Legi epistolam quam misistis mihi
Praecepi ergo inquiri, et inventum est, quoniam civitas ilia est ab aevo regibus resistens, 27. et homines refugee, et prcelia in ea effi-
cientes, et reges fortissimi erant in Jerusalem dominantes, et tributa exigentes a Ccelesyria et Phcenice. 28. Nunc ergo praecepi prohibere homines illos adificare civitatem, et prohibere ne quid ultra haec fiat : 29. sed nee procedant in plurimum, ea quae sunt malitia?, ita ut regibus molestia importetur.
30. Tunc recitatis his quae a rege Artaxerxe scripta fucrant, Rathimus, et Sabellius scriba, et qui cum his constituti erant jungentes festinanter venerunt in Jerusalem cum equitatu, et turba, et agmine : 31. cceperuntque aedificantes prohibere, et vacabant ab aedificatione templi in Jerusalem, usque secundo anno regni Darii regis Persarum.
— *— CAPUT III. — -
Dario post splendidam ccenam omnibus suis praefeclis faclam dormiente, tres corporis ejus custodes problema moverunt :
Num vinum, rex, mulier, an Veritas praestent : et primum de vino probatur.
EX Darius fecit ccenam magnam omnibus vernaculis suis, et omnibus magistratibus Mediae et Persidis, 2. et omnibus purpuratis, et prsetoribus, et consulibus, et praefe- 6lis sub illo ab India usque JFAhiopiam, centum viginti septem provinciis. 3. Et cum manducassent, et bibissent, et satiati reverterentur, tunc Darius rex ascendit in cubiculum suum, et dormivit, et expergefactus est. 4. Tunc illi tres juvenes corporis custodes, qui custodiebant corpus regis, dixerunt alter alteri : 5. dicamus unusquisque nostrum sermonem qui prascellat : et cujuscumque apparuerit sermo sapientior alterius, dabit illi rex Darius dona magna, 6. purpura cooperiri, et in auro bibere, et ^uper aurum dormire, et currum aureo fraeno, et cydarim byssinam, et
530 TROISIEME LIVRE D'ESDRAS. Chap. Ill, 3—24; IV, 1 — 12.
sept satrapies qui s'etendaient depuis l'lnde jusqu'a FEthiopie. sApres qu'ils eurent bien mange et bien bu, et qu'ils se furent retires, le roi monta dans sa chambre, il s'endormit, et puis se reveilla.
*Alors les trois jeunes homines qui veillaient a la garde de sa personne, se dirent l'un a l'autre : 5Proposons chacun une enigme pour voir qui l'emportera; et celui dont la parole aura paru plus sage que celle des autres, le roi Darius lui donnera de grands presents et degrandes recompenses; ,;il sera revetu de la pourpre, il boira dans des coupes d'or, et dormira sur un lit d'or ; il sera traine dans un char dont les renes seront d'or, il portera sur sa tete une tiare de I'm lin et un collier autour de son cou; "il meritera par sa sagesse d'etre assis a la droite
du roi, et il sera nomme cousin du Roi. 8Ils ecrivirent ensuite chacun son dnigme, et les ayant scellees,ils les mirent sous lechevet du roi; 9et ils dirent : Lorsque le roi s'eveillera, nous lui pre"senterons ces ecrits et la vifloire restera, comme nous en sommes convenus, a celui de nous trois qui, au jugement du roi et des trois principaux parmi les grands, aura fait voir le plus de sagesse. "'Le premier e"crivit : II n'y a rien de plus fort dans le monde que le vin. 11 Le second ecrivit : II n'y a rien de plus fort que la puissance du roi. '"Et le troisieme enfin ecrivit : 11 n'y a rien de plus fort que les femmes; mais la verite est encore plus forte.
2° — CHAP. Ill, 13 — IV, 40. — Les rcponses. 1) — CHAP. Ill, 13 — 23. — La puissance du vin.
