‹ La Sainte Bible (volume 4)Chapitre 394 sur 559 · La voix : comp. v. 4 et xiv · texte numérisé non relu

La voix : comp. v. 4 et xiv

9. Devore-le ; Jean doit recevoir dans son cceur le contenu du livre, se l'assimiler entierement, afin de pouvoir ensuite annoncer les jugements de Dieu (vers. 11). — Dou.r, c'est la premiere impression que fait e'prouver la revelation prophe'tique, en satisfaisant le desir nature! de connaitre les mysteres de l'avenir; amer, par la prevision de taut de malheurs. Voyez dans Ezdchiel, ii, 8-iii, 4, une vision toute semblable.

466 APOCALYPSE DE S. JEAN. Chap. X, 10, n; XI, i— 6.

trailles, mais dans ta bouche il sera doux comme du miel. " IO Je pris alors le petit Hvre de la main de l'ange et je le devorai; et il fut doux dans ma bouche comme du miel ; mais quand

je l'eus mange, mes entrailles furent remplies d'amertume. "Puis on me dit : " II faut que tu prophetises encore sur beaucoup de peuples, de nations, de langues et de rois. "

2° Le sancluaire est mesure, avant la grande persecution, pendant laquelle les deux Tnnoiiis exercent leur ministere, sont tues, ressuscitent et montent au ciel, tandis que la terre tremble [XI, I — 13].

Chap. XI. |[|ISS^]UIS on me donna un roseau " semblable a un baton, en disant : " Leve-toi et mesure le sancluaire de Dieu, l'autel et ceux qui y adorent. 2Mais le parvis exterieur du sancluaire, laisse-le en dehors et ne le mesure pas, car il a ete abandonne aux Nations, et elles fouleront aux pieds la ville sainte pendant quarante-deux mois. 3Et je donnerai a mes deux temoins de prophetiser, revetus de sacs, pendant mille deux cent soixante jours.

4Ceux-ci sont les deux oliviers et les deux candelabres qui se tiennent devant le Seigneur de la terre. s Si quelqu'un veut leur faire du mal, un feu sortde leur bouche et devore leurs ennemis : c'est ainsi que doit perir (juiconque voudra leur faire du mal.

6Ils ont le pouvoir de fermer le ciel, afin qu'il ne tombe point de pluiedurant les jours de leur predication ; et i Is ont pouvoir sur les eaux pour les changer en sang, et pour frapper la terre de toute espece de plaies, autant

11. On me dit, litt. Us me disent : Us, l'ange et la voix du verset 8. — Que tu prophases encore^ que tu regoives et consignes par ecrit de nouvelles visions concernant 1 i'avenir de beaucoup de peuples, etc. Voyez notamment xiii, 7; xvi, 14; xvii, 9 sv.

CHAP. XI

1. On : peut-ctre le Christ lui-meme qui parle de ses proplictes dans le verset 3. — Un roseau : pour mesurer, les anciens se servaient de baguettes de roseau. naturellement droites et legeres (comp. xxi, 15; Ezech. xl, 3); ici, le roseau avait a peu pres les dimensions d'un baton, d'une canne de voyage ; celui que vit If zechiel etait beaucoup plus long (ibid, verset 5). — Leve-toi, dans le sens large de allons! — Mesure, afin de tirer une ligne de demarcation entre le sancluaire et le parvis exterieur. Tandis que cette derniere partie sera foulee aux pieds par les nations, la premiere sera preservee; et ainsi, de meme que les fideles seront proteges contre les rleaux parle sceau divin (vii,3),de meme seront-ils a l'abri des dangers de la persecution, comme dans un sanctuaire inviolable. — Le sancluaire mesure ici n'est pas celui du ciel (vers. 19), puisqu:il possede un parvis accessible aux mechants, et qu'il doit offrir, sur terre, un asile aux persecutes. II s'agit done tres probablement d'une representation symbolique du temple de Jerusalem qui fut alors montree a saint Jean, comme autrefois a Ezechiel

(xl, sv.). — L'autel, sans determinatif, doit s'entendre du grand autel des sacrifices et ainsi le parvis des pretres, ou dtait cet autel, devait etre compris avec le sancluaire proprement dit (Saint et Saint des Saints), dans l'enceinte mesuree par S. Jean.

2. Lepari'is exterieur correspondrait done' aux trois parvis d'lsracl, des femmes et des (lentils (voir le plan du temple, tome vi). — Les nations (ou Gentils) sont, dans le langage biblique, les infideles, les homines, ne faisant point partie du peuple de Dieu, de l'lsrael veritable, qui est maintenant 1'Eglise. Yoyez vii, 4 note. — La ville sainte : Jerusalem, symbolisant ici toute l'Eglise, dans son acception la plus large de societe" religieuse visible, renfermant des bons et des mechants. Cette Eglise visible souffrira de la persecution, mais les perse"cuteurs ne pourront nuire a ceux qui seront dans le sancluaire, e'est-a-dire qui, par leur foi et leurs autres vertus, appartiendront a la partie la plus sainte de l'Eglise et formeront le vrai temple de Dieu (I Cor. iii, 16; I Pier. ii, 5). Ces fideles auront a souffrir, pour augmenter leurs merites et embellir leur couronne; ils ne seront pas vaincus par la persecution et les efforts de l'enfer ne prevaudront point contre cette portion choisie de l'Eglise. — Quarante-deux mois (de 30 jours) donnent une duree egale aux 1260 jours de la predication des deux Temoins (v. 3), aux trois temps (ans) et demi de la retraite de la femme au desert (xii, 14 comp

APOCALYPSIS B. JOANNIS AP. Cap. X, 10, n; XI, i— 6. 467

amaricari ventrem tuum, sed in ore tuo erit dulce tamquam mel.

