‹ La Sainte Bible (volume 3)Chapitre 887 sur 941 · Bonne, utile pour I'usage auquel elle est destinee · texte numérisé non relu

Bonne, utile pour I'usage auquel elle est destinee

L'ECClJ:SIASTIQUE. Chap. XL, 1 — 18.

Ch. XL.

CHAP. XL. — Miseres de Li vie humaine [vers, i — 11]. Eloge de la fidelite et de la bienfaisance [12 — 17]. Glioses agreables de la vie [18 — 27]; choses tristes et malheureuses [28 — xli, 13].

TOUT homme a ete imposee une grande misere,

Et un joug pesant est sur les enfants des hommes,

Depuis le jour 011 ils sortent du sein de leur mere, , • 1^ 1 '„-.ii. J i„ „„:„ A^ 1^ w,X^<^ r

Jusqu'au jour de leur sepulture dans le sein de la mere commune.

2 Une crainte du coeur se mele a leurs pensees; L'inqui(?tude qui les preoccupe, c'est la crainte de la mort.

3 Depuis I'homme qui siege sur un trone de gloire Jusqu'au malheureux assis par terre et sur la cendre;

4 Depuis celui qui porte la pourpre et la couronne Jusqu'au miserable couvert d'une toile grossiere,

5 La colere, I'envie, le trouble, I'agitation,

La crainte de la mort, I'aigreur et les querelles so;?t le partake de ious, Et dans le temps oii chacun repose sur sa couche, Le sommeil de la nuit bouleverse ses iddes.

6 II repose un instant, si peu que rien, Et aussitot des reves I'agitent;

II lui semble etre en sentinelle pendant le jour, II est effraye par la vision de son esprit, Comme un homme qui fuit devant I'ennemi.

7 Au moment de la delivrance, il s'eveille, Et s'etonne de sa vaine frayeur.

8 Ainsi en est-il de toute chair, depuis I'homme jusqu'k la bete; Pour les pecheurs, sept fois plus encore :

9 La peste, le meurtre, la discorde, I'epee,

Les calamites, la famine, la destrucflion et les atitres fldaux :

10 Tout cela a ete crce contre les pecheurs, Comme c'est k cause d'eux que le deluge est arrive.

1 1 Tout ce qui vient de la terre retourne a la terre, Comme les.eaux par leur pente vont a la mer.

12 Tout present et tout bien injustement acquis periront, Mais la bonne foi subsistera \ jamais.

13 Les richesses des injustes tariront comme un torrent, Et comme un fort tonnerre retentit pendant I'ondee.

14 L'homme qui sait ouvrir la main se rejouira, Mais les prevaricateurs subiront une ruine totale.

15 La posterity des impies ne pousse pas de nombreux rameaux, Et des racines impures n'ont d'autre sol que le rocher escarpe.

16 Le roseau qui croit pres des eaux et sur le bord d"un fleuve Est arrache avant toute autre herbe.

17 Le bienfait est comme un jardin beni, Et la bienfaisance demeure k jamais.

18 Douce est la vie de I'homme qui se suffit, de I'ouvrier;

Plus douce que I'une et I'autre la vie de celui qui trouve la richesse.

CHAP. XL

1. Imposee, \\\X. faite ou crece. — Misere, peine. — Ln mere commune, c'est la terre, d'ou le i<^'' homme a ete tire et ou tons les hommes doivent retourner {Gen. ii, 7. Comp. Job, i, 21; Eccle. v, 14).

2. Une crainte du canir, une crainte profonde, qui a son siege dans le fond de notrc etre. Ce premier membre est inexplicable en grec (et en latin) les deux noms etant a

I'accuratif. Cela vient de ce que le traducteur n'a pas compris la particule eth qui commencjait sans doute la phrase en hebreu : ai'ec leurs pensees est une crainte du ecru?-.

5. naig7'eur, la rancune, une haine inveteree, colere incessante, comme traduit le latin. — Bouleverse ses idces, le trouble par toutes sortes de rcves et d'imaginations.

