Comp. Ex. x. 22; et Sag. xvii
12. DEuphrate : deja la 6e trompette nous a annonce une terrible invasion venant de FEuphrate pour ravager la terre (ix, 14). Ce fleuve, ayant donne passage aux plus terribles invasions dontaient souftert la Palestine, l'Asie mineure, la Grece et l'Empire romain, son dessechement annonce ici doit etre un symbole du dechainement de la guerre. Mais, tandis que Farmee de la 6e trompette etait un instrument de la colere divine, les rois dont il s'agit ici sont ceux qui, ayant entame une lutte supreme contre J.-C., seront Pobjet de la colere de FAgneau (vi, 15 sv.), au grand jour de sa victoire (voy. la note du v. 14). Le succes de leur coalition (figure par le dessechement de FEuphate) est done bien une plan', parce qu'il amenera Fecrasement final de toutes les puissances antichretiennes. — Venant de I'Orient, du pays d'ou sortent les grandes invasions.
13. Trois esprits impurs, sortis, Fun de la gueule du dragon, le second de la gueule de la bete a laquelle Satan a donne son pouvoir (xiii, 12), le troisieme de la bouche du
faux-prophete, e'est-a-dire de la bete issue de la terre (xiii, 11 sv.). Semblables a des grenouilles, qui naissent et vivent dans la boue des marais. II faut voir ici des symboles de Fintluence diabolique sur les evenements du monde, dans ses divers modes d'aclion, soit immediate (le dragon) soit mediate, par les forces humaines (materielle et intellectuelle) que figurent les deux betes. Aussi la convocation des rois par ces trois esprits impurs est-elle, plus loin, attribue'e au seul dragon, chef et inspirateur de tous les ennemis de Dieu (xx, 8).
14. La bataille du grand jour est decrite au chap, xix, n-21, pour ce qui regarde FAntechrist et ses complices humains (comp. II Thess. ii, 8), et de nouveau, pour ce qui concerne specialement Faction du dragon et la ruine de ses entreprises, au chap. xx,8-io.
15. / 'oici one je viens etc. : ces paroles ne supposent pas ne'eessairement une intervention de J.-C. s'exprimant ainsi dans la vision; il semble plutot que le Voyant, saisi par la pensee du jour terrible de la justice divine, rappelle aux fideles un des solennels avertissements de FEvangile (Luc, xii, 35; Apoc. iii, 3). — Ses vetements : voy. xix, 8 et iii, 18.
APOCALYPSIS B. JOANNIS AP. Cap. XVI, 9— 2r.
9. Et asstuaverunt homines aestu magno, et blasphemaverunt nomen Dei habentis potestatem super has plagas, neque egerunt poenitentiam ut darent illi gloriam.
10. Et quintus Angelus efFudit phialam suam super sedem bestiae:
et factum est regnum ejus tenebrosum, et commanducaverunt linguas suas pro dolore : 1 1. et blasphemaverunt Deum cceli prae doloribus, et vulneribus suis, et non egerunt poenitentiam ex operibus suis.
12. Et sextus Angelus efFudit phialam suam in flumen illud magnum Euphraten : etsiccavitaquam ejus, ut praepararetur via regibus ab ortu solis.
13. Et vidi de ore draconis, et de ore bestias,et de ore pseudoprophetse spiritus tres immundos in modum ranarum. 14. Suntenim spiritus dasmoniorum facientes signa, et proce-
dunt ad reges totius terras congregare illos in proelium ad diem magnum omnipotentis Dei. 15. "Ecce venio sicut fur. Beatus qui vigilat, et custodit vestimenta sua, ne nudus ambulet, et videant turpitudinem ejus.