10. Et accepi librum de manu Angeli, et devoravi ilium : et erat in ore meo tamquam mel dulce : et cum devorassem eum, amaricatus est venter meus : 1 1 . et dixit mini : Oportet te iterum prophetare gentibus, et populis, et linguis, et regibus multis.

— *- CAPUT XI. — *-

Joannes templum metiens audit praedicaturos duos testes, quos bestia a mari ascendens occidet ; at illi resurgentes in coelum ascendunt, ac terraemotu occiduntur 7000 hominum, et ad cantum septimi Angeli viginti quatuor seniores Deo gratias agunt.

T datus est mihi calamus similis virgae, et dictum est mihi : Surge, et metire templum Dei, et altare, et adorantes in eo. 2. Atrium autem, quod est foris templum,ejice foras,et ne metiaris illud : quoniam datum est gentibus, et civitatem sanctam calcabunt mensibus quadraginta duobus : 3. et dabo duobus testibus meis, et prophetabunt diebus mille ducentis sexaginta, amicti saccis.

4. "Hi sunt duas olivae, et duo candelabra in conspectu Domini terrae stantes. 5. Et si quis voluerit eos nocere, ignis exiet de ore eorum, et devorabit inimicos eorum : et si quis voluerit eos laedere, sic oportet eum occidi. 6. Hi habent potesta-

Zach. 4.

v. 6), et de la persecution des Saints par le roi impie, issu de la Bete aux dix cornes (Dan. vii, 25; Apoc. xiii, 5), apres laquelle viendra l'accomplissement de toutes les proprieties (Dan. xii, 7). La comparaison de tous ces textes semble indiquer clairement que ce nombre de trois ans et demi designe une seule et raeme periode, et que cette periode n'est autre que la grande persecution de l'Antechrist, derniere epreuve de l'Eglise, avant le second avenement du Christ. De ce point une fois etabli — et il parait s'imposer a tout exegete libre de prdjuges — depend l'explication de tout ce chapitre repute avec raison l'un des plus enigmatiques du livre.

Cependant, il est difficile de decider si ce nombre, de 42 mois ou 3 ans et demi, doit etre entendu a la lettre, ou pris symboliquement, comme caraclerisant la periode de persecution a laquelle il se rapporte. Le nombre 7 ayant le double sens de multitude et de saintete (voir l'Introduction), trois et demi, qui en est la moitie, pourrait, croyons-nous, assez naturellement eveiller l'idee d'une chose qui n'est ni grande, ni sainte, c.-k-d. d'une periode relativement courte, et signalee par un triomphe momentane de Vimpietc.

3. Prophe'tiser, dans le sens large de ce mot : parler au nom de Dieu, proclamer ses volonte"s, precher la penitence. — Vitus de sacs, comme les anciens prophetes, en signe de pe'nitence et de deuil. — 1260 jours : voy. la note du vers. 2. 11 faut probablement entendre ici que leur ministere s'exercera pendant la periode de persecution designee par ce nombre symbolique, sans que pourtant leur predication doive durer precisement 1260 jours; d'autant qu'ils seront mis

a mort par la Bete (v. 7) avant la fin de son pouvoir, lequel sera detruit apres les 3 ans et demi. Ce qui parait, en tout cas, absolument inadmissible, c'est d'interpreter ces 42 mois, ou 1260 jours, de toute la dure'e de l'Eglise militante, ainsi que doivent le faire ceux qui, avec un interprete contemporain, voudraient voir dans les deux temoins les ministres de l'Eglise qui ne cessent pas de confesser et de pricher la verite (L. Bacuez). Voyez la note du v. 13.

4. Allusion a Zach. iv, 2 sv., ou deux oliviers, places a droite et a gauche d'un chandelier, symbolisent Zorobabel et le grand pretre Jesus (Josue), les defenseurs du peuple de Dieu. Mais ce n'est qu'un simple rapprochement entre deux visions essentiellement differentes. Les temoins du Christ doivent, comme l'olivier, porter l'huile du Saint-Esprit et sa divine lumiere. Neanmoins, cette application aux deux temoins d'un texte, dont le sens litteral ne designe que deux personnages individuals, constitue un serieux motif de rejeter l'opinion de ceux qui veulent voir, dans les deux temoins, des collectivite's plus ou moins vagues (tous les martyrs, l'Eglise et la Synagogue, les saints du clerge et du peuple, etc.).

5. Un feu... de'vore leurs ennemis : ce detail contient une allusion tres claire a une circonstance de la vie d'Elie (II Rots i, 10, 12); mais il ne pent s'expliquer, d'une maniere satisfaisante, ni de l'ensemble des martyrs qui ont jusqu'ici illustre l'Eglise, ni des ministres de l'Eglise en general, etc.

6. La premiere partie de ce verset rappelle encore clairement Elie (I Rots, xvii, 1 : comp. /(Kv/. v, 17), la seconde Moise (Ex. xvii, 19). De toute espice de plates : il faut

APOCALYPSE DE S. JEAN. Chap. XI, 7—13.

de fois qu'ils le voudront. ?Et quand ils auront acheve leur temoignage, la bete qui monte de l'abime leur fera la guerre, les vaincra et les tuera; 8et leurs cadavres resteront gisants sur la place de la grande ville, qui est appelee en langage figure Sodome et Egypte, la meme ou leur Seigneur a ete crucifie.

