‹ La Sainte Bible (volume 4)Chapitre 150 sur 559 · EPITRE AUX GALATES · texte numérisé non relu

EPITRE AUX GALATES

dans 1'Eglise et y obtiennent, par la foi seule, le meme rang et les memes privileges que les Juifs eux-memes, Israel a perdu ses droits, il n'y a plus de judaisme. D'un autre cote, si la circoncision est imposee aux nouvaux convertis, la foi en J.-C. est declared par la meme insuffisante pour le salut, l'Evangile n'est plus qu'un accessoire du mosaisme et l'ceuvre de J.-C. a perdu sa valeur absolue.

Soumis au concile de Jerusalem (Acl. xv), le debat avait recu une solution pratique, mais incomplete, qui ne decidait pas nettement la question de principe, celle de l'egalite religieuse absolue des circoncis et des incirconcis. Aussi, a peine Paul eut-il quitte la Galatie, emportant de ses chers neophytes les plus douces impressions et les meilleures esperances, que des emissaires judai'sants, partis de Jerusalem, vinrent jeter parmi eux le trouble et la division.

Se donnant comme les disciples des grands Apotres, Pierre, Jacques et Jean, les colonnes de 1'Eglise, que J.-C. avait etablis, qui avaient vecu avec lui, re^u ses ordres et ses enseignements, ils contestaient a Paul la qualite d'Apotre, lui qui n'avait jamais vu ni entendu Jesus. Tout ce qu'il savait du christianisme, il l'avait appris a Jerusalem, il le tenait des vrais disciples du Seigneur : pourquoi maintenant enseigner une doctrine contraire a la leur? — 11 n'est pas vrai, comme il le proclame, que l'ancienne alliance ait ete detruite par la mort du Christ. Dieu ne saurait manquer a sa promesse. II a conclu une alliance eternelle avec Abraham et promis le salut aux enfants d'Abraham; c'est done dans cette alliance qu'il faut entrer, si Ton

veut appartenir au vrai peuple messianique. La mort de J.-C. et la foi en lui ne sont rien sans la circoncision et l'observation de la Loi. — Abolir la Loi, ajoutaient-ils, n'est-ce pas favoriser le peche, en faisant disparaitre toute barriere? La pretendue liberte chretienne reclamee par Paul ne pouvait aboutir qua une licence sans regie et sans frein.

Ces discours des judai'sants firent une vive impression sur les Galates, encore peu instruits et d'ailleurs faciles a seduire. De tristes nouvelles vinrent remplir d'amertume le cceur de l'Apotre, en lui apprenant que les nouveaux convertis donnaient tete baissee dans les pratiques du judai'sme. C'est alors qu'il leur adressa cette lettre, chef-d'eeuvre d'une dialectique vigoureuse et serree.

Ce qui precede en indique le plan :

i° Paul revendique energiquement et etablit sa dignite et son autorite apostolique (chap, i, ii); 2° il demontre que le chretien, comme tel, est affranchi des obligations de l'ancienne alliance (ch. iii, iv); 30 il exhorte les Galates a user de cette liberte chretienne dont l'Evangile les a mis en possession, et leur donne des conseils pratiques pour en eviter l'abus (ch. v, vi). — Ces trois parties sont logiquement liees l'une a l'autre. On les distingue assez souvent sous les noms de partie apologetique ou personnelle, de partie dogmatique et de partie morale.

L'epitre aux Galates porte, pour ainsi dire, l'empreinte de Fame ardente et tendre cle PauT^aussT l'authenticite n'en est-elle contestee par personne. Elle a ete ecrite d'Ephese, l'an 56 ; — selon d'autres, de Corinthe, l'an 58.

#- Gpitue aujc Galatea. -*-

TTiiiriiiTiiitiiiiiT-rtiTiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiixiriiirTiiiiiiiiiiiiinxiiinillllilliliiiiiiUimjjj.

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Exorde [Ch. I, i — 10].

Adresse ct salutation [vers, i — 5]. Vifs reproches a cause de leur inconstance [vers. 6 — 10].