16. Et congregabit illos in locum, qui vocatur Hebraice Armagedon.
17. Et Septimus Angelus effudit phialam suam in aerem, et exivit vox magna de templo a throno, dicens: Factum est. 18. Et facta sunt fulgura, et voces, et tonitrua, et terraemotus factus est magnus, qualis nunquam fuit ex quo homines fuerunt super terram : talis terrasmotus, sic magnus. 19. Et facta est civitas magna in tres partes : et civitates gentium ceciderunt, et Babylon magna venit in memoriam ante Deum, dare illi calicem vini indignation'] s irae ejus. 20. Et omnis insula fugit, et montes non sunt inventi. 21. Et
,rMattli.24, 43. t.uc. 12, 39. Supra 3. 3-
16. Armagedon, c'est-a-dire, ville de Mageddo. Or, dans la plaine de Mageddo furent livrees deux grandes batailles, l'une ou Barac vainquit l'arme'e de Sisara, ge'neral de Jabin, l'oppresseur d'Israel (Jug. iv, 5 : comp. v, 19); l'autre, dans laquelle fut tue le roi Josias (II Rois, xxiii, 29). C'est sans doute a la premiere que ce nom symbolique se rapporte : le lieu ou, par 1'impulsion de Satan et sous la conduite de l'Antechrist, les rois antichretiens se rassembleront pour livrer leur dernier combat sera pour eux un Armagedon (nous dirions aujourd'hui un Waterloo), le theatre d'une irremediable defaite.
Cependant la bat ail le elle-meme n'etant qu'une figure de l'ecrasement des ennemis du Christ, par la gloire de son second avenement, le rassemblement des rois ne parait pas non plus devoir etre necessairement pris a la lettre; il peut signifier l'entente morale et la coalition des puissances du monde, avec l'Antechrist, contre J.-C. et son Eglise (xvii, 13, 14). Voy. Joel, iii, 12,011 la meme coalition des Nations ennemies du peuple de Dieu, de son Eglise, est appelee k se rassembler dans la vallce symbolique de Josap hat.
17. Du trone de Dieu (iv, 2). — C'en est fait, dans le sens oil Notre-Seigneur dit sur la croix : " Tout est consomme". " Les jugements de Dieu sont accomplis.
18. Un tremhlement: ce fleau est different du tremblement de terre qui suivit la resur-
reclion des deux temoins (xi, 13) et ne renversa qu'un dixieme de la ville. Nous avons ici un tableau saisissant de la derniere catastrophe, ou s'abimera le monde actuel. Comp. vi, 12.
19. La grande ville, la capitale de Pempire antichretien des derniers jours du monde. Le texte semble ici distinguer cette grande ville de Baby lone la grande, que le chap, xvii nous pre'sentera comme le symbole de la societe antichrelienne, opposee a la societe des fideles qui est l'Eglise. — Divise'e en trois parties : d'apres le contexte, cette expression doit signifier une ruine totale. Comp. la description d'lsaie xxiv, 10-20.
20. Les lies s'enfuirent etc. : c'est le bouleversement final; comp. vi, 14 et xx, 11.
21. Un talent, chez les Hebreux, valait 3000 sides, soit un pen plus de 42 kilogrammes. Ici, comme au chap, xi, 19, cette grele est une figure des chatiments divins. — BlaspJiemerent : au lieu de s'humilier et de se convertir, a l'approche du souverain Juge, la plus grande partie des homines, endurcis dans 1'impiete, ne prononceront le nom de Dieu que pour le blasphemer.
Ainsi la 7e coupe nous a conduits encore unefois jusqu'a la consommation du monde, et incidemment (v. i9e) elle a menage la transition aux visions suivantes, qui nous reveleront plus en detail la nature et les destinties de la grande Uabylone.
APOCALYPSE DE S. JEAN. Chap. XVII,
E.— LA GRANDE BABYLONE [xvil— xix, 10] que soutient la bete aux sept tetes, sera punie de ses abominations par une mine complete et eternelle, pour le desespoir des mondains, mais pour la gloire de Dieu ct le triomphc de l'Eglise.
i° — Un ange fait voir a S. Jean la grande Babylone montee sur la bete [XVII, i — 6], et — 2° lui en explique les mysterieuses significations [vers. 7 — 1 8].
