La tenic de mon corps : 1 1 Cor. v, i
15. Cette lettre sera pour vous un memorial. Des interpretes ont pense que l'apotre faisait aussi allusion a l'Evangile de S. Marc, que les anciens Peres assurent avoir ete ecrit sous la direction de Pierre.
16. Fables : les faux docleurs que Pierre combattra au chapitre ii appelaient ainsi les grands faits du christianisme. — A^ous, apotres, vous avons fait connaiire par la predication. — Sa majeste^ le jour de la transfiguration (Matt/i. xvii, 1 sv.).
17. Honneur et gloire : le temoignage qui suit. — Complaisances, la Vulgate ajoute : Ecoutcz-le, d'apres Matth. xvii, 5.
19. Et ainsi, puisque le Messie promis est apparu et que nous avons vu sa gloire, la parole des prophetes, leurs oracles concernant le Christ, est pour nous tous, — l'Apotre et ses lecleurs, — plus ferine, e'est-a-dire plus capable de faire impression, etant confirmee par la realisation partielle de ce qu'elle annoncait. L'Apotre ne compare pas la certitude du recit qu'il vient de faire avec celle de I'Ecriture. — Lieu obscur, le monde aclucl, au milieu duquel vivent les chrdtiens
EPISTOLA B. PETRI APOST. IIA'. Cap. I, 12-
ministrabitur vobis introitus in aeternum regnum Domini nostri,et Salvatoris Jesu Christi.
12. Propter quod incipiam vos semper commonere de his : et quidem scientes et confirmatos vos in praesenti veritate. 13. Justum autem arbitror quamdiu sum in hoc tabernaculo, suscitare vos in commonitione : 1 4. certus quod velox est depositio tabernaculi mei secundum quod et Dominus noster Jesus Chri-
m. 21, stus asignificavit mihi. 1 5. Dabo autem operam et frequenter habere vos post obitum meum, ut horum memoriam faciatis.
:or. 1, 16. *Non enim doctas fabulas secuti notam fecimus vobis Domini nostri Jesu Christi virtutem, et praesentiam : sed speculators facti illius magnitudinis. 17. Accipiens enim a Deo Patre honorem, et gloriam, voce delapsa ad eum hujusce-
.h. 17, modi a magnirica gloria : 'Hie est Filius meus dilectus, in quo mihi complacui, ipsum audite. 18. Et
hanc vocem nos audivimus de coelo allatam, cum essemus cum ipso in monte sancto. 19. £t habemus firmiorem propheticum sermonem : cui benefacitis attendentes quasi lucerne lucenti in caliginoso loco donee dies elucescat, et lucifer oriatur in cordibus vestris : 20. hoc primum intelligentes 'quod omnis prophetia Scripturas propria interpretatione non fit. 21. Non enim voluntate humana allata est aliquando prophetia: sed Spiritu sancto inspirati, locuti sunt sancti Dei homines.
-*- CAPUT II. -
Pseudoprophetie multos seducent, verum acriter punientur, sicut de malis actum est tempore diluvii, etde Sodomitis : prosequitur autem pravos mores horum quos admodum effusos dicit in libidinem.
UERUNT vero et pseudoprophetas in populo, sicut et in vobis erunt magistri mendaces, qui intro-
Tim.
auxquels s'adresse la lettre. — Jusqu'd ce que se rattache a prefer attention. — Le jour, la pleine manifestation du Christ lors de son glorieux avenement (S. August, in Psalm. 51, 13), dont Feftet sera que Xctoile du matin, la parfaite intelligence du mystt-re entrevu maintenant nous sera donnee alors (caeurs est un hebrai'sme pour esprils) dans la claire vision.
20. D 'u/ie interpretation ftropre. D'autres : 1? est pas affaire d1 interpretation privee, par opposition a l'interpretation officielle et seule authentique de l'Eglise. Mais il semble certain que saint Pierre ne veut parler ici ni de l'obscurite des ecrits prophetiques (d'apres le vers. 19 la parole des prophetes brille au milieu de nos tenebres comme tin flambeau), ni du magistcre charge de les expliquer; mais seulement de la lecture consolante et instructive qu'on en doit faire avec pleine conriance en leur realisation. Et en effet le sens de ce verset est donne par le verset 21 : Ce n'est pas de la pensee humaine et personnelle du piophcte que vient la prophetie de l'Ecriture; car e'est poussds par le Saint-Esprit, etc. — Effort de la reflexion du prophcte cherchant aserendre comptede la revelation divine,r^~'A'jr.;objectivementconsideriieei>t le sens meme de cette revelation, contenu dans la prophetie; ce sens n'y a pas ete mis
par l'homme. Ainsi il n'importe pas que nous n'en saisissions qu'assez imparfaitement le sens et la portee; le vague de sa signification, et la lumiere incertaine qu'elle projette sur les evenements n'ont rien qui doive nous decourager, puisqu'elle a pour garant Dieu qui l'a inspiree. Infiniment sage et toutpuissant, il saura lui donner, au jour fixe par liii, son dernier et plein accomplissement. — Ouelques exegetes donnent a. ETitXuai? le sens de dissolution, de destruction, sens plus rare, mais assez conforme a l'etymologie et a I'usage du verbe Auto (comp. Jean, x, 35 : exj Suvaxai XuO^vat rt vpao^). On obtient ainsi I'expression de la meme pensee : " Aucune prophetie de l'Ecriture n'est par elle-mime sujette a se dissoudre " a devenir vaine et sans consistance, puisque toute Ecriture a Dieu pour auteur, etc. Toutefois cette explication, qui parait un peu trop recherchee, ne merite peut-etre pas que Ton s'y arrete.
