Silvain, 011 Silas (forme abregee
Voyez Acles, xv, 27, 40. — En lui, en J.-C. Pensee : J.-C. ne s'est pas montre comme quelqu!un qui aftirmeet qui nie tour a tour; en lui est le oui, c.-a-d. que par le fait meme de son avenement et de ses ceuvres, il aftirme qu'il a accompli les promesses de l'ancien Testament (vers. 20). D'autres entendent/.-C. dans le sens de la doclrine touc/iant le Christ prechee par S. Paul : cette doclrine ne notte pas, affirmant aujourd'hui une chose pour la nier demain.
20. Pensee : toutes les promesses de Dieu relatives au salut se sont accomplies en J.-C. ; il a, en quelque sorte, repondu oui a l'humanite, et en tous lieux on a dit amen (allusion a l'usage oil etaient deja les fidtles de rupondre amen a la fin des prieres, comp. I Cor. xiv, 16), c.-a-d., on a cru d'une foi joyeuse et ferme a Taccomplissement de ces promesses, et cela, pour la
gloire de Dieu, par noire ministere (litt. par nous), notre predication etant le moyen par lequel Dieu vous a amenes a la foi. — La Vulgate dit a tort, pour notre gloire.
21-22. S. Paul donne la raison de l'efficacite de son ministere. En J.-C, relativement a J.-C, pour les rendre fideles et inebranlables a son service. — Oints : image de la consecration a l'apostolat par la communication de l'Esprit-Saint {Luc, iv, 18; Acl. iv, 27; x, 38; Hebr. i, 9). — Dhin sceatt, pour attester que nous sommes a lui, et (explicatif) nous a donne a titre d'arrhes, comme une premiere avance sur la part entiere que nous aurons un jour au royaume de Dieu, le Saint- Esprit, etc. Un grand nombre de theologiens ont vu dans ce passage une allusion au Sacrement de Confirmation.
23-24. Sur mon time, sachant bien que ce serment engage le salut de mon ame. — Vous epargner : en y allant, il aurait du prendre la verge (I Cor. iv, 21). — Ce n'est pas que : Paul s'empresse de retirer la menace contenue dans le mot epargner : il ne veut pas dire par la qu'il aurait a reprendre sous le rapport de la foi ; a cet egard, les Corinthiens sont ferities, — ce qui laisse entendre qu'ils le sont moins sous d'autres rapports; — mais sa mission est de contribuer a leur joie; or une visite plus prompte aurait etc dans la tristesse (ii, 1).
Les deux versets 23 et 24 n'en forment qu'un seul en grec. lis appartiennent d'ailleurs plutot au chap. ii. qu'au chap. i.
IIME EPITRE AUX CORINTHIENS. Chap. II, i-
Chap. II. xJe me suis done promis a moiraeme de ne pas retourner chez vous dans la tristesse. 2Car si moi-meme je vous attriste, de qui puis-je attendre de la joie? N'est-cc pas celui meme que j'aurai afflige? 3je vous ai ecrit comme je l'ai fait, pour ne pas eprouver, a mon arrivee, de la tristesse de la part de ceux qui devaient mc donner de la joie, ayant en vous tous cette confiance, que vous faites tous votre joie de la miennc. 4 Car e'est dans une grande affliction, dans l'angoisse de mon cceur, et avec beaucoup de larmes, que je vous ai ecrit, non dans le dessein de vous attrister, mais pour vous faireconnaitre l'amour que j'ai pour vous.
5 Si quelqu'un a etc une cause de tristesse. cc n'est pas moi qu'il a attriste, e'est vous tous en quelque sorte, pour ne pas trop lc charger.
6C'est assez pour cet homme du chatiment qui lui a etc infligc par le plus grand nombre, 7en sorte que vous devez bien plutot lui faire grace et le consoler, de peur qu'il ne soit absorbe par une tristesse excessive.