Ui.W'il P|Uis l'un des sept anges qui te-
naient les sept coupes vint me parler et dit : "Vicns, je te montrerai le jugement de la grande prostitute qui est assise sur les grandes caux, 2avec laquelle les rois de la tcrre se sont souilles, et qui a enivre les habitants de la terre du vin de son impudicite." 3Et il me transporta en esprit dans un desert.
Et je vis une femmc assise sur une bete ecarlatc, plcinc de noms de blaspheme, et ayant sept tetes et dix cornes. -* Cette femmc etait vetuc de pourpre et d'ecarlatc; et richement parec d'or, de pierres precieuses ct de
CHAP. XVII
i. Dun des sept : peut-etre le ~1', puisque sa coupe semble contenir le jugement rontre Babylone (xvi, 19). — La grande prostitute
qui symbolise une grande cite (v. 18), ne semble pas devoir ctic regardee ici comme personnifiant la Rome des Cesars, ni exclusivement, ni meme principalement ; bien que certains traits de cette figure soient empruntes a la celebre capitale de l'empire romain. En effet, ce que nous lisons de V universalis de son influence pernicieuse (xvii, 5; xviii, 24), ne saurait sans exay oration s'appliquer a Rome paienne; etant donne surtout que les appreciations consignees ici prophe'tiquement, doivent etre rapportees a la fin des temps, a l'epoque de la 7e coupe (xvi, 19). De plus, comment soutenir que cette annonce d'une destruction absolue ct definitive, d'un incendie iternel (xviii, 21 sv. ; xix, 4), se soit verifiee lorsque les barbares, au Ve siecle, prirent Rome et la saccagerent? Cette ville n'a jamais cesse d'exister, d'avoir une importance politique et d'etre consideree comme la capitale du monde catholique. La prostituee, qui exerce l'empire sur les peuples et les rois(v.i5et iS), alors que la sainte epouse de l'Agneau, l'Eglise, est opprimee; cette Babylone, dont la chute marque l'heure ou vont se celebrer
'perles ; elle tenait a la main une coupe d'or, remplie d'abominations et des souillures de sa prostitution. 5 Sur son front etait un nom, nom mysterieux :
" Babylone la grande, la mere des impudiques et des abominations dc la tcrre." 6Jc vis cette femmc ivre du sang des saints et dti sang des martyrs ilc Jesus; et,cn la voyant, je fus saisi d'un grand etonnement.
7YA 1'ange me dit : " Pourquoi t'eHonner? Moi jevais te dire le mystere de la femme et dc la bete qui la porte, ct qui a les sept tetes et les dix cornes. 8La bete que tu as vuc
solennellement les noces de l'Agneau avec l'Eglise glorifiee (xix, 6), ce n'est pas, croyons-nous, une ville particuliere, e'est la socidte antichretienne, la cite tics homines, opposee ;i la cite de Dieu. a la societe chretienne; e'est la cite de confusion, la cite su- ■perbe et puissante, dont deja Isaie, tragant le tableau des derniers jours, a annonce la ruine complete, sans cependant la designer par aucun nom propre, comme pour marquer son caraclcre ideal {Isaie, xxiv, 10; xxv, 2; wvi, 5; xxvii, 10). Cette cite a pour caracteres ceux que S. Jean nous donne comme ceux du monde, ennemi de J.-C. et reprouve par lui : convoitise de la chair, convoitise des yeux et orgueil de la vie ( I Jean, ii , 16); e'esta-dire richesse et volupte's (xvii, 4; xviii, 7, 12), idolatrie et impiete (v. 4 note, xiii, 4 note), cruaute et orgueil (v. 6; xviii, 7), Voyez S. Augustin, au ier Livre de son grand ouvrage De la Cite de Dieu.
Bien qu'appartenant a tous les temps et repandue sur toute la terre, la cite antichrctienne s'est cependant organisee et developpee d'une maniere plus remarquable en certaines grandes villes, devenues un centre de richesse, de civilisation raffinee et de corruption morale. Telles furent l'antique , Babylone, l'opulente Tyr et la Rome des Cesars. De la vient que le nom dc Babylone
APOCALYPSIS B. TOANNIS A P. Cap. XVII, i— 8.
grando magna sicut talentum descends de ccelo in homines : et blasphemaverunt Deum homines propter plagam grandinis : quoniam magna facta est vehementer.