9Des hommes des divers peuples, tribus, langues et nations regarderont leurs cadavres pendant trois jours et demi, sans pcrmettre qu'on leur donne la sepulture. toEt les habitants de la terre se rejouiront a leur sujet; ils sc livreront a l'allegresse et s'enverront des presents les mis aux autres, parce que ces deux prophetes out fait

le tourment des habitants de la terre.

11 Apres les trois jours et demi, un esprit de vie venant de Dieu penetra dans ces cadavres; ils se dresserent sur leurs pieds, et une grande crainte s'empara de ceux qui les regardaient.

12 Et Ton entendit une grande voix venant du ciel, qui leur disait : " Montez ici. " Et ils monterent au ciel dans la nuee, et leurs enneinis les virent.

]3A cette meme heure, il se fit un grand tremblement de terre; la dixieme partie de la ville s'ecroula, et sept mille hommes perirent dans ce tremblement de terre ; les autres, saisis d'effroi, rendirent gloire au Dieu du ciel.

probablement voir ici les demtires plates figurdes pai les 7 coupes (xvi) et re'servees pour la demure periode de la domination de la Bete, qui sera aussi celle du ministcre des deux temoins (v. 3 note).

7. Quand ils auront acheve", etc. : apres que leur mission aura ete entierement accomplie, Dieu permettra qu'ils subissent la mort des martyrs (teVnoins , - La bete tX son pouvoir destrucleur seront decrits plus tard (xiii, 1; xvii, 8).

8. Sur la place (Vulgate : sur les places ou dans les rues) : un exdgete contemporain, pre"occupe de trouver dans les 2 temoins une collectivite symbolique, e'erit a ce propos : " on ne dirait pas de deux hommes que leurs corps jonchent les places de la grande cite, a la vue de Ionics les nations de Funivers " (L. Bacuez). Mais aussi bien le texte ne dit-il pas cela; les corps des deux temoins resteront itendus sur la place ou, si Ion veut, sur deux places dune ville, et ils seront vus par des hommes de diverse* nations; qu'y a-t-il la qui ne puisse parfaitement se dire de deux prophetes? — Lagrande ville... oil leur Seigneur a etc crucifie: pour se refuser a. voir ici Jerusalem, apres une designation si claire, il faudrait, dans le texte meme, quelque indication contraire bien certaine; mais il n'y en a aucune. "Jamais, dit-on, Jerusalem n'a ete appelee la grande ville, et, a Tepoque ou S. Jean ecrivait, elle l'etait moins que jamais :" (L. Bacuez). Si Jerusalem n'a jamais ete appelee la grande ville, elle a du moins ete appelee

la ville du grand Roi (Ps. xlviii (47), 3; Matt. v, 35); elle est done grande, au moins d'une grandeur mor.de, par sa gloire passee et ses clestinees providentielles. Mais, de plus, il it point ici de la Jerusalem du temps de S. Jean; les temoins seront etendus sur la place de Jerusalem devenue probablement la capitale, ou du moins l'une des grandes villes, de l'empire de la Bete. — Sodome: Jerusalem infidele a dte expresse'ment appelee de ce nom par Isai'e (i, 10; comp. Ezcch. xiv, 49) et, a. l'epoque des deux tdmoins, elle meritera davantage encore ce nom, ainsi que celui d'E^yp/e, qui symbolise une contree oil regnent les oppresseurs du peuple de Dieu {Kxod. i, 10 sv. etc.).

9. Des hommes des divers peuples : formant la population de la grande ville et venus sans doute pour y adorer la Bete (xiii, 7, 8). Comp. Acl. ii, 5,9 sv. — 3 jours et demi: sur le sens symbolique du nombre 3 et demi, voyez la note du verset 2. La duree indiquee ici est naturellement tres courte; mais il parait difficile d'y voir une allusion au temps que N.-S. fut dans le tombeau, car il n'y resta qu'environ 36 heures, tandis que 3 jours et demi donnent une somme de 84 heures.

10. Les habitants de la terre : les hommes terrestres et impies, contre lesquels ont ete pousse's les trois " malheur ! " (viii, 13). — Des presents : des portions de mets, en signe de rejouissance publique. Comp. Esth. ix, 19. — Ont fait le tourment : par les plaies dont

APOCALYPSIS B. JOANNIS AP. Cap. XI, 7—13.

tern claudendi ccelum, ne pluat diebus prophetias ipsorum : et potestatem habent super aquas convertendi eas in sanguinem, et percutere terrain omni plaga quotiescumque voluerint. 7. Et cum finierint testimonium suum, bestia, quas ascendit de abysso, faciet adversum eos bellum, et vincet illos, et occidet eos.

8. Et corpora eorum jacebunt in plateis civitatis magnae, quas vocatur spiritualiter Sodoma, et ^Egyptus, ubi et Dominus eorum crucifixus est.

