‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 268 sur 506 · Sa croix : voy. ix, 2j et Matth. x, 38 note · texte numérisé non relu

Sa croix : voy. ix, 2j et Matth. x, 38 note

2i^. Ainsi done : les deux comparaisons

EVANG. SECUNDUM LUCAM. Cap. XIV, 22—35; XV, 1—6. 267

peres, ac debiles, et caecos, et claudos ititroduc hue, 11. Et ait servus :

Domine, factum est ut imperasti, et adhuc locus est. 23. Et ait dominus servo : Exi in vias, et sepes : et compelle intrare, ut impleatur domus mea. 24. Dico autem vobis, quod nemo virorum illorum, qui vocati sunt, gustabit coenam meam.

25. Ibant autem turbas multas cum eo : et conversus dixit ad illos : 26. 'Si quis venit ad me, et non edit patrem suum, et matrem, et uxorem, et filios, et fratres, et sorores, adhuc autem et animam suam, non potest meus esse discipuhis. 27. -^Et qui non bajulat crucem suam, et venit post me, non potest meus esse discipulus.

28. Quis enim ex vobis volens turrim asdificare, non prius sedens computat sumptus, qui necessarii sunt, si habeat ad perficiendum, 1c). ne, posteaquam posuerit fundamentum, et non potuerit perficere, omnes, qui vident, incipiant illudere ei, 30. dicentes : Quia hie homo coepit asdificare, et non potuit consummare? 31. Aut quis rex: iturus committere helium adversus alium regem, non sedens prius cogitat, si possit cum decem millibus occurrere ei, qui cum viginti milHbus venit ad se? 32. Alioquin adhuc illo longe agente, legationem mittens, rogat ea quae pacis sunt. 33. Sic ergo

omnis ex vobis, qui non renuntiat omnibus, quas possidet, non potest meus esse discipulus.

34. ''Bonum est sal. Si autem sal evanuerit,in quocondietur.? 35-Neque in terram, neque in sterquilinium utile est, sed foras mittetur.

Qui habet aures audiendi, audiat.

-^i^ CAPUT XV. -^i^—

Scribis et Pharisaeis murmurantibus quod peccatoies reciperet, parabolas proponit de ove et drachma perditis ac inventis, et de filio prodigo ad patrem reverso, benigneque ab ipso suscepto, seniore filio indigne hoc ferente : et quantum sit in coelo gaudium super peccatore pcenitentiam agente.

RANT autem appropinquantes ei publicani, et peccatores ut audirent ilium. 2. "Et murmurabant Pharisasi, et Scribas, dicentes :

Quia hie peccatores recipit, et rnancTucat cum illis. 3. Et ait ad illos parabolam istam, dicens :

4. *Quis ex vobis homo, qui habet centimi oves : et si perdiderit unam ex illis, nonne dimittit nonaointa novem in deserto, et vadit ad illam, quae perierat, donee inveniat eam.^ 5. Et cum invenerit eam, imponit in humeros suos gaudens :

6.et veniens domum convocat amicos, et vieinos, dicens illis: Congra-

'' Malth. 5, 13. Marc. 9,

" Maltli. 9,

*Matth. 18,

qui precedent nous montrent qu'avant de s'engager a la suite du Sauveur, il faut se rendre bien compte des conditions qu'il exige de ses disciples; car il serait honteu.x, apres s'etre mis a sa suite, de reculer plus tard devant la difficulte, et de renoncer a I'entreprise commencee. Ces conseils sont principalement a mediter par ceux qui songent a embrasser les conseils evangeliques. Mais, nous le savons par ailleurs, ce qui est impossible aux forces humaines est possible avec la grace de Dieu (xviii, 2j), et avec cetle grace, \e/ardeau(\UG. J.-C. impose est It'oer {Matth. xi, 30). — Ne renonce pas a tout : il s'agit au moins d'un renoncement de cfKur, qui consiste dans la determination de renoncer effecflivement a tout ce qui serait obstacle au salut et occasion de

peche. Le renoncement effecflif aux biens de ce monde n'est propose que comme un conseilde perfe61ion {Matth. xix, 21).

34. Le sel est bon, etc. Nouvelle exhortation a perseverer dans le bien entrepris, sous peine de ressembler au sel afifadi. Comp. Matth. V, 13; Marc, ix, 50.