— *— CAPUT XVII. — *— Mulier fornicaria sive Babylon variis induta ornanientis, et ebria martyrum sanguine, sedet super bestiam septem capitum et decern cornuum : qua? omnia hie declarat Angelus.
T venit unus de septem Angelis, qui habebant septem phialas, et locutus est mecum, dicens : Veni ostendam tibi damnationem meretricis magnae, quae sedet super aquas multas, 2. cum qua fornicati sunt reges terra?, et inebriati sunt qui inhabitant terram de vino prostitutionis ejus. 3. Et abstulit me in spiritu in desertum.
Et vidi mulierem sedentem super bestiam coccineam, plenam nominibus blasphemias, habentem capita septem, et cornua decern. 4. Et mulier erat circumdata purpura, et coccino, et inaurata auro,et lapide pretioso,et margaritis, habens poculum aureum in manu sua, plenum abominatione, et immunditia fornicationis ejus : 5. et in fronte ejus nomen scriptum : Mysterium : Babylon magna, mater fornicationum, et abominationum terra?. 6. Et vidi mulierem ebriam de sanguine sanctorum, et de sanguine martyrum Jesu. Et miratus sum cum vidissem illam admiratione magna.
7. Et dixit mihi Angelus : Quare miraris? Ego dicam tibi sacramenturn mulieris, et bestiae, quae portat earn, quae habet capita septem, et cornua decern. 8. Bestia, quam vidisti, fuit, et non est, et ascensura est de abysso, et in interitum ibit : et
est devenu, dans l'Ecriture, le nom symbolique de cette societe mondaine, de cette cite impie; de la vient encore que, dans la description allegorique qui en est ici faite, nous pouvons rencontrer queiques traits rappelant soit Babylone (v. 1 les eaux), soit la Rome des empereurs (v. 9 les sept montagnes); cette derniere ville, en effet, a l'epoque oil fut ecrite l'Apocalypse, etait devenue par sa puissance, son luxe et sa corruption, lanouvelle Babylone (I Pier, v, 13) — Assise sur les grandes eaux ; trait emprunte .1 la Dabylone historique, situee sur l'Euphrate et ses mille canaux (Ps. exxxvii (136) 1 ; Is. wi, 1 \Jerem. li, 13). Ces eaux signifient des peuples, des foules et des nations (v. 15), sur lesquels la prostituee exerce son empire.
2. Les roisdela terre se sont laisse entrainer dans son idolatrie et ses desordres ; abusant de leur pouvoir pour satisfaire plus librement leurs passions.
3. 1'ourquoi la prostituee est-elle montree ;i Jean dans un desert. > Sans doute pour marquer la desolation qui la menace. Voyez encore Isai'e, xxi, 1 note. — Vtic bete : e'est la meme dont le chap, xiii nous a appris a connaitre la nature et le role. La puissance politique antichretienne [noms de blaspheme), — en meme temps qu'elle persecute l'epouse de J.-C, — favorise et soutient (porte v. 7) la prostituee, la cite des mondains impies et jouisseurs. — Ecarlate : < ouleur de feu et de sang, comme le dragon
(xii,3)et commela prostitueeelle-meme(v.4i. Or Abomination a toujours dans l'Ecriture le sens d'idolatrie,avec les souillures morales qu'entrame le culte des idoles; cependant le vice seul est deja une sorte d'idolatrie, comme l'enseigne S. Paul {Epli. v, 5; Col. iii, 5).
5. h'om mysterieux (litt. t/iystere), qu'il ne faut pas prendre a la lettre, mais interpreter symboliquement. Voy. v. 1 note. — Mere des abominations : par ses seandales (ses erreurs, ses terreurs et ses amours, comme dit S. Augustin), le monde, la cite des homines, sera toujours la grande cause de la perversion des esprits, de la corruption des cceurs et de l'impiete qui en est la suite. Com p. J acq. iv, 4.
