L'Evangile est-il done etranger a toute
sagesse? Non. — Les fiarfaits (ailleurs les spirituels\ ce sont les fideles arrives a la maturite de la vie chretienne, capables d'une science plus profonde des mysteres de l'Evangile, par opposition a ceux que Paul appelle enfants en J.-C, et auxquels convient le lait de la doftrine (Hi, 1, 2), c.-a-d. un enseignement elementaire (He'br. v, 14). Sagesse designe done ici les plus hauts enseignements du christianisme. — Les princes de ce siecle, a la fois les demons princes de ce monde (II Cor. iv, 4; Eph. ii. 2} et les puissants, les depositaires de l'autorite (vers. 8). — Dont le ri'gnc finira avec ce siecle, au second avenement du Sauveur.
7. Mystericuse, qui suppose de la part de Dieu une revelation, et de la part de l'homme une foi humble. — Cacke'e, inaccessible a l'intelligence cre"ee avant sa revelation et meme depuis qu'elle a ete pleinement re'vel^e en J.-C. — Notre glorification dans le ciel.
9. Ecrit: citation, dit S. Jerome, composed de divers passages d' I safe (lxiv, 4 ; lxv, 17) qui se mclaient dans les souvenirs de
74 1KI EPITRE AUX CORINTHIENS. Chap. II, 10—16; III,
vues,que l'oreille n'a point entendues, et qui ne sont pas montees au coeur de l'homme, — des choses que Dieu a prepares pour ceux qui 1'aiment. " "'("est a nous que Dieu les a revelees parson Esprit; car l'Esprit penetre tout, meme les profondeurs de Dieu. IJCar qui d'entre les hommes connait ce qui se passe dans l'homme, si cc n'est l'esprit de l'homme qui est cnlui? De meme personne ne connait ce qui est en Dieu, si ce n'est l'Esprit de Dieu.
1 Tour nous, nous avons recu, non l'esprit du monde, mais l'Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a donnees par sa grace. J3Et nous en parlous, non avec des paroles qu'enseigne la sagesse humainc, mais avec celles qu'enseigne l'Esprit, en exprimant les choses spirituelles par un langage spirituel. 'iMais l'homme animal ne remit pas les choses de l'Esprit de Dieu, car elles sont unc folic pour 1 ni, et il ne peut les connaitrc, parce que e'est par l'Esprit qu'on en juge. r5 L'homme spirituel, au contraire, juge de tout, et il n'est lui-meme juge par personne. l6Car,
" qui a connu la pensee du Seigneur, pour pouvoir l'instruire? " Mais nous, nous avons la pensee du Christ.
1 Moi-meme, mes freres, ce n'est pas comme a des hommes spirituels que j'ai pu vous parler, mais comme a des hommes charnels, comme a de petits enfants dans le Christ. 2Je vous ai donne du lait a boire, non de la nourriture solide, car vous n'en etiez pas capables, et vous ne l'etes pas meme a present, parce que vous etes encore charnels.
3 En effet, puisqu'il y a parmi vous de la jalousie et des disputes, n'etesvous pas charnels, et ne marchezvous pas scion l'homme? 4Quand l'un dit : Moi, je suis a Paul! et un autre : Moi, je suis a Apollos! n'etesvous pas des hommes? Ou'est-ce done qu' Apollos? et qu'est-ce que Paul? s Des ministres par le moyen dcsquels vous avez cru, selon ce que le Seigneur a donne a chacun. 6Moi, j'ai plants, Apollos a arros£; mais Dieu a fait croitre. 7Ainsi celui qui plante n'est rien, ni celui qui arrose ; Dieu, qui fait croitre, est tout. 8 Celui qui plante et celui qui arrose sont egaux;et chacun recevra sa propre
PApotre. — Qui ne sont pas monies, etc., qui ne sauraient entrerni dans le sentiment ni dans la pensee de l'homme sans une revelation et une grace de Dieu. — Pour ceux qui Vaiment : S. Paul a en vue les Chretiens, to. A nous, les Apotres Dieu a reVele* (vers. 6) le contenu de la sagesse cachee aux hommes de ce siecle, savoir les decrets eternels relatifs au salut de Phumanite. — Par so/i Esprit : quoique la sagesse ait paru visiblement et personnellement en J.-C, nous avons besoin, pour la bien connaitre, de ('illumination de l'Esprit-Saint (Jean, xiv, 26; xvi, 13). — Les profondeurs de Dieu, les mysteres de sa vie intime et ses desseins eternels.
11. Ce qui est dans Pkomme, son interieur (pensees, affections, desseins). — Si ce n'est VEsprit de Dieu, ce qui exclut, non le Fils, mais les creatures.
12. L esprit du monde, la maniere de voir et de sentir propre aux hommes du siecle. — Nous a donnees en et par J.-C.
13. Spirituel, qui vient de l'Esprit-Saint, non de Part de Peloquence. Lilt., unissant
ou ada plant un langage spirituel aux choses spirituelles, aux verites re\elees. — Quelques-uns : proposant aux homines spirituels, c.-h-d. aux parfaits (v. 6) une doctrine spirituelle. Mais ni le latin coniparare, ni surtout le grec aruYxpi'vetv ne donnent le sens d'enseigner.