35. Inutile, etc. II ne pent servir d'engrais, ni seme directement sur la te>'re, ni mele au filmier.

CHAP. XV

3. Les trois paraboles qui remplissent ce chapitre : la Brehis egaree, la Drac/tine perdue tiVEn/aut prodi i^iie, sont unies de la faijon la plus etroite. Elles nous enseignent la meme verity, savoir, la bonte de Dieu envers les pecheurs. La premiere de ces paraboles est aussi en S. Matthieu xviii, 12 sv.

EVANGILE SELON SAINT LUC. Chap. XV, 7—26.

iH^

jouissez-vous avec moi,parceque j ai trouve ma brebis qui etait perdue.

7Ainsi, je vous le dis, il y aura plus de joie dans Ic ciel pour un seul pecheur qui se repent, que pour quatrevingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de repentir.

^Ou bien quelle est la femme qui, ayant dix drachmes, si elle en perd une, n'allume une lampe, ne balaye sa maison, et ne cherche avec soin jusqu'a ce qu'elle I'ait retrouvee?

9Et quand elle I'a retrouvee, elle assemble ses amies et ses voisines, et leur dit : Rejouissez-vous avec moi, parce que j'ai retrouve la drachme que j'avais perdue. ^oAinsi, je vous le dis, il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pecheur qui se repent. "

" II dit encore : " Un homme avait deux fils. 12 Le plus jeune dit a son pere : Mon pere, donne-moi la part de bien qui doit me revenir. Et le pere leur partagea son bien. ^3 Peu de jours apres, le plus jeune fils ayant rassemble tout ce qu'il avait, partit pour un pays lointain, et il y dissipa son bien en vivant dans la debauche.

M Lorsqu'il eut tout depense, une grande famine siirvint dans ce pays, et il commencja a sentir le besoin.

IS S'en allant done, il se mit au .service d'un habitant du pays, qui I'envoya a sa maison des champs pour

garder les pourceaux. ^^ II eut bien voulu se rassasier des siliques que mangeaient les pourceaux, mais personne ne lui en donnait. ^7 Alors, rentrant en lui-meme, il dit : Combien de mercenaires de mon pere ont du pain en abondance, et moi je meurs ici de faim! ^^Je me leverai, et j'irai a mon pere, et je lui dirai : Mon pere, j'ai peche contre le ciel et envers toi; 19 je ne merite plus d'etre appele ton fils : traite-moi comme I'un de tes mercenaires.

20 Et il se leva, et alia vers son pere. Comme il etait encore loin, son pere le vit, et, tout emu, il accourut, se jeta a son cou, et le couvrit de baisers. 21 Son fils lui dit : Mon pere, j'ai peche contre le ciel et envers toi; je ne merite plus d'etre appele ton fils. 22 Mais le pere dit a ses serviteurs : Apportez la plus belle robe et Ten revetez; mettez-lui un anneau au doigt et des souliers aux pieds.

23Amenez aussi le veau gras et tuezle; faisons un festin de rejouissance : 24 car mon fils que voici etait mort, et il est revenu a la vie; il etait perdu, et il est retrouve, Et ils se mirent a faire fete.

250r le fils aine etait dans les champs; comme il revenait et approchait de la maison, il entendit de la musique et des danses. 26 Appelant un des serviteurs, il lui demanda ce

7. Fhis de joie, une joie plus vive, parce qu'elle est, en quelque sorte, plus inattendue. "Les cosurs sont saisis d'une joie soudaine par la grace inesperee d'un beau jour d'hiver, qui, apres un temps pluvieux, vient rejouir tout d'un coup la face du monde; mais on ne laisse pas de lui preferer la constante serenite d'une saison plus benigne. Ainsi, pour expliquer les sentiments du Sauveur par ces sentiments humains, il s'emeut plus sensiblement sur les pecheurs convertis, qui sont sa nouvelle conquete; mais il reserve une plus douce familiarite aux justes, qui sont ses anciens et perpetuels amis (vers. 31)." Bossiiet.

10. Devant les anges : Dieu et sa conr celeste sont dans I'allegresse.

8. Drachmes : voy. Mesures dans le Vocab. — On pent admettie, avec quelques interpretes, qu'il s'agit ici,non pas d'une drachme

ordinaire, mais d'une de ces pieces d'argent cousues k la coiffure des femmes de Palestine, et formant une parure qui leur appartenait en propre, et a laquelle elles attachaient d'autant plus de prix, qu'elle etait souvent un heritage de famille.