6. Ivre ilu sang etc. Voy. xviii, 24. C'est clans la cite du monde que tous les martyrs ont ete immoles, par la be'e qui y detient la force. Le Sauveur en avertit ses disciples ; " Vous serez opprinies dans le monde (dans la cite des mediants), mais ... fai vaincu le monde'' [Jean, xvi, 33). Elle appartenait aussi a. cette cite, la generation perverse et adultere (Matt It xii, 39) a laquelle le Sauveur disait qu'il lui serait demande compte du sang de tous les justes (ibid, xxiii, 35).
7. Le mys/eie : le sens symbolique de la femine (v. 15) et surtout de la bete (v. 8-17), sur la signification de laquelle le chap, xiii n'avait donne aucune explication.
8. La bete que In as vue, ici et deja aupa- I ravant (chap. xiii). Pour comprendre le pas-
APOCALYPSE DE S. JEAN. Chap. XVII,
etait et n'est plus; elle doit remonter de 1'abime, puis aller a la perdition.
Et Jes habitants de la terre, dont le nom n'est pas ecrit des la fondation du monde dans le livre de la vie, seront dans l'admiration en voyant la bete, parce qu'elle etait, et qu'ellc n'est plus, et qu'elle reparaitra. — 9C'est ici qiiil faut un esprit douede sagesse. — Les sept tetes sont sept montagnes, sur lesquellcs la femme est assise. Ce sont aussi sept rois :
io1cs cinq premiers sont tombes, 1'un subsistc, ['autre n'est pas encore venu, et quand il sera venu, il doit demeurcr peu de temps. "Et la bete qui
etait et qui n'est plus, en est ellememe un huitieme et elle est des sept, et elle s'en va a la perdition.
12 Et les dix cornes que tu as vues sont dix rois qui n'ont pas encore recu la royaute, mais qui recevront un pouvoir de roi pour une heure avec la bete. x3Ceux-ci ont un seul et meme dessein, et ils mettent au service de la bete leur puissance et leur autorite. r4 lis feront la guerre a l'Agneau, mais l'Agneau les vaincra, parce qu'il est Seigneur des seigneurs et Roi des rois, et ceux qui l'accompagnent sont les appeles, les elus et les fideles."
sage dnigmatique qui suit, il faut necessairement se rappeler ce qui a deja ete expose", tlans les notes du chap, xiii, au sujet de la bete, de ses tetes et de la blessure mortelle de l'une d'elles. La bete itait vivante par ses premieres tetes, symboles des anciens empires, et elle n'est plus vivante, car les premieres tetes sont tombees et celle qui subsiste (v. 10), deja frappee a mort, doit bientot tomber aussi (xiii, 3 notes); ne"anmoins la bete doit remonter, reparaitre avec une vie nouvelle, gu&ie de sa blessure, puis enfin aller a la perdition (xix, 20 sv.). — Vabhne, dans I'Apocalypse, est le sdjour, non des morts, mais des demons. Yoy. ix, 1 ; xx, i. On pourrait done dire que la bete remontera de Vabhne parce qu'elle reprendra vie et force j,-race a 1'intluence du dragon et pour exeicuter ses desseins; cependant, ce terme semble ici designer plutot la mer, element d'ou sort la bete (xiii, 1 comp. xi, 7).
— L'admiration du monde, a la renaissance, de la bete, a deja e'te signale'e au ch. xiii, 3.
— Qu'elle reparaitra : ces mots manquent dans la Vulgate.
9. Sept montagnes : allusion probable aux 7 collines de Rome; quoique, d'apres Andre de Cdsaree et le V. Uede, les montagnes elles-memes puissent etre prises ici, conformement au style biblique, pour un symbole des 7 empires qui ont soutenu la femme. Comp. Is. xl, 4; Jir. li, 25; Dan. ii, 6. — Sept rois : e'est-a-dire sept empires, d'apres Panalogie de notre prophetie avec celle de Daniel, oil les tetes, representant des empires, sont cependant aussi appelees des rois (Dan. vii, 17. Comp. ii, 38, 39 ou le ier empire est personnifie en son roi Nabuchodonosor).