8Je vous invite done a prendre envers lui une decision charitable. 9Car, en vous ecrivant, mon but etait aussi de connaitre, a l'epreuve, si vous m'obei-
riez en toutes choses. IOA qui vous pardonnez, je pardonne egalement; car, pour moi, si j'ai pardonne, si tant est que je pardonne quelque chose, e'est a cause de vous, et a la face du Christ, " arm de ne pas laisser a Satan l'avantage sur nous; car nous n'ignorons pas ses desseins.
I2Lorsque je fus arrive a Troas pour l'Evangile du Christ, quoiqu'une porte m'y fut ouverte dans le Seigneur, x3je n'eus point l'espritcn rcpos,parce que je n'y trouvais pas Tite.mon frere; e'est pourquoi, ayant pris conge des freres, je partis pour la Macedoine.
MMais graces soient rendues a Dieu qui nous fait triompher en tout temps dans le Christ, et par nous repand en tout lieu le parfum de sa connaissance! r5Enefiet,noussommes pour Dieu la bonne odeur du Christ, parmi ceux qui sont sauves et parmi ceux qui se perdent : l6aux uns, une odeur de mort, qui donne la mort; aux autres, une odeur de vie, qui donne la vie. — Et qui done est capable d'un tel ministere? — *7Car nous ne sommes pas comme la plupart, nous ne frelatons pas la parole de Dieu ; mais e'est dans sa purete, telle qu'elle vient de Dieu, que nous la prechons devant Dieu en Jesus-Christ.
CHAP. II
i. Vulg. En mot-mime. — Dans la tristesse, pour y causer de la tristesse.
3. Comme je Pat fait dans ma ire lettre, specialement au chap. v.
5. Si quelqu'un : d'apres l'opinion la plus generate et qui s'appuie sur 1'autorite de tous les Peres, Tertullien excepte (de pudic. 13), il s'agit de l'incestueux dont il est parle dans l'epitre pre'eedente, chap, v, 1 sv. Quelques critiques recents ont pense que l'Apotre visait peut-etre plutot quelqu'autre personnage, qui l'aurait personnellement offense. Le passage vii, 2, disent-ils, ne s'explique bien que si l'outrage s'est adresse directement a Paul. Mais la conduite scandaleuse du pecheur public, et la coupable faiblesse des pasteurs et des fideles a son egard ne devait-elle pas etre ressentie par l'Apotre comme une grave injure faite a son autorite"? Et defe'rer maintenant a sa demande n'etait-ce pas de la part de ses chers fideles de Corinthe " manifested leur empresscment
pour lui"? — Vulgate : // ne m'a pas contristi totalement, mais en par tie, ma tristesse etant compense'e par tout le bien que vous faites; je dis en partie, pour ne point vous charger tous,en faisant peser sur vous tous le reproche de m'avoir contristd (S. Thomas).
6. Durant l'excommunication, le plus grand nomdre, la masse de la communaute n'avait eu aucun rapport avec l'incestueux : cette peine etait suffisante, d'autant plus que ce dernier temoignait le plus vif repentir.
8. Une de'eision charitable, celle de le retablir publiquement, et avec tous ses droits, dans la communaute.
10-1 1. Car, pour ma part, je lui ai remis sa dette, si tant est que, apres son repentir et sa vive douleur, il lui restat quelque chose a expier, et cela,en presence, au nom et avec l'autorite de J.-C. (comp. I Cor. v, 4 ; Prov. viii, 30 ; Eccli. xxxii, 4), le Christ etant temoin de la sincerite de mon pardon. — D'autres, avec la Vulg. dans la personne du Christ. A cause de vous : voyez le verset suivant. —
EPIST. B. PAULI AP. AD CORINTH. II\ Cap. II,
— *— CAPUT II. —
Ostendit quod ad ipsos non venerit, ne majoris esset causa tristitiae, exhortans ut fornicarium ilium recipiant in gratiam ; simul indicans quod magno quidem labore, magno tamen etiam fruclu pradicaverit, licet pra:dicationis sua? fragrantia quibusdam mortis occasio fuerit.
Tatui autem hoc ipsum apud me, ne iterum in tristitia venirem ad vos.