9. Et videbunt de tribubus, et populis, et linguis, et gentibus corpora eorum per tres dies, et dimidium :

et corpora eorum non sinent poni in monumentis. 10. Et inhabitantes

terram gaudebunt super illos, et jucundabuntur : et munera mittent invicem, quoniam hi duo prophets cruciaverunt eos, qui habitabant super terram. 1 1 . Et post dies tres, et dimidium, spiritus vitas a Deo intravit in eos. Et steterunt super pedes suos, et timor magnus cecidit super eos, qui viderunt eos. 1 2. Et audierunt vocem magnam de coelo, dicentem eis : Ascendite hue. Et ascenderunt in caelum in nube : et viderunt illos inimici eorum. 13. Et in ilia horafactus est terraemotus magnus, et decima pars civitatis cecidit : et occisa sunt in terraemotu nomina hominum septem millia: et reliqui in timorem sunt missi, et dederunt gloriam Deo cosli.

ils ont frappe les mechants (v. 5 et 6), comme aussi par leurs predications, reproches et menaces, et meme par la saintete de leur vie (Comp. Sagesse, ii, 11- 16).

11. Un esprit de vie: allusion a Genes. ii, 7. L'action divine rendant la vie aux morts est semblable a celle qui anima le corps du premier homme.

12. On entenditj litt. ils (les prophetes) entendirent. D'apres une autre lecon,/V/zt end is. — Ils monUr.ent... dans la nue'e : comme autrefois le Sauveur (Acl. i, 9).

13. A cette mane keure, Dieu manifesta sa puissance par un tremblement de terre, qui renversa une partie de la ville et fit perir plusieurs milliers d'hommes (les nombres sont probablement symboliques). — Rendirent gloire : au moins pour un instant, sous le coup de l'effroi ; mais plusieurs sans doute se convertirent sincerement.

D'une lecture attentive de tout ce passage, ainsi que des observations consignees dans les notes, il semble resulter que la seule interpretation legitime est celle qui, tout en faisant sa part au symbolisme, reconnait dans les deux Temoins deux Saints illustres des derniers temps, suscites de Dieu (comme autrefois Moise et Aaron, Zorobabel et Jesus), pour fortifier les fideles, cruellement eprouves par la persecution de 42 mois, et pour etre, a. l'egard des partisans de la bete, les ministres de la misericorde et de la justice divines.

Kst-il possible d'aller plus loin, et de prc;ciser le nom de ces deux Temoins? Nous le pensons, avec la presque unanimite des Peres et des anciens interpretes, qui ont reconnu ici Elieet Henoch.

Eneffet, l'Ecriture nous enseigne qu'Elie

doit revenir sur terre, aux approches du second avenementde Jesus-Christ, pour exercer, principalement a l'egard des Juifs, un ministere de predication (Mai. iv, 5 sv.; Eccli. xlviii, 10; Matth. xvii, 12); et un texte de S. Marc (ix, n) semble meme annoncer qu'il sera alors, comme le Sauveur luimeme, en butte a la persecution. D'ailleurs, ici meme plusieurs traits font allusion au prophete de Thisbe : le vetement grossier (II Rois, i, 8), le pouvoir de faire descendre le feu du ciel et d'en arreter la pluie (v. 5, 6 notes).

La tradition associe gene'ralement a Elie le patriarche Henoch, bien que le temoignage scripturaire, en faveur de son futur ministereaupresdes Nations (Eccli. xl'iv, 16), soit moins explicite dans le texte grec que dans la Vulgate. Transporte au Paradis, comme Elie, sans avoir passe par la mort (Gen. v, 24; Hebr. xi, 6), Henoch est encore, comme lui, appele prophete {/ud. 14) et l'objet principal de sa prophetie, rappele par S. Jude, est precisement celui qui convient aux approches du second avenement.

Ainsi d'une part, le retour d'Elie et d'Henoch, vers la fin des temps, est une \erite suffisamment e'tablie par l'f^criture et la tradition; d'autre part, ce qui est dit ici des deux Temoins s'accorde parfaitement avec ces donn^es, et les complete, en nous apprenant que les deux prophetes souffriront, durant la persecution de l'Antechrist, la mort dont jusque-la ils avaient ete preserves. Nous nous arretons done a cette interpretation traditionnelle, conforme au sens le plus naturel des textes, et contre laquelle on ne pent rien opposer, ni dans l'Ecriture,ni dans l'enseignementcatholique.

APOCALYPSE DE S. JEAN. Chap. XI, 14—19; XII,

IV. — Transition : La septieme trompette annonce le regne de Dieu et le jugement dernier [XI, 14 — 19].

Ch. XI.'4 WK second " malheur " est pas-

se ; voici que le troisiemc " malheur" vient bientot.

r5jLt le septieme ange sonna de la trompette, et Ton entendit dans le ciel des voix fortes qui disaient :

" L'empire du mondc a passe a notre Seigneur et a son Christ, et il r£gnera aux siecles des siecles. "

16 Et les vingt-quatre vieillards qui sont assis devant Dieu sur leurs tr6nes, se prosternerent sur leurs faces etadorerent Dieu, en disant: ^"Nous te rendons graces, Seigneur Dieu toutpuissant, qui es et qui etais, de ce que

tu as saisi ta grand e puissance et que tu es entre dans ton regne. l8Les nations se sont irritees, et ta colere est venue, ainsi que le moment de juger les morts, de donner la recompense a tes serviteurs, aux prophetes, et aux saints, et a ccux qui craignent ton nom, petits et grands, et de perdre ceux qui pcrdent la terre. "

r9Et le sanctuaire de Dieu dans le ciel fut ouvert, et l'arche de son alliance apparut dans son sanctuaire.

