Hun amour inalterable, constant
D'autres, d'un coster pur, non corrompu par les passions.
Ji'Gjiitrc aujc ©{jilipjifnis.
Xntruibuctian.
PLACEE sur lcs confins de la Thrace et de la Macedoine, a l'endroit ou le mont Hemus s'abaisse vers la mer, la ville de Philippes recut son nom du roi Philippe, pere d' Alexandre le Grand, qui l'avait conquise et fortifiee, la destinant a scrvir de barriere aux incursions des Thraces. C'est dans la plaine qu'elle domine que fut livree, l'an 42 av. J.-C, la fameuse bataille qui decida du sort de la republique romaine.
L'Eglise de Philippes est la premiere que S. Paul fonda sur le continent europeen, dans le cours de sa deuxieme mission {Acl. xvi, 8 sv.).
Apres son depart, S. Luc, reste dans la ville, continua l'ceuvre commencee.
Les nombreux neophytes se montrerent fideles a la grace qu'ils avaient recuc; jamais l'autorite de Paul ne fut en peril parmi cux. Nous les voyons en toutes circonstances donner a leur cher apotre les marques de l'affection la plus sincere. Afin de pourvoir a ses bcsoins materiels et de seconder la propagation de l'Evangile, ils firent entre eux diverses collecles, dont ils lui envoyerent le produit {Phil, iv, 15, 16, 18 ; II Cor. xi, 8, 9). Paul, de son cote, aimait tendrement ses chers Philippiens; il les visitait souvent dans le cours de ses voyages a travers la Macedoine; il celebra chez eux la fete de Paques pour la derniere fois l'an 58 {Acl. xx, 6). Un nouvel a6le de charite de leur part fut l'occasion de notre epitre.
Pendant que l'Apotre etait captif dans la capitaledel'Empire (an. 6 1 -63), les fideles de Philippes lui firent parvenir par Pun des principaux personnages de leur Eglise, Epaphrodite, un secours considerable qui changea sa detresse en abondance {Phil, ii, 15;
iv, 10, 18). Epaphrodite fit a Rome une maladie grave (comp. ii, 26), dont la nouvelle causa aux Philippiens une vive inquietude, et en meme temps le desir de le rcvoir.
Des qu'il fut gueri, Paul le renvoya parmi ses compatriotes, porteur de la presente epitre.
II ne faut chercher dans cette lettre ni discussion, ni preoccupation dogmatique. Si l'Apotre fait parfois allusion aux docteurs judaisants (i, 17; iii, 2, 18), ce n'est qu'en passant et sous la forme d'un avertissement pastoral. De meme le celebre passage relatif a la divinite de Jesus-Christ (ii, 6-1 1) fait partie d'une exhortation toute pratique a l'humilite et au renoncement a soi-meme. La seule intention de l'epitre est celle que l'auteur lui-meme revele : il veut exprimer aux Philippiens sa reconnaissance pour leur genereusc offrande et les vceux qu'il forme pour eux, et leur faire connaitre la situation ou il se trouve. C'est done une lettre familiere et tout intime, ou abondent les details personnels, les temoignages de gratitude et d'affeclion, ou l'x^potre eprouve une grande joie a epancher le trop plein de son cceur. II leur parle d'eux et de lui, et les deux sujets se tiennent si etroitement que, apres avoir alterne dans le cours de l'epitre, ils finisscnt par se confondre.
On peut diviser cette courte lettre en deux parties.
La premiere a plus particulicrcment trait a la situation personnelle de l'Apotre; la deuxieme offre davantage le caractere d'une exhortation, sans exclure ccpendant quelqucs communications toutes personnel les.
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Preambule [Ch. I, i — n].
Adresse, salutation, action de graces, expression de son affection.
