‹ La Sainte Bible (volume 4)Chapitre 479 sur 559 · Je leur ai parli ' : sur le Sinai, ct par les prophetes · texte numérisé non relu

Je leur ai parli ' : sur le Sinai, ct par les prophetes

590 QUATRIEME LIVRE D'ESDRAS. Chap. VII, 62—69; VIII, 1— 19.

Ch. VIII.

"-' Alors, prenant la parole, je dis : " Seigneur, je sais que le Tres-Haut est appele Ie Mi-ericoidieux,parce qu'il exercesabonte envers ceux qui ne sont pas encore venus en ce monde, 63 et prend en p\t\6 ceux qui se convertissent a sa loi; 84et le Patient, parce qu'il se montre patient envers les pecheurs, comme envers des ceuvres de ses mains; 63 et le Magnifique, parce qua la verite il aime mieux donner que d'exiger; ';f!et l'lnfiniment Bon, parce qu'il repand avec surabondance ses home's sur les homines, qui sont, qui ont £teet qui seront dans la suite; "7 en efTet, s'il ne multipliait pas ses bontes, le monde ne pourrait avoir la vie, avec ceux qui doivent y posseder un heritage; ';8 et l'lndulgent, parce que si sa bienveillance nepardonnait point, pour relever ceux qui ont fait le mal, sur dix mille homines il ne pourrait pas y en avoir un seul de sauve; J'et le Clement, car s'il ne faisait grace a ceux que sa parole a gueris, et s'il n'effacait la multitude de leurs rebellions, sur un nombre infini d'hommes, il n'y en aUrait que tics peu d'epar-nt is. :'

1 Alors il me repondit en ces termes : " Le Tres-Haut a cree- le siecle present pour le grand nombre, mais le siecle futur pour le petit nombre. -Esdras, je vais te proposer une comparaison : car si tu interroges la terre, elle te repondra qu'elle pent fournir une graride quantite de cc limon dont se fait la poterie, mais tres peu de cette poussiere dont on retire l'or. Telle est la condition du siecle present : ;un grand nombre y ont recu l'etre, mais un petit nombre sera sauve." 'Prenant alors la parole, je dis : " Mori ante, avale la rnison et engloutis l'intelligence. 5Car tu es venue au monde sans le vouloir, pour en partir contre ton gre, et il ne t'a pas etc- aecorde de liberte, si ce n'est pour le seul temps de la vie.

( ) Seigneur, ne permettrez-vous pas a votre serviteur de vous presenter ses pricres? Ensemencez aussi notre cceur et culti-

vez notre intelligence afin qu'ils fruftifient, et qu'ainsi puisse posseder la vie tout etre corruptible qui portera la ressemblance de l'homme. 7Car vous etes le seul Dieu, et nous sommes tous un meme ouvrage de vos mains, comme vous l'avez dit. 8Et a present, lorsque le corps se forme dans le sein maternel, vous lui donnezses membres; ce que vous avez cree ainsi se conserve dans la chaleur et l'humidite; et la mere que vous avez formee, porte pendant neuf mois le fruit que vous y avez produit. HLe sein qui conserve et le fruit conserve sont l'un et l'autre conserves [par vous]; puis, lorsque la mere rend le depot qui s'est de"veloppe en elle, '"vous avez encore voulu que de ses propres membres, e'est-a-dire de ses rriamelles, elle fournit la nourriture au fruit de son sein, "afin que le nouveau-ne, ayant regu pendant quelque temps cette premiere nourriture, devint ensuitel'objet de vos misericordes. '-'Apres l'avoir nourri de votre justice, instruit par votre loi et corrige par votre sagesse, 1:ivous le ferez mourir, puisqu'il est votre creature; ou vous lui conserverez la vie, puisqu'il est votre ouvrage. 14 Si done vous perdez celui que vous avez forme" avec tant de soin, ne vous etait-il pas facile d'ordonner qu'une fois cree il fut encore sauve?

K' Et maintenant, Seigneur, je l'avouerai, pour ce qui est des homines en general, vous savez mieux [ce qui convient] : mais pour ce qui est de votre peuple, pour lequel je suis clans 1'afflidlion; 1Kde votre heritage, cause de mes larmes; d' Israel, objet de ma tristesse, et de Jacob, objet de ma douleur... 17 C'est pourquoi je vais vous offrir ma priere, et pour moi et pour eux. Je vois en effet les chutes qui accompagnent notre sejour sur la terre. )Ket j'at appris la severite du juge a venir; l;'daignez done ecouter ma voix et etre attentif a la priere que je vais faire entendre devant vous!"

62. Qui ne sont pas encore: parce qu'il k-s appelle a l'existence par un effet de sa bienveillance. Sag. xi, 25 sv.

69. .-/ guti-is : peut-etre la vraie le9on est-elle a irt'e's. creati au lieu de curati (comp. v. 64).

CHAP. VIII

4. Sens : mon ame, en face de ces mysteres, renonce a raisonner. — D'autres : Midite ces paroles do l.i sagesse, grave-les dans ton cceur.

5. Sans le vouloir {dKov<ra); d'autres textes portent aKoi'<rat pour entendre . — Pour en partir, etc.: c'est le sens du syriaquc. — De liberie" ; litt. d'espace

pour te mouvoir a ton gre. Esdras, reconnaissant le supreme domaine de Dieu, renonce a raisonner sur le nombre des sauves. Tel est, pensons-nous, la signification de ces versets, dont le texte latin prcsente un sens assez incoherent.

6. La ressemblance (runov) ; l'edit. vulg. suppose tottoi'. — De l'homme; il faut probablement lire 6! Adam.

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