Et il y eut des eclairs, des voix, des tonnerres, un tremblement de terre et une forte grele.

Ch. XII.

C. — LES SEPT SIGNES [xn — xv, 4] veritable centre de l'Apocalypse, nous font connaitrc les aEleurs et les pJiascs principalcs de la lutte qui aboutira au triomphe du regne de Dieu.

1 ■■>■ Signe. — La Femme et le Drag-on [en. xn] : 1° Apparition des deux pcrsonnages, leur hostility [vers. 1 — 6]. — 20 Le dragon, vaincu par saint Michel et precipite sur la terre, aux applaudissements du ciel [7 — 17], — 30 persecute la femme et sa race [13 — 18].

^UIS il parut dans le ciel un 1 du soleil, la lune sous ses pieds, et grand signe : une femme revetue une couronne de douze etoiles sur sa

14. Le premier malheur correspondait a la cinquieme trompette, le deuxieme a la sixieme; la septieme trompette va annoncer le troisieme et dernier, e'est-a-dire le cataclysme definitif, qui doit detruire l'empire de Satan et etablir le regne de Dieu et de son Christ (v. 15).

15. L'empire du mondc etc. Satan, le prince de ce monde, deja depossede en droit, depuis la passion du Sauveur (Joan, xii, 31), sera definitivement rele"gue aux enfers. Cest l'accomplissement des propheties, et en particulier du Ps. ii, ou Dieu promet a son Christ de lui donner les nations pour heritage.

16. Les vingt-quatre vieillards, representantsdu peuple de Dieu (iv, 4 note), rendent gloire a Dieu et le remercient pour ses trois grandes ceuvres : la creation (iv, 11), la redemption (v, 9) et l'etablissement de son regne (ici meme).

18. Comp. Ps. ii. — Ta colere : le grand jour de la colere divine, e'est le jour du ju-

gement : dies tree, dies ilia! comp. vi, 17. — Juger les morts, etc. : impossible de s'y meprendre ; soit que l'on pese les termes memes du texte, soit qu'on les rapproche des textes paralleles (xx, 12 sv. ; II Pier. iii, 7 etc.); e'est bien le jugement dernier qui est annonce ici, et les revelations des trompettes, comme deja celles des sceauXy nous ont conduits jusqu'a la fin du monde. Les dififerents groupes de visions qui vont suivre. reprendront done, pour les completer, plusieurs sujets deja traite's en partie, ou seulement annonces, dans les visions pre"cedentes.

19. Le sancluairc : nous avons deja vu au ciel Yautel des par/urns (viii, 3), le chandelier d 7 lampes (iv, 5); voici maintenant le Saint des Saints, avec son voile (Exod. xxiv, 23), qui s'ouvre ici symboliquement (comp.

Matin, xxvii, 51; Hebr. ix, 3, 8) pour laisser apercevoir Yarche d'alliance, symbole et gage de la misericorde divine envers les fideles recus dans son alliance, et de a

APOCALYPSIS B. JOANNIS AP. Cap. XI, 14—19; XII,

14. Vae secundum abiit : et ecce vae tertium veniet cito. 15. Et Septimus Angelus tuba cecinit : et faetas sunt voces magna? in coelo dicentes : Factum est regnum hujus mundi, Domini nostri et Chnsti ejus, et regnabit in saecula saeculorum : Amen.

16. Et viginti quatuor seniores, qui in conspectu Dei sedent in sedibus suis, ceciderunt in fades suas, et adoraverunt Deum, dicentes :

i7.GratiasagimustibiDomineDeus omnipotens, qui es, et qui eras, et qui venturus es : quia accepisti virtutem tuam magnam, et regnasti.

18. Et iratassunt gentes,et advenit ira tua, et tempus mortuorum judicari, et reddere mercedem servis tuis prophetis, et Sanctis, et timentibus

nomen tuum pusillis, et magnis, et exterminandi eos, qui corruperunt terram.

1 9. Et apertum est templum Dei in ccelo : et visa est area testamenti ejus in templo ejus, et facta sunt fulgura, et voces, et terrasmotus, et grando magna.

-*- CAPUT XII. — *- Cum mulier cernente dracone filium peperisset,raptus est ab ea filius ejus ad Deum : tunc facto in ccelo prcelio, lapsus draco ccepit mulieris semen persequi.

T signum magnum apparuit in coelo : Mulier amicta sole, et luna sub pedibus ejus, et in capite ejus corona stellarum duodecim :

realisation des antiques promesses. — Des Eclairs, etc., signes precurseurs des jugements qui vont eclater sur le monde antichretien.

CHAP. XII

1. Dans le del : dans les hauteurs du firmament ou apparait la vision. — Un grand signe, ou symbole, merveilleux de beaute. — Une femme, etc. Quatre traits caraclerisent cette figure allegorique : i° e'est une femme, e'est-a-dire une nature humaine, terrestre et naturellement faible; 2° elle est neanmoins elevee au-dessus de la terre et ornee de toutes les splendeurs du ciel : le soleil est son manteau royal, la lune forme l'escabeau de ses pieds, les etoiles couronnent sa tete; 3° elle doit enfanter le Christ, roi du monde (v. 5 comp. Ps. ii, 7) et la race nombreuse des serviteurs de Dieu (v. 17); 40 cet enfantement sera douloureux et la femme, attaquee par le dragon, sera protegee par Dieu, specialement pendant la persecution de 1260 jours (v. 6 et 14). Si plusieurs traits de cette vision peuvent s'appliquer a la T. Ste Vierge, comme nous le disons plus bas, il est clair que l'ensemble ne saurait lui convenir, notamment ce qui est dit des destinees de cette femme mysterieuse, pendant les deux ans et six mois de persecution (v. 6 et 14 sv.). Aussi les Peres et les interpretes catholiques sont-ils presque unanimes a reconnaitre dans cette femme un symbole de VEglise.

