L'EPITRE AUX HEBREUX
Het>reux d'assez nombreuses ressemblances de mots. Cependant cet argument, le principal, s'il n'est pas le seul, semble peu decisif. Des ressemblances tout aussi nombreuses et egalement remarquables se rencontrent entre les autres lettres de l'Apotre et celle-ci. En outre, plus d'un passage de notre lettre suppose presque necessairement un auleurjhebreu d'origine et d'c-ducation. OrTSTTTuc est un Grec d'Antioche.
A ce point de vue, il conviendrait plutot de penser a Barnabe\ « 11 ctait de la generation subapostolique.
Ayant vecu dans l'intimite de S. Paul et I'ayant souvent cntendu parler, il ctait bien au courant des doctrines de l'Apotre. II avait entenduja predication qui formait le fond de la tradition orale et connaissait probablemcnt les ecrite__de J51JLuc et de S. Pierre... LevTte, il ctait au courant des rites mosaiqiies pour les avoir pratiques. Natif de Chypre, il a parlc le grec des son enfance, mais a pu recevoir son education a Alexandrie, vu les rapports frequents entre Alexandrie et l'ile de Chypre... Enfin, il etait au mieux avec la communaute de Jerusalem a cause de sa generosite. ») {Aft. xi, 24). x — Sans doute, il serait difficile d'attribuer au meme personnage la lettre qui porte le nom de Barnabe et l'epitre aux Hebreux, tant ces deux ecrits different pour la langue et pour les doctrines. Mais il est assez generalement admis aujourd'hui que cette lettre — ecrite vers 130-140 — a pour auteur un chretien d'Alexandrie. Des lors l'attribution a Barnabe de la redaction de l'epitre aux Hebreux gagne en vraisemblance. Elle a en sa faveur le temoignage tres net de Ter- ^ullien [De pudic. 20. M. 2, 1021).
Maln"eureusement il semble que ,ce soit le seul ; et le silence des Eglises
d'Orient, s'il n'infirme pas entierement les raisons favorables a cette hypothese, semble du moins imposer quelque reserve dans l'affirmation.
Le temoignage des Peres est plus favorable a S. Clenierir^de Rome. Et en effet, sa lettre aux CTormETiiens renferme non seulement des passages entiers textuellement empruntes a lV-piti-c aux Hebreux, mais encore un grand nombre dejrjensees communes aux deux epitres. Si S. Clement cite avec cette predilection et cette fidelite, n'est-ce point parce que redacteur de l'Epitre sous l'inspiration de l'Apotre, il s'est approprie la doctrine a laquclle il avait donne en partie son expression ?
Les conjectures se sont aussi portees de nos jours, meme parmi les catholiques, sur un autre disciple et collaborates de l'Apotre : Silvanusou Silas (voy. I T/iess. i, 1 ; I Cor. xii, 28; xiv, 3; Aft. xv, 22; xxii, 40; xiv, et xvii, 10-14; xviii, 5; II Cor. i, 19), ou l'Alexandrin Apollos. « homme eloquent et puissant dans les Ecritures » (Ac?, xviii, 24 — xix, 1. Comp. I Cor. iii, 5 sv.; xvi, 12). Mais depourvue de tout fondement soit historique, soit exegetique, cette hypothese deja proposee par Luther, semble trop invraisemblable.
L'epitre est adressce aux Hebreux?
e'est-a-dire aux Ju[fs convertis de Jerusajemetdeja Palestine; e'est a euxqu'on donnait alors ce nom, parce que leur langue maternelle etait l'hebreu vulgaire ou arameen, pour les distinguer des Juifs hellenistes, ou parlant grec, repandus sur toute la surface de la terre. Elle fut ecrite jivant la ruine.de Jerusalem; car l'auteur suppose en plusieurs endroits le temple encore debout et les ceremonies judaiques encore en usage.
Les Eglises de la Palestine avaient a souffrir de violentes persecutions de
xJacquier, Histoire des livres du N. T., page 483-484, Paris 1903.
■ Les mots ad Hebraos que nous lisons
en tete de l'epitre ne sont pas de l'auteur ; mais ils remontent tres haut, puisque Tertullien les trouvait deja sur son exemplaire.