‹ La Sainte Bible (volume 4)Chapitre 389 sur 559 · VI · texte numérisé non relu

VI

vous avez rachete pour Dieu, par votre sang, des homines de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation; I0et vous les avez faits rois et pretres, et ils regneront sur la terre. "

"Puis je vis, et j'entendis autour du trone, autour des animaux et des vieillards, la voix d'une multitude d'anges, et leur nombre etait des myriades de myriades et des milliers de milliers. I2Ils disaient d'une voix forte : " L'Agneau qui a ete immole est digne de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l'honneur, la gloire et la louange. "

x3Et toutes les creatures qui sont dans le ciel, sur la terre, sous la terre et dans la mer, et toutes les choses qui s'y trouvent, je les entendis qui disaient : " A Celui qui est assis sur le trone et a l'Agneau, louange, honneur, gloire et puissance dans les siecles des siecles! "

J4Et les quatre animaux disaient :

"Amen ! "

Et les vieillards se prosternerent et adorerent [Celui qui vit aux siecles des siecles].

II. — Les six premiers sceaux [1 11. vi| nous revelcnt les grandes lignes des decrets divins : i° J.-C. sera vainqueur [iei sceau, vers. 2]; 2° Les flcaux seront les ministres de sa justice [2e, 3C et 4C sceaux, vers. 3 — 8]; 30 Mais ce triomphe, appele par les Saints, ne viendra qu'a son heure I v sceau, vers. 9 — II]; 40 II sera precede d'un cbranlement terrible de 1'univers [6e sceau, vers. 12 — 17].

Chap.VI. I^gg^ T je vis, quand l'Agneau eut ouvert un des sept sceaux, et 'entendis 1'un des quatre aninimaux c]ui disait comme d'une voix de tonnerre : "Viens!" 2Et je vis paraitre un cheval blanc. Celui qui le montait avait un arc; on lui donna une couronne, et il partit en vainqueur et pour vaincre.

3Et quand il eut ouvert le deuxieme sceau, j'entendis le second animal qui disait : " Viens! " 4Et il sortit un autre cheval qui etait roux.

Celui qui le montait recut le pouvoir

d'oter la paix de la terre, arm que les hommes s'egorgeassent les uns les autres, et on lui donna une grande epee. sEt quand il eut ouvert le troisieme sceau, j'entendis le troisieme animal qui disait : "Viens! " Et je vis paraitre un cheval noir. Celui qui le montait tenait a la main une balance; 6et j'entendis au milieu des quatre animaux comme une voix qui disait :

" Une mesure de ble pour un denier!

Trois mesures d'orge pour un denier! " Et : "Ne gate pas l'huile et le vin ! "

nel. Comp. xiv, 3; Ps. xevi (95), 1; xcviii (97), 1 ; Isaie, xlii, 10. Le psaume cxlix en particulier parait exprimer les sentiments de gratitude des elus, associes par Dieu au triomphe du Christ sur les puissances du monde. — De toute tribu, etc. : l'univcrsalite des hommes a part a la redemption du Christ, et non plus seulement le peuple d' Israel.

10. Rois et pretres : voyez i, 6 et la note. La Vulgate et plusieurs manuscrits grecs portent : vous nous avez rachetes... vous nous avez faits... nous regnerons, etc.

1 1. Je vis... naturellement les anges ranges autour du trone; mais l'objet qui a

frappe sa vue n:est pas encore exprime', que deja il a entendu, etc.

12. De recevoir \ de la part des rachetes, avec leur adoration, les sept attributs divins qui suivent, et dont l'ensemble marque la plenitude de la perfection. — La richesse : d'apres la Vulgate : la divinitej mais il faut probablement lire divitias au lieu de divinitaiem .

14. Le cantique en l'honneur de la redemption est chante d'abord par les rachetes eux-memes, les 24 vieillards (vers. 8-10); ensuite par le chceur innombrable des anges ; puis, plus loin encore, dans les spheres qui embrassent 1'univers entier, toutes les

APOCALYPSIS B. JOANNIS AP. Cap. V, 10—14; VI,

1 o. et fecisti nos Deo nostro regnum, et sacerdotes : et regnabimus super terram.