Mais, pour pouvoir rendre compte des diffe'rents traits de l'image symbolique, nous pensons qu'il faut ici prendre VEglise dans son acception la plus large. Cette Eglise, qui a commence au paradis terrestre, pour

se developper a travers les p^riodes patriarcale et mosaique, et atteindre sa forme definitive dans le catholicisme, e'est Vhntnanite (ier trait) ilevee par Dieu a une condition superieure, a l'etat surnaturel (2« trait). Elle nous est representee comme devant enfanter le Roi auquel le Psaume ii, 9 promet la victoire sur les Nations, e'est-a-dire le Christ. En effet, l'humanite elevee et sanctifiee, doit prodnire le Christ integral (3e trait) : d'abord Jesus-Christ lui-meme, qui est veritablement Fils de Vhomme et, comme tel, appartient a la race de la femme {Gen. iii, 15); puis tous les dlus, membres du corps mystique dont il est la tete (1 Cor. xii, 12, 27; Eph. iv, 15, etc.), avec lesquels il doit ecraser la tete du serpent {Gen. 1. c; Rom. xvi, 20) et regner en vainqueur sur l'humanite rebelle a Dieu {Ps. ii, 9; Afioc. ii, 26 sv.). Toutefois, dans l'ordre de choses actuel, consequence du pe'che, l'humanite sanctifiee ne remplira pas cette glorieuse destinee sans beaucoup de soicffrances et de persecutions (4e trait), suscitees par la haine jalouse du dragon, antique et e"ternel ennemi de cette nature humaine appel^e, malgre sa premiere chute, a devenir mere des enfants de Dieu.

Tel est, croyons-nous, le sens precis de ce premier signe. Ailleurs, il est vrai, l'humanite sanctified est appele'e Yt'pottse du Christ (xix, 7 etc.); ailleurs, son royaume, sa maison {Hcbr. iii, 6) son bcrcail; mais ces differentesmetaphores,loin de secontrediie, nous expriment, a des points de vue diffe'rents, les multiples relations qui existent entre le Verbe incarne et la nature humaine. II est aussi facile de voir comment la

APOCALYPSE DE S. TEAN. Chap. XII, 2-

tete. -Kile etait enceinte, et elle criait, dans le travail et les douleurs de l'enfantement.

3Un autre signe parut encore dans le ciel : tout a coup on vit un grand dragon rouge, ayant sept tetes et dix cornes, et sur ses tetes, sept diademes; -ide sa queue, il cntrainait le tiers des etoiles du ciel, et il les jeta sur la terre.

Puis le dragon se dressa devant la fcmme qui allait enfanter, afin de devorer son enfant, des qu'elle I'aurait mis au monde. sOr, elle donna le jour a un enfant male, qui doit gouverner toutcs les nations avec un sceptre de fer; et son enfant fut enleve aupres de Dieu et aupres de son trone, 6et

la femme s'enfuit au desert, ou Dieu lui avait prepare une retraite, afin qu'elle y fut nourrie pendant mille deux cent soixante jours.

7 Et il y eut un combat dans le ciel : Michel et ses anges combattirent contre le dragon ; et le dragon et ses anges combattirent ; 8mais ils nc purent vaincre,et leur place meme ne fut plus trouvee dans le ciel. 9Et il fut precipite, le grand dragon, le serpent ancien, celui qui est appele le diable et Satan, le seducteur de toute la terre, il fut precipite sur la terre, et ses anges furent precipites avec lui. IOEt j'entendis dans le ciel une voix forte qui disait : "Maintenant le salut, la puissance et l'empire sont

T. Ste \rier>;e Marie, rtant la personnalite la plus e"minente de 1'humanitd surnaturellement elevde, et ayant etc choisie entre toutes les femmes pour enfanter le Christ Jesus, Chef du corps mystique des enfants de Dieu, merite qu'on lui attribue a titre special, les grandeurs et les privileges symbolisms par la brillante description du verset 1.

2. Dans... les douleurs : Si la T. Ste Vierge a enfante* sans douleurs le fruit beni de son sein virginal, elle a cruellement souffert au pied de la croix, pour devenir la mere de grace de tous les enfants de Uieu. Quant a I'Eglise, entendue dans le sens expose plus haut, elle a gemi et souffert, clans les Saints de l'Ancien-Testament, pour se disposer a la naissance du Redempteur, et e'est encore au prix de grandes peines, qu'elle enfante les ames a la vie surnaturelle {Gtil. iv, 19; comp. Jean, xvi, 21).

3. Un dragon, ou serpent doue d'ailes et de griffes ; le symbolisme de cette figure est explique au v. 9. — Rouge : couleur de feu et de sang (comp. xvii, 3). — Sept teles etc. : a peu pies comme la l'>ete. en qui s'incarneront, pour ainsi dire, la malice et la puissance du dragon (xiii, 1; xvii, 9, 12).

