EPIST. B. PAULI AP. AD CORINTH
Cap. XII, 31; XIII, 1 — ]3. 107
31. ^mulamini autem charismata meliora. Et adhuc excellentiorem viam vobis demonstro.
— *— CAPUT XIII. -#— Ostendit caritatis necessitatem, ipsius officia, perpetuitatem, ac praecellentiam supra fidem et spem, reliquaque Dei dona.
I linguis hominum loquar, et Angelorum, caritatem autem non habeam, factus sum velut ass sonans, aut cymbalum tinniens. 1. Et si habuero prophetiam, et noverim mysteria omnia, et omnem scientiam : et si habuero omnem fidem ita ut montes transferam, caritatem autem non habuero, nihil sum. 3. Et si distribuero in cibos pauperum omnes facultates meas, et si tradidero corpus meum ita ut ardeam, caritatem autem non habuero, nihil mihi prodest.
4. Caritas patiens est, benigna est : caritas non aemulatur, non agit perperam, non inflatur, 5. non est
ambitiosa, non quasritquas sua sunt, non irritatur, non cogitat malum, 6. non gaudet super iniquitate, congaudet autem veritati : 7. omnia suffert, omnia credit, omnia sperat, omnia sustinet.
8. Caritas nunquam excidit : sive prophetias evacuabuntur, sive linguae cessabunt, sive scientia destruetur. 9. Ex parte enim cognoscimus, et ex parte prophetamus. 10. Cum autem venerit quod perfectum est, evacuabitur quod ex parte est.
11. Cum essem parvulus, loquebar ut parvulus, sapiebam ut parvulus, cogitabam ut parvulus. Quando autem factus sum vir, evacuavi quae erant parvuli. 1 2. Videmus nunc per speculum in asnigmate : tunc autem facie ad faciem. Nunc cognosco ex parte : tunc autem cognoscam sicut et cognitus sum.
13. Nunc autem manent, fides, spes, caritas, tria has c : major autem horum est caritas.
sion, plutot que le conseil de la raison et du jugement ; car elle cherche la gloire de Dieu et non la satisfaction de son honneur. Au contraire, l'amour sensuel est naturellement inconsidere.
5. Inconvenant, en general. Vulgate, elle iHest point avide (Thonneur, et par consequent elle rend les plus humbles services, qui ne sauraient lui procurer aucune consideration. S. Jean Chrys. "la charite n'est pas dedaigneuse; elle couvre de ses ailes d'or les peches de ceux qu'elle aime " — Die Dial qu'elle a re^u; elle ne garde pas rancune; — ou bien, elle tie soup<ionne pas le mal.
6. Injustice, dans le sens general de peche commis par autrui. — / '1'ritc, dans l'ordre moral, bien.
7. Elle excuse (litt. couvre) tout. Vulg., elle souffre tout. — Croit tout, elle n'est pas soupconneuse et defiante. Meme pensee dans elle esphe tout.
8. Les trois charismes ou dons de prophetic, de langue, de science plus profonde de la religion ne dureront que jusqu'au second avenernent de J.-C.
9. En partic : notre connaissance est imparfaite non seulement quant a son objet, mais surtout quant au mode de l'atteindre.
12. Maintenant, avant la parousie ou dans la vie presente. — Dans; litt. a iravers un miroir : l'objet reflechi parait derriere et semble etre vu a travers le miroir. — Obscure : les objets apparaissaient moins clairement sur les miroirs metalliques des anciens. — Com me je suis connu de Dieu, non par des images reflechies, mais d'une maniere intuitive. Comp. Nombr. xii, 6 sv.
13. Maintenant, dans l'etat present. - — Demeurent, etant pour tous les hommes, dans tous les temps, le fondement de la vie chretienne, par opposition aux dons spirituels qui sont passagers et nullement indispensables. D'autres : Ainsi done, tandis que les dons spirituels ne doivent subsister que jusqu'a la parousie (vers. 8-12), trois vertus , la foi , etc., subsisteront meme dans le ciel. Mais cette interpretation, fausse en elle-meme, est manifestement contraire a la doctrine de S. Paul, puisqu'il affirme qu'a la foi succede la vision (voy. vers. preYed. et comp. II Cor. v, 7; Hcbr. xi, 1), et a l'espe'rance, la possession {Rom. viii, 24).
IRE &P1TRE AUX COR1NTHIENS. Chap. XIV,
Ch. XIV
3° — CHAP. Xiv. — Lc don dcs langues et le don dc prophctie [vers. I — 5]. Inutilite du don des langues sans la prophctie : deux comparaisons [6—12]; specialemcnt an point de vue des fideles [13 — 20] et des infideles [21 — 25]. Regies pratiques pour 1'usage de ces dons dans lcs assemblies [26 — 40].
|Echerchez la charite. Aspire/.
tifam/toinsaux dons spirituels,
mais surtout a celui de prophetic. - En cffet, celui parlc en langue ne parlc pas aux hommes, mais a Dieu, car personne nc le comprcnd, ct c'cst en esprit qu'il dit dcs mysteres. 3Celui qui prophetise, an contrairc, parlc aux hommes, lcs edifie, lcs exhorte, les console. 4Cclui qui parlc en langue s'edifie lui-meme; celui qui prophetise 6difie l'Eglise [dc Dieu].