Ch. III.13 jgqjUand le roi fut eveille\ on prit leurs
ecrits et on les lui presenta; et le roi les lut. 14Et ayant fait assembler tous les grands de Perse et de Medie, les satrapes et les ge'ne'raux, lesgouverneurs et les chefs, l5il prit place dans la salle du Conseil et tit lire ces ecrits en leur presence. 18 Le roi dit ensuite : Appelez les jeunes gardes, et qu'ils expliquent eux-memes chacun son enigme. On les appela et ils se presenterent. 17Et on leur dit : Expliquez vousmemes les enigmes que vous avez ecrites.
Alors celui qui avail donne la force au vin parla le premier, 1Net dit : Seigneurs, combien le vin est-il le plus fort! il trouble le sens de tout homme qui le boit! ls'et il rend egal l'esprit du roi et celui de l'orphelin,
l'esprit de l'esclave et celui de l'homme libre, l'esprit du riche et celui du pauvre. '-'" A tous il donne egalement Tinsouciance et la joie, il dissipe toute tristesse et tout souvenir importun des dettes; J1 a tous les cceurs il donne la richesse, il leur ote la memoire du roi et des magistrats; il fait que Ton ne s'entretient que de biens et de fortune. ~2 Les hommes ont-ils bu, ils oublient les droits de l'amitie et les liens du sang; et bientot ils courent aux amies. 2:iPuis, une fois sortis de leur ivresse, ils ne se souviennent plus de ce qu'ils ont fait. -4Dites, Seigneurs, y a-t-il quelque chose de plus fort que le vin, puisqu'il produit de pareils effets? Et apres avoir parle de cette maniere, il se tut.
CHAP. IV, I — 12. — La puissance du roi.
Chap. IV. |aT/ft*H K second garde parla ensuite ei re- S!J|$] le\ i la forci Seigneui
Iri^nl V a-t-il quelque chose de plus fort que les hommes, eux qui se soumettent la terre, la mer, et tout ce qui est renferme dans leurs vastes espaces ! a Eh bien ! le roi est plus fort qu'eux tous. II est leur maitre, il les gouverne a sa volonte; et en tout ce qu'il lui plait de leur ordonner, ils obeissent. Leur ordonne-t-il de se faire la guerre les uns aux autres, ils la font;4 les envoie-t-il contre des ennemis, ils marchent, ils franchissent les montagnes, renversent les murs et les tours; ;,ils tuent et se font tuer, et jamais ils ne transgressent les ordres du roi. Sont-ils vainqueurs, e'est au roi qu'ils apponent tout ce qu'ils ont pris, le butin qu'ils ont fait et tout le reste. 6 Quant a ceux qui ne servent point dans l'armee, et ne font pas la guerre, mais cultivent la terre, eux
aussi, quand ils ont recolte ce qu'ils avaient seme ne l'apportent-ils pas au roi ? Bien plus, ils usent de contrainte les uns a l'egard des autres pour lui faire payer les impots. 7 Lui seul a l'autorite. S'il leur dit : Tuez, ils tuent; pardonnez, ils pardonnent; sfrappez, ils frappent; detruisez, ils detruisent; batissez, ils batissent; "coupez, ils coupent; plantez, ils plantent. "'Tous, le simple peuple et les puissants sont egalement soumis k ses volontes. En outre il se met a table, comme il veut, il mange, il dort;neux, ranges tout autour, ils veillent a la garde de sa personne. Pas un ne peut se retirer et vaquer a ses propres affaires, ni lui refuser l'obeissance. 1J Seigneurs, n'est-il pas vrai que le roi est puissant au-dessus de tous, puisqu'il est obei de la sorte? Et il cessa de parler.
LIBER ESDR/E TERTIUS. Cap. Ill, 7—24; IV, 1— 12.
torquem circa collum : 7. et secundo loco sedebit a Dario propter sapientiam suam : et cognatus Darii vocabitur. 8. Tunc scribentes singuli suum verbum signaverunt, et posuerunt subtus cervical Darii regis, 9. et dixerunt : Cum surrexerit rex, dabimus illi scripta nostra : et quodcumque judicaverit rex e tribus, et magistrate Persidis, quoniam verbum ejus sapientius est, ipsi dabitur victoria sicut scriptum est. 10. Unus scripsit : Forte est vinum. 1 1. Alius scripsit : Fortior est rex. 12. Tertius scripsit : Fortiores sunt mulieres : super omnia autem vincit Veritas.
