DEUXIEME PARTIE [MORALE
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1° — CHAP. IV, I — II
Exhortation a la saintete, a la charite, au travail.
Chap. IV. pgjTJ rcste, freres, nous vous
prions ct nous vous conjurons dans Ie Seigneur Jesus, dc marcher de progress en progres, selon que vous avez appris de nous comment il vous faut marcher et plaire a Dieu, com me aussi vous lc faites. 2 Vous save/, quels preceptes nous vous avons donnes de la part du Seigneur Jesus. 3 Car ce que Dieu vcut, c'est votre sanclification : c'est que vous vous abstcniez de l'impudicite, 4et que chacun de vous sache possedcr son corps dans la saintete et l'honnetetd, 5sans se livrer aux emportements de la passion, comme font les pai'ens qui ne connaisscnt pas Dieu; 6c'est que personne n'usurpe en cela sur son frere, ni nc viole ses droits, parce que le Seigneur fait justice de tous ces desordres, comme nous vous l'avons
dejadit et atteste. 7 Car Dieu ne nous a pas appeles a l'impurete, mais a la saintete. 8Celui done qui meprise ces preceptes, ne meprise pas un homme, mais Dieu, qui vous a aussi donne son Esprit-Saint.
9 Pour ce qui est de l'amour fraternel, vous n'avez pas besoin qu'on vous en ecrive, car vous-memes avez appris de Dieu a vous aimer les uns les autres; I0aussi bien le pratiquezvous envers tous les freres par toute la Macedoinc. Mais nous vous exhortons, freres, a le pratiquer toujours mieux, TIa mettre votre ambition a vivre en repos, a vous occuper de vos propres affaires et a travailler de vos mains, comme nous vous l'avons recommande, I2de telle sorte que vous tcniez une conduite honnete aux yeux de ceux du dehors, sans avoir besoin de personne.
— a ) L'avenement du Seigneur : sort de ceux moment [vers. 1 — 18]. Incertitude de l'heure [v, 1 — 3]. Toujours veiller [vers. 4 — 11]. — b) Preceptes divers : devoirs envers les superieurs [12 — 13]; envers les freres et envers Dieu [14 — 22].
2° — CHAP. IV, 12 — Y, 22 qui seront morts a ce
Ch. IV." E3'Ais nous ne voulons pas, fre-
res, que vous soyez dans l'ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis, afin que vous ne vous affligiez pas, comme les autres qui n'ont pas d'esperance. J4Car si nous croyons que Jesus est mort et qu'il
est ressuscite, croyojis aussi que Dieu amenera avee Jesus ceux qui se sont endormis en lui. I5Voici, en effet, ce que nous vous declarons d'apres la parole du Seigneur : Nous, les vivants, laisses pour l'avenement du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui
CHAP. IV
3. Sanclification parait avoir ici le sens restreint de purete, chastete. Comp. II Cor. vi, 6; Hibr. xii, 14.
4. Son corps. Le mot grec rendu ici par corps pourrait signifier aussi iepouse legitime; d'ou cet autre sens, fort acceptable :
que chacun sache avoir (litt. acquerir) son epouse a lui et vivre avec elle saintement et honnetement.
8. Un homme, moi Paul, mais Dieu qui m'a envoyd, et qui vous avertit et vous porte au bien parl'Esprit-Saint. Vulg., qui nous a, qui m'a aussi donne son Saint-Esprit, lequel vous exhorte par ma bouche.
EPIST. B. PAULI AP. AD THESSAL. IA. Cap. IV, i— 15.
— *— CAPUT IV. — *-
Hortatur ut tradita sibi prsecepta observent, abstinentes a fornicatione, ac se mutuo diligentes, manibusque operantes, quo nullius quidquam desiderare cogantur : docet modum nostra? resurreclionis, ne inordinata tristitia se crucient propter eos qui moriuntur.
Jjggs^sE cetero ergo, fratres, ro- E fc§^ J gam us vos et obsecramus lO^/l H1 Domino JesiijUtquem- Ba&SgSi^lj admodum accepistis a nobis quomodo oporteat vos ambulare, et placere Deo, sic et ambuletis, ut abundetis magis. 2. Scitis enimquas prascepta dederim vobis per Dominum Jesum. 3. "Hasc est enim voluntas Dei, sanctificatio vestra : ut abstineatis vos a fornicatione. 4. Ut sciat unusquisque vestrum vas suum possidere in sanctiflcatione, et honore : 5. non in passione desiderii, sicut et gentes, quae ignorant Deum:
6. et ne quis supergrediatur, neque circumveniat in negotio tratrem suum : quoniam vindex est Dominus de his omnibus, sicut praedixi-
mus vobis, et testificati sumus.
