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jnat'son de Jacob, le peuple juif, enfin coiiverti a son Messie {Rom. xi, 26). Cette royautd sera donnee par le Seigneur Dieu (J^hovah-Elohim, comp. Gen. ii, 4) a Jesus considere commeyf/i' de David, c'est-k-dire en tant qu''komnie. — David son pere : I'evangile insinue ici que Marie, la mere de Jesus, descendait de David, aussi bien que Joseph son fiance. Dieu avait promis k David que le Messie naitrait de sa race, et assurerait ainsi la perpetuite de son trone (II Safn. vii, 12); aussi le Messie Roi est-il souvent appele, dans VKcniure, Rejeion, Fils de David on meme David tout court. Voy. Je'r. xxiii, 5 ; Ezech. xxxiv, 24 ; Osee, iii, 5 ; Apoc. xxii, 16.
33. Nhiiira point de /i?i : comma I'a annonce Daniel dans la vision du Fils de Vhomme (vii, 14), et comme le chante I'Eglise dans le symbole de Nicee.
34. Je lie connais point dUionune, et n'en veux point connaitre. Marie declare ainsi sa resolution bien arretee, nonobstant ses fianqailles, de garder la virginite que, par une inspiration speciale, elle a consacree au Seigneur. L'Ancien- Testament loue Judith d'avoir garde la continence apres son veuvage premature {Jud. xv, 11); il met la sterilite, jointe k la vertu, bien au-dessus de la fecondite des impies [Sao^. iii, 13; iv, i); mais la virginite volontaire n'y est point expressement proposee comme un ^tat de plus haute perfeftion. Revele h, Marie par I'Esprit-Saint, ce merite de la continence parfaite fut solennellement proclame par son divin Fils {Matth. xix, 10 sv.).
35. L'Esprit-Sain/ et la Vertu du Tres- Haut se correspondent et expriment la meme idee. Commune aux trois divines Personnes, la vertic ou puissance du Tres- Haut est specialement rapportee au Saint- Esprit, dans les oeuvres operdes par I'amour de Dieu en faveur des hommes : telles sont surtout la redemptio/i par le Christ et la sannificafion par la grace. — Ombre : Cette metaphore est empruntee a I'Ancien-Testament, ou plusieurs foisle Seigneur se manifesta sous la forme d'une nuee qui couvrait I'arche d'alliance {Ex. xl, 34 sv.). La Mere de Dieu, par I'operation du Saint-Esprit, deviendra la vraie arche d'alliance, le trone, le tabernacle du Tres-Haut, le veritable Saint des saints. — Cest pourquoi : cette conception miraculeuse etant bien celle qui convient au Fils de Dieu incarne, ce titre sera done donne legitimement au Fils de Marie. — De vous : ces mots manquent dans un grand nombre de manuscrits grecs, et dans quelques-uns de la Vulgate. — " Au lieu que I'homme corrompt toutes choses, meme la maternite, Dieu ne peut descendre nulle part sans y respecfler le bien qu'il y trouve et sans y introduire le surcroit de la perfecflion. II devait done epargner le sein qu'il avait choisi, et lui laisser, en le fecondant, I'honneur de I'integrite, afin que cette femme benie entre les femmes eut en partage eternel toute la purete d'une vierge et toute la bonte d'une mere. " Lacordaire.
36. Voire parente : nous ne savons pas precis^ment quel lien de parente unissait Marie et Elisabeth. Suivant une opinion an-
EVANGILE SELON S. LUC. Chap. I, 37—50.
tuellement son sixieme mois, a elle que Ton appelle sterile : 37 car rien ne sera impossible a Dieu. " 38 Marie
dit alors : "Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole." Et I'ange la quitta.