1. Si enim ego contristo vos : et quis est, qui me lastificet, nisi qui contristatur ex me? 3. Et hoc ipsum scripsi vobis, ut non cum venero, tristitiam super tristitiam habeam, de quibus oportuerat me gaudere : confidens in omnibus vobis, quia meum gaudium, omnium vestrum est. 4. Nam ex multa tribulatione, et angustia cordis scripsi vobis per multas lacrymas : non ut contristemini : sed ut sciatis, quam caritatem habeam abundantius in vobis.
5. Si quis autem contristavit, non me contristavit : sed ex parte, ut non onerem omnes vos. 6. Sufficit illi, qui ejusmodi est, objurgatio haec, quae fit a pluribus : 7. ita ut e contrario magis donetis, et console-
mini, ne forte abundantiori tristitia absorbeaturqui ejusmodi est. 8. Propter quod obsecro vos, ut confirmetis in ilium caritatem. 9. Ideo enim et scripsi, ut cognoscam experimentum vestrum, an in omnibus obedientes sitis. 10. Cui autem aliquid donastis, et ego : nam et ego quod donavi, si quid donavi, propter vos in persona Christi, 11. ut non circumveniamur a satana : non enim ignoramus cogitationes ejus.
12. aCum venissem autem Troadem propter Evangelium Christi, et ostium mihi apertum esset in Domino, 13. non habui requiem spiritui meo, eo quod non invenerim Titum fratrem meum, sed valefaciens eis, profeclus sum in Macedoniam.
14. Deo autem gratias, qui semper triumphat nos in Christo Jesu, et odorem notitiae suas manifestat per nos in omni loco : 15. quia Christi bonus odor sumus Deo in iis, qui salvi fiunt, et in iis, qui pereunt : 16. aliis quidem odor mortis in mortem : aliis autem odor vitae in vitam. Et ad hasc quis tarn idoneus? 17. Non enim sumus sicut plurimi, adulterantes verbum Dei, sed ex sinceritate, sed sicut ex Deo, coram Deo, in Christo loquimur.
Satan profiterait de notre rigueur envers les pecheurs pour les entrainer dans l'apostasie.
Les versets qui pre'cedent expriment, dans leurs traits principaux, la doctrine et la pratique des indulgences, telles que l'Eglise catholique les a toujours comprises.
Apres la digression des versets 5-1 1, PApotre revient a la pensee du vers. 4.
12-13. ^ Troas (port sur l'Hellespont), en me rendant d'Ephese en Achaie par la voie de la Macedoine (I Cor. xvi, 5 sv.; Acl. xix, 22). — Une ftorlc, une occasion favorable (comp. I Cor. xvi, 9). Dans le Seigneur, pour agir dans le Seigneur, pour precber l'Evangile. — Tile : il venait de quitter Corinthe, et devait donner a S. Paul des nouvelles de cette Eglise. — La Macedoine : il y rencontra Tite, qui lui apportait d'beureuses nouvelles des Corinthiens; d'ou le cri de reconnaissance qui suit.
14. La connaissance de Je'sus-Christ est comme un parfum d'agreable odeur qui
monte vers Dieu de toute la terre. Comp. Ephes. v, 2. D'autres : allusion a. la coutume de bruler de l'encens devant le char du triomphateur.
15. L'apotre est lui-meme un parfum, rempli, impregne du Christ qui vit en lui (Gal. ii, 20), et par consequent agreable a Dieu, quel que soit le succes de sa predication.
16. A la pensee que tant de predicateurs remplissent mal une si haute fonction, S. Paul s'ecrie : Qui est capable, etc. Vulgate : Qui est si capable que nous de bien rcmplir, etc. On soupconne qu'un copiste aura mis quis tant pour quisnam. La reponse est indiquee par le verset suivant : Nous, et ceux qui prechent la parole comme nous, et non pas les piusieurs qui la frelatent.
17. Nous, Paul et ses auxiliaires. — Frelatons, par un melange de doctrines humaines. — La plupart, les docleurs ses adversaires. — Devant Dieu, qui nous voit. — En union avec/.-C.