7. Non enim vocavit nos Deus in immunditiam, sed in sanctificationem. 8. Itaque qui haec spernit, non hominem spernit, sed Deum : qui etiam dedit Spiritum suum sanctum in nobis.
9. De caritate autem fraternitatis non necesse habemus scribere vobis : 6ipsi enim vos a Deo didicistis *Joann- 13, ut diligatis invicem. 10. Etenim ^/Jinn! illud facitis in omnes fratres in uni- 2, 10 et 4, versa Macedonia. Rogamus autem I2vos fratres ut abundetis magis.
11. Et operam detis, ut quieti sitis, et ut vestrum negotium agatis, et operemini manibus vestris, sicut praecepimus vobis : 12. et ut honeste ambuletis ad eos, qui foris sunt :
et nullius aliquid desideretis.
13. Nolumus autem vos ignorare fratres, de dormientibus, ut non contristemini sicut et ceteri, qui spem non habent. 14. Si enim credimus quod Jesus mortuus est, et resurrexit : ita et Deus eos, qui dormierunt per Jesum, adducet cum eo. 15. Hoc enim vobis dicimus in verbo Domini, ''quia nos, qui vivi- jiCor. 15, ■ 23.
11. En rep os : comp. II. Thess. hi, 11; peut-etre allusion aux vives inquietudes qu'inspiraient aux Thessaloniciens le second avenement de J.-C. — De vos mains : la petite communaute se composait en grande partie d'artisans et d'ouvriers.
12. Ceux du dehors, les non Chretiens. — De personne : vivant dans une active et honorable independance. — Vulg. que vous ne desiriez rien de personnc.
13. La doctrine chretienne de la resurrection des morts et du retour glorieux de J.-C, deux idees toutes nouvelles pour les Chretiens sortisde lagentilite, avait ete mal comprise des fideles de Thessalonique. lis s'attendaient a. voir, dans un avenir tres prochain, le Sauveur descendre du ciel, semblable a un roi triomphant qui, apres avoir aneanti tous ses adversaires, rassemblerait ses fideles et les etablirait dans son royaume, sejour d'une paix et d'une felicite inalterable. Ue la leur inquietude, leur dccouragement peut-etre, quand la mort ve nait a frapper quelques-uns d'entre eux. Comment ces chers defunts couches dans la tombe auraient-ils part au bonheur promis? Et si les morts etaient ainsi frustre's
dans leur attente, les vivants ne pouvaientils pas l'etre aussi?
14. Croyons aussi : la demonstration repose sur cet axiome, que J.-C. et les fideles forment un seul corps spirituel, d'une indissoluble unite. — Amenera, ressuscitera et amenera dans le royaume de la paix et de la beatitude. — Ceux, les fideles qui sont morts dans la grace; S. Paul ne parle pas des autres. — Endormis en luz, par la mort dans la foi et dans la grace. D'autres : amenera par Jesus et avec lui, etc.
1 5. D\iprcs la parole du Seigneur^ d'apres une revelation immediate de Jesus a l'Apotre (comp. I Cor. xv, 51 ; II Cor. xii, 1 ; Gal. i, 12). — ■ Nous ne dcvancerons pas, etc., en entrant avant eux et sans eux dans le royaume glorieux de J.-C.
S. l'aul et les autres Apotres regardaientils aussi comme prochain le second avenement du Sauveur? Leur Maitre avait positivement refuse de re"pondre a leur demande sur l'epoque de sa venue, et avait voulu les laisser dans une complete incertitude [Marc, xiii, 32; Acl. 1,7). A cette condition seulement l'esprit de vigilance et de priere, si ndcessaire a la vie des fideles ici-bas, pou-
240 IRE EPITRE AUX THESSALONICIENS. Chap. IV, 16— V, 15.
se sont endormis. l6Car le Seigneur lui-meme, au signal donne, a la voix d'un archange et au son de la trompette de Dieu, descendra du ciel, et lcs morts dans le Christ ressusciteront les premiers. [7Ensuite nous, les vivants qui aurons ete laisses, tous ensemble nous serons emportes avec eux sur lcs nudes a la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons pour toujours avec le Seigneur.
l8Consolez-vous done lcs uns lcs autrcs par ces paroles.
