Infr. io, 26. 2 Fetr
14. Le sens, xa alaOrjT^p'.a, les organes des sens; ici les facultes spirituelles, le jugement. Comp. I Jean, v, 20; Luc, xxiv, 45 ; I Cor. ii, 14. — Le bien die mal, ici, le vrai du faux.
CHAP. VI
1-2. Cest pourquoi : puisque chretiens depuis si longtemps, vous devez etre, non des enfants, mais des maitres, elevons-nous, vous et moi, a Venseignement parfait, litt. a la fterfeclioi, exposons ce qui convient aux parfaits, les points les plus Sieve's de la doctrine evangelique, sans revenir aux premieres assises de l'e*difice, aux premiers elements, qui sont, entre autres, la doclrinc du re nonce mail aux tcuvres mortes, au peche, qui donne la mort a Tame (comp. ix, 13 sv.), de lafoi en D/eu, non speculative, mais accompagnee d'amour,^ baptemes, ablutions juives, bapteme de Jean-Baptiste et baptcme chrctien, de V imposition des mains, e'est-adire du sacrement de confirmation qui, a l'origine, suivait immediatement le bapteme, de la re'surreclion des moils ;i la fin du monde el du jugement eternel, qui prononcera des arrets pour l'eternite. Dans toute cette doctrine, objet ordinaire de l'enseignement donne aux neophytes, il n'est question ni de l'expiation des peche's par le sacrifice de
J.-C, ni de la regeneration et de la sanclification du pecheur par le Saint-Esprit, ni de ses progres dans la communion intime et vivante avec Dieu, etc.
3. L'Apotre exposera en effet ces£oints plus eleves de la doclrine chrdtfenne au chapitre suivant, apres la digression des versets 4-20.
4. Eclaires, soit sur la doclrine chretienne par les instruclions du catechumenat preparatoires au bapteme; soit d'une maniere plus generale par la lumiere de la foi et de la grace qui nous a incorpores a J.-C. la veritable lumiere du monde (comp. Jean, i, 4, 5 ; viii, 12; II Tim. i, 10). Dans notre epitre meme (x, 32), devenir chretien, e'est passer des tenebres a la lumiere. C'est plus tard seulement, par une me'tonymie toute naturelle, que le Bapteme a etc appele cpo'j-'.cyyj;, illumination. — A la grace de la foi s'est ajoutee l'experience personnelle de ses bienfaits. lis ont goilte" le don celeste, plus probablement Jesus-Christ lit i- me me, {Jea/i, iv, 10; Rom. v, 15; viii, 32) vivant dans le justifie"; et par lui, toute grace, y comprise la Sainte Eucharistie. — Au Saint- Esprit et a ses dons, par l'imposition des mains (vers. 2), e'est-a-dire le sacrement de Confirmation.
EP1TRE AUX HEBREUX. Chap. VI, 5 —20.
le don celeste, qui ont eu part au Saint-Esprit, 5qui ont goute la bonne parole de Dieu et les ceuvres merveilleuses du siecle a venir, 6et qui sont tombes, soient encore renouvel^s et amenes a la penitence, eux qui pour leur part crucifient de nouveau le Fils de Dieu et le livrent a l'ignominie.
7Lorsqu'une terre, abreuvee par la pluie qui tombe souvent sur elle, produit une herbc utile a ceux pour qui on la cultive, elle a part a la benediction de Dieu; 8mais, si elle ne produit que des epines et des chardons, elle est reprouvee, pres d'etre maudite, et Ton finit par y mettre le feu.
9Cependant, bien-aimes, quoique nous parlions ainsi, nous croyons fermement, pour ce qui vous conccrne, a des choses meilleures, auxquelles est attache le salut. IOCar Dieu n'est pas injuste pour oublier vos ceuvres et la charite que vous avez montree pour son nom, ayant servi les saints et les servant encore. » Nous desirons que chacun de vous fasse paraitre le meme zele a conserver votre esperance pleine et entiere jusqu'a la fin, I2en sorte que vous ne vous relachiez point, mais que vous imitiez ceux qui,
par la foi et la perseverance, heritent des promesses.
^Lorsque Dieu fit la promesse a Abraham, ne pouvant jurer par un plus grand que lui, il jura par luimeme, x4et dit : " Oui, je te benirai et je multiplierai ta posterite. " xsEt ce fut ainsi que ce patriarche, ayant persevere entra en possession de la promesse. l6En effet, les hommes jurent par celui qui est plus grand qu'eux, et le serment, servant de garantie, met fin a tous leurs differends. I/C'est pourquoi Dieu, voulant montrer avec plus devidence l'immutabilite de son dessein aux heritiers de la promesse, fit intervenir le serment, l8afin que, par deux choses iinmuables, dans lesquelles il est impossible que Dieu nous trompe, nous soyons, nous qui avons cherche en lid un refuge, puissamment encourages a tenir ferme l'esperance qui nous est proposee. ^Nous la gardons comme une ancre de l'ame.sure et solide, cette esp£rance qui penetre jusqu'au dela du voile,20 dans le sanctuaire ou J£susest entre pour nous comme precurseur, ayant ete fait " grand pretrc pour toujours selon l'ordre de Melchisedech."
5. La bonne parole, l'Evangile avec ses promesses et ses consolations (comp. Zach. i, 13). — Les ceuvres merveilleuses qu'ils ont vues ou ope'rees eux-memes par les dons extraordinaires du Saint-Esprit, du siecle a venir, du temps du Messie, qui embrasse le present et l'avenir (ii, 5).