IP" EPITRE AUX CORINTHIENS. Chap. Ill, i
— CHAP. Ill, i — IV, 6. — II ne merite pas davantage le reproche d'arrogance et d'orgueil. Succes rapportes a Dieu [vers. 1 — 6]. Superiorite du ministere de la Loi nouvelle sur celui de la Loi mosai'que [ 7 — n]. L'Ap6tre, etant sous Faction de l'Esprit, a le droit de parler avec autorite [12 — 18]. Sa sincerite et sa franchise dans l'exercicc du ministere evangelique [IV, I — 6].
^|Ecommencons-nous a nous recommander nous-meme? Ou avons-nous besoin, comme certaines gens, de lettres de recommandation aupres de vous ou de voire part? 2C'est vous-memes qui etes notre lettre, ecrite dans nos coeurs, connue et lue de tons les hommes.
30ui, manifestement, vous etes une lettre du Christ, ecrite par notre ministere, non avec de l'cncre, mais par l'Esprit du Dieu vivant; non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur vos coeurs.
tCette assurance, nous I'avons par le Christ en vue de Dieu. sCe n'est pas que nous soyons par nous-meme capable de concevoir quelque chose comme venant de nous-meme; mais notre aptitude vient de Dieu. 6C'est 1 111 egalcment qui nous a rendu capable d'etre ministre d'une nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l'Esprit ; car la lettre tue, mais l'Esprit vivifie.
70r, si le ministere de la mort, grave en lettres sur des pierres, a ete cntoure de gloire au point que les fils
d'Israel ne pouvaient fixer leurs regards sur la face de Moi'se a cause de l'eclat de son visage, tout passager qu'il fut, 8combien plus le ministere (le l'Esprit ne sera-t-il pas entoure de gloire? 9C'est qu'en effet, si le ministere de la condamnation aeteglorieux, le ministere qui conferc la justice le surpasse de beaucoup. IOEt meme, sous ce rapport, ce qui a ete glorifie autrefois ne l'a pas ete, en comparaison de cette gloire infiniment superieure. "Car, si ce qui etait passager a ete donne dans la gloire, a plus forte raison ce qui est permanent sera-t-il glorieux.
12Ayant done une telle esperance, nous usons d'une grande liberte, *3et nous ne faisons pas comme Moi'se, qui mettait un voile sur son visage pour que les fils d'Israel ne vissent point la fin de ce qui etait passager. J4Mais leurs esprits se sont aveugles.
Car jusqu'a ce jour le meme voile demeure, quand ils font la lecture de l'ancien Testament, et il ne se leve pas de manicre a leurfaire comprendre que cette alliance a pris fin dans le
CHAP. III
1. Recommencons-nous : ses adversaires de Corinthe accusaient sans doute Paul de s'etre trop loue dans sa ire dpitre (ch. i-i\-, v, ix, xiv). — Certaines gens, nos adversaires, qui viennent chez vous avec des lettres de recommandation de quelque docleur celebre, et vous en demandent en partant.
2. Vous e/es ma lettre de recommandation, soit aupres de vous, soit de votre part, en ce que votre foi et votre charite sont une ceuvre que le Christ a faite par moi (comp. I Cor. ix, 2). Cette lettre, Paul la porte partout, car elle est ecrite dans son cceur, par le souvenir et raffe<ftion;c'est aussi une lettre ouverte, que tous peuvent lire, la foi des Corinthiens etant connue partout.
4. En vue, en tenant compte de Dieu, source de tout bien, qu'il nous donne par J.-C. Cette assurance, exprimde vers. 2-3, S. Paul ne la puise pas en lui-meme, Ce n'est pas a ses propres forces qu'il attribue le succes de ses travaux apostoliques, e'est a Dieu seul, qui l'a rendu capable d'etre ministre de la nouvelle allia?ice (vers. 6), si superieure a l'ancienne.
5. Concevoir quelque chose doit s'entendre, non dans un sens general, mais, d'apres le contexte, dans le sens restreint de moyens a prendre pour assurer le succes de la predication evangelique.
