Celle qui a cm : Vulgate : vous qui
EVANGELIUM SECUNDUM LUCAM. Cap. I, 37—50.
hie mensis sextus est illi, quae vocatur sterilis : i^j . quia non erit impossibile apud Deum omne verbum.
38. Dixit autem Maria: Ecceancilla Domini, fiat mihi secundum verbum tuum. Et discessit ab ilia Angelus.
39. Exsurgens autem Maria in diebus illis abiit in montana cum festinatione in civitatem Juda.40.Et intravit in domum Zachariae, et salutavit Elisabeth. 41. Et factum est, ut audivit salutationem Marias Elisabeth, exsultavit infans in utero ejus : et repleta est Spiritu sancto Elisabeth : 42. et exclamavit voce magna, et dixit : Benedicta tu inter mulieres, et benedictus fructus ventris tui. 43. Et unde hoc mihi ut
veniat mater Domini mei ad me.^
44. Ecce enim ut facta est vox salutationis tuas in auribus meis, exsultavit in gaudio infans in utero meo :
45, et beata, quas credidisti, quoniam perficientur ea, quae dicta sunt tibi a Domino. 46. Et ait Maria :
Magnificat anima mea Dominum :
47. •'Et exsultavit spiritus mens yiRcg.2,1. in Deo salutari meo.
48. Quia respexit humilitatem ancillas suas : ecce enim ex hoc beatam me dicent omnes generationes.
49. Quia fecit mihi magna qui potens est : et sanctum nomen ejus,
50. Et misericordia ejus a progenie in progenies timentibus eum.
ave2 cruj mais quelques manuscrits latins ont, comme le texte grec, la troisieme personne : credidit. — Car elles seront accomplies, etc. : le grec, et meme laVulgate, pourraient aussi se traduire : qui acru a Paccotnplisseinent etc.
46. Et Marie dit : trois manuscrits de la version latine, antdrieurs aux travaux de S. Jerome, portent ici : et ait Elisabeth, et Elisabeth dit. Cette variante se lisait deja dans quelques manuscrits grecs au temps d'Origene; elle se retrouve encore dans un des manuscrits de la version latine des oeuvres de S. Irenee, et un manuscrit duVatican contient un opuscule, d'authenticite douteuse, ou S. Nicetas (probablement eveque de Remesiane, au V^ siecle) attribue aussi le Magnificat a Elisabeth. Les quelques rares manuscrits latins qui portent seulement : et ait, et elle dit, semblent attester une certaine incertitude touchant la veritable legon.
Neanmoins I'autorite de I'immense majorite des manuscrits et des meilleurs; le temoignage unanime des Peres les plus anciens et les plus doctes(S. Irenee, Origene, Tertullien, S. Ambroise, S. Jerome, S. Augustin, etc.)confirment le sentiment universel du peuple chretien, qui a toujours regarde Marie comme I'auteur inspiree du Magnificat.
Ces attestations sont d'un trop grand poids pour etre ebranlees par une lei^on singuliere, due peut-etre a une simple distraction, ou encore a la temerite de quelque demi-savant, qui aura trouve plus convenable de mettre ce cantique dans la bouche d'Elisabeth, puisque Zacharie son epoux avait aussi le sien. Nous savons du reste, par S. Jdrome, en quel pitoyable etat cette mania des corrections avait reduit, dans
tout rOccident, le texte du Nouveau-Testament, lorsque S. Damase chargea le saint Docteur de le reviser sur I'original grec (S. Hier. ad Damas. prcefatio).
Mon dine glorifie, etc. Sans pretendre que le cantique de la Sainte Vierge ait exaAement suivi les regies du vers hebraique, nous le donnons ici, comme nous avons fait pour les autres cantiques de I'Ancien Testament, sous une forme qui permet d'en mieux apprecier la strucflure et le parallelisme poetique.