13. Et cum surrexisset rex acceperunt scripta sua, et dederunt illi, et legit. 14. Et mittens vocavit oranes magistratus Persarum, et Medos, et purpuratos et praetores, et praefectos : 15. et sederunt in concilio : et lecla sunt scripta coram ipsis. 16. Et dixit : Vocate adolescentes, et ipsi indicabunt verba sua. Et vocati sunt, et introierunt. 17. Et dixit illis :
Indicate nobis de his quae scripta sunt.
Et ccepit prior, qui dixerat de fortitudine vini, iS. et dixit : Viri, quam praevalet vinum omnibus hominibus qui bibunt illud! seducit mentem, 19. itemque regis et orphani facit mentem vanam; item servi ac liberi, pauperis ac divitis, 20. et omnem mentem convertit in securitatem et jucunditatem.et non meminit omnem tristitiam et debitum, 21. et omnia prajcordia facit honesta, et non meminit regem nee magistratum, et omnia per talenta loqui facit. 22. Et non meminerunt, cum biberunt, amicitiam, nee fraternitatem : sed non multum post sumunt gladios. 23. Et cum a vino merserint et surrexerunt,
non meminerunt quae gesserunt.
24. O viri, num praecellit vinum? quis sic cogitat facere? Et tacuit hoc di&o.
—*- CAPUT IV. —
Probatw excellens fortitudo regis, mulieris et veritatis, sed data veritati palma. Darius ad petitionem Zorobabel, reddit sacra vasa; scribens ut Judaeis detur libertas, et impensae ad exstru<ftionem Jerusalem.
KIT inchoavit sequens dicere, qui dixit de fortitudine regis. 2. O viri, num praecellunt homines, qui terram et mare obtinent, et omnia quae in eis sunt? 3. Rex autem super omnia praecellit, et dominatur eorum : et omne quodcumque dixerit illis, faciunt. 4. Et si miserit illos ad bellatores, vadunt, et demoliuntur montes, et muros, et turres. 5. Jugulantur, et jugulant, et regis verbum non praetereunt : nam si vicerint, afferunt regi omnia quaecumque praedati fuerint. 6. Similiter et alii omnes, et quotquot non militant, nee pugnant, sed colunt terram : rursum cum fuerint metentes, afferunt tributa regi :
7. et ipse unus solus si dixerit : Occidite, occidunt : dixerit : Remittite, remittunt : 8. dixerit : Percutite, percutiunt : dixerit : Exterminate, exterminant : dixerit : yEdificate, aedificant : 9. dixerit : Excidite, excidunt : dixerit : Plantate, plantant : 10. et omnis plebs et virtutes eum obaudiunt, et super hoc ipse recumbit, et bibit, et dormit. II. Hi autem custodiunt in circuitu eum, et non possunt ire singuli et facere opera sua, sed in diclo obaudientes sunt ei. 12. Viri, quomodo non praecellit rex qui sic diffamatur? Et tacuit.
TROISIEME EIVRE D'ESDRAS. Chap. IV, 13—40.
3) — chap. IV, 13 — 40. — La puissance des femmes et la puissance plus grande encore de la veritc.
Ch. IV.23 fesiiCiJLors commenca le troisieme, celui qui avait parle des femmes et de la verite" : c'etait Zorobabel.
