Nous sommes des fils sortis de tutelle, libres
26. Tous, sans distinction d'origine. — Dans le Christ Je'sus, peut, dans le grec, se joindre a fils de Dieu : vous etes des enfants de Dieu en union avec J.-C, le Fils par excellence, auquel vous etes incorpores, non par la vertu de la Loi, mais par la foi.
27. Dans le Christ {in Christum), de maniere a sortir de la race pecheresse du premier Adam, pour devenir membre du corps mystique de J.-C. — Revetu le Christ : cette image, familiere a S. Paul {Rom.
xiii, 14; Eph. iv, 24; Col. iii, 9 sv.), signifie l'intinie communaute de vie et d'esprit dans laquelle 1'homme entre avec J.-C. par le bapteme. De cette expression est venu l'usage de revetir d'une robe blanche le neophyte au sortir des eaux du bapteme.
28. II riy a plus, en Jesus-Christ (comp. Col. iii, 11), etc. — Une personne (en gr. Et; unus, selon les meilleurs manuscrits). La Vulg. a lu Iv unum). Sens : J.-C. appelle tous les hommes a devenir enfants de Dieu, et il a me'rite cette grace a tous, sans distinction — et Ton sait combien dures et tranchees etaient chez les anciens ces distinctions — de nationality, de condition et de sexe.
170 EPITRE DE S. PAUL AUX GALATES. Chap. Ill, 29; IV, 1 — 15.
personne dans le Christ Jesus. 29Et si vous etes au Christ, vous etes done " descendance " d'Abraham, heritiers selon la promesse.
Chap. IV. TOrjedis ceci : Aussi longtemps que l'heritier est enfant, il ne differe en rien d'un esclave, quoiqu'il soit le maitre de tout; 2mais il est soumis a des tuteurset a des curateurs jusqu'au temps marque par le pere. 3 De meme, nous aussi, quand nous etions enfants, nous etions sous l'esclavage des rudi-
ments du monde. 4 Mais lorsque est venue la plenitude des temps, Dieu a envoye son Fils, forme d'une femme, ne sous la Loi, 5 pour affranchir ceux qui sont sous la Loi, afin de nous conferer l'adoption. 6Et parce que vous etes fils, Dieu a envoye dans vos coeurs l'Esprit de son Fils, lequel crie : Abba! Pere! 7Ainsi tu n'es plus esclave, tu es fils; et si tu es fils, tues aussi heritier, eracc a Dieu.
3° — CHAP. IV, 8 — 31. — Exhortation et conseils. Ne pas retourner au premier etat de servitude [vers. 8 — 1 1]. Souvenir de leur premiere affection pour l'Apotre [12 — 20]. L'inutilite de la Loi prouvee par l'histoire figurative des deux fils d'Abraham [21 — 31].
Ch. IV.8 gjjjUtrefois, il est vrai, ne connais-
sant pas Dieu, vous serviez ceux qui par leur nature ne sont pas dieux ; 9mais a present que vous avez connu Dieu, ou plutot que vous avez £te connus de Dieu, comment rctournez-vous a ces pauvres et faibles rudiments, auxquels de nouveau vous voulez vous asservir encore?
10 Vous obscrvez les jours, les mois, les temps et les ann£es! "J'ai peur pour vous d'avoir travaille en vain parmi vous.
I2Devenez comme moi, car moi
aussi je suis devenu comme vous* freres, je vous en supplie. Vous ne m'avez blesse en rien. x3 Quand je vous ai pour la premiere fois annonce l'Evangile, vous savez quelle etait l'infirmite de ma chair; et cependant ce qui dans ma chair etait une epreuve pour vous, *4vous ne l'avez ni meprise ni repousse; mais vous m'avez recu comme un ange de Dieu, comme le Christ Jesus. I5Que sont devenus ces heureux sentiments?
Car je vous rends ce temoignage que, s'il cut ete possible, vous vous seriez
29. Au Christ, membres de son corps mystique. — Vous iles, comme lui et en lui, descendance, etc. Comp. Rom. ix, 18.
CHAP. IV
2. Jusqu'au temps fixe par le pere. Est-ce le pore qui fixe le temps que doit durer la minorite de son enfant ? La pensee de l'Apotre semble se porter surtout sur l'application qu'il va faire de sa comparaison, savoir que Dieu, auteur de la loi mosaique, en avait marque" d'avance la duree.
