LES DEUX EPITRES A TIMOTHEE
ner ses travaux et ses combats pour la foi.
Ces epitres sont d'ailleurs, a tous egards, dignes de l'Apotre. On y retrouve ca et la le mysticisme profond des lettres anterieures (II Tim. i,9sv.; ii, 9-1 1). L'argumcntation suivie, les mouvements impetueux, la plenitude oratoire qui regnent dans les Galates et les Romains ont disparu, mais la doctrine fondamentale de ces deux ecrits y est exprimee avec toute son energie et toute sa profondeur (par ex. Tit. iii, 5-7). La tendance pratique qu'elles nous revelent, et que nous avons deja remarquee dans les Philippiois, convient, avec un ton moins solennel et plus modere a cette derniere epoque de la vie de S. Paul.
Son enseignement, formule d'abord et defendu avec un appareil dialectique, prend, a la fin de sa carriere, la forme de breves et simples affirma-
tions. Une seule pensee la resume :
" Garde le bon depot " (II Tim. i, 14). Mais l'auteur ne se borne pas a l'exhortation abstraite de garder la tradition recue, il marque avec soin les moyens par lesquels peut et doit etre conserve ce depot, confie d'une maniere generale a l'Eglise, " la colonne et le fondement de la verite (I Tim. iii, 15)," et, dans l'Eglise, aux pasteurs legitimes. De la ces conseils repetes sur le choix des eveques, des anciens et des diacres, qui tiennent tant de place dans ces lettres. Enfin, a cote de la perseverance dans la foi, Paul releve avec non moins de force la necessite de la purete de vie, et s'etend en exhortations pratiques sur les devoirs du chretien, non seulement dans l'interieur de la famille, mais encore dans les diverses relations sociales.
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LES Acfes (xvi, 1 sv.) nous apprennent que S. Paul, dans le cours de sa seconde mission, parcourut la Syrie et l'Asie Mineure pour visiter des Eglisesprecedemment fondees par lui. Arrive a Lystres, en Lycaonie, on lui presenta un jeune homme deja catechumene, peut-etre meme baptise, dont la louange etait dans toutes les bouches : il s'appelait Timothee. II etait ne d'un pere pai'en et d'une mere juive, nominee Eunice (II Tim. i, 5). Cellc-ci, apres avoir embrasse la foi, probablcment a la voix de Paul, y avait amene son fils, qui faisait chaque jour des progres dans la piete et la connaissance des saintes Lettres. Des que l'Apotre cut connu Timothee, il le prit avec lui et lui imposa les mains. II n'eut pas de disciple plus intelligent et plus de-
voue, soit pour l'accompagner dans ses voyages, soit pour remplir les diverses missions qu'il lui confiait. Plus tard, il lui confera la consecration episcopale et lui confia l'Eglise d'Ephese. C'est la que, d'apres le Kreviaire romain (24 Janvier), Timothee souffrit le martyre sous le regne de Domitien.
Des deux epitres de S. Paul a Timothee, l'une parait avoir ete ecrite de Macedoine, vers Pan 64 ou 65 ; l'autre un an apres, lorsque l'Apotre etait pour la seconde fois prisonnier a Rome.— Toutes deux supposcnt que les theories gnostiques, dont les premieres traces apparaissent dans la lcttre aux Colossiens, setaient dcveloppees, avaient pris un corps et se posaicnt nettement en adversaires de l'enseignement dvang^lique.
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Les principaux devoirs attaches a la charge pastorale; exhortations.
OBLIGATIONS nil SE RAPPORTENT A L'EC.LISE EN GENERAL.
— chap. I.— Avis relatifs a la predication dc la vraie doctrine. Adresse ct salutation [vers, i, 2]. Les fausses doctrines et l'Evangile de grace [3 — 11]. La grace de l'Evangile rendue manifeste dans la conversion de 1' Apotre [12 — 17.]. Conserve!' intacle la vraie doctrine de la foi [18 — 30].
Chap. I. iKPSSii^ilAul, apotre de Je*sus-
Christ, selon l'ordre de
Dicu notrc Sauvcur ct de
Jesus-Christ notrc cspe-
rance, 2a Timothee, mon
enfant legitime en la foi : la grace, la
misericorde ct la paix de la part dc
I >ieu le Pere ct du Christ Jesus notrc
Seigneur!
3jc te rappelle 1'exhortation que jc tc fis en partant pour la Macedoinc, de rcster a Ephese, afin d'enjoindre a certaincs personnes de 11c pas enseigncr d'autres do6lrincs, 4ct de ne pas s'attacher a des fables ct a des genealogies sans fin, qui sont une source de disputes, plutdt qu'elles n'avancent l'ceuvre de Dieu, laquelle repose sur la foi. 5Le but de cette recommandation, e'est une charite venant d'un cceur pur, dune bonne conscience et d'une foi sincere. 6Quelqucs-uns,ayant
perdu de vue ces choses, se sont egares dans un vain bavardage; ils ont la pretention d'etre des docteurs de la loi, et ils ne comprennent ni ce qu'ils disent, ni ce qu'ils affirment. 8Nous savons que la Loi est bonne, pourvu qu'on en fasse un usage legitime, 9et qu'on retienne bien qu'elle n'est pas faite pour lc juste, mais pour les mediants et les rebelles, pour les impies et les picheurs, pour les irreligieux et les profanes, pour ceux qui maltraitent leur pere ct leur mere, pour les meurtriers, I0les impudiques, les infames, les voleurs d'hommes, les mentcurs, les parjures et pour quiconque commet tout autre crime contraire a la saine doctrine. — irAinsi l'enseigne l'Evangile de la gloire du Dieu bienheureux, Evangile qui m'a ete confie.
I2Je rends graces a celui qui m'a
1. Apotre de J.-C. : cela est dit en vue, 11011 de Timothee, mais des faux dexfteurs. — Dieu notre Sauveur (comp. Jud. 25), parce qu'il a envoye son Fils sur la terre. — J.-C. notrc espirance : comp. Col. i, 27.
2. Mon enfant, engendre par moi a la foi; legitime, veritable, ou, sincere, ayant conserve la purete de la foi, par opposition aux f.uix dorteurs. Vulgate, c/ier.