10. Les cinq premiers, etc. Dans les proprieties de Daniel (chap, ii et vii) il n'est question que de trots empires (Chaldeens, Perses et Grecs) avant l'empire des Ro-
mains; mais ici, cet empire etant necessairement le 6'=, celui qui subsiste au moment de la vision, quels sont les cinq premiers? Si nous admettons que le nombre 7 est employe dans un sens indetermine, pour de'signer l'cnsemble des empires qui ont favorise la cite mondaine, le nombre 5 ne sera pas davantage un nombre precis, et siy nifiera simplement que, les premieres monarchies ayant cesse d'exister, la prophetie n'a plus pour objet que les deux dernieres des sept tetes. Mais il parait plus probable de voir ici un nombre precis, correspondant a 5 monarchies anciennes, qui ont <fte successivement des tetes de la bete. Or, d'apres I'Ecriture, en ne tenant compte que des empires qui ont opprime le peuple de Dieu, ces cinq empires semblent etre ceux des Egyptiens (Exod. 1 sv.), des Assyriens (1 Rois, xv, 19 sv. ; Judith, Tobie), des Chaldeens (H Rois, xxiv, 15 sv. ; Daniel), des Perses {Esth. Esdras) et des Grecs (Machab.). — /,'//// subsiste : l'empire romain, qui domine actuellement sur la plus grande partie de l'Eglise, et la persecute; V autre >i est pas encore venu : ce sera l'empire persecuteur, designe" clans la prophetie de Daniel par la petite corne qui, devenue extremement puissante, opprimera les Saints de Dieu, jusqu'a ce que vienne le dernier jugement (Dan. vii, 8, 21 sv., 25 sv.). Cet empire est celui de 1'Antechrist : il sera precede d'une epoque ou l'ancien empire des Romains aura donne naissance a 10 royaumes, figures par les 10 cornes dont il est parle au v. 12, comme dans Daniel vii, 7 et 24. — Peu de temps : la duree de cet empire de 1'Antechrist, ou du moins de la periode culminante de sa puissance persecutrice, est fixee dans les decrets de Dieu a ttois ans et demi {Dan. vii, 25; Apoc. xiii, 5; voy. xi, 2 note).
11. La bete, la puissance politique impie, qui etait vivante dans les monarchies du
APOCALYPSIS B. JOANNIS A P. Cap. XVII, 9—14.
mirabuntur inhabitantes terram (quorum non sunt scripta nomina in libro vitae a constitutione mundi) videntes bestiam, quas erat, et non est. 9. Et hie est sensus, qui habet sapientiam. Septem capita : septem montes sunt, super quos mulier sedet, et reges septem sunt. 10. Ouinque ceciderunt, unus est, et alius nondum venit : et cum venerit, oportet ilium breve tempusmanere.
1 1. Et bestia, quae erat, et non est : et ipsa octava est : et de septem est, et in interitum vadit. 12. Et decern cornua, quas vidisti, decern reges sunt : qui regnum nondum acceperunt,sed potestatem tamquam reges una hora accipient post bestiam. 13. Hi unum consilium habent, et virtutem,et potestatem suam bestias tradent. 14. Hi cum Agno pugnabunt, et Agnus vincet illos ^quo-
passe, et qui n'est plus (dans un certain sens, v. 8 note), est un huitieme empire, en tant qirelle subsistera et agira par F empire de PAntechrist. Cet empire, en effet, bien que surgissant'parmi les royaumes figures par les 10 cornes de la 7e tete, sera cependant different cfeux (Dan. vii, 24), plus puissant et d'un autre caractere. Neanmoins, la bete ainsi entendue sera aussi Vundessept empires figures par les 7 tetes, parce que l'Antechrist appartient a la meme tete que les 10 rois, au milieu desquels il grandira (Dan. vii, 8). On pourrait aussi traduire : et il sort des sept, car le dernier empire persecuteur sera comme le produit naturel de l'esprit de la bete,qui animait les sept premiers empires;et cependant ilpourralegitimement etre compte pour le huitieme, parce qu'il resumera en lui, comme dit S. Irenee, la puissance et la mechancete des autres (II T/iess. ii, 7).