4. // entrainait le tiers des etoiles : les anges sont ties naturellement symbolises par les etoiles {Job, xwviii, 7; Isaie, xxiv, 20). Plusieurs passages de l'Ecriture nous apprennent qu'une partie des anges sont tombes par leur faute (II Pier, ii, 4; Jud. 6; etc.); celui-ci semble bien nous reveler qu'ils furent entraine's dans cette disgrace par l'influence pernicieuse de leur chef, qui devint Satan, le prince des demons. Let entrainement des anges par le dragon est signale ici comme un trait caracteristique,

completant le portrait du personnage, et non pas comme un fait appartenant aux peripetias de sa lutte contre la femme. On ne peut done pas s'appuyer sur ce texte, pour rejeter le sentiment propose plus bas, au sujet de l'epoque du combat entre S. M ichel et le dragon. — Use dressa : e'est Thostilite predite au debut de la Genese

5. Male : fort et puissant. — Gouverner les nations etc. : trait caracteristique du Christ (/'s. ii, 7) et de ses membres (Apoc. ii, 26 sv.). — Enlevi auprte de Dieu (dans la vision de S. Jean), e'est-a-dire, soustrait par la puissance divine a la fureur du dragon. N.-S. a dit que le prince de ce monde n'avait sur lui aucun pouvoir (Jean, xiv, 30); il n'en a pas davantage sur les fideles. Tant qu'ils demeurent membres du Christ, les attaques les plus furieuses de Satan ne peuvent leur nuire ; au contraire, elles tournent a leur avantage, car si Dieu est pour eux, que peuvent-ils craindre (Rom. viii, 28-39)? Cette securite des vrais fideles a deja ete symbolise-e deux fois (vii, 3; xi, 1 sv.); elle est depeinte dans le Psaume xci (90), que Ton peut regarder comme le meilleur commentaire de notre verset 5b.

6. La femme: I'Eglise, mere des fideles, formant une societe visible est exposee, comme telle, aux persecutions du dragon. — S'enfuit au desert etc. : allusion symbolique au peupled'Israelqui trouva, dans le desert du Sinai, un refuge contre la poursuite des Egyptiens et une nourriture providentielle. Comp. I Rois, xvii, 4. Cette retraite de la femme, pendant les 1260 jours, est mentionnee ici par anticipation, pour completer le premier tableau; elle n'eut lieu qu'apres la chute du dragon sur la terre (v. 13 sv.).

APOCALYPSIS B. JOANNIS A P. Cap. XII, 2-

1. Et in utero habens, clamabat parturiens, et cruciabatur ut pariat.

3. Et visum est aliud signum in coelo : et ecce draco magnus rufus habens capita septem, et cornua decern : et in capitibus ejus diademata septem. 4. Et caudaejus trahebat tertiam partem stellarlim cosli, et misit eas in terram, et draco stetit ante mulierem, quae erat paritura:

ut cum peperisset, filium ejusdevoraret. 5. Et peperit filium masculum, qui recturus erat omnes gentes in virga ferrea : et raptus est filius ejus ad Deum, et ad thronum ejus, 6. et mulier fugit in solitudi-

nem ubi habebat locum paratum a Deo, ut ibi pascant earn diebus mille ducentis sexaginta.

7. Et factum est proelium magnum in coelo : Michael, et Angeli ejus proeliabantur cum dracone, et draco pugnabat, et angeli ejus : 8. et non valuerunt,neque locus inventus est eorum amplius in coelo. 9. Et projectus est draco ille magnus, serpens antiquus, qui vocatur diabolus, et satanas, qui seducit universum orbem : et projectus est in terram, et angeli ejus cum illo missi sunt. 10. Et audivi vocem magnam in coelo dicentem : Nunc facta est

7. Un combat dans le ciel : ce combat, entreS. Michel etle dragon, doit-iletre rapporte au moment de la premiere defection de Satan et de ses anges, chasses immediatement du ciel et condamnes a l'enfer (II Pier, ii, 24), ou bien faut-il y voir un e"venenement poste"rieur, assez rapprochede la fin du monde? Ce dernier sentiment parait seul s'accorder avec les textes. En effet, l° nous savons, par Daniel (xii, 1), que dans les derniers temps, S. Michel se levera pour combattre (evidemment contre le dragon) en faveur des fideles; 20 ici meme nous lisons que la chute de Satan sur la terre est comme l'annonce du procJiain avhnement du Regne de Dieu (v. 10) et coincide, par consequent, avec l'epoque de la ye trompette (xi, 15), e'est-adire avec la periode finale (x, 7); de plus, 30 au moment de cette chute, le diable a deja exerce longtemps son role de calomniateur (v. 10) et n'a plus qu'uu peu de temps pour attaquer l'Eglise (v. 12), deux circonstances qui ne se verifient point a l'epoque de sa premiere defection. Le dernier detail, signale au verset 1 2, nous permet de placer la defaite de Satan ici mentionne'e, dans l'intervalle relativement court qui separera sa mise en liberte (xx, 3) de la defaite definitive,qui le releguera pour toujours dans l'abime (xx, jo). Voyez les notes sur ces passages. — Michel, en hebreu Mi-cha-el, qui (est) comme Dieu .' nom d'un des principaux anges, probablement l'un des sept qui se tiennent devant le trone de Dieu, (i, 4, note); il est nomme archange par S. Jude (v. 9) et, par Daniel, l'un des principaux chefs (x, 13) specialemer.t charge des inte"rets du peuple d' Israel (x, 21; xii, i)-