6. Ministre, non de la lettre, c.-a-d. de l'ancienne alliance, representee par la loi ecrite, mais de I'Esprit-Saint, don de la
EPIST. B. PAULI AP. AD CORINTH. II\ Cap. Ill, i
— *— CAPUT III. — ' *~ Non eget Apostolus hominum commendatione, cum fruclus suae prasdicationis eum commendet : multo enim majori in honore esse debent ministri novi testamenti ac Spiritus, quam veteris testamenti ac litterae : et quod Judaei velamen adhuc habebant super cor suum in ledlione Scripturarum, quod fide in Christum aufertur.
NC1PIMUS iterum nosmetipsos commendare? aut numquid egemus (sicut quidam) commendatitiis epistolis ad vos,aut ex vobis? 2. Epistola nostra vos estis, scripta in cordibus nostris, quae scitur, et legitur ab omnibus hominibus : 3. manifestati quod epistola estis Christi, ministrata a nobis, et scripta non atramento, sed spiritu Dei vivi :
non in tabulis lapideis, sed in tabulis cordis carnalibus.
4. Fiduciam autem talem habemusper Christum ad Deum : 5. non quod sufficientes simus cogitare aliquid a nobis, quasi ex nobis : sed sufficientia nostra ex Deo est : 6. qui
et idoneos nos fecit ministros novi testamenti : non littera,sed Spiritu :
littera enim occidit, Spiritus autem vivificat.
7. Quod si ministratio mortis litteris deformata in lapidibus, fuit in gloria, ita ut non possent intendere filii Israel in faciem Moysi propter gloriam vultusejus, quae evacuatur :
8. Quomodo non magis ministratio Spiritus erit in gloria? 9. Nam si ministratio damnationis gloria est :
multo magis abundat ministerium justitiae in gloria. 10. Nam nee gloriflcatum est, quod claruit in hac parte, propter excellentem gloriam.
11. Si enim quod evacuatur, per gloriam est : multo magis quod manet, in gloria est.
12. Habentes igitur talem spem, multa fiducia utimur : 13. zet non sicut Moyses ponebat velamen super faciem suam, ut non intenderent filii Israel in faciem ejus, quod evacuatur, 14. sed obtusi sunt sensus eorum. Usque in hodiernum enim diem, idipsum velamen in ledtione veteris testamenti manet
a Exod. 34,
nouvelle alliance en J.-C. — La Icttre tue : voy. l'explication Rom. vii, 5 sv. ; viii, 10 sv. 7-8. Le ministcre que Moise remplit en apportant au peuple les tables de la loi, laquelle donnait la morl, a ete entoure de gloirc : le visage de Moise descendant du Sinai etait resplendissant de lumiere (Ex. xxxiv, 29 sv.). — Pour que, etc. : ce detail, emprunte* a la tradition, se trouve dans Philon, Vie de Moise. — Lc nimistcre des Apotres qui donne 1'Esfirit-Sa.int — Gloire supcrieure : allusion a la gloire des elus apres la parousie.
9. La loi ancienne, en provoquant le peche", appelait la condamnationj la nouvelle donne la justification, la vraie justice devant Dieu.
10. Et mane, si on fait la comparaison, la gloire du ministcre de Moise ne merite pas le nom de gloire, eclipse'e qu'elle est par la gloire que donne le ministere de la nouvelle alliance.
11. Le ministcre de l'ancienne alliance n'avait pour but que de preparer celui de la nouvelle, laquelle durera toujours.
12. Libertc, annonc^ant J.-C. avec assurance, Texposant dans sa severe purete, sans craindre de choquer le sens naturel.
13. Comme Moise qui, au sortir de ses communications avec Dieu, se couvrait la tete d'un voile (Ex. xxxiv, 34 sv.), pour que les Israelites ne vissent pas Teclat de son visage. Comme cet eclat passager symbolise le ministere mosaique qui devait un jour faire place au ministere evangelique, Paul l'appelle la fin de ce qui est passager. Les Israelites ne devaient pas alors connaitre cetteyf/2/ voila pourquoi Moise cache son visage. Mais comment l'auraient-ils connue sans ce voile? lis l'auraient vue, en quelque sorte, de leurs yeux, en voyant disparaitre de sa face la splendeur momentanee qui Pilluminait (vers. 7), cette disparition e'tant la figure du caraclere transitoire de l'ancienne alliance.