7. Au moment ou, dans son rcve, il fait un supreme effort qui am^ne sa dcliiirance.

LIBER ECCLESIASTICI. Cap. XL, i— 18.

— :>— CAPUT XL. —

Occupationi niagn;e, jugo gravi, ac variis miseriis homo obnoxius : omnia caduca : iniqui cum suis divitiis cite delendi : laus vita; sibi sufficientis : varies : binaries commendat,quibus tamen alia anteponit :

laus timoris Domini : fac ne indigeas, nee in alienam mensam respicias, a quo vir disciplinatus et eruditus se servat.

CCUPATIO magna areata est omnibus hominibus, etjugum grave super filios Adam, a die exitus de ventre matris eorum, usque in diem sepulturas, in matrem omnium.

2. Cogitationes eorum, et timores cordis, adinventio exspectationis, et dies finitionis :

3. A residente super sedem gloriosam, usque ad humiliatum in terra et cinere : 4. ab eo, qui utitur hyacintho,et portat coronam, usque ad eum, qui operitur lino crude :

furor, zelus, tumultus, fluctuatio, et timor mortis, iracundia perseverans, et contentio, 5. et in tempore refectionis in cubili somnus noctis immutat scientiam ejus. 6. Modicum tamquam nihil in requie, et ab eo in somnis, quasi in die respectus.

7. Conturbatus est in visu cordis sui, tamquam qui evaserit in die belli. In tempore salutis suae exsurrexit, et admirans ad nullum tirnorem : 8. cum omni carne, ab homine usque ad pecus, et super peccatores septuplum. 9. "Ad haec mors, sanguis, contentio, et romphasa, oppressiones, fames, et contritio, et flagella: 10. super iniquos creata sunt haec omnia, *et propter illos factus est cataclysmus. 1 1. ""Omnia, quae de terra sunt, in terram convertentur, ''et omnes aquas in mare revertentur.

12. Omne munus, et iniquitas delebitur, et fides in sasculum stabit. 1 3. Substantias injustorum sicut fluvius siccabuntur, et sicut tonitruum magnum in pluvia personabunt. 14. In aperiendo manus suas lastabitur : sic prasvaricatores in consummatione tabescent. 15. Nepotes impiorum non multiplicabunt ramos, et radices immundas super cacumen petras sonant. 16. Super omnem aquam viriditas, et ad oram fluminis ante omne foenum evelletur. 17. Gratia sicut paradisus in benedictionibus, et misericordia in sasculum permanet.

18. Vita sibi sufficientis operarii condulcabitur, et in ea invenies the-

<» Supra 39, 34. 36.

*Gen. 7, 10.

■^ Infra 41,

''Eccles. I,

8. Depuis Phomme jusqti'd la bete dcarte toute idee d'exception (comp. Gen. vii, 23; Exod. ix, 25). On sait d'ailleurs que meme les etres sans raison ont regu le contre-coup de la decheance de I'humanit^. — Sept fois phis, savoir, la peste, etc.

Q. Les calainites, en lat. les oppressions : Fritzsche conjecflure que ce mot (iKaywyat) a ete ajoute au texte primitif.

11. Les eaiix, litt. ce qui vient des eaiix, les eaux elles-memes : 1 auteur est amene a tourner ainsi sa phrase par la construflion du i*^'' membre.

Malgre toutes ces miseres, il reste k I'homme un bien solide et durable, c'est la vertu.

12. Tout pirsent qui est le prix de la corruption, d'une injustice. — La bonne foi, I'integrite de la conduite.

13. Coinine tin toi'rent qui se desseche apres Forage ou les pluies d'hiver.

14. Otivrir la niain, pour donner. En latin in consummatione est pour usque ad consummationem.

15. Racines impiires dit par figure exactement la meme chose que posterite des iinpies. — Le rocker escarpe, ou elles se dessechent et meurent.

Sonant en latin : il est vraisemblable que le tradu(5leur a rendu ainsi le premier mot du verset suivant, a/st (hebr. achou), roseau, qu'il aura lu v/.£t.