II. Deux fils. S'il est permis de comparer entre elles les choses divines, cette parabole merite d'etre appelee la perle et la couronne de toutes les paraboles de I'Ecriture. Tout y est simple, vivant, profond. Nous avons, en cette page touchante, un chapitre de la vie humaine, raconte sans autre art qu'un naturel parfait, et en meme temps, une revelation des plus intimes mysteies du royaume de Dieu, d'oii jaillissent des applications morales d'une richesse incpuisable. Jamais le langage humain n'a resserre en si peu de paroles, et de paroles imperissables, un tel monde d'amour et de

EVANCiELIUM SECUNDUM LUCAM. Cap. XV, 7—26.

tulamini mihi quia inveni ovem meam, qua; perierat. 7. Dico vobis, quod ita gaudium erit in coelo super uno peccatore poenitentiam agente, quam super nonaginta novem justis, qui non indigent poenitentia.

8. Aut quae mulier hahens drachmas decern, si perdiderit drachmam unam, nonne accendit lucernam, et everrit domum,etquaerit diligenter, donee inveniat? 9. Et cum invenerit, convocat amicas, et vicinas, dicens : Congratulamini mihi quia inveni drachmam, quam perdideram. 10. Ita dico vobis, gaudium erit coram Angelis Dei super uno peccatore poenitentiam agente.

II. Ait autem : Homo quidam habuit duos filios : 12. et dixit adolescentior ex illis patri : Pater, da mihi portionem substantias, quas me contingit. Et divisit illis substantiam. 13. Et non post multos dies, cOngregatis omnibus, adolescentior filius peregre profectus est in regionem longinquam, et ibi dissipavit substantiam suam, vivendo luxuriose. 14. Et postquam omnia consummasset, facta est fames validain regione ilia, et ipse coepit egere.

15. Et abiit, et adhassit uni civium regionis illius. Et misit ilium in vil- 1am suam ut pasceret porcos, 16. Et cupiebat implere ventrem suum de

siliquis, quas porci manducabant :

et nemo illi dabat. 17. In se autem reversus, dixit : Quanti mercenarii in domo patris mei abundant panibus, ego autem hie fame pereo!

18. Surgam, et ibo ad patrem meum, et dicam ei : Pater, peccavi in coelum, et coram te : 19. jam non sum dignus vocari filius tuus :

fac me sicut unum de mercenariis tuis,

20. Et surgens venit ad patrem suum. Cum autem adhuc longe esset, vidit ilium pater ipsius, et misericordia motus est, et accurrens cecidit super collum ejus, et osculatus est eum. 2 i . Dixitque ei filius : Pater, peccavi in coelum, et coram te,jam non sum dignus vocari filius tuus. 22. Dixit autem pater ad servos suos : Cito proferte stolam primam, et induite ilium, et date annulum in manum ejus, et calceamenta in pedes ejus : 23. et adducite vitulum saginatum, et occidite, et manducemus, et epulemur : 24. quia hie filius meus mortuus erat, et revixit : perierat, et inventus est. Et coeperunt epulari.

25. Erat autem filius ejus senior in agro : et cum veniret, et appropinquaret domui, audivit symphoniam, et chorum : 26. et vocavit unum de servis, et interrogavit quid

sagesse. — Qui doit me revetiir : peut-etre parle-t-il de I'heritage de sa mere. D'apres la loi mosaique, le second fils avait droit au tiers, Taine aux deux tiers {Detit. xxi, 17). Peut-etre demande-t-il seulement k son pere de faire un partage anticipe de ses biens, et d'en meltre une part k sa libre disposition. Le verset 30 (texte grec) semble, en toute hypothese, indiquer que les prodigalites du fils ont ete faites au detriment de son pere.

16. Se rassasier : litter, se remplir le ventre, expression energique qui depeint I'extreme humiliation du malheureux affame.

— Siliqites^ ou gousses, probablement celles du caroubier.