Vulgate : Afin que les en/ants d Israel ne vissent pas sur sa face unc clarti passagh <y mais faciem parait une faute de copiste pour fin cm.
14. Mais : ils n'ont pas vu \11fin, etc.; au contraire, leurs esprils se sont aveuglis, litt. recouverts d'une callosite, endurcis. — Vulgate : Ce voile demeure, pane qu'il n'est ote que par J.-C. — A pris fin en la personne de J.-C.
132 IIMI EPITRE AUX CORINTHIENS. Chap. Ill, 15—18; IV, 1-
Chap.IV.
Christ. ISAujourd,hui encore, quand on lit Mo'i'se, un voile est etendu sur lcurs cceurs; l6mais des que leurs cceurs se seront tournes vers le Seigneur, le voile sera ote. T70r le Seigneur, c'est l'Esprit, et la 011 est l'Esprit du Seigneur, la est la liberte. 18 Nous tous qui, le visage decouvert, contcmplons comme dans un miroir la face du Seigneur, nous sommcs transformes en la mcme image, avanrant de gloire en gloire, comme par l'Esprit du Seigneur.
1 ("est pourquoi, ayant ce ministere selon la misericorde qui nous a etc faite, nous ne perdons pas courage.
2 Nous rejetons loin de nous les choses honteuses qui se font en secret, ne nous conduisant pas avec astucc et ne faussant pas la parole.de Dicu; mais, en manifestant franchement la
verite, nous nous recommandons a la conscience de tous les hommes devant Dieu. 3 Si notre Evangile est encore voile, c'est pour ceux qui se perdent, qu'il reste voile, pour ces incredules 4dont le dieu de ce siecle a aveugle l'intelligence, afin qu'ils ne voient point briller la splendeur de l'Evangile, oh reluit la gloire du Christ, qui est l'image de Dieu. 5 Car ce n'est pas nous-memes que nous prechons, c'est le Christ Jesus, comme Seigneur. Pour nous, nous nous disons vos servitcurs a cause de Jesus. 6Car Dieu, qui a dit : que la lumiere brille du sein des tenebres, c'est lui qui a fait luire sa clarte dans nos cceurs, pour que nous fassions briller la connaissance de sa gloire, laquelle resplendit sur la face du Christ.
3° — chap. IV, 7 — VI, 10. — Les Apotres dans l'exercice de leur ministere. Vie dure et souffrante [vers. 7 — 12]. Esperance de la resurrection glorieuse et de la recompense eternelle [13 — V, 10]. Leur zele stimule par l'amour de Jesus-Christ mort pour tous [n — 21]. Devoument dont S. Paul a fait preuve dans son ministere [VI, 1 — 10].
Ch. IV.7 I@|Ais nous portons ce tresor dans
des vases de terre, afin qu'il paraisse que cette souveraine puissance de l'Evangile vient de Dieu et mm pas de nous. 8Nous sommcs opprime de toute maniere, mais non ecrase; dans la detresse, mais non
dans le desespoir; 9persecute, mais non delaisse ; abattu, mais non perdu ; I0portant toujours avec nous dans notre corps la mort de Jesus, afin que la vie de Jesus soit aussi manifested dans notre corps. "Car nous qui vivons, nous sommes sans cesse
1 5. Moise,c.-k-d. les livres de l'ancien Testament, historiques et prophetiques, dont on lisait un passage dans les synagogues tous les sabbats. Voy. Luc, iv. 16 sv.; Ail. xv, 21.
