‹ La Sainte Bible (volume 4)Chapitre 14 sur 559 · rfEt mutaverunt gloriam incor · texte numérisé non relu

rfEt mutaverunt gloriam incor

et de le conduire au salut, a la vie eternelle.

— Du Juif, du Grec : au vers. 14, S. Paul, se placant au point de vue grec, partageait Fhumanite' en Grecs et en barbares; ici, du point de vue juif, il la divise en Juifs et en Grecs. Les Juifs donnaient ce dernier nom aux pai'ens au milieu desquels ils vivaient.

— Prem&rement marque moinsune priorite de temps, qu'un droit anterieur, line situation privilegiee.

Ce verset et le suivant indiquent tout le sujet de l'epitre.

17. La justice de Dieu, cet etat de grace et de saintete dans lequel l'homme avait e'te cree a l'origine, et qui etait comme un reflet des perfections de Dieu, specialement de sa saintete. Cette justice, apres l'avoir perdue par le peche, Fhomme ne pouvait la recouvrer par ses propres forces; le ciel semblait done a jamais ferme pour lui.-Mais void qu'elle apparait de nouveau dans l'Evangile, pleinement realise'e en J.-C., qui a expie en sa personne tous les peches de l'humanite\ Grace aux merites de cet Homme-Dieu, la justice de Dieu, la saintete divine, la grace sanclifiante qui nous y fait participer, est donnee par la foi, non par les ceuvres de la loi, a tout homme qui croit (in fidem : l'abstrait pour le concret (Comp. Ill, 21 sv. ; Gal. Ill, 22). On verra plus loin que S. Paul entend par \a.foi cet etat de Fame qui non seulement tient pour vrai l'objet de la revelation, mais la recoit avec amour et lui soumet sa volonte, en snrte que la foi ainsi entendue comprend l'esperance et la charite. ainsi que les bonnes ceuvres. — Ecrit : quoique la justification par la foi n'ait ete pleinement revelee que par l'Evangile, on en trouve des traces dans fancier) Testament, par ex. Hab. ii, 4. Quelques interprc-tes veu-

lent qu'on traduise, ici et Gal. iii, 11 : Le juste (l'homme rendu juste) par la foi vivra. La these de la justification par la foi une fois posee, S. Paul la demontre d'abord par le raisonnement, en etablissant que l'humanite tout entiere, juive et paienne, est coupable devant Dieu et merite un chatiment. II commence par les pai'ens.

18. Car : e'est avecraison que jeparle de justification par la foi, car, en dehors de la foi a l'Evangile, je n'aper^ois partout que des coupables, sujets a la colere de Dieu. La colore est attribute a. Dieu par anthropopathie; elle n'est pas autre chose que son amour du bien opposant au mal une invincible energie. — Eclate, apparait manifeste par les faits (vers. 24). — Verite captive : le bon usage de la raison naturelle suffisait aux pai'ens pour leur donner, par la contemplation de l'univers, la connaissance du vrai Dieu. Mais, au lieu de laisser cette verite se dcvelopper en eux et porter ses fruits, ils Font retenue captive et rendue impuissante,/ezr leur injustice, e'est-a-dire par leur immoralite et leurs dereglements.

19. Ce qui est connu de Dieu, ce que la raison naturelle nous apprend de son existence et de sa nature.

21. Vains : allusion a l'idolatrie, le mot vanite en hebreu signifiant aussi idole. ■ — Le cceur (hebr. led) designe souvent, dans la Bible, ce qu'il y a dans l'homme de plus intime, le foyer unique 011 la volonte et Fintelligence se reunissent. Quand la volonte et, a sa suite, l'intelligence s'eloignent de Dieu, Dieu a son tour se retire du cceur, et son absence n'y laisse plus que te"n6bres.

23. Echange, en fait. — Les idoles avaient la figure d'un homme chez les Grecs et les Romains, d'animaux chez les Egyptiens.

8 EPITRE DE S. PAUL AUX ROMAINS. Chap. I, 24—32; II,

de Dieu incorruptible pour des images representant 1'homme corruptible, des oiseaux, des quadrupedes et des reptiles.

24 Aussi Dieu les a-t-il livres, au milieu des convoitises de leurs cceurs, a l'impurete, en sorte qu'ils deshonorcnt entre eux leurs propres corps, 25eux qui out echange le Dieu veritable pour le mensonge, et qui ont adore et servi la creature de preference au Creatcur, lcquel est beni eternellement. Amen! 26C'est pourquoi Dieu les a livtvs a des passions d'ignominic : leurs femmesont change l'usage naturel en celui qui est contre nature; 27de meme aussi leshommes, au lieu d'user de la femme selon Vordre de la nature, ont, dans leurs desirs, brule les uns pour les autres, ayant In immes avec hommes 1111 commerce infame.et

recevant, dans une mutuelle degradation, le juste salairede leur egarement.

28 Et comme ils ne se sont pas soucies de bien connaltre Dieu, Dieu les a livres a leur sens pervers pour faire ce qui ne convient pas, 29etant remplis de toute espece d'iniquite, de malice, [de fornication,] de cupidite, de mechancett;, pleins d'envie, de pensees homicides, de querelle, de fraude, de malignite, 3°semeurs de faux bruits, calomniateurs, hais de Dieu, arrogants, hautains, fanfarons, ingenieux au mal, rebclles a leurs parents, 3'sans intelligence, sans loyaute, [implacables,] sans affe6lion, sans pitie. 32Et bien qu'ils connaissent le jugementde Dieu declarant dignes de mort ceux qui commettent de telles choses, non seulement ils les font, mais encore ils approuvent ceux qui les font.

— CHAP. II, 1 — III, 20. — Les Juifs. — a) Chacun sera juge selon ses ceuvres [II, 1 — 8], les juifs sur les prescriptions de la Loi ecrite, comme les pa'i'ens sur celles de la loi naturellc [vers. 9 — 16]. Loin de les couvrir, la loi aggravera leur condamnation [17 — 24]. — b) C'est en vain qu'ils sc contient dans les prerogatives de leur race, la circoncision [25 — 29] et les promesses [ill, 1 — 8]. — c) Tous les hommes, les Juifs non moins que les Gentils, sont convaincus de peche par l'Ecriture [9 — 20].

Insi, qui que tu sois, 6 homme, toi qui juges, tu cs inexcusable; car, en jugeant les autres, tu te condamnes toi-memc, puisque tu fais les memes choses, toi qui juges. 2Car nous savons que le juge-

ment de Dieu est selon la verite contre ceux qui commettent de telles choses. 3Et tu penses, 6 homme, toi qui juges ceux qui les commettent, et qui les fais toi-meme, que tu echapperas au jugement de Dieu ?

Comp. Stf?. xiii, 2. 10. L'idolitrie n'est done pas la religion primitive de l'humanite. GEuvre et fruit des passions elle est une decheance honteuse et coupable. \'oy. Sag: xiv, 14 sv.

24. Les a livrds, en ce sens que, d'apres une loi du monde moral attestce par I'experience, Tiniquite suit Tiniquite, de meme que la vertu est recompensed par un accroissement de vertu, sans qu'il y ait, ni d'un cote ni de l'autre, privation de liberte (comp. Eph. iv, iq). — A Pimpurctc contre nature (vers. 26-7) qui imprime au pecheur une rletrissure particulierement avilissante. (I Cor. vi, 18).

25. Le »icnso!!^e,\es vainesidoles — AY';//, cligne de louanges : doxologie familiere aux

Orientaux quand ils prononcent le nom de Dieu, surtout s'ils ont a relater quelque chose d'injurieux pour la divinite.

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