14. l'homme animal, litt. psychique, en tant qu'ayant le souffle de la vie (anima), descendant d'Adam et semblable a lui, en un mot l'homme naturel, que l'Esprit de Dieu n'a pas encore e'clairc et sanctifie. II est oppose" a Vhomme spirituel, au chretien regenere, en possession de l'Esprit-Saint. Comp. Rom. viii, 9 sv. — Ne recoit pas, Vulg. ne percoit pas. — Les choses litt. {ce qui vient) de P Esprit de Dieu. — Folie : 1, 18. — // fie peut, il n'est pas apte a les connaitre par experience, ou a les comprendre. — C'est par les lumieres et le secours de X Esprit, litt. c'est tfuue maniere spirituelle. On ne juge bien d'une chose que si Pon a dans sa propre nature des qualites correspondantes a celles de cette chose ; or la doctrine chretienne que nous prechons
EPIST. B. PAULI AP. AD CORINTH. IA. Cap. II, 10-16; III, 1-
sicut scriptum est : rfQuod oculus noti vidit, nee auris audivit, nee in cor hominis ascendit, qua? praeparavit Deus iis, qui diligunt ilium :
10. nobis autem revelavit Deus per Spiritum suum : Spiritus enim omnia scrutatur, etiam profunda Dei.
11. Quis enim hominum scit quae sunt hominis, nisi spiritus hominis, qui in ipso est? ita et quas Dei sunt, nemo cognovit, nisi Spiritus Dei.
12. Nos autem 11011 spiritum hujus mundi accepimus, sed Spiritum, qui ex Deo est, ut sciamus quae a Deo donatasunt nobis. 13. 'Quae et loquimur non in doctis humanas sapientias verbis, sed in doctrina Spiritus, spiritualibus spiritualia comparantes. 14. Animalis autem homo non percipit ea, quas sunt Spiritus Dei : stultitia enim est illi, et non potest inteliigere : quia spiritualiter examinatur. 15. Spiritualis autem judicat omnia : et ipse a nemine judicatur. 16. A3uis enim cognovit sensum Domini, qui instruat eum? Nos autem sensum Christi habemus.
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—&- CAPUT III. —
Corinthiis adhuc carnalibus non potuit Paulus prsedicare recondita fidei mysteria : contendebant enim de his qui tantum ministri erant, cum solus Deus possit gratiae ac virtutum dare incrementa :
solusque Christus sit fidei fundamentum : super quod quis bene aut male superasdificaverit, patebit in die examinis. Non est violandum Dei templum quod sumus nos, nee in Dei ministris gloriandum.
*j|T ego, fratres, non potui vobis loqui quasi spiritualibus, sed quasi carnalibus.
Tamquam parvulis in Christo, 2. lac vobis potum dedi, non escam : nondum enim poteratis : sed nee nunc quidem potestis :
adhuc enim carnales estis.
3. Cum enim sit inter vos zelus, et contentio : nonne carnales estis, et secundum hominem ambulatis?
4. Cum enim quis dicat : Ego quidem sum Pauli; alius autem : Ego Apollo: nonne homines estis? Quid igitur est Apollo? quid vero Paulus?
5. Ministri ejus, cui credidistis, et unicuique sicut Dominus dedit.
6. Ego plantavi, Apollo rigavit : sed Deus incrementum dedit. 7. Itaque neque qui plantat est aliquid, neque qui rigat : sed, qui incrementum dat, Deus. 8. Qui autem plantat, et qui
vient de l'Esprit-Saint ; elle est, pour ainsi dire, impregnee de ce divin Esprit :
done, etc.
15. Juge de tout, des hommes et des choses, meme de l'ordre profane, a la lumiere plus pure de l'Esprit-Saint. — Par personne, qui ne serait pas spirituel comme lui. Kntre lui et le monde, il n'y a rien de commun ; les saints ne recueillent souvent autour d'eux que la derision et le mepris.
16. Pour ftouvoir Vitistruire, ou le reprendre. Citation libre d'fsate xl, 13 d'apres les lxx. — Nous, spirituels. — La pense'e, les desseins, les vues, la maniere de juger et de sentir de Jfcus-Christ, et par consequent de Dieu, parce que nous poss^dons l'Esprit-Saint, qui est l'Esprit de Jesus, et qu'ainsi Jesus est en nous {Rom. viii, 10; II Cor. xiii, 5), vit en nous {Gal. ii, 20), parle en nous (II Cor. xiii, 3), aime en nous {Phil, i, 8).
CHAP. III
1. Moi-meme, moi non plus, je n'ai pu, etc. : nul ne le pouvait : comp. ii. 14. — Vous parler, vous precher cette sagesse supe*rieure : voy. ii, 6. — Charnels, si peu changes par l'influence de l'Esprit-Saint, que la chair, foyer du pe"che et de la concupiscence, domine encore en eux.