14 " Seigneurs, n'est-ce pas que le roi est grand, les homines nombreux et le vin fort? Eh bien ! quel est leur maitre? qui les domine? ls Ne sont-ce pas les femmes? N'estce pas des femmes que sont issus le roi et toute la masse du peuple qui commande en souverain sur terre et sur mer? '"D'elles sont ncs et par elles ont etc eleves ceux qui plantent la vigne, d'oii vient le vin. I: Elles filent de leurs mains les habits dont les homines se couvrent; elles font toute leur gloire.et les hommes ne peuvent se passer ties femmes. 1H Qu'ils aient en abondance de l'or et de l'argent; qu'ils possedent les choses les plus precieuses : si une seule femme belle et paree vient s'oflfrir a leurs yeux, "'ils laissent la tout le reste, ils n'ont de de'sir que pour elle, ils la de'vorent des yeux; et tous se sentent plus de passion pour elle qu'ils n'en avaient auparavant pour leur or, leur argent et toutes leurs richesses. 20 L'homme abandonne jusqu'a son propre pere qui l'a nourri, et jusqu'a sa patrie pour s'attacher a la femme dont il a fait choix. Jl ("est entre les bras de sa femme qu'il exhale son ame, sans penser ni a son pere, ni a sa mere, ni an lieu de sa naissance. L"-' Par la vous pouvez reconnaitre combien les femmes ont d'empire sur vous. Et vrainicnt pourquoi tant de travaux et tant de peines? n'est-ce pas pour tout apporter, et tout donner aux femmes? 23 L'homme prend son epee, il sort et va sur les grands chemins pour commettre des pillages et des vols; il parcourt les mers et les fleuves; J4il brave le lion et s'avance dans les tenebres; et quand il s'est enrichi de vols, de rapines et de pillages, il vient tout mettre aux pieds de celle qu'il aime. ":' L'homme cherit sa femme plus que son pere et sa mere. -"Combien les ont aimees jusqu'a en perdre la mi son, et a se reduire en servitude! w Combien d'autres ont sacrifie leur vie, sont tombes dans !a misere et dans le crime pour leur plaire! 28 Et maintenant ne me donnez-vous pas
raison? Certes la puissance du roi est bien grande, puisque tous les peuples craignent meme de le toucher. '-'!) Et cependant je l'ai vu avec Apdmene, la fille de Bataces l'Admirable, concubine du Roi ; elle etait assise a sa droite; 3oelle lui otait le diademe de la tete, et elle le mettait sur la sienne; et de la main gauche elle le frappait a la joue. 31 Et avec tout cela le roi, la bouclie ouverte et ravi, la regardait; quand elle lui souriait, il faisait e"clater sa joie; et quand elle se fachait, il redoublait ses caresses, jusqu'a ce qu'elle lui eut rendu ses bonnes graces. ::- Eh bien, Seigneurs, comment les femmes ne seraient-elles pas puissantes, puisqu'elles exercent un tel empire?"
83 Alois le roi et ses magnats se regarderent l'un 1 'autre, mais Zorobabel poursuivant son discours, se mit a parler de la verite.
;u"Oui, Seigneurs, puissantes sont les femmes, grande est la terre, elevd le ciel, rapide dans sa course le soleil qui en un seul jour fait le tour du firmament, et revient au point d'oii il e"tait parti. M Grand est aussi celui qui a fait toutes ces merveilles, et pourtant plus grande et plus forte que le reste est la verite : :"!la terre entiere l'invoque, le ciel dit ses louanges; en sa presence toute la creation est saisie de crainte et de tremblement; et aucune injustice n'est en elle. :l7 In juste est le vin, injuste le roi, injustes les femmes, injustes tous les enfants des hommes, injustes toutes leurs ceuvres et tout ce qui leur ressemble; il n'y a point en eux de verite et leur iniquite sera leur ruine. :,s Au contraire la veritc demeure; son regne s'affermit dans reternite; elle subsiste et elle aura l'empire dans les siecles des siecles. ™ Aussi bien elle ne fait point acception de personnes, elle n'est point partiale; en tout, la justice seule est sa loi, se separant ainsi de tous les impies et de tous les mechants. Tout le monde approuve ses ceuvres 4"et il n'y a aucune injustice dans ses jugements. A elle la force, l'empire, la puissance et la majeste de tous les siecles. Gloire soit a jamais au Dieu de la verite ! "
CHAP. IV
lira au lieu de av-nj du texte actuel. Lagarde lit aiTrjs, ce qui donne le meme sens.