Propterea sicut per unum
'Jac
' Ilebr. 9, 14. 1 Peir.
4. La vertu eprouvee. Comp. /acq. i, 3, oil probatio a le sens aclif : ce qui eprouve la vertu.
5. V amour de Dien pour nous; mais cet amour n'est le fondement de notre esperance que si nous y repondons par un amour reciproque. — Par I'Espril-Sainl, lien d'amour, d'une part entre le Pere et le Fils, et d'autre part entre Dieu le Pere et 1'homme rachete par le Fils {Gal. iv, 6 ; Comp. viii, 15).
6. Foibles, malades, dans l'dtat de peche, n'ayant pas encore reqju l'Esprit-Saint. — Marque dans les desseins eternels de Dieu. — Pour des impies, non seulement en leur faveur, mais a leur place.
y. Juste et homme de bien sont ici exaclement synonymes; pensee : dirficilement on trouve des hommes qui donnent leur vie pour un juste, pour un homme de bien; car enfin peut-etre s'en rencontre-t-il. D'autres opposent entre eux ces deux mots : le premier designerait tout simplement un homme juste et honnete, le second un homme bon, bienfaisant, et par suite un bienfaiteur; pensee : difficilement on mourra pour le premier; pour le second, peut-e/rc.
9. De la colere, le contraire de la gloire (vers. 2 : comp. Matth. iii,7; I Thess. i, 10).
10. Ennemis de Dieu, dans le sens passif, c.-a-d. enfants de colere (Eph. ii, 3), dignes de chatiment. — Par sa vie : le Christ mourant nous a reconcilie's; le Christ ressuscite et toujours vivant nous sanclifie en nous transformant et nous regenerant par son Esprit-Saint. Comp. iv, 25, note.
Suit (vers. 12-21) un parallele entre J. -C. et Adam : de meme qu'Adam a ete le repre"sentant de l'humanite pour sa perte, ainsi le Christ est le representant de l'humanite' pour son salut, la source ine'puisable de la grace et de la justice.
12. S. Paul, presse de prouver ce qu'il dit, oublie qu'il a commence une comparison et n'acheve pas sa phrase : nous avons supple'e le second membre de la comparaison. Du reste, le parallele sera repris plus loin. — Le peche personnifie, (t, ifxapxia avec l'art.) considere comme une puissance qui regne et domine dans lemondefvers.21 ; vi, 12, 14; vii, 8, 9, 17 al.), C'est le peche de nature, ou originel, transmis a tous les descendants d'Adam avec la nature humaine elle-mlme. — Dansle monde principalement dans l'humanite, mais aussi, d'une certaine maniere, dans la nature physique, viciee par suite du peche d'Adam (viii, 20). — La
22 EPITRE DE S. PAUL AUX ROMAINS. Chap. V.
qu'ainsi la mort a passe dans tous les homines, parce que tous ont peche, de mime par un senl homme, Jesus-Christ, la justice est entree dans le monde, et par la justice la vie. T3Car jusqu'a la Loi le peche etait dans le monde; or le peche n'est pas impute lorsqu'il n'y a point de loi. x4 Cepcndant la mort a regne" depuis Adam jusqu'a Moi'se, meme sur ceux qui n'avaient pas peche par une transgression semblable a celle d'Adam, lequel est la figure de celui qui devait venir.
■'5 Mais il n'en est pas du don gratuit comme de la faute; car si, par la faute d'un senl, tousles homines sont morts, a plus forte raison la grace de Dieu ct le don se sont, par la grace d'un scul homme, Jesus-Christ, abondamment repandus sur tous les hommes. I,J Et il n'en est pas du don comme de ce qui est arrive par un seul qui a pechd; car le jugement a ete porte a cause d'une scule faute pour la condamnation, tandis que le
don amene la justification de beaucoup de fautes. J/En effet, si, par la faute d'un seul, la mort a regne par ce seul homme, a plus forte raison ceux qui re^oivent l'abondance de la grace et du don de la justice regneront-ils dans la vie par le seul Jesus- Christ.
18 Ainsi done, comme par la faute d'un seul la condamnation est venue sur tous les hommes, ainsi par la justice d'un seul vient a tous les hommes la justification qui donne la vie. J9De meme, en effet, que par la desobeissance d'un seul homme, tous ont ete constitues pecheurs, de meme par l'obeissance d'un seul tous seront constitues justcs. 2°La Loi est intcrvenuc pour faire abonder la faute ; mais la oil le p£che a abonde, la grace a surabonde, 2Iafin que, comme le p<khe a regne par la mort, ainsi la grace regnat par la justice pour la vie £ternelle, par Jesus-Christ Notre- Seiemeur.