2. Du /ait, partie ele"mentaire de l'enseignement chretien. Comp. Hebr. v, 1 1 sv.
3. Ne marchez-vous pas : ne vous conduisez-vous pas d'une maniere tout humaine?
4 Des hommes charnels, qui ne s'elevent pas au-dessus de la faiblesse humaine, et jugent d'apres des vues toutes naturelles.
5. Des mitiislrcs, etc. Vulg. de celui en qui vous avez cru. — Selon le genre de fonclion et de ministere que Dieu a assigne a chacun.
8. Egaux, dans tine situation tout a fait pareille : ils sont egalement ministres.
IRI EPITRE AUX CORINTHIENS. Chap. Ill,
recompense selon son propre travail.
9 Car nous sommes ouvriers avec Dieu. Vous etes le champ de Dieu, ledifice de Dieu.
10Selon la grace de Dieu qui m'a ete donnee, j'ai, comme un sage architecle, pose le fondement, et un autre batit dcssus. Seulement que chacun prenne garde comment il batit dcssus. "Car personne nc peut poser un autre fondement que celui qui est deja pose\ savoir Jesus-Christ.
1 Si Ton batit sur ce fondement avec de Tor, de l'argent, des pierres precieuscs, du l)(.is, du foin, du chaume, x3 l'ouvrage de chacun sera manifest^; car le jour du Seigneur le fera con-
naitre, parce qu'il va se reveler dans le feu, et le feu meme eprouvera ce quest l'ouvrage de chacun. J4 Si l'ouvrage que Ton aura bati dessus subsiste, on recevra line recompense; r5si l'ouvrage de quelqu'un est consume, il perdra sa recompense; lui pourtant sera sauve, mais comme au travel's du feu.
16 Ne savez-vous pas que vous etes un temple de Dieu, et que I'Esprit de Dieu habite en vous? X/Si quelqu'un detruit le temple de Dieu, Dieu le detruira ; car le temple de Dieu est saint, et e'est ce que vous etes vous-memes.
— CHAP, in, iS —iv, 31. Conclusions et avis pratiques. — a) Pour les simples fidcles : ni preferences inspirccs par la sagesse mondaine [vers. 18 — 23], ni comparaison entre leurs pr^dicateurs dont ils ne sont pas les juges [ i\ , 1 — 5]. — b) Pour les predicateurs : humilite et abnegation, a son propre exemple [6—13]. Exhortation paternelle [14 — 21].
5^3 U E mil nes'abuse s< >i-meme.Si quelqu'un parmi vous pense etre sage dans ce siecle, qu'il devienne fou, afin de devenir sage.
1 " En effet, la sagesse de ce monde est folic devant Dieu; car il est cent : " Jc prendrai les sages dans leurs ruses. " -■• Et encore : " Le Seigneur connait les pensees des sages,
il sait qu'elles sont vaines. " 2I0ue personne done ne mette sa gloire dans des homines ; —car tout est a vous, et Paul, et Apollos, et Cephas, et le monde, et la vie, et la mort, et les choses prescntes, et les choses a venir. Tout est a vous, 23mais vous, vous etes a /i'sus-Chr\st, et Jesus- Christ est a Dieu.
9. Car : preuve de la derniere partie du vers. 8. Puisque nous sommes les cooperateurs de Dieu, dont vous etes le champ et l'edilice, nos travaux ne sauraient rester sans recompense.
10. Que chacun considere quels materiaux, quelle doctrine il ajoute a la foi deposed dans le fondement.
12. Ces divers mate'riaux figurent les diverses doctrines, vraies ou fausses, solides ou sans consistance,qui. sans renverser le dogme fondamental de J.-C. crucitie, en derivent ou s'y ajoutent.
13. Douvrage, la part de travail fourni par chacun dans la construction de 1'edirice. — l.e jour du Seigneur, (comp.
II Thess. i, 8; II Pier, iii, 7 al.), ou J.-C. reviendra pour le jugement ;ou bien,dans un sens plus large, une e"poque critique, telle que chaque siecle en amene, ou Dieu purifie son aire, et manifeste ce qui est pur et de
bon aloi, comme ce qui est impur et faux. — Parce qu'il, le jour du Seigneur, viendra dans le feu, environne de feu, comme nous disons, en ar/ues.
Vers. 14-15. Subsis/e, resiste au feu. — Lui pourtant : S. Paul nous pre'sente l'image d'un edifice embrase, oil le feu de'vore toutes les matieres combustibles; l'architecte re'ussit a en sortir, mais nu et depouille, comme un homme qui echappe aux flammes. Ainsi le predicateur qui aura mele a la pure doctrine du christianisme des elements imparfaits, empruntes, soit pour le fond soit pour la forme, a la sagesse mondaine, perdra la recompense speciale promise a l'apotre, tout en ayant part, mais a grand'peine, au salut messianique. — Un grand nombre de Peres grecs et latins, ont vu dans ce texte une preuve en faveur du Purgatoire.