‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 308 sur 506 · I. — LES TJ^O/S PREMIERES MANIFESTATIONS DE JESUS · texte numérisé non relu

I. — LES TJ^O/S PREMIERES MANIFESTATIONS DE JESUS

1° — Deux temoignages de S. Jean-Baptiste [chap. I, 19 — 34].

T voici le temoignage que renditJean,lorsqueles Juifs envoyerent de Jerusalem des pretres et des levites

pour lui demander : " Qui etes-vous.-' "

20 II declara, et ne le nia point, il declara : " Je ne suis point le Christ. "

21 Et ils lui demanderent : " Quoi

1 1. Chez lui, chez ceux qui lui appartiennent en propre, c.-a-d. chez le peuple juif que Jehovah avait choisi pour qu'il fut son peuple par excellence {Deut. vii, 6, etc.), et que I'Ancien Testament appelle si frequemment I'htfritage du Seigneur.

12. Le poiivoif, I'aptitude, la faculte; d'autres : la prerogative, I'honneur. — Enfants de Dieu. S. Paul appelle N.-S. le pre- ))iier-ne de beaucoiip defreres {Rotn. viii, 29). Ce divin premier-ne est fils de Dieu par nature; les Chretiens le sont par adoption. En vertu de cette adoption, Dieu repand dans leurs ames, non seulement la grace, la charite, et les autres dons de I'Esprit-Saint, mais I'Esprit-Saint lui-meme, qui est I'esprit de Jesus-Christ. Ainsi, tandis que les Israelites n'etaient enfants de Dieu que de

nom et-dans un sens figuratif, nous dit ailleurs S. Jean, " nous sommes appeles enfants de Dieu et nous le sommes en effet. " {\Jean, iii, i).

13. Les Juifs devaient leur prerogative il leur descendance d'Abraham selon la chair. Desormais la qualite d'enfants de Dieu sera attachee a deux conditions : la foi en Jesus- Christ et la regeneration, ou seconde naissance, par le bapteme. La premiere de ces conditions a ete admirablement traitee par S. Paul qui en a fait la these meme de son Epitre aux Remains et de son Epitre aux Galates. La seconde condition a ete exposee par S. Jean lui-meme (chap, iii, 3-10). — Lesqjicls ne sont point ?ies. La generation surnaturelle ou filiation divine assuree a ceux qui croient a Jesus-Christ n'a pas pour

EVANGELIUM SECUNDUM JOANNEM. Cap. I, 13—19. 329

eis potestatem filios Dei fieri, his qui credunt in nomine ejus : 13. qui non ex sanguinibus, neque ex voluntate carnis, neque ex volunrate viri, sed ex Deo nati sunt. 14. '^Et Verbum caro factum est, et habitavit in nobis : et vidimus gloriam ejus, gloriam quasi Unigeniti a Patre, plenum gratias et veritatis.

I 5. Joannes testimonium perhibet de ipso, et clamat dicens : Hie erat

quem dixi : Qui post me venturus est, ante me factus est : quia prior me erat. 16. ''Et de plenitudine ejus nos omnes accepimus, et gratiam pro gratia, 17. Quia lex per Moy sen data est, gratia et Veritas per Jesum Christum facta est. iS.^Deum nemo vidit unquam : unigenitus Filius, qui est in sinu Patris, ipse enarravit.

1 9. Et hoc est testimonium Joan-

I Tim. 6,

f 1 Tim. 3, 16, I. Joan.

principe les elements multiples dont se compose le sa/ig, ni les appetits sensuels de la chair, ni la volo7itc de I'homme, mais Dieu lui-mcme et sa charite infinie.