21. Pousse's par le souffle du divin Esprit. Vulg. inspires. — De la part de Dieu ; Vulg., que de saints homines de Dieu out parte, \c\ prophetisd (Hebr. i, 1).
CHAP. II. i. Parmi le peuple d'Israel. — Ces secies annoncees aussi par S. Paul (Afl. xx, 29 sv.), commencaient a se montrer ; sous pretexte
jjme EPITRE DE S. PIERRE. Chap. II, 2—17.
chetes,attireront sur eux une promptc ruine. 2Plusieurs les suivront dans leurs desordres, et la voie de la verite sera calomniee a cause d'eux.
3 Par cupidite, ils trafiqueront de vous avec des paroles artificieuses ; mais leur condamnatioii depuis longtemps ne se repose point, et leur ruine ne s'endort point.
4 Si Dieu, en effet, n'a pas epargne les anges qui avaient peche, mais les a precipites clans le Tartare et les a livres aux abimes des tenebres, 011 il les garde pour le jugement; Ss'il n'a pas Epargne l'ancien monde et n'a preserve que Noe,////huitieme,comme prcdicateur de la justice, lorsqu'il fit vcnir le deluge sur un monde d'impies;6s'il a condamne a une totale destruction et reduit en cendrcs les villes de Sodome et de Gomorrhe, pour scrvir d'exemple aux impies a venir, "et a delivre le juste Lot, qui etait profondement attriste de la conduite de ces hommes sans frein dans leur dissolution 8(car, a cause de ce qu'il voyait et de ce qu'il entendait, ce juste, continuant a habiter au milieu d'eux, avait chaque jour son ame vertueuse tourmcntee de leurs ceuvres criminclles) : — 9c 'est que le Seigneur sait delivrer de l'eprcuve les hommes pieux, et rescrver les injustes, dijd, chaties, pour le jugement, I0mais sur-
tout ceux qui vont apres la chair dans d'impures convoitises, et meprisent la souverainete.
Audacieux et arrogants, ils ne craignent pas d'injurier les gloires, "quand des anges, superieurs 'en force et en puissance, ne portent pas devant le Seigneur, de jugement injurieux contre elles. I2Mais eux, semblables a des animaux stupides, destines par leur nature a etre pris et a perir, ils se repandent en injures contre ce qu'ils ignorent, et ils periront aussi par leur propre corruption : *3ce sera le salaire de leur iniquite; — gens qui trouvent leur plaisir dans les voluptes d'un jour, qui sont une tache, une honte, et qui se gorgent de leurs tromperies, en faisant bonne chere avec vous.
1 1 lis ont les yeux pleins de la femme adultere, insatiables de peche ; ils prennent a leurs amorces les ames mal affermies ; ils ont le cceur exerce a la cupidite : ce sont des enfants de malediction. '5 Apres avoir quitte le droit chemin, ils se sont egares en suivant la voic de Balaam, fils de Bosor, qui aima le salaire de l'iniquite, 10 mais qui fut repris de sa transgression : une bete de somme, muette, parlant d'unevoix humaine, arreta la demence du prophete. J7Ce sont des fontaines sans eau, des nuees que chasse un tourbillon : l'obscurite des
de liberte" evangelique, elles se livraient a toutes sortes de desordres.
2. La vote dc la vnite, la religion chretienne. Comp. Acl. ix, 2; xix, 9, etc.
3. Ne se repose point, s'avance d'un pas lent, mais jamais interrompu.
4. Le Tartare ; expression empruntee a la mythologie grecque. Le Tartare e"tait concu comme un abime souterrain, que le soleil n'eclairait jamais, et oil Jupiter releguait les grands criminels, tels que les Titans. Enfermes dans une prison de ce genre, les anges rebelles, apres le peche de nos premiers parents eurent permission d'en sortir (Ep/i. ii, 2), pour prendre possession du monde physique, livre a leur influence (Rom. viii, 19 sv.). Au second avenement de Jesus- Christ, ils seront de nouveau, et pour toujours, confines en enfer avec les reprouve"s. — Aux abimes (en gr. sipcn? ou astpa^;) ;
d'apres une autre lecon suivie par la Vulgate, aux liens (en grec ui:c,7?.c,)t les tenebres etant considerees comme une prison.
5. Ancien monde, par opposition au monde renouveld qui suivit le deluge. Lui huitieme : du nombre des huit personnes enfermees dans Farche et qui seules furent sauv^es. Voyez I Pier, iii, 20. — Devant la justice : Hebr. xi, 7.