12. Les dix cornes (couronnees, xiii, 1) sont dix rois, e'est-a-dire dix royaumes (voy. v. 9 note) qui ne constituent pas chacun une tete de la bete, parce qu'aucun d'entre eux ne dominera sur la totalite, meme approximative, du peuple de Dieu. Par ces royaumes, dont le nombre ne semble pas devoir etre pris a la lettre, nous pensons qu'il faut entendre les differents Etats formes sur les debris del'empire romain,selon la prophetie de Daniel, que S. Jerome interprete en ces termes : " Disons done ce qu'ont enseigne tous les ecrivains ecclesiastiques, savoir, qua la destruction de l'empire des Romains, il y aura dix rois qui se partageront le monde romain, puis un onzieme roi, tres petit d'abord, qui sera l'homme de peche", ie fils de perdition " (In Dan. vii, 8). Ce que S. Jerome et les premiers Peres avaient lu dans Daniel, nous le voyons realise dans l'histoire, par la formation des multiples Etats qui se sont partage l'Europe, autrefois soumise toute entitle aux Cesars de Rome. Par suite de cette origine romaine, ces 10 royaumes sont attribues, dans la vision de Daniel, a la 4e bete, qui figure l'empire romain; mais comme ils en sont aussi reellement distincts, ils forment ici une tete speciale de la bete, la 7<=, avec l'Antechrist,
lequel pourra etre compte pour une huitieme (v. 1 1). A l'epoque ou ecrivait S. Jean, ces rois n'avaient^aj encore recti la royaute. — Pour uneheure : pour un temps relativement court; ou peut-etre pour une meme heure (y.iav t'ooav) pendant une mane periode historique. — Avec la bete : dont ils forment la septieme tete, mais surtout avec l'Antechrist, qui sera la personnification la plus saillante du pouvoir de la bete, et qui peut, comme tel, etre specialement designe par ce nom (xiii, 1 note). Ces differents royaumes, en effet, par leur apostasie, deviendront les precurseurs et les cooperateurs de l'empire de l'Antechrist. (v. ij). La legon de la Vulgate : apres la bete, peut se ramener au meme sens, si Ton traduit : a la suite de la bete. Notons encore que ces mots, comme on le voit dans S. Hippolyte, pourraient, sans beaucoup modifier le sens, etre rattaches au verset suivant : Avec la bete, ils out un meme dessein.
13. Un meme dessein : comme nous venons de le dire, cette unanimite de vues doit s'entendre principalement de la derniere phase de ces royaumes, lorsque, devenus apostats, ils mettront leur puissance au service de la bete, en favorisant 1'antichristianisme, et en preparant l'avenement de l'Antechrist. II est pourtant a noter que, d'apres Daniel vii, 8 et 20, l'Antechrist doit vaincre trois des cornes ou royaumes dont il est ici question. — Peut-etre, en separant les deux parties de ce verset, pourrait-on voir dans la premiere une prediction de l'entente qui regna, jusqu'a un certain point, parmi les jeunes royaumes issus de l'empire romain, soit pour detruire ce qui restait de la grandeur romaine (v. 16) soit, plus tard, pour combattre I'islamisme. — lis mettent : par l'apostasie, ils mettront enfin etc. ...
14. lis feront la guerre : ces Etats, soumis a l'Antechrist, qui s'elevera peu a peu audessus d'eux (Dan. vii, 8 sv. ), declareront la guerre a / Agneau (xvi, 14), qui les vaincra (xix, 19). — L'armee du Christ triomphant est formee des Saints, appetts a la foi, elus pour la gloire, comme ayant e'te (ideles.
"Tim. 6,