1 1. Et vidi, et audivi vocem Angelorum multorum in circuitu throni, et animalium, et seniorum : et erat numerus eorum "millia mil- Hum, 12. dicentium voce magna :

Dignus est Agnus, qui occisus est, accipere virtutem, et divinitatem, et sapientiam, et fortitudinem, et honorem, et gloriam, et benedictionem.

13. Et omnem creaturam, quae in ccelo est, et super terram, et sub terra, et quae sunt in mari, et quae in eo : omnes audivi dicentes : Sedenti in throno, et Agno : benedictio, et honor, et gloria, et potestas in saecula saeculorum.

i4.Etquatuor animaliadicebant:

Amen. Et viginti quatuor seniores ceciderunt in facies suas : et adoraverunt viventem in saecula saeculorum.

—!— CAPUT VI. — *— Apertis quatuor sigillis, varii adversus terram sequuntur effectus : quinto vero aperto, animae martyrum petunt accelerari judicium : ad sexti autem apertionem ostenduntur signa futuri judicii.

T vidi quod aperuisset Agnus unum de septem sigillis, et audivi unum de quatuor animalibus, dicens, tamquam vocem tonitrui :

Veni, et vide. 2. Et vidi : et ecce equus albus, et qui sedebat super ilium habebat arcum, et data est ei.

corona, et exivit vincens ut vinceret.

3. Et cum aperuisset sigillum secundum, audivi secundum animal, dicens : Veni, et vide. 4. Et exivit alius equus rufus : et qui sedebat super ilium, datum est ei ut sumeret pacem de terra, et ut invicem se interficiant, et datus est ei gladius magnus.

5. Et cum aperuisset sigillum tertium, audivi tertium animal, dicens :

Veni, et vide. Et ecce equus niger:

et qui sedebat super ilium, habebat stateram in manu sua. 6. Et audivi

creatures le font entendre: enfin l'harmonie universelle revient au centre par Vamen des quatre animaux, et l'adoration silencieuse des 24 vieillards termine le premier acle (le prologue) de cette vision des Sceaux.

CHAP. VI

1. Je vis : cette locution, si frequente dans PApocalypse, n'est pas ici suivie d'un complement indiquant l'objet de la vision ; elle semble done signifier : je Jus attentif aux evenements qui allaient se derouler sous mes yeux. Vulg. : Je vis que I'Agneau, etc. — " Viens! " cette invitation parait s'adresser au cavalier qui doit apparaitre, et non pas au prophete, lequel n'avait pas a se deplacer pour voir. La Vulgate et plusieurs manuscrits grecs portent, ici et plus bas : Viens et voisf comme si saint Jean etait invite' a venir regarder la feuille dont le sceau avait ete ouvert.

2. Tous ces symboles indiquent un vainqtteur : il est monte sur le cheval blanc des triomphateurs romains; dans sa main est V arc des guerriers orientaux; il porte de")a

la couronne de la vicloire, et il s'elance a de nouveaux triomphes. C'est le Christ, vainqueur de Satan et du monde, dont le triomphe est symbolise ici, en tete de toutes les visions de l'Apocalypse, parce qu'il est le terme final de tous les desseins providentiels, qui vont nous etre en partie reveles. Voy. xix, 1 1 sv. et comp. Ps. xlv (44), 4 sv.

4. Le cavalier monte sur un cheval roux (litt. couleur de feu) personnifie la guerre.

5. Le troisieme cavalier personnifie la famine. Son cheval est noir : c'est la couleur du deuil ; il tient une bala?ice pour peser rigoureusement le pain (Lev. xxvi, 26; Eze'ch. iv, 16).

6. Comme : ce mot est ajoute", peut-etre parce que la personne qui fait entendre la Tw'-rreste inapergue ou inconnueduYoyant.

— Une mesure, (litt. une y/rfv.; c/icnice, un peu plus d'un litre) pour un denier (un peu moins d'un franc : e'e'tait le salaire ordinaire pour une journee de travail. Matth. xx, 2) : la voix qui tarife au ciel le prix des denre'es pour les pauvres mortels imite la maniere de parler du crieur public. — L'orge

APOCALYPSE DE S. JEAN. Chap. VI, 7—17.