Chap. V. ^uant au temps et aux moments vous n'avez pas besoin, freres, qu'on vous en ecrive. 2Car vous savez bien vous-memes que le jour du Seigneur vient ainsi qu'un volcur pendant la nuit. 3Quand ils diront : " Paix et siirete! " e'est alors qu'une mine soudaine fondra sur eux comme la douleur sur la femmc qui doit enfanter, ct ils n'y echapperont point.
4 Mais vous, freres, vous n'6tes pas dans les tenebres, pour que ce jour vous surprenne comme un voleur.
5 Vous etes tous fils de la lumiere ct fils du jour; nous ne sommes pas de la nuit, ni des tenebres. 6Ne dormons done point comme les autres; mais veillons et soyons sobres. 7Car ceux
qui dorment, dorment la nuit, et ceux qui s'enivrent, s'enivrent la nuit. 8 Mais nous qui sommes du jour, soyons sobres, ayant revetu la cuirasse de la foi et de la charite, et ayant pris pour casque l'esperance du salut. 9Car Dieu ne nous a pas destines a la colere, mais a l'acquisition du salut par notre Seigneur Jesus- Christ, I0qui est mort pour nous, afin que, soit que nous veillions, soit que nous dormions, nous vivions tous ensemble avec lui. "C'est pourquoi consolez-vous mutuellement et edifiezvous les uns les autres, comme vous le faites deja.
12 Nous vous prions, freres, d'avoir de la consideration pour ceux qui travaillent parmi vous, qui vous gouvcrnent dans le Seigneur et qui vous avertissent. J3Ayez pour eux unc charite plus abondante, a cause de leur ceuvre. Vivez en paix entre vous. '4 Nous vous en prions, freres, reprcnez ceux qui troublent l'ordre, consolcz les pusillanimes, soutcnez les faiblcs, usez de patience envers tons. l5 Prenez garde a ce que nul ne rende a un autre le mal pour le mal ; mais toujours cherchez ce qui est bien, les uns pour les autres et
vait exercer sur eux, des l'origine, sa puissante et salutaire influence morale {Luc. xii, 35-40; Maith. xxi, 12-51; xxv, 13). Les disciples devaient done, pour obeir a Jesus, l'attendre chaque jour : " Veillez, car vous ne savez ni le jour, ni Theme, " et ne pas imiterle mauvais serviteur qui disait : " Mon maitre tarde a venir {Matth. xxiv, 48). " C'est dans cette disposition d'esprit que nous trouvons toute l'Eglise primitive (I Cor. xv, 51; I Pier, iv, 7; I Jean, ii, 18; Jacq. v, 8; Apoc. passim). S. Paul ne dit pas autre chose. II n'enseigne pas que lui et ses lecteurs vivront au retour du Christ ; il en suppose la possibility, et il le devait, d'une part en l'absence de toute rdvelation a cet egard, de l'autre au souvenir des solennels avertissements du Sauveur. Cela est si vrai que, dans cette epitre meme (chap, v, 1 sv.), il prend soin de proclamer, dans les termes expres dont s'etait servi J.-C, la complete incertitude, le redoutable inattendu de l'apparition du Sauveur. Son but, d'ailleurs, est uniquement de rassurer ses lecleurs au sujet
de ceux qui dorment, et de montrer qu'ils n'auraient aucun desavantage relativement aux vivants.
16-17. Au signal, a un cri de commandement, donne soit par J.-C. (Jean, v, 28), soit par son Pere (Matth. xxiv, 36). — D'un archange, que Ton croit etre S. Michel, prince et gardien de l'Eglise chretienne, comme il l'avait etc" de l'Eglise juive. Voy. Dan. x, 13; Apoc. xii, 7. — Au son de la trompette (Matth. xxiv, 31 : comp. Exod. xix, 16) de Dieu : la trompette est ainsi appelee, soit parce qu'elle ne sonnera que sur l'ordre de Dieu, soit parce que son eclat depassera celui des trompettes ordinaires (Matth. xxiv, 31). — Les premiers : selon d'autres manuscrits, premicrement : ce sera le premier acle du grand drame : le second est de"crit au vers. 17 : Ensuite, etc. ; ainsi que le troisieme et dernier : Et ainsi, etc.