Ce beau cantique, oil I'ame de la plus pure des vierges s'exhale en accents d'humble mais vive reconnaissance, est tissu en quelque sorte de reminiscences des Prophetes et des Psaumes, On peut y distinguer trois strophes :
Dans la i''*^ (vers. 46-50) Marie loue Dieu de I'avoir choisie pour mere du Messie. Comp. I Sam. ii, i sv. ; Hab. iii, 18; Is. Ixi, 10; Ps. xxxih., 8; Gett. xxx, 13; Ps. cxxvi h, 3; cxi h, g ; ciii h, 17.
La 2e strophe, d'un caradlere plus general (versets 51-53), celebre en Dieu I'adversaire perpetuel des orgueilleux et le bienfaiteur des humbles. Comparez Is. Iii, 10; Ps. cxlvii h, b; Job. v, 11; Ps. cvii h, 9; xxxiv h, II.
La 3*= strophe (vers. 54 et 55) revient aux evenements afluels et chante I'accomplissement des promesses faites a Israel. Comparez Is. xli, 8, 9; Ps. xcviii h, 3; Deut. vii, 8; Gen. xvii, 7, etc.
49. Do7tt le nom... La traducftion habituelle : Et son nom... ne tient pas compte d'un hebraisme, conserve par la version syriaque, et d'apres lequel la particule relative ascher donne le sens relatif aux pronoms qui suivent. Nous obtenons ainsi une phrase mieux enchainee.
EVANGILE SELON S. LUC. Chap. I, 51—73.
51 II a deploye la force de son bras ;
II a dissip^ ceux qui s'enorgueillissaient dans les pensees de leur coeur;
52 II a renvers^ de leur trone les potentats, Et il a eleve les petits;
53 II a comble de biens les affam^s,
Et les riches, il les a renvoyes les mains vides.
54 II a pris soin d'Israel, son serviteur, Se ressouvenant de sa misericorde
55 (Ainsi qu'il I'avait promis k nos peres) Envers Abraham et sa race, pour toujours.
s^Marie demeura avec Elisabeth environ trois mois, et s'en retourna chez elle.
S7Cependant, le temps s'accomplit ou Elisabeth devait enfanter, et elle mit au monde un fils. ssSes voisins et ses parents ayant appris que le Seigneur avait signale en elle sa misericorde, se rejouissaient avec elle.
59 Le huitieme jour, ils vinrent pour circoncire I'enfant, et ils le nommaient Zacharie d'apres le nom de son pere. 60 Mais sa mere, prenant la parole : " Non, dit-elle, mais il s'appellera Jean. " ^^ Ils lui dirent : " II n'y a personne dans votre famille qui soit appele de ce nom. " 62 Et ils demandaient par signe a son pere
comment il voulait qu'on le nommat. 63S'etant fait apporter une tablette, il ecrivit : ''Jean est son nom " ; et tons furent dans I'etonnement. 64Au meme instant sa bouche s'ouvrit, sa langue se delta ; et il parlait, benissant Dieu. ^sLa crainte s'empara de tous les habitants d'alentour, et partout, dans les fnontagnes de la Judee, on racontait toutes ces merveilles. ^STous ceux qui en entendirent parler les recueillirent dans leur coeur, et ils disaient : " Que sera done cet enfant? Car la main du Seigneur etait avec lui. "
67 Et Zacharie, son pere, fut rempli de I'Esprit-Saint, et il prophetisa, en disant :
68 Beni soit le Seigneur, le Dieu d'Israel, Parce qu'il a visite et rachet^ son peuple,
69 Et qu'il a suscite une Force pour nous sauver, Dans la maison de David, son serviteur,
70 (Ainsi qu'il I'a promis par la bouche de ses saints, De ses prophetes, des les temps anciens)
71 Pour nous sauver de nos ennemis
Et du pouvoir de tous ceux qui nous haissent.
72 Afin d'exercer sa misericorde envers nos peres, Et de se souvenir de son pafte saint;
73 Selon le serment qu'il fit a Abraham, notre pere,