ChaP- '• ESKSS^SSIAul et Timothee, serviteurs de Jesus- Christ, a tons les saints en Jesus- Christ qui sont a Philippes, aux eveques et aux diacres : 2grace et paix a vous de la part de Dieu notre Pere et du Seigneur Jesus- Christ !
zje rends grace a mon Dieu tonics les fois que jc me souviens de vous, et dans toutes mes prieres pour vous tons, 4c'est avec joieque je lui adresse ma priere, 5a cause de votre concours unanimepour \zprogresde I'Evangile, depuis le premier jour jusqu'a present; 6et j'ai confiancc que celui qui a commence en vous une uuvre excellente, en poursuivra I'achevement jusqu'au jour du Christ. 7C'est une justice
que jc vous dois, de penser ainsi de vous tons, parce que je vous porte dans mon cceur, vous tons qui, soit dans mes liens, soit dans la defense et l'affermissement de l'Evangile,avez part a la meme grace que moi. 8Car Dieu men est temoin, e'est avec tendresse que je vous aime tous dans les cntrailles de Jesus-Christ. 9Et ce que jc lui demande, e'est que votre charite abonde de plus en plus en connaissance et en toute intelligence, I0pour discerner ce qui vaut le mieux, afin que vous soycz purs et irreprochables jusqu'au jour du Christ, "remplis des fruits de justice, par Jesus- Christ, pour la gloire et la louange de Dieu.
CHAP. t,
[vers, i:
CORPS DE LA LETTRE
[Ch. I, 12 — IV, 7].
12 — 26. — Nouvelles personnelles. Sa situation a Rome — 18]. Ses sentiments et ses esperances [19 — 26].
Chap. I." SSIl^<-'rcs' ic desire que vous sachiez, que ce qui m'est arrive a plutot tourne au progres de
I'Evangile. x3En effet, dans tout le pretoire,et parmi tous ceux du dehors, il est devenu notoire, que e'est pour
1. Timothee etait connu et aime des Philippiens; il accompagnait Paul lorsque celuici les visita pour la premiere fois (Aft. xvi, 1- 1 2). — Aux eveques : les chefs spiriluels de premieres communautes chretienness*appelaient indifife'remment eviqttes ou pretres, quel que fut leur rang dans la hierarchie (coinp. Ail. xx, 17 sv.). Ces deux noms re-
gurent bientot le sens plus pre'eis qu'ils ont de nos jours. Paul nomme ici, avec les saints, qui designent toute la communaute, les eveques et les diacres, sans doute parce que la collecte que lui avait apportee Epaphrodite (ii, 25) avait ete recueillie par eux.
5. Ce verset se rattache hje rends graces et avec joie. De votre concours unanime, de votre union fraternelle pour travailler au progres, etc.; peut-etre allusion aux secours en
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AD PHILIPPENSES.
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— *— CAPUT I. — *— Ex magno affectu quern habet erga Philippenses, manifestat eis quod pressure suae in majovem Evangelii fruclum cesserint : quam utilitatem si non speclaret, omnino dissolvi cuperet, et esse cum Christo : eosque adhortatur ut digne ad Christi Evangelium conversentur, dicens quod pro ipso jam afflicliones sustinuerint.
AULUS, et Timotheus servi Jesu Christi, omnibus Sanctis in Christo Jesu, qui sunt Philippis, cum Episcopis, et Diaconibus. 2. Gratia vobis, et pax a Deo Patre nostro, et Domino Jesu Christo.
3. Gratias ago Deo meo in omni memoria vestri, 4. semper in cunctis orationibus meis pro omnibus vobis, cum gaudio deprecationem faciens, 5. super communicatione
vestra in Evangelio Christi a prima die usque nunc. 6. Confidens hoc ipsum, quia qui ccepit in vobis opus bonum, perficiet usque in diem Christi Jesu. 7. Sicut est mihi justum hoc sentire pro omnibus vobis : eo quod habeam vos in corde, et in vinculis meis, et in defensione, et confirmatione Evangelii, socios gaudii mei omnes vos esse. 8- Testis enim mihi est Deus, quomodo cupiam omnes vos in visceribus Jesu Christi. 9. Et hoc oro ut caritas vestra magis ac magis abundet in scientia, et in omni sensu : 10. ut probetis potiora, ut sitis sinceri, et sine offensa in diem Christi, 11. repleti fructu justitiaeper Jesum Christum, in gloriam et laudem Dei.
12. Scire autem vos volo fratres, quia quae circa me sunt, magis ad profectum venerunt Evangelii :