouement k Dieu et la fidelite "k sa loi, avec toutes les benedicflions qui y sont attachees. — Est gloire, procure la gloire, etc.
13. // trouvera grace; ou, d'apres une autre legon suivie par la Vulg. et peut-etre preferable, il sera beni.
Une glorieuse sagesse, la sagesse ne pouvant inspirer rien de meilleur que I'amour de Dieu.
Ceux a qui Varnottr de Dieu se >nonlre, ceux qui le possedent. Tel parait etre le sens du grec. Vulg. : ceux ii qui elle (la' sagesse) se montre la cherissent des qu'ils la voient et quHls recon?taissent les grandes choses qtielle opere.