?nort, dans le sens de Gen. ii, 17 : " Le jour 011 tu mangeras de ce fruit, tu mourras;" par consequent principalement la mort physique. — Parce que tons out peche, en et avec ce seul homme, Adam, le representant de l'humanite. Vulgate, en qui{&a.ns ce seul homme) tous ont peche : Elle en once explicitement ce que le grec ne dit qu'implicitement et indireclement. On pourrait meme la ramener au grec, en traduisant in quo dans le sens de in eo quo, quatenus, en fr. sur ce que, parce que.
Le dogme chretien du pe'che originel ne pouvait etre plus clairement exprime (Cone. de Trente, Sess. V, can. 3).
13.-14. Car amene la preuve que tous les homines subissent la mort parce que tous ont peche en Adam. Raisonnement : avant Moi'se, le peche (acluel) existait dans le monde, e'est un fait historique certain {Gen. iv-vj; or ce pe'che, en l'absence de loi positive, n'etant pas impute quant a la peine, ne pouvait etre cause de la mort des individus. Cependant la mort frappait meme ceux
qui n'avaient pas, comme Adam, commis de peche acluel, par ex. les enfants; done elle a pour cause, 11011 des fautes personnelles, mais le pe'che d'Adam. — La figure A& J.-C, second Adam, pere d'une humanite sainte. Comp. I Cor. xv, 44 sv.
1 5. De la faute d'Adam. — Tous les lioinmes, en gr. o\ -oXXoi, la multitude des enfants d'Adam. La Vulg. traduit comme s'il n'y avait pas d'article, niulli, beaucoup. — A plus forte raison (dans le sens logique) devons-nous croire que, etc., Dieu donnant plus volontiers cours a la bonte qu'a la rigueur. D'autres : la somme des biens qui nous viennent de J.-C, est plus grande que la somme des maux sorlis d'Adam. — La grace, l'amour gratuit de Dieu (Comp. Eph. i, 7; ii, 7; Luc, i, 30; Ail. vii, 46 etc.), principe d'oii decoule le don par excellence, la justification. — D'un seul horn me : S. Paul appelleainsi N.-S., dont la divinite'est reconnue de tous ses lecleurs, pour le mieux opposer a Adam. D'autres : et le don qui con siste dans la grace d'un seul liomme, J.-C.
EPIST. B. PAULI AP. AD ROMANOS. Cap. V, 13—21.
hominem peccatum in hunc mundum intravit, et per peccatum mors, et ita in omnes homines mors pertransiit, in quo omnes peccaverunt : 13. usque ad legem enim peccatum erat in mundo : peccatum autem non imputabatur, cum lex non esset. 14. Sed regnavit mors ab Adam usque ad Moysen etiam in eos, qui non peccaverunt in similitudinem praevaricationis Adae, qui est forma futuri.
i<;. Sed non sicut delictum, ita et donum : si enim unius delicto multi mortui sunt : multo magis gratia Dei et donum in gratia unius hominis Jesu Christi in plures abundavit. 16. Et non sicut per unum peccatum, ita et donum :
nam judicium quidem ex uno in condemnationem : gratia autem ex multis delictis in justificationem.
17. Si enim unius delicto mors regnavit per unum : multo magis
abundantiam gratiae, et donationis, et justitiae accipientes, in vita regnabunt per unum Jesum Christum.
18. Igitur sicut per unius delictum in omnes homines in condemnationem : sic et per unius justitiam in omnes homines in justificationem vitae. 19. Sicut enim per inobedientiam unius hominis, peccatores constituti sunt multi : rfita et per unius obeditionem, justi constituentur multi. 20. Lex autem subintravit ut abundaret delictum.
Ubi autem abundavit delictum, superabundavit gratia : 21. ut sicut regnavit peccatum in mortem : ita et gratia regnet per justitiam in vitam aeternam, per Jesum Christum Dominum nostrum.
16. Par un seicl qui a peche; Vu\g.,par un seul peche : meme sens au fond. Pense'e : un seul pecheur ou un seul peche a excite la justice de Dieu a porter contre l'humani- X.€ un jugement de condamnation. Si N.-S. nous avait delivres de ce seul peche', il y aurait parite- entre la condamnation encourue et la grace accordee; mais le don de la justification nous a remis, avec le pe'che originel, les innombrables peches acluels, fruits de notre volonte perverse.
17. Avant J.-C.,la mort, introduite par le peche, regnait comme un tyran sur l'humanite, son esclave. Par la grace de J.-C, l'esclave est devenue souveraine a son tour (Comp. II Tim. II, 12 etc.); avec lui et par lui les fideles ont vaincu la mort et recu le germe d'une nouvelle et eternelle vie.
18. Resume du parallele. La justice d'un seul (Vulgate); ou bien, une seule faute ... un seul acle de justice, l'obeissance (vers. 19) et la mort de J.-C. sur la croix. — A totes les hommes la justification : S. Paul considere les fruits de la mort du Sauveur, suffisants pour la justification de tous, et non l'application de ses merites.