.^Jc desire que vous parliez tous en langues, mais encore plus que vous proph&isiez; car celui qui prophetise est plus grand que celui qui parle en langues, a moins que ce dernier n'interprete ce qu'il dii, pour que l'Eglise en recoive dc 1'edification.
6Voyons freres, de quelle utility vous serais-je, si je venais a vous parlant en langues, et si je ne vous parle pas par revelation, oil par science, ou par prophetic, Ou par doctrine?
7 Si lcs objets inanimes qui rendent un son, comme une flute ou une harpe, nc rendent pas des sons distinct, comment connaitra-t-on ce qui est joue sur la flute ou sur la harpe? 8Et si la trompcttc rend un son confus, qui sc preparcra au combat? 9Dc meme vous, si vous ne faites pas entendre avec la langue une parole distincle, comment saurat-on ce que vous dites? Vous parlerez en l'air. 10Ouelquc nombreuscs que puissent ctre dans lc mondc les diverses langues, il n'en est aucune qui consiste en sons inintclligiblcs. "Si done, j 'ignore la valeur du son, je serai un barbare pour celui qui parlc, ct celui qui parle sera un barbare pour moi. 12De meme vous aussi, puisque vous aspire/, aux dons spirituels, que ce soit pour 1'edification dc l'Eglise que vous cherchie'z a en avoir abondamment.
J3C'est pourquoi . que celui qui
CHAP. XIV
1. Les Corinthiens estimaient et de*siraient par dessus tons les autres le don des langues; I'Apotre va leur demontrer que celui de j>roph£tie (xii, 10) est bien preferable.
2. En quoi consistait ce don des langues? Quelques rationalisles n'ont voulu voir dans ce phenomene surnaturel que des begaiements inarticules, des cris confus, proferes dans un etat d'enthousiasme, et inintelligibles a tous, ce qui ne s'accorde ni avec les expressions, langues nouvelles (Afarc.xvi,y), autres langues {Afl. ii, 4), ni avec le recit de la premiere Pentecote {Aft. ii).
Une autre explication a ete proposed dans ces derniers temps par des inierpretes cathoiiques; elle a sa racine dans cette parole de S. Augustin : " L'esprit d'orgueil a disperse les langues, l'Esprit-Saint les a reunies." II n'y avail a l'origine qu'une seule langue, celle que Dieu avait donnee a nos premiers parents dans le paradis terrestre. C'est cetie langue primitive, universelle, que 1 Esprit-Saint aurait fait revivre, sous l'em-
pire d'une excitation surnaturelle momentanee, sur les levres des Apotres et des premiers fideles, en meme temps qu'il en donnait rintelligence, soit directement aux auditeurs, soit a des inierpretes particuliers.
Mais, s:il en est ainsi, comment les Acles peuvent-ils dire que les Apotres, an jour de la Pentecote parlaient en langues dtrangeres ou diverses \Aft. ii, 4), et comment est-il vrai que les glossolales parlent en langues (vers. 5. 6. 23 de ce chap.)? D'apres les Actes (ii, 8) le miracle de la Pentecote n'est pas que les Apotres parlant tous une meme langue, les auditeurs les aient entendus chacun dans la sienne; mais bien que les Apotres, Galileens ignorants, aient parle les langues si diverses de leurs auditeurs. 11 n'est d'ailleurs pas necessaire d'admeltre, ni que chacun des auditeurs ait compris toutes les langues parlees, ni que chacun des Apotres les ait parlees toutes.
D'apres l'opinion la plus commune ce charisme conferait tout simplement la faculte de parler des langues inconnues, soit
EPIST. B. PAULI AP. AD CORINTH. I\ Cap. XIV,
— :i:— CAPUT XIV. — *— Domini linguarum inferius esse dicit dono prophetic; imo inutile, si desit qui interpretetur : tradit ergo eis normam qua his donis ordinate utantur : et mulieres in Ecclesiis silerejubet.
^ECTAMINI caritatem,
aemulamini spiritalia: maj| gis autem ut prophetetis.
2. Qui enim loquitur lingua, non hominibus loquitur, sed Deo : nemo enim audit. Spiritu autem loquitur mysteria; 3. Nam qui prophetat, hominibus loquitur ad aedificationem,et exhortationem, et consolationem. 4. Qui loquitur lingua, semetipsum aedificat : qui autem prophetat, ecclesiam Dei asdificat. 5. Volo autem omnes vos loqui linguis: magis autem prophetare. Nam major est qui prophetat, quam qui loquitur linguis : nisi forte interpretetur, ut ecclesia aedificationem accipiat.
6. Nunc autem, fratres, si venero ad vos linguis loquens : quid vobis prodero, nisi vobis loquar aut in revelatione, aut in scientia, aut in prophetia, aut in doctrina? 7. Tamen quas sine anima sunt vocem dantia, sive tibia, sive cithara :
nisi distinctionem sonituum dederint, quomodo scietur id, quod canitur, aut quod citharizatur ?
8. Etenim si incertam vocem det tuba, quis parabit se ad bellum?
9. Ita et vos per linguam nisi manifestum sermonem dederitis: quomodo scietur id, quod dicitur? eritis enim in aera loquentes. 10. Tarn multa, ut puta genera linguarum sunt in hoc mundo : et nihil sine voce est. 11. Si ergo nesciero virtutem vocis, ero ei, cui loquor, barbarus : et qui loquitur, mi hi barbarus. 12. Sic et vos, quoniam asmulatores estis spirituum, ad asdirlcationem ecclesiae quasrite ut abundetis.