EPILOGUE [V
Chap.V.'2 [^jggp'Est par Silvain,un frere fidele,
je le sais, que je vous ecris ce
peu de mots, pour vous exhor-
ter ct vous assurer que c'est bien dans
la vraie grace de Dieu que vous etes
etablis. ^L'Eglise de Babylone, elue
avec vous, et Marc, mon fils, vous saluent. I4Saluez-vous les uns les autres par un baiser d'amour.
La paix soit avec vous tous qui etes en Jesus-Christ! Amen !
12. Silvain, ou Silas, le porteur de cette lettre, etait un compagnon de S. Paul {Aft. w, 27; II Cor. i, 19). — Fidele : Pierre confirme, par son propre jugement, la bonne
opinion que ses lecfteurs avaient deja de Silvain. — La vraie grace : la grace et la ve'rite" que Dieu a donnees au monde en Jesus- Christ. Les destinataires de cette lettre
EPISTOLA B. PETRI APOST. IA. Cap. V, i:
12. Per Silvanum fidelem fratrem vobis, ut arbitror, breviter scripsi : obsecrans et contestans, hanc esse veram gratiam Dei, in qua statis. 13. Salutat vos ecclesia, quas est
in Babylone coelecta, et Marcus Alius meus. 14. Salutate invicem in osculo sancto : Gratia vobis omnibus, qui estis in Christo Jesu.
Amen.
avaient ete evangelises par S. Paul : ce verset renferme done une confirmation indirecle de la predication de ce dernier. Peutetre le choix de Silvain repond-il a. la raeme pensee : un compagnon de Paul porteur d'une lettre de Pierre adressee a des Chretiens convertis par Paul, quelle preuve dcla-
tante de la conformite de doctrine entre les deux Apotres !
13. Babylone, Rome. — Marc, l'auteur du du deuxieme evangile. — Mon fils, mon disciple, et probablement amene par Pierre a la foi.
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Un sccdh&c Gpitrc be saint ©icrrc.
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Introbncttan.
LE premier ct lc second siecle ne fournissent pas de temoignages bien concluants en faveur de l'authcnticite de la deuxieme epitre dc saint Pierre1; mais elle jouissait d'une grande consideration au troisiemc siecle, puisque Clement d'Alexandrie, au rapport d'Eusebe (His!.
eccl. ii, 23), la comprit dans son Commentaire sur les Epitres catholiques2.
0rigene3 la cite express^ment sous le nom de Pierre; S.J. rdme,qui la tenail pour authentique, nous apprend que plusicurs la rejetaient a cause de la difference de style entrecette Cpitre el la premiere;difference, ajoute-t-il, qui vienl sans doute de ce que 1'autcur se servit d'un autre interpreted. A partir du quatrieme siecle, la tradition s'affirme d'une maniere positive et finit, au cinquieme,par cxclure tous les doutes.
La deuxieme epitre de S. Pierre fut done inscrite, a ce titrc, dans les canons de Florence et dc Trente.
L'examcn de Fecrit considere en lui-meme justifie parfaitcment cctte decision. L'auteur, dans I'adresse, se nomme " Simon Pierre, serviteur et apotre dc Jesus-Christ"; plus loin (i, 18), il se designe comme 1'un des trois temoins de la transfiguration, et qualifiesalcttrcdemvw^t^/7/'£(iii,i); enfin il appcllc S. Paul " son frere bien-aimc. " Sans doute, un faussaire aurait pu feindre tout cela. Mais le caraclerc vraiment apostoliquc de la lettre, la morale serieuse, saisissante, qui la remplit, ne permettent pas de s'arreter a cctte supposition. Comme dans la premiere, le christianisme y est presente comme l'accomplissement des anciennes propheties; le
"C'est probablement a la deuxieme dpitre de S. Pierre (iii, 8) plutot qu'au Ps. cxxx\
(84) que fait allusion l'auteur de X l-'.pitre connue sous le nom de Barnabe", quand il dit chap, icv, 6 "Aux yeux du Seigneur un jour signifie mille annees. Quand saint
Clement de Koine (] Cor. xi nous montre par l'exemple de Lot "que Dieu n'abandonne pas ceux qui esperent en lui '. est-ce unc reminiscence de II Pier, ii, 7-9? 11 serait difficile de 1'affirmer avec certitude; cependant le rapprochement des deux textes semble indiquer une reelle dependance. II en est de meme dun passage de l'e*pitre de S. Polycarpe aux Philippiens vii, 1. Parlant du premier-ne de Satan, le saint e'veque le caraclerise par ce trait propre aux " esprits- forts railleurs " dont l'auteur de 1 1 Pier, iii, 3 annonce l'avenement : c'est " qu'il ddtournera au profit de ses passions les paroles du Seigneur, disant qu'il ivy a ni resurrection ni jugement. " La dependance ne parait pas douteuse dans S.Justin, Contra Tryph. 82, M. 6, 669, comp. II Pier, ii, 1, et surtout dans .S*. Theophile d'AntiocJie, ad Autolyc. ii, 9 (M. 6, 1064). II parle avec les propres termes de S. Pierre (i, 20, 21) de ces homines de Dieu qui sous I'impulsion de
1'Esprit-Saint qui les dirige (Trveufiatdoopot TCveufxaTO? k^lo'S) ont ete inspires et instruits (ao^taOevxec comp. II Pier, i, 16) par Dieu lui-meme. — Ailleurs (ad Autolyc. ii, 3) se servant d'une autre expression propre a la deuxieme Epitre de saint Pierre (i, 16) il compare la parole divine a une lampe place'e dans un appartement obscur, et qui de la illumine le monde.
-Ce commentaire est perdu. Tout en ran- «eant la II'1 Petri parmi les ecrits dont lautorite est contestee, Eusebe lui-meme (H. E. iii, 25) reconnait pourtant qu'elle est recue par le plus grand nombre.
^Orighne, in ep. ad Rom. viii, 7 (M. 14, 1179). Comp. in Exod. xii, 4; in Lev. Horn. iv, 4: in Num. Horn, xiii, 8; (M. 12, 387, 437, 676). Sans doute il constate en un autre endroit (cite par Eusebe, H. E. vi, 25) qu'elle est contestee par plusieurs; mais il ne la conteste pas lui-meme.
*S. Hier. ep. 120 ad Hedib. n. 11 ; ep. 53 ad Paulinum, n. 8. M. 22, 1002, 548. Ce raisonnement de S. Jdrome supposerait que les Apotres, non seulement dictaient leurs lettres a des secretaires, mais qu'ils laissaient a ceux-ci une certaine latitude dans la redaction.