L'EPITRE AUX ROMAINS
Ainsi la Loi, grace a notre chair dans laquelle reside la puissance du peche, nous donne la mort. C'est a ce point precis ou echoue la Loi, que triomphe la grace toute-puissante de Dieu manifestee en Jesus-Christ (chap. vii).
Effets de cette grace : affranchissement de toute condamnation, sanctification par le Saint-Esprit, adoption filiale de la part de Dieu, triomphe de la foi, au sein des plus grandes epreuves, par la ferme esperance de la gloire qui doit etre realisee en nous (chap. viii).
3. Paul montre, dans la revolution religieuse qui s'accomplit, la suite d'un plan divin qui peut surprendre d'abord, mais qui se legitime a mesure qu'il se revele (chap, ix-xi).
a) Dieu n'est pas lie au peuple juif; s'il le rejette aujourd'hui pour appeler les pai'ens, c'est par un libre decret de sa grace souveraine (chap, ix, 1-29).
b) Les Juifs n'ont pas d'ailleurs le droit de se plaindre; ils avaient le meme avantage que les pai'ens; mais, tandis que ceux-ci ont cru a l'Evangile, les Juifs se sont toujours montres rebelles. Leur incredulite justifie done devant leur conscience ledecret de Dieu qui les abandonne (chap.
ix, 30-x, 21).
c) Mais cet abandon n'est pas le dernier terme de l'oeuvre divine; Dieu ne peut rejeter son peuple d'une maniere definitive. Des maintenant il en sauve une partie ; quant a la masse, sa chute, dans le dessein de Dieu, est un moyen pour amener le salut des pai'ens, et le salut des pai'ens a son tour, est destine a amener un jour la realisation pleine et entiere du salut des Juifs. C'est pour servir cette pensec divine que l'Apotre travaille a la conversion des pai'ens. Ceux-ci ne doivent pas oublier qu'Israel, dont les rameaux sont aujourd'hui retranches, n'en reste pas moins la racine sainte, l'olivier franc sur lequel ils sont entes, et que, si sa chute amene
leur adoption, celle-ci amenera plus surement encore leur relevement (xi, 1-32). Suit un hymne d'adoration a la louange de la sagesse impenetrable de Dieu (33~3C~>)-
II. Partie parenctique ou morale (xii-xvi). Les exhortations morales qui suivent expriment les consequences pratiques des principes que Paul vient de developper. Que les fideles s'attachent a bien remplir les devoirs de la vie chretienne, surtout celui de la charite mutuelle (chap, xii) ; qu'ils soient soumis aux puissances etablies (chap, xiii); que les forts et les faibles se respeclent et se menagent les uns les autres (xiv, i-xv, 13).
L'epitre se termine par des recommandations, des salutations et des vceux (xv, 14-xvi, 27).
Les manuscrits offrent des variantes notables dans les deux derniers chapitres. Pour cette raison et aussi parce qu'on y remarque plusieurs finales (xv, 33;-xvi, 20;-xvi, 24;-xvi, 25-27) des critiques ont cru pouvoir en contester l'authenticite. — Mais on peut avec quelques exegetes expliquer ces particularity par une conjecture : plusieurs copies auraient ete prises de lalettreet envoyees avec des additions particulieres de l'Ap6trelui-memeadiversesEglises.Quant aux quatre passages allegues, il est a remarquer que l'un. xv, 33 ne saurait etre regarde comme une finale. Com p.
xi, 36. Un deuxieme, xvi, 24 est d'une authenticite douteuse. Restent deux finales; mais ce fait ne suffit pas a legitimer la negation de la critique :
la deuxieme epitre aux Thessaloniciens (iii, 16. 18) dont l'authenticite ne fait doute pour personne ne presente-t-elle pas la meme anomalie?
L'epitre aux Romains a ete ecrite en grec, pendant le sejour de S. Paul a Corinthe, l'an 58 (xv, 25 sv.; Ad.
xix, 21 sv.), et portee a Rome par la diaconesse Phcebe {Rom. xvi, 1).