8. Leur place ... dans le ciel : si, comme le montre la note precedente, i! ne s'agit pas ici de la premiere chute, qui suivit immediatement le peche des mauvais anges, leur expulsion du ciel semble devoir s'en-

tendre, a cet endroit, d'une restriction de leur liberte et de leur champ d'aclion. S. Paul nous apprend que les demons jouissent acluellement d'un pouvoir assez etendu sur l'univers; il les appelle /.oa;j.oxpaTopa<;, imutres du monde, du Cosmos, et place leur sejourhabituel dans les hautes regions de l'air (litt. ev tou;; ETCOupavtot!; dans les espaces celestes, Eph. vi, 12); leur derniere defaite semble etre aussi annoncee, par Isa'ie, sous forme d'un chatiment inflige a I'armee d'en haul (xxiVj 20, 21 comp. Apoc. xx, 8-10); de plus, nous les entendons, dans l'Evangile, exprimer la crainte d'etre refoules en enfer {Luc, viii, 31) et dans Job (i, 6; ii, 1) nous voyons Satan monter, d'une certaine manierejusqu'aupres de l'assemblee des anges. On peut done concevoir que Dieu, avant de les renfermer dans l'abime pour toujours, ait decide de leur infliger, aux approches des derniers temps et par le ministere des bons Anges, une humiliante defaite dont le resultat serait de les expulser des espaces celestes et de les releguer sur le globe terrestre oil, pendant quelque temps encore, ils s'effbrceraient avec rage de detruire l'Eglise.

Plusieurs ont pense que cette chute de Satan, du ciel en terre, symbolisait la mine du culte divin qui lui etait rendu par les idolatres (1 Cor. x, 20; Apoc. ix, 20); mais il semble, au contraire, qu'a l'approche du dernier jour, pendant la domination de la Bete, le culte de Satan sera plus que jamais florissant, bien que sous une forme probablement differente de l'antique idolatrie (xiii, 4).

q. Serpent ancien {Gen. iii, 1); diable, e'est-a-dire, en grec, accusateur, calomniateur; ce nom apparait pour la premiere fois dans le livre de la Sagesse (ii, 24); Sat, in, litter, le Satan, en hebreu, I'adversaire, nomme pour la premiere fois au chap. I du livre de Job.

474 APOCALYPSE DE S. JEAN. Chap. XII, u — 18; XIII,

anotreDieu.et l'autorite a son Christ; car il a ete precipite, l'accusateur de nos freres, celui qui les accuse jour et nuit devant notre Dieu. " Eux aussi l'ont vaincu par la vertu du sang de l'Agneau et par la parole de leur temoignage, ayant renonce a l'amour de la vie, jusqu'a mourir. I2C'est pourquoi rejouissez-vous, cieux, et vous qui y demeurez! Malheur a la terre et a la mer! car le diable est descendu vers vous, avec une grande fureur, sachant qu'il ne lui reste que peu de temps."

x3Quand le dragon se vit precipite sur la terre, il poursuivit la femme qui avait mis au monde l'enfant male.

J4Et les deux ailes du grand aigle

furent donnees a la femme pour s'envoler au desert, en sa retraite, ou elle est nourrie un temps, des temps et la moitie d'un temps, loin de la vue du serpent. ^Alors le serpent lanca de sa bouche, apres la femme, de l'eau comme un fieuve, arm de la faire entrainer par le fieuve. l6Mais la terre vint au secours de la femme; elle ouvrit son sein etengloutit le fieuve que le dragon avait jete de sa bouche.

J7Et le dragon fut rempli de fureur contre la femme, et il alia faire la guerre au reste de ses enfants, a ceux qui observent les commandements de Dieu et qui gardent le temoignage de Jesus [-Christ]. l8Et il s'arreta sur le sable de la mer.

Signe. — La Bete de la mer [ch. xiii, i — 10] : i° Description de la bete instrument du dragon ; elle guerit de sa blessure et se fait acclamer par toute la terre [i — 4]. — 2° Ennemic de Dieu et de ses Saints, elle domine sur tous les peuples [5 — 8]. — Avis pour le temps de sa domination [9 — 10].

Ch. XIII. 1 PUIS je vis monter de la mer une bete qui avait sept tetes et dix cornes,

et sur ses cornes dix diademes, et sur ses tetes des noms de blaspheme.

10. (Jul les accuse : ce role du demon est deja signale par l'Ancien-Testament, dans le prologue de Job (i, 9; ii, 4) et dans Zacharie (iii, 1). Les accusations de Satan, de quelque maniere qu'elles se produisent, n'exercent assurement aucune influence sur les de'crets divins; elles nous sont signalees comme une preuve de sa malice et de sa haine, dont le Seigneur a trouve bon de se servir, pour e'prouver la vertu des Saints et rendre plus eclatant le triomphe de J.-C.

11. Vaincus en apparence, les martyrs ont vaincu Satan, par la grace de J.-C. et la force de la parole de Dieu a laquelle ils ont rendu temoignage jusqu'a la mort. Comp. vi, q.

12. Malheur a la terre etc. : a cause des calamites que Satan va y dechainer, mais qui ne seront vdritablement un malheur que pour les impies, les habitants de la terre (xi, 10), et non pour les fideles qui, dans un certain sens, sont deja citoyens du del [Phil. iii, 20) et eleves jusqu'au trone de Dieu (v, 5).

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