‹ La Sainte Bible (volume 4)Chapitre 298 sur 559 · EPITRE DE SAINT JACQUES · texte numérisé non relu

EPITRE DE SAINT JACQUES

d'etre l'ceuvre de l'homme est d'abord l'ceuvre de la grace prevenante de Dieu. Cette haute theologie est completement en dehors des considerations de S. Jacques : ses lecteurs ont la foi, mais leur vie n'est rien moins que chretienne; il leur fait sentir qu'une croyance oisive en Jesus- Christ serait une foi morte, bien differente de la foi d'Abraham, et il les rappelle a l'ceuvre essentielle de leur perfeclionnemcnt moral.

Enfin Paul et Jacques ne parlent ni de la meme foi ni des memes ceuvres, ou du moins les envisagent a des points de vue differents. Ouand le premier dit que la foi suffit pour justifier, il entend une foi pleine et parfaite, qui domine sur le cceur comme sur l'intelligence, une foi vivante, " produisant des bonnes ceuvres par la charite (Ga/. v, 6), " ce que les theologiens appellentyfofo charitate fortnata (comp. I Cor. xiii,2). All contraire, la foi que S. Jacques regarde comme insuffisante, c'est la foi sterile et sans vie, qui s'allie avec toutes les souillures de lame, la froide adhesion de l'esprit a certaines verites, telle qu'on la trouvait chez les Juifs

les plus superficiels et dans le pharisai'sme. Memes differences au sujet des ceuvres. Par la meme que Paul oppose la foi aux ceuvres et declare ces dernieres impuissantes a justifier, c'est qu'il ne voit en elles que les " ceuvres de la Loi, " c'est-a-dire, des ceuvres purement exterieures, qui se font par une obeissance servile au commandement,sans lien avec le principe superieur de la foi et de l'amour. Jacques, de son cote, quand il parle d'ceuvres justifiantes, a en vue des ceuvres chretiennes, qui ont leur racine dans la foi vivante en Dieu et en Jesus-Christ, ceuvres d'une loi d'amour gravee par l'Esprit-Saint dans le cceur des fideles.

En resume, Paul, en presence de la justice propre, fruit de l'ceuvre purement humaine, sans la grace, combat l'erreur du salut par les ceuvres de la Loi ; Jacques, ayant sous les yeux une vie dissolue, preche les ceuvres comme la seule preuve evidente de la vraie foi. * Les deux Apotres se completent, sans se contredire.

S. Jacques parait avoir ecrit sa lettre a Jerusalem, vers l'an 60.

Notre-Seigneur condamnait deja la foi sterile Matth. vii, 21 sv. Comp. Rom.

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Chap. I.

Preambule [Ch. I, i].

Adrcsse et salutation.

JACQUES, serviteur dc Dieu ct I tribus qui sont dans la dispersion, du Seigneur Jesus-Christ, aux douze | salut.

CORPS DE LA LETTRE

Instructions pratiques sur quelques devoirs de la vie chretienne.

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