Radix mali signata est a vobis
infirmitas, et tinea a vobis absconsa est : et in infernum fugit corruptio in oblivione. 54. Transierunt dolores, et ostensus est in fine thesaurus immortalitatis.
55. Noli ergo adjicere inquirendo de multitudine eorum qui pereunt.
56. Nam et ipsi accipicntes libertatem, spreverunt Altissimum, et legem ejus contempserunt, et vias ejus dereliquerunt. 57. Adhuc autem justos ejus conculcaverunt, 58. et di-
xerunt in corde suo non esse Deum :
et quidem scientes quoniam moriuntur. 59. Sicut enim vos suscipient quae praedi&a sunt : sic eos sitis, et cruciatus, quae praeparata sunt. Non enim voluit hominem disperdi,6o. sed et ipsi qui creati sunt, coinquinaverunt nomen ejus qui fecit eos : et ingrati fuerunt ei qui praeparavit eis vitam. 61. Quapropter judicium meum modo appropinquat.
62. Quae non omnibus demonstravi, nisi tibi, et tibi similibus paucis.
Et respondi, et dixi :
63. Ecce nunc Domine demonstrasti mihi multitudinem signorum, quae incipies facere in novissimis : sed non demonstrasti mihi quo tempore.
-*— CAPUT IX. —
Judicia Dei sicut et alia ejus opera egregia, precedent aliqua signa.
T respondit ad me, et dixit :
Metiens metire tempus in semetipso : et erit cum video's, quando transierit pars quaedam signorum quae praedicla sunt, 2. tunc intelliges quoniam ipsum est tempus in quo incipiet Altissimus visitare saeculum quod ab eo factum est. 3. Et quando videbitur in saeculo motio locorum, et populorum turbatio, 4. tunc intelliges quoniam de his erat Altissimus locutus a diebus qui fuerunt ante te ab initio. 5. Sicut enim omne quod factum est in saeculo initium habet, pariter et consummationem, et consummatio est manifesta : 6. sic et Altissimi tcmpora initia habent manifesta in prodigiis et virtutibus, et consummationes in actu et in signis. 7. Et erit, om-
Luc.xvi,24.
crets, la fia seule doit etre nianifeste; tandis que I tiere seront sigmiles aux hommes par des ceuvres pour le raonde a venir, ;>es debuts et sa diuee en- | eclatantes de la puissance divine.
QUATRIEME LIVRE D'ESDRAS. Chap. IX, 8—33.
dde, 8survivront aux perils annonces, et verront le salut que j'ai prepare sur ma terre et dans le domaine que je me suisconsacre" des l'eternite". !,Alors seront dans lastupeur ceux qui ont corrompu mes voies; ceux qui les ont rejetees avec mdipris, subiront des tourments sans fin. lflCar, combles de mes bienfaits pendant leur vie, ils ne m'ont point connu; "ils n'avaient que du degoiit pour ma loi, lorsqu'ils jouissaient encore de leur liberte; ''-' et ayant encore le temps de faire penitence, ils l'ont meconnu et meprise; il est done juste qu'apres leur mort ils soient instruits par les supplices. IS Ne cherche done plus a connaitre de quelle maniere les impies seront tourmentes; mais tachc plutot d'apprendre de quelle maniere seront sauves les justes a qui appartient et pour qui existe le monde, et a quelle epoque.
14 Je repondis en ces termes : '"' " Je l'ai dit autrefois, et je le dis encore, et je ne cesserai point de le dire : ceux qui se perdent sont en plus grand nombre que ceux qui seront sauves, 16 comme le flot de la mer l'emporte en grandeur sur une goutte d'eau." II me repondit en ces termes : 17 " Tel est le champ, telles sont les semences; telles sont les tleurs, telles sont les couleurs; tel est l'ouvrier, tel est son ouvrage; tel est le laboureur, tel est son travail. Car il y eut une
epoque du monde, 18 celle ou je preparais, pour ceux qui vivent maintenant et qui n'etaient pas encore, le monde qu'ils devaient habiter : alors personne ne me contredisait, 1!) car alors il n'y avait personne. Mais maintenant qu'ils ont ete crees dans ce monde prepare pour eux, oil les moissons sont perpetuelles et les paturages excellents, leurs mceurs se sont corrompues. J0 Considerant le monde, je vis qu'il e"tait en danger a cause des pensees de ceux qui y e'taient venus. "l Je le vis, et je 1'epargnai neanmoins beaucoup; me reservant un grain sur une grappe, une plante au milieu d'une tribu nombreuse. " Perisse done a jamais cette multitude qui est venue inutilement au monde; mais qu'il soit sauve le grain que j'ai choisi, le plant que j'ai cultive" avec tant de soins!
M Pour toi, Esdras, laisse encore passer sept jours; mais tu n'y jeuneras point. M Tu iras dans une campagne fleurie, ou Ton n'a bati aucune maison; tu ne te nourriras que des herbes fleuries qui y croissent, sans manger de viande, ni boire de vin; tu te contenteras d'herbes. M Prie le Tres-Haut sans cesse; je viendrai et je m'entretiendrai avec toi. "
QUATRIEME VISION. — LES MALHEURS DE SION ET SA GLOIRE EUTURE [IX, 26 -X, 59].
Ch. IX.
I. — Les reflexions d'Esdras, sur la loi de Dieu qui survit a ses
contempteurs, sont interrompues par l'apparition d'une femme eplorce
[CHAP. IX, 26 — 38]
'Allai done, comme l'ange me l'avait ordonne\ dans une plaine qui s'appelait Ardath; je m'y assis au milieu des tleurs, et je mangeai les herbes qui y croissaient, et cette nourriture me rassasia. 27 Au bout des sept jours, tandis que j'etais couche sur l'herbe, mon cceur fut de nouveau agite comme auparavant. ffl Alors ma bouche s'ouvrit et je commencai a parler au Tres-Haut, en disant : 20" Seigneur, lorsque vous vous etes montre a nous, vous vous etes montre a nos peres dans un desert
inhabite et ste'rile, quand ils sortaient de lTIgvpte, et vous leur avez dit ces paroles : :>" Israel, e'eoute-moi; et toi, race de Jacob, sois attentive a mes paroles. 31 Void que je vais semer ma loi dans vos cceurs; elle y portera du fruit, et vous en serez glorifies a jamais. — 3- Mais nos peres, apres avoir recu la loi, ne l'ont point gardee; ils n'ont point observe les ordonnances: cependant la loi feconde n'a point peri; et elle ne le pouvait, car elle venait de vous. 33 Mais ceux qui l'avaient regue ont peri, n'ayant point
8. Terre... domaine: e'est le monde nouveau qui succedera a celui-ci. II Pier, iii, 13.
9. Dans la stupeur : en lisant mirabuntur au lieu de miser ebuntur.
17. Le sens parait etre : le malheur eternel sera la consequence naturelle de la conduite des mechants.
19. Paturages: en lisant vofios; le traducteur de led. vulg. a lu ko^os, loi ; ce dernier sens parait
moins en harmonie avec le contexte, qui parle du genre huniain en general, et non pas des Israelites.