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Preambule [Ch. I, i — 17].
Adresse et salutation [vers. 1 — 7]. Amour de S. Paul pour les chretiens de Rome [8 — 15]. La justice par la foi, sujet de l'Rpitre [16, 1 7].
cliaP- !• iH^dGKkaWlAiil, serviteur du Christlesus, appele a l'apostolat, mis a part pour annoncer l'Evangile de ] )ieu, *evangile que Dieu avait promis auparavanl parses prophetes dans les saintes Ecritures, 3touchant son Fils (ne de la posterity de David scion la chair, v/ declare Fils dc Dicu avec puissance, scion I'Espritde saintet^, par sa resurrection d'entre les morts), Jdsus-Christ notre Seigneur, Spar qui nous axons recti la grace et 1'apostolat, pour amener en son iinin a 1'obeissance de la foi tous les gentils, "du nombre desquels vous etes aussi, vous, appeles de Jesus- Christ, — "a tous les bien-aimes de Dieu, les saints appeles par lui, qui
sont a Rome : grace et paix a vous dc la part de Dieu notre Pere et du Seigneur Jesus-Christ!
8Et d'abord je rends grace a mon Dieu, par Jesus-Christ, au sujet de vous tous, de ce que votre foi est renommee dans le mondcentier. 9Dieu m'en est temoin, ce Dicu que je sers en mon esprit par la predication de l'Evangile de son Fils, sans cesse jc fais memoire de vous, I0demandant continuellcment dans mes priercs d'avoir enfin, par sa volonte, quclquc heureuse occasion dc me rendre aupres de vous. "Car j'ai un grand desir de vous voir, pour vous communiquer quelque don spirituel, capable de vous affermir, I2je veux dire, dc nous encourager ensemble
1. S. Paul n'avait ni fonde, ni mime visite l'Eglise de Rome; il doit done, en tcte de sa lettre, dire quels sont ses titres, quel droit il a d'enseigner. II est d'abord serviteur de J. -C, dans le sens strict de ce mot [Pent, xxxiv, 5; Jcrcm. vii, 25; Is. lii, 13 sv.), c.-a-d. son ministre, son representant et son organe.
Ce titre de serviteur de Jesus-Christ lui est commun avec d'autres ministres de l'Evangile, p. ex. Timothee {Phil. i. 1), Epaphras {Col. iv, 12) etc. Pour lui, il est de plus Apotre, appele par Je*sus-Christ lui-meme comme le furent les Uouze (i Cor. i, 1; Gut. i, 1), instruit par sa revelation immediate {Gal. i, 12; Comp. i Cor. ix, 1; xv, 8) et investi par lui de la mission de precher son Evangile {Aft. xxvi, 16 sv. etc.). — Mis a part, et par la meme sandhfie pour ce ministere (comp. Aft. xiii, 2; Gal., i, 15).
— L'Evangile designe ici l'ensemble des graces et des verites que Dieu, dans son eternelle misericorde, a communiquees aux homines par J.-C.
2. Proplietes, dans le sens large, comprend tous les ecrivains sacres de 1'ancien Testament, en tant qu'inspires par l'Esprit de Dieu. (Comp. ii Pier, i, 20; Hcbr. i, 1 sv.).
3-4. Touckant son Fils, l'apparition du Fils de Dieu sur la terre, se rattache a Evangile tit- Dieu. — Declare {ou dimontri\ d'autres, ins/ Hue, etabli de fait) avec puissance, avec une autorite irrefragable, Fils de Dieu non pas precisement scion V Esprit-Saini, appele partout ailleurs (to) a'yiov -vsCu.a (v, 15; ix, 1 ; xiv, 17; xv, 13.16. 19), mais selon l'Esprit de saintete, selon sa nature divine, designee en d'autres endroits par la meme expression (Comp. i Tim. iii, 16; i Pier, iii, 18; Hcbr. ix, 14) par opposition a selon la chair (vers. 3), qui designe la