3. Nous aussi : tout d'abord les judeochretiens; mais, comme le peuple juif etait, avant J.-C, le representant de tous les autres et devait former avec les gentils croyants un seul peuple, une seule personne mystique, le temps de sa tutelle correspond a la periode de preparation des Chretiens sortis de la gentilite; la pensee de S. Paul peut done embrasser aussi ces derniers (comp. vers. 5, 8). — Les rudiments : les
institutions et les ceremonies mosaiques etaient les premiers elements, comme TA B C de la sagesse superieure revelee par J.-C, tout en la contenant en germe, comme les elements d'une science contiennent en germe la science tout entiere.
4. Forme d'une femme. Quelques Peres et de bons manuscrits de la Vulgate lisent natum ex muliere au lieu de faclum. Quelques manuscrits du texte original portent en effet yEww.usvov au lieu de yevdfievov. Comme cette lecon paraissait favoriser le docetisme, le bienheureux Bede le Venerable la repousse avec energie. " Car alors, dit-il, le Christ n'etant pas issu de notre sang ne serait plus ve'ritablement le fils de rhomme." En effet la legon yevopievov, mieux recommandee par le nombre comme par l'autorite des temoignages doit etre retenue de preference. Toutefois meme avec la lecon de la Vulgate, natum, pourvu que Ton donne au verbe naitre toute sa valeur usuelle,
EPIST. B. PAULI AP. AD GALATAS. Cap. Ill, 29: IV, r — 15. 171
Christo Jesu. 29. Si autem vos Christi : ergo semen Abrahae estis, secundum promissionem heredes.
-*— CAPUT IV. -
Ante Christum natum, Judaei, in modum he- . redis adhuc parvuli, sub lege continebantur, tamquam sub tutore : conatur autem eos a legis servitute revocare, cum fide acceperint filiorum adoptionem, commemorans quanto fervore ipsum ac prasdicationem ipsius antea acceperant ; et simul ad hoc typum adferens de duobus Abraham filiis, duo testamenta designantibus : per quod docet legis aemulatores a Christi hereditate ejiciendos.
^jICO autem : Quanto tem-
' pore heres parvulus est,
nihil differt a servo, cum
sit dominus omnium :
2. sed sub tutoribus, et actoribus est usque ad prasfinitum tempus a patre : 3. ita et nos cum essemus parvuli, sub elementis mundi eramus servientes. 4. At ubi venit plenitudo temporis, misit Deus Filium suum factum ex muliere, factum sub lege, 5. ut eos, qui sub lege
erant, redimeret, ut adoptionem filiorum reciperemus. 6. Quoniam autem estis filii, misit Deus Spiritum Filii sui in corda vestra clamantem : Abba, Pater. 7. Itaque jam non est servus, sed filius : quod si filius : et heres per Deum.
8. Sed tunc quidem ignorantes Deum, iis, qui natura non sunt dii, serviebatis. 9. Nunc autem cum cognoveritis Deum, immo cogniti sitis a Deo : quomodo convertimini iterum adinfirma,etegenaelementa, quibus denuo servire vultis? 1 o.Dies observatis, et menses, et tempora, et annos. 11. Timeo vos, ne forte sine causa laboraverim in vobis.
12. Estote sicut ego, quia et ego sicut vos : fratres obsecro vos: Nihil me laesistis. 13. Scitis autem quia per infirmitatem carnis evangelizavi vobis jampridem : et tentationem vestram in carne mea 14. non sprevistis, neque respuistis :
sed sicut Angelum Dei excepistis me, sicut Christum Jesum. 15. Ubi est ergo beatitudo vestra? Testimonium enim perhibeo vobis, quia, si
le dogme de 1'Incarnation se trouve clairement exprime. D'ailleurs dans leurs ecrits polemiques les Peres insistent moins sur le verbe, que sur la preposition ex, qui ne saurait signifier ici que 1'origine.