16. Le roseau est arrachc, etc., soit k cause de sa mauvaise qualite, soit parce qu'il croit plus rapidement. L'application de la comparaison aux impies n'est pas exprimee; le lecleur y supplee facilement.

17. Beni, par consequent fertile. — La viisericorde, la bienfaisance. — Demeure ia jamais, par opposition a la prompte mine des impies.

18. De Voiivrier .-c.-a-d. la vie de I'otivrier qui se siiffit a lui-miine.

Le latin traduit le 2^ membre : et en elle, dans cette vie simple et laborieuse, oft troiive un tre'sor, sans doute pour donner a la sentence une plus haute moralite.

UECCLESIASTIQUE. Chap. XL, 19-30; XLI, 1—5.

19 Des enfants et la fondation d'une ville assurent la duree d'un nom : Plus que ces deux choses on estime une femme irreprochable.

20 Le vin et la musique r^jouissent le coeur : Plus que I'un et I'autre I'amour de la sagesse.

21 La flute et la harpe font entendre de doux sons : Plus que I'une et I'autre la langue bienveillante.

22 La grace et la beaute font le plaisir de tes yeux : Plus que I'une et I'autre la tendre verdure des champs.

23 L'ami et le compagnon se rencontrent a certaines heures : Au-dessus des deux la femme avec son mari.

24 Les freres et les hommes secourables sont pour le temps de I'affliclion : Plus que les uns et les autres la bienfaisance.

25 L'or et I'argent affermissent les pieds :

Plus que Tun et I'autre est estimee la prudence.

26 La richesse et la force elevent le cceur :

Plus que Tune et I'autre la crainte du Seigneur. Avec la crainte du Seigneur on ne manque de rien; Avec elle, nul besoin d'implorer du secours.

27 La crainte du Seigneur est comme un jardin beni, Et le Seigneur la revet d'une gloire sans egale.

28 Mon tils, puisses-tu ne pas mener une vie de mendiant! Mieux vaut mourir que de mendier.

29 Quand un homme en est reduit a regarder vers la table d'un autre, Sa vie ne saurait compter pour une vie.

Car il souille son ame par des mets etrangers,

Ce dont sait se garder I'homme instruit et bien eleve.

30 Pour I'homme sans pudeur la mendicity a des charmes, Mais un feu brule dans ses entrailles.

CHAP. XLI. — Pensee de la mort [vers, i — 4]. Malheur des impies [5 — 13]. Nouveau groupe de sentences morales [14 — xlii, 14] : la vraie et la fausse honte [14 — 16]. Choses dont on doit avoir honte [17 — 24].

Ch. XLL

MORT, que ton souvenir est amer

A I'homme qui vit en paix au sein de ses richesses,

A I'homme exempt de soucis et qui prospere en toutes choses,

Et qui est encore en etat de goiiter les plaisirs de la table!

O mort, ton arret est agreable a I'indigent, a celui dont les forces sont epuisees,

Au vieillard accable d'anndes et travaille de mille soins,

A celui qui ne se soumet pas k son sort et qui a perdu la patience.

Ne redoute point I'arret de la mort;

Souviens-toi de ceux qui t'ont precede et de ceux qui viendront plus tard.

Cet arret, le Seigneur I'a porte pour toute chair.

Et pourquoi te revolter contre le bon plaisir du Tres-Haut?

Que tu aies vecu dix ans, cent ans, mille ans, il ifiiiipo7-te :

Dans le sejour des morts on n'est plus en peine de la durce de la vie.

5 Ce sont des fils abominables que les fils des pecheurs, Eux qui frdquentent les demeures des impies.

19. Des enfants portent le nom de leur pore, ime ville porte on rappelle celui de son fondateur. — La femme est consideree ici en tant que faisant honneur k son mari.

22. La grace et la beaute humaine, particulierement de la femme.

23. Au-dessus des deux : plus intimes sont les relations de la femme et du mari, qui vivent continuellement ensemble.

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