Chap. 1.37
B. — Marie visite Elisabeth; naissance de Jean-Baptiste; cantique de Zacharie [39 — 80].
N ces jours-la, Marie se levant, s'en alia en hate au pays des ^^^31 montagnes, en une ville de Juda. 40 Et elle entra dans la maison de Zacharie, et salua Elisabeth. 41 Or, des qu'Elisabeth eut entendu la salutation de Marie, I'enfant tressaillit dans son sein, et elle fut remplie du Saint-Esprit. 42 Et elevant la voix, elle s'ecria : " Vous etes benie entre les femmes.et le fruit de vos entrailles
est beni. 43 Et d'ou m'est-il donne que la mere de mon Seigneur vienne a moi? 44 Car votre voix, lorsque vous m'avez saluee, n'a pas plus tot frappe mes oreilles, que mon enfant a tressailli de joie dans mon sein.
45Heureuse celle qui a cru ! car elles seront accomplies les choses qui lui ont ete dites de la part du Seigneur ! " 46 Et Marie dit :
Mon ame glorifie le Seigneur,
47 Et mon esprit tressaille de joie en Dieu, mon Sauveur,
48 Parce qu'il a jete les yeux sur la bassesse de sa servante.
Voici, en effet, que desormais toutes les generations m'appelleront bienheureuse,
49 Parce qu'il a fait en moi de grandes choses, Celui qui est puissant, Et dont le nom est saint,
50 Et dont la misericorde demeure d'age en age, sur ceux qui le craignent.
cienne, leurs m^res auraient ete soeurs (Cornel, a Lapide d'apres Nicephore). Quoi qu'il en soit, cette parent^ ne saurait demontrer que la B. Vierge, et par suite N.-S., descendaient d'Aaron en meme temps que de David. Plusieurs Pferes ont essaye de le prouver k I'honneur, pensaient-ils, de J.-C, qui aurait ainsi appartenu a la race sacerdotale, comme a la race royale d'lsrael; mais le raisonnement de I'Epitre aux Hebreux (ch. vii, 13, 14) suppose clairement que le Christ n'avait aucun droit hcreditaire au sacerdoce levitique.
38. QiiHl me soit fait ^t.\.<:.. : Dieu qui voulait honorer la Mere du Sauveur, en la faisant cooperer d'une maniere a<flive et meritoire a la redemption du genre huniain, avait subordonnd I'incarnation a son libre consentement. Des que I'humble et pure Marie I'eut donne ; le Verbe divin s'unit personnellement a I'humanite sainte formee, par l'a(51;ion de I'Esprit-Saint, dans le sein de la Vierge. ~ " La desobeissance d'Eve, notre mere, son incredulite envers Dieu, sa malheureuse crddulite envers I'ange trompeur, etait entree dans I'ouvrage de notre perte : et Dieu a voulu aussi,par une sainte opposition, que I'obeissance de Marie et son humble foi entrat dans I'ouvrage de notre redemption, afin que nous eussions une nouvelle Eve en Marie, comme nous avons en J.-C. un nouvel Adam. " Bossuei.
39. En ces jours-la : peu de temps apres la visite de I'ange, car d'une part, nous voyons que Marie avait hate de f^liciter sa parente, dejk enceinte de six mois (v. 36), et d'autre part, le verset 56 nous apprend qu'elle lui tint compagnie environ trois mois, c'esth-dire jusqu'a la naissance de son fils. L'incarnation ayant eu lieu, selon le sentiment commun, vers la fin de mars, la Sainte Vierge put profiter, pour son voyage, d'une des caravanes de pelerins qui montaient k Jerusalem aux approches de la Paque. La fete de la Visitation, fixee par I'Eglise au 2 juillet, lendemain de I'Ocftave de la Nativite de saint Jean-Baptiste, ne correspond done pas k la date reelle de I'dvenement. — Au pays des montagnes : la Judee, k I'ouest de la mer Morte, est la region la plus montagneuse de toute la Palestine. — En une ville de Juda : selon I'opinion commune, Hebron, au sud de Jerusalem. D'autres proposent de lire, en la ville de Jutta, {Jos. xv, 55), un peu au sud d'Hebron.
41. Venjant tressaillit, sous I'influence du Saint-Esprit qui, selon la promesse de I'ange (verset 15), le remplit alors et lui donna, au moins d'une maniere transitoire, la connaissance et la joie (vers. 44) de la venue du R^dempteur. De I'enfant, I'Esprit- Saint se repandit sur la m^re, pour lui reveler les grandes choses accomplies en Marie.