25. Le fils ahie : de meme que I'enfant prodigue represente les publicains et les pecheurs convertis qui se pressaient en foule autour de Jesus (vers, i), ainsi son fr^re aine

figure les Pharisiens et les Scribes, ces orgueilleux adversaires du Sauveur, que scandalisait (v. 2.) sa misericordieuse bienveillance pour ces pecheurs qu'ils meprisaient (xviii, 9 sv.).

A un point de vue plus general, nous pouvons reconnaitre dans I'enfant prodigue une figure de la Gentilite, revenant au vrai Dieu apres des siecles d'egarement {AH.

xiv, 16) et admise avec honneur et joie dans le royaume messianique {AH. xi, 18). Le fils aine serait alors le peuple d'Israel, jaloux de ses privileges, et peu dispose a admettre que les Gentils, ces nouveauxvenus au service de Dieu, fussent traites avec tant de faveur et regus dans I'Eglise au meme rang que les descendants de Jacob. Comp. Ail. xv, r sv. ; MattJi. xx, 16 note et I'lntrodutlion k I'Epitre aux Galates.

270 EVANGILE SELON S. LUC. Chap. XV, 27—32; XVI, i— i;

Ch. XVI.

que c'etait. ^zLe serviteur lui dit :

Votre frere est arrive, et votre pere a tue le veau gras, parce qu'il I'a recouvre sain et sauf. ^8 Mais il se mit en colere et ne voulut pas entrer. Le pere sortit done, et se mit a le prier. 29 II repondit a son pere : Voila tant d'ar.nees que je te sers, sans avoir jamais transgresse tes ordres, et jamais tu ne m'as donne, a moi, un chevreau

pour festoyer avec mes amis. 3° Et quand cet autre fils, qui a devore ton bien avec des courtisanes, arrive, tu tues pour lui le veau gras! 31 Le pere lui dit : Toi, mon fils, tu es toujours avec moi, et tout ce que j'ai est a toi. 32 Mais il fallait bien faire un festin et se rejouir, parce que ton frere que voila etait mort, et qu'il est revenu a la vie; il etait perdu, et il est retrouve."

3. — Contre r avarice : L'econome mfidele; Dieu et I'argent [xvi, i — 13]. Reproches aux Pharisiens; mariage indissoluble [14 — 18]. Le mauvais riche et Lazare [19 — 31]. Le scandale; la corre6lion fraternelle ; la foi; serviteurs inutiles [XVII, i — 10].

Esus disait aussi a ses disciples : " Un homme riche avait un econome qu'on accusa devant lui de dissiper ses biens. ^H I'appela et lui dit : Qu'est-ce que j'entends dire de toi? Rends compte de ton administration : car desormais tu ne pourras plus gerer mes biens.

3Alors l'econome dit en lui-meme :

Que ferai-je, puisque mon maitre me retire la gestion de ses biens? Travailler la terre, je n'en ai pas la force, et j'ai honte de mendier. 4je sais ce queje ferai,afin que, lorsqu'on m'aura ote mon emploi, il y ait des gens qui me recoivent dans leurs maisons.

5 Faisant done venir I'un apres I'autre les debiteurs de son maitre, il dit au premier : Combien dois-tu a mon maitre.'' ^\\ repondit : Cent barils d'huile. L'econome lui dit : Prends ton billet : assieds-toi vite, et ecris cinquante. 7Ensuite il dit a un autre : Et toi, combien dois-tu } II repondit : Cent mesures de froment. L'econome

lui dit : Prends ton billet, et ecris quatre-vingts. ^Et le maitre loua l'econome infidele d'avoir agi habilement ; car les enfants de ce siecle sont plus habiles entre eux que les enfants de la lumiere. 9 Moi aussi je vous dis : Faites-vous des amis avec les richesses d'iniquite, afin que, lorsque vous quitterez la vie, ils vous resolvent dans les tabernacles eternels.

i°Celui qui est fidele dans les petites choses, est fidele aussi dans les grandes, et celui qui est injuste dans les petites choses, est injuste aussi dans les grandes. ^'Si done vous n'avez pas ete fideles dans les richesses d'iniquite, qui vous confiera les biens veritables? ^^Et si vous n'avez pas ete fideles dans un bien etranger, qui vous donnera votre bien propre.'' ^sNul serviteur ne pent servir deux maitres ; car ou il haira I'un et aimera I'autre, ou il s'attachera a I'un et meprisera I'autre.

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