6. Pour leur part ou pour leur malheur. — A Pignominie du supplice de la croix. — II estimpossible que ces Chretiens lon/bespar Fapostasie volontaire soienl rchouvcTcs : cTapres l'fnterpretation assez generale il s'agit d'une impossibilite morale, dans le sens de grande difficulte. Peut-etre pourtant pourrait-on laisser a ce mot le sens absolu qu'il a toujours dans notre epitre (vi, 18; x, 4; xi, 6). II s'agit ici de l'endurcissement volontaire vis-a-vis de la verite connue, par consequent du pe'che contre l'Esprit-Saint dont le Sauveur dit qu'il ne sera remis ni en ce monde ni en l'autre {Maith. xii, 31 sv.), parce que ce peche etant du a une perversion de l'esprit et a une obstination de la volonte a pour consequence le defaut des dispositions requises pour obtenir le pardon. Du reste l'apotre ne de'nie pas a Dieu le
pouvoir de flechir^par des graces extraordinaires meme ces vdlontes rebelles tout en respeclant leur liberte. C'est pour le s ministres de l'Evangile, et avec les moyens ordinaires de conversion, qu'il affirme l'impossibilite de renouveler (ava/.atvi!jEv, a l'aclif), en les ramenant k de meilleurs sentiments (iU p.£Tavoiav), les chre'tiens dont il parle. Notre texte ne pose done pas non plus de limites au pouvoir qu'a l'Eglise de remettre les peche's, ce pouvoir ayant pour condition unjvejrtable repentir dans le pecheur (comp. x, 26).
Plusieurs Peres : il est impossible qu'ils soient renouvelcs par un second Bapteme, representation mystique de la mort et de la resurrection de J.-C. (Rom. vi, 4 sv.). Mais il s'agit ici d'un renouvellement qui dispose a la penitence, ce qui ne convient guere au Bapteme. De plus on ne voit pas bien comment le Bapteme livre a l'ignominie le Fils de Dieu.
7. Confirmation de ce qui precede par une comparaison. A ceux pour qui (Vulg. par qui) elle est cultivee. — Elle a part de plus en plus, etc.
EPIST. B. PAULI AP. AD HEBR^OS. Cap. VI, 6—20.
bum,virtutesquesasculi venturi,6.et prolapsi sunt; rursus renovari ad pcenitentiam, rursum crucifigentes sibimetipsis Filium Dei, et ostentui habentes. 7. Terra enim saspe venientem super se bibens imbrem, et generans herbam opportunam ill is, a quibus colitur : accipit benedictionem a Deo. 8. Proferens autem spinas, ac tribulos, reproba est, et maledicto proxima : cujus consummatio in combustionem.
9. Confidimus autem de vobis dilectissimi meliora, et viciniora saluti : tametsi ita loquimur. 10. Non enim injustus Deus, ut obliviscatur operis vestri, et dilectionis, quam ostendistis in nomine ipsius, qui ministrastis Sanctis, et ministratis.
1 1. Cupimus autem unumquemque vestrum eamdem ostentare sollicitudinem ad expletionem spei usque in finem : 12. ut non segnes efficiamini, verum imitatores eorum, qui fide, et patientia hereditabunt promissiones.
13. Abraham namque promittens Deus, quoniam neminem habuit, per quern juraret, majorem, juravit per semetipsum, 14. dicens : *Nisi benedicens benedicam te, et multiplicans multiplicabo te. 15. Et sic longanimiter ferens, adeptus est repromissionem. 16. Homines enim per majorem sui jurant : et omnis controversial eorum finis, ad confirmationem, est juramentum. 17. In quo abundantius volens Deus ostendere pollicitationis heredibus immobilitatem consilii sui, interposuit jusjurandum : 18. ut per duas res immobiles, quibus impossibile est mentiri Deum, fortissimum solatium habeamus, qui confugimus ad tenendam propositam spem,
1 9. quam sicut anchoram habemus animae tutam ac firmam,et incedentem usque ad interiora velaminis,
20. ubi precursor pro nobis introivit Jesus, secundum ordinem Melchisedech pontifex factus in sternum.
9. A des choses meilleures (xa xpsiTTova avec Part.) ; nous sommes convaincus que vous etes dans ces dispositions plus exceN lentes, qui vous feront perseverer, etc. — Auxquelles~esl attache le salutj litt. pres du salut, y attenaiit, correspond a pres d'etre maudite (vers. 8).
10. Pour son nom, pour Dieu lui-meme, en secourant vos freres, les Chretiens, qui sont ses enfants.
11. Jusqu'a la fin, jusqu'au terme ou Yespe'raticc fera place a la possession,
12. Ceux : Abraham et tous les croyants; selon la Vulgate, les croyants seulement, les fideles ; d'oii le futur, heriteront.
13-15. Dans le sens figure ^a promesse faite a Abraham (Gen. xxii, 17; comp. xii 7; xvii, 5 sv.) a pour objet, suivant l'interpretation authentique de l'Apdtre {Rom. ix, 6 sv.; Gal. iii, 16; iv, 22 sv.), ksjUu^^onn^au. monde par J.-C., et la multiplication de sa postente spjrituelle. Le" saint patriarche ayant, par sa foi perseverante, obtenu l'effet de cette promesse, Fauteur le propose en exemple aux chre"tiens.