16. Se toumeront en masse, un peu avant la fin du monde [Rom. xi, 25 sv.). — D'autres : chaque /bis que Moise se tourne vers le Seigneur, il ote le voile (Comp. Exod. xxxiv, 34 dans le texte des LXX), signifiant par la que lorsque les Juifs retourneront au Seigneur le voile sera ote de leurs yeux.
17. C'est l'Esprit dont il est parle vers. 6 et 8, par opposition a la lettre, en ce sens, non que l'Esprit-Saint soit identique au Christ, mais qu'il est l'Esprit du Christ, le principe vivant de son action dans l'humanite {Rom. viii, 9-1 1 : comp. Jean, xiv, 15 sv.). — La liberie' : l'Esprit-Saint affranchit
l'homme de la lettre morte, du joug de la Loi, en repandant dans son cceur la charite (Rom. viii, 14 sv.: Gal. iv, 24 sv. ; v, 13).
18. Nous tons, chretiens, qui sur la terre contemplons, a visage decouvert, c.-a-d.
d'un regard libre, non voile comme celui de Moise, la gloire du Seigneur refle"chie dans le miroir de la foi, ou mieux, de l'Evangile, nous sommes transformes en la mime image du Christ, image qui brille chaque jour d'un nouvel eclat, et cela par Taction interieure de l'Esprit-Saint dans nos ames, litt. comme par l'Esprit du Seigneur, comme il convient a l'Esprit du Seigneur d'agir en nous.
D'autres rattachent ce verset, non a ce qui precede immediatement, mais auvers. 13: Nous tous (par opposition au seul Moise), apotres et predicateurs de l'Evangile, nous
EP. B. PAULI AP. AD CORINTH. II\ Cap. Ill, 15-
non revelatum (quoniam in Christo evacuatur), 1 5. sed usque in hodiernum diem, cum legitur Moyses, velamen positum est super cor eorum. 1 6. Cum autem conversus fuerit ad Dominum, auferetur velamen. 17. *Dominus autem Spiritusest : Ubi autem Spiritus Domini : ibi libertas. 18. Nos vero omnes, revelata facie gloriam Domini speculantes, in eamdem imaginem transformamur a claritate in claritatem, tamquam a Domini Spiritu.
— *— CAPUT IV. — •— Quod sincera Apostolorum praedicatione Verbum Dei omnibus manifestation est, praeterquam iis quorum mentes excaecatae sunt : quod multa adversa patiantur Apostoli; nunquam tamen succumbant : momentanea autem tribulatio parit magnam aeternamque gloriam.
DEO habentes administrationem, juxta quod miseffH rlcordiam consecuti su- IM^Ml mus, non deficimus, 2. sed abdicamus occulta dedecoris, non ambulantes in astutia, neque adulterantes verbum Dei, sed in mani-
festatione veritatis commendantes nosmetipsos ad omnem conscientiam hominum coram Deo. 3. Ouod si etiam opertum est EvangeTium nostrum : in iis, qui pereunt, est opertum : 4. in quibus Deus hujus saeculi excaecavit mentes infidelium, ut nonfulgeat illisilluminatioEvangelii glorias Christi, qui est imago Dei. 5. Non enim nosmetipsos prasdicamus, sed Jesum Christum Dominum nostrum : nos autem servos vestros per Jesum : 6. quoniam Deus, qui dixit de tenebris lucem splendescere, ipse illuxit in cordibus nostris ad illuminationem sciential claritatis Dei, in facie Christi Jesu.
7. Habemus autem thesaurum istum in vasis ficlilibus : ut sublimitas sit virtutis Dei,et non ex nobis. 8. In omnibus tribulationem patimur, sed non angustiamur :
aporiamur, sed non destituimur :
9. persecutionem patimur, sed non derelinquimur : dejicimur, sed non perimus : 10. semper mortificationem Jesu in corpore nostro circumferentes, ut et vita Jesu manifestetur in corporibus nostris. 1 1. Semper enim nos, qui vivimus, in
contemplons et prechons clairement et sans figures la grace et la ve'rite du Christ, sa gloire comme celle du Fils unique du Pere, etc.
CHAP. IV