"Et quand il eut ouvcrt le quatrieme sceau, j'entendis la voix du quatrieme animal qui disait: "Viens!" 8Et je vis paraitre un cheval de couleur pale. Celui qui le montait se nommait la Mort, et l'Enfer le suivait. On leur donna pouvoir sur la quatrieme partie de la terre, pour faire tuer par l'epee, par la famine, par la mortality et par les betes feroces de la terre.

9Et quand il eut ouvert le cinquieme sceau, je vis sous l'autel les ames de ceux qui avaient ete immoles a cause de la parole de Dieu et a cause du temoignage qui leur etait confie.

IOEt ils crierent d'une voix forte, en disant : " Jusques a quand, 6 Maitre Saint et Veritable, ne ferez-vous pas justice et ne rcdemandercz-vous pas notre sang a ceux qui habitent sur la terre? " IJ Alors on leur donna a chacun une robe blanche, et on leur dit de se tenir en repos encore un peu de temps, jusqu'a ce que fut complet le nombre de leurs compagnons de ser-

vice et de leurs freres qui devaient etre mis a mort comme eux.

12 Et je vis, quand il eut ouvert le sixieme sceau ; et void qu'il se fit un grand tremblement de terre, et le soleil devint noir comme un sac de crin,la lune entiere parut comme du sang, J3et les £toiles du ciel tomberent vers la terre, comme les figues vertes tombent d'un figuier secoue par un gros vent. nEt le ciel se retira comme un livre qu'on roule, et toutes les montagnes et les iles furent remuees de leur place. J5Et les rois de la terre, et les grands, et les generaux, et les riches, et les puissants, et tout esclave ou homme libre se cacherent dans les cavernes et les rochers des montagnes, l6et ils disaient aux montagnes et aux rochers : " Tombez sur nous et derobez-nous a la face de Celui qui est assis sur le trone et a la colere de l'Agneau; l7car il est venu le grand jour de sa colere, et qui peut subsister? "

etait la nourriture des pauvres. — Ne gdte pas, ne detruis pas, etc. Ces paroles s'adressent au cavalier symbolisant le fleau de la famine : Dieu veut-il que les homines, manquant des choses les plus necessaires a la vie, comme le ble et l'orge, et possedant en abondance celles qui ne servent quau luxe, comme l'huile et le vin, reconnaissent que la disette des premieres est un chatiment du ciel? ou bien, comme pense Bossuet, le fleau doit-il menager l'huile et le i'in, ami qu'il en reste assez pour panser au moins les blessures (Luc, x, 34)? Nous inclinerions a penser que cette restriction mise aux ravages de la famine, comme plus loin a ceux des autres fleaux providentiels, a pour but de faire ressortir la bonte de Dieu, qui, lors meme qu'il chatie, le fait toujours avec mesure. \'oyez Sag. xi, 21 sv. et xii, 10. 8. Le quatrieme cavalier figure la mort, suite funeste de la guerre et de la famine, mais plus specialement de la peste ou mortaliti endetnique, qui est l'associee habituelle des deux premiers fldiaux (Matth. xxiv, 7) et que ce troisieme cavalier semble principalement representer. — L'En/er (Wtt. le a'8T|<; des Grecs, correspondant au Schedl des Hebreux) designe, d'une maniere generale, le sejour des morts. II est ici personnifie comme le serviteur de la Mort, recevant, pour les engloutir dans ses vastes flancs, tous ceux qu'elle a mois-

sonne*s. — On leur donna : e'est-a-dire a la mort et a Venferj ou peut-etre aux trois cavaliers symboles de la guerre, de la famine et de la peste. La Vulgate et quelques manuscrits grecs portent : 071 ltd donna. — La quatrieme pat-tie : parce que Dieu a coutume de punir avec mesure. Voyez v. 6 et plus bas Apoc. viii, 7, 8 etc. La Vulgate a traduit : les quaire parties de la terre, la terre entiere. Comp. a ces visions celles de Zach. i, 7 sv. et vi, 1-8.