Chap. I. [ffSFS^gStjlAul, apotre, non de la part

des hommes, ni par l'in-

termediaire d'un homme,

mais par Jesus-Christ et

Dieu le Fere, qui l'a res-

suscitc d'entre les morts, 2ainsi que

tous les freres qui sont avec moi,

aux Eglises de Galatie : 3 grace et

paix a vous de la part de Dieu le Fere et de notre Seigneur Jesus- Christ, 4qui s'est donne lui-meme pour nos peches, afin de nous arracher a la corruption du siecle present, selon la volonte de notre Dieu et Pere, Sa qui soit la gloire aux siecles des siecles! Amen!

1. Paul affirme deux choses : 1. Sa mission ne vient pas ties hommes, mais de Dieu le Pcre, source premiere de toute mission legitime. 2. Elle ne lui a pas ete conferee par un homme : il la tient directement de J.-C. ressuscite. Appele et instruit par le Maine lui-meme (i, 12. Comp. I Cor. xi, 23) il est Apotre au meme titre que Pierre (ii,7 sv.)et les autres (II Cor. xii, 11), ayant charge de precher l'Evangile a tous, Grecs ou Juiis {Rom. i, 1. 5. 14), bien qu'il soit plus particulierement l'Apotre des Gentils {Rom. xi, 13). Ce qu'il a recu par un homme, e'est la dignite episcopale, probablement dans les circonstances racontees par les Acl. xiii, 2. Quant a la mission extraordinaire d'Apotre, avec Funiversalitd de juridiclion et l'mfaillibilite de magistere qu'elle suppose, elle ne pouvait etre conferee que par 13ieu seul.

2. Les freres..., mes collaborateurs dans la predication de l'Evangile. Comp. Phil. iv, 22. — Les Eglises de Galatie, soit, comme le pensent en assez grand nombre les exegetes modernes, la Galatie proprement dite, formee de la partie septentrionale de la Phrygie; soit plutot la province romaine de ce nom (Voyez l'lntroduction). En effet i° le sens obvie du texte meme de la lettre (ii, 5) fait supposer que la fondation des Eglises de Galatie est anterieure au Concile de Jerusalem. C'est afin que la verite de l'Evangile demeurat intacle parmi elles, que l'Apotre, malgre' les instances des judaisants, se refusa a laisser circoncire Tite (ii,4 sv.) : la foi leuravait done ete prechee avant la reunion des Apotres; et pourtant c'est plus tard

seulement, lors de sa seconde mission, que Paul parcourut la Galatie proprement dite (All. xvi, 6). 2° De plus, on ne s'explique guere autrement que Barnabe' soit particulierement connu de ces Eglises et jouisse parmi elles d'une si grande autorite' (ii, 1.9. 13) : s'il accompagnait l'Apotre dans son premier voyage, il n'etait plus avec lui dans ses deux missions suivantes. 30 D'ailleurs a s'en tenir au re'eit des Acles (xvi, 6; xviii, 23), le sejour de S. Paul en Galatie, lors de sa deuxieme mission, ne fut pas de longue duree : il semble bien qu'il ne fit guere que traverser le pays. Au contraire notre epitre suppose qu'il demeura longtemps parmi les Chretiens auxquels il s'adresse. Ce sejour se concoit fort bien, s'il eut lieu durant sa premiere mission. C'est alors qu'il eut a subir ces violentes persecutions et ces mauvais traitements qu'il appelle l'infirmite de sa chair (iv, 13). Contraint par les intrigues des judaisants et par une sorte d'e'meute de quitter precipitamment Antioche de Pisidie ou sa predication commengait de produire des fruits (Ail. xiii, 14. 50), outrage et lapide a Iconium (Ail. xiv, 5), viclime de la haine tenace de ses adversaires dans ses voyages a travers les villes de la Lycaonie, lapide une deuxieme fois a Lystres et laisse pour mort (Ail. xiv, 18 sv.), eprouve peut-etre par quelque grave maladie : c'est au prix de ce martyre dont son corps epuise portait encore les glorieux stigmates (Gal. vi, 17) que Paul avait engendre a la foi ses chers Galates. C'est alors aussi qu'il avait regu d'eux ces temoignages d'attachement et d'affecflion dont il leur parle avec attendris-

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