9. Sous l'autel : la mention d'un temple et d'un autel dans le ciel se trouve en plusieurs endroits de l'Apocalypse (viii, 3; ix, 13; xi, 19 al.) et d'ailleurs l'Epitre aux Hebreux nous a enseigne que les divers objets du culte mosai'que etaient eux-memes des images symboliques du veritable san<fluaire de Dieu, qui est le ciel {Hebr. ix, 23 sv.). — Immolds : les ames des martyrs nous apparaissent sous cet autel, pour figurer la belle et sainte pensee que la mort sanglante de ces genereux confesseurs avait etc" comme un sacrifice agitable a Dieu. — Confie : tout chretien a regu mission de rendre temoignage a J.-C. (Art. i, 8.)

10. Jusques a quand : les martyrs, quoique leur ame regne dans le ciel (xx, 4), n'ont pas encore regu leur pleine recompense; ils soupirent apres le triomphe final du regne de Jesus-Christ (Comp. Luc, xviii, 7). Mais il convient, dit S. Paul, que la consomma-

APOCALYPSIS B. JOANNIS AP. Cap. VI, 7-

tamquam vocem in medio quatuor animalium dicentium : Bilibris tritici denario, et tres bilibres hordei denario, et vinum, et oleum ne laeseris.

7. Et cum aperuisset sigillum quartum, audivi vocem quarti animalis dicentis : Veni, et vide. 8. Et ecce equus pallidus : et qui sedebat super eum, nomen illi Mors, et infernus sequebatur eum, et data est illi potestas super quatuor partes terras, interficere gladio, fame, et morte, et bestiis terras.

9. Et cum aperuisset sigillum quintum : vidi subtus altare animas interfectorum propter verbum Dei, et propter testimonium, quod habebant, 10. et clamabant voce magna, dicentes : Usquequo Domine, (sanctus, et verus) non judicas, et non vindicas sanguinem nostrum de iis, qui habitant in terra. 11. Et datae sunt illis singulas stolae albae : et dictum est illis ut requiescerent adhuc

tempus modicum donee compleantur conservi eorum, et fratres eorum, qui interficiendi sunt sicut et

12. Et vidi cum aperuisset sigillum sextum : et ecce terraemotus magnus factus est, et sol factus est niger tamquam saccus cilicinus : et luna tota facta est sicut sanguis :

13. et Stellas de coelo ceciderunt super terram, sicut ficus emittit grossos suos cum a vento magno movetur. 14. Et coelum recessit sicut liber involutus : et omnis mons, et insulas de locis suis motas sunt : 15. et reges terras, et principes,et tnbuni, et divites, et fortes, et omnis servus, et liber absconderunt se in speluncis, et in petris montium : i6.et dicunt montibus, et petris : "Cadite super nos, et abscondite nos a facie sedentis super thronum, et ab ira Agni :

17. quoniam venit dies magnus iras ipsorum : et quis poterit stare?

Os. 10, 8.

Luc. 23, 30.

tion vienne a la meme heure pour tous ceux qui auront lutte et souffert ici-bas (He'br. xi, 40). De Ik la re"ponse qui leur est faite au vers. 11.

11. /usqu'd ce que fiU complet le nombrc des martyrs et, en general, de ceux qui doivent, par leurs epreuves chretiennement supportees, achever ce qui manque aux souffrances du Christ, pour la. glorification definitive de son corps mystique qui est VEglise {Col. i, 24). 11 semble done que, pour honorer l'Eglise, Dieu ait voulu lui permettre de contribuer, dans une certaine mesure, a hater l'heure de l'etablissement glorieux du regne de Dieu (II Pier, iii, 12). Deja surabondamment merite par Jesus- Christ luimeme, ce regne glorieux ne doit pourtant pas arriver a sa pleine consommation avant que l'Eglise ait produit, avec la grace de son Sauveur, une certaine somme de merites et un nombre determine de Saints imitateurs de la patience du Christ.

12. Sac de crin : comp. Is. 1, 3. — Du sang : comp. Is. xxxiv, 23 ; xiii, 9 sv. ; Joel,

Les et

13. Les etoiles, sous leur grandeur apparente, semblaient se detacher du ciel et toniber vers la terre. Comp. Isaie, xxxiv, 4.

14. Le ciel, concu comme un immense pavilion, se retira, etc. Comp. Is. loc. cit. ; II Pier, iii, 10; Afioc. xx, 11.

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