14. Chair (au lieu de liflinnie) exprime mieux I'abaissement du Verba, et prouve centre les Docetes que Notre-Seigneur avait un corps veritable. II est parle ailleurs de son ame (xii, 27) et de son esprit (xi, 33; xiii, 21). Jesus-Christ est done Dieu et homme tout ensemble, ne formant toutefois qu'un seul Christ; la nature divine et la nature humaine subsistent en lui, non confondues, mais unies en une seule personne. — Habile, en grec ect/.v^wusv, coinine sous luie tente : allusion a I'habitation symbolique de Jdhovah dans le tabernacle de I'alliance et ensuite dans le temple. C'est I'accomplissement des anciennes propheties {Baruch, iii, 3, al. ; Malach. iii, i; Eccli. xxiv, 12-13). — Sa gloire, ses divines perfections, manifestees par ses miracles, sa saintete, ses enseignements, sa transfiguration, sa passion, sa resurreclion, etc. — Sa gloire litt. une gloire, une majeste telle que doit la posseder le vrai, I'unique Fils de Dieu. — Fils unique, seul engendre par le Pere, au sens propre et complet du mot, et non pas seulement Fils de Dieu par adoption, comme le sont ceux dont il a ete question au vers. 12. — La grace, par laquelle la divine misericorde, la bont^ gratuite de Dieu releve I'humanite dechue, et la verile, la docflrine de Jesus-Christ, resument tous les bienfaits que I'lncarnation a apportes aux hommes. Ces deux mots correspondent ^ vie et luiiiiere du vers. 4. Comp. Ps. Ixxxv h, V. II.

15. Ce verset, qui interrompt le discours, a le meme but et la meme portee que les vers. 6-8. — A rettdu, ou rendait, litt. rend, present historique. — Vient ,V \.)\'g. doit venir. Sens : Jean-Baptiste avait commence a precher avant que Jesus, moins age que lui de six mois, fut entre dans sa vie publique. Mais Jesus devait avoir sur son precurseur une priorite de rang et de puissance parce que, comme Verbe, il existait avant lui. Le sens est done : Jesus qui est venu apres

moi, est neanmoinsbien eleve au-dessusde moi en grace, en dignite, en puissance, car il est le Fils eternel de Dieu.

16. L'Evangeliste reprend la parole. Et, ou car, suivant une autre legon. Plenitude, de grace et de verite. — Et, savoir. — Grace sur grace, forme hebr. du superlatif, c'est-a-dire une grande abondance de graces. D'autres, ordce -pour grace : la grace de la loi nouvelle a la place (ou a la suite') de celle de la loi ancienne; ou encore la grace de la gloire comme recompense de la grace de la foi ; ou enfin la grace qui nous a ete donnee, par suite de celle que le Sauveur a regue dans toute sa plenitude.

16-17. Sous le rapport de la verite et de la grace, I'Ancien Testament etait tres inferieur au Nouveau. L'ere inauguree par Moise etait celle des ombres, des symboles, de la loi, du chatiment; la verite n'etait manifestee alors que d'une mani^re incomplete et sous le voile des figures; la grace et la lumiere n'e'taient versees qu'avec parcimonie ; au contraire le regne du Sauveur est celui de la pleine lumiere et de graces sans nombre. Moise, etant homme comme nous, ne rec^ut qu'une faible mesure de graces et de connaissances ; mais Jesus-Christ, etant le Fils meme de Dieu, et ayant avec son Pere eternel les relations les plus intimes (vers. 18) possede dans leur plenitude la verite et la grace ; il pent done nous les communiquer sans mesure et rassasier tous nos desirs. — Sur les mutuelles relations de la Loi et de la Grace, voy. Ro/n. iii, 20; vii et viii; Gal. iii, 19; iv, 1-9; II Cor. iii, 6; Hebr. ix, 26, 28.

18. Sens : Cette verite complete, le Fils unique seul pouvait nous la faire connaitre {Hebr. iii, 5, 6), ear seul il jouit, par droit de nature, de la vision immediate de la diviniteet des plus intinies secrets de Dieu.

19. Lesjuifs, expression propre a S. Jean pour designer les adversaires de Jesus et de son royaume. On peut en induire qu'a I'epoque oil fut redige le quatrieme Evangile, la communaute chretienne, formee de Juifs et de Gentils, s'etait deja formellement separee de la masse des Juifs incredules. II faut en-

EVANGILE SELON S. JEAN. Chap. I, 22—39.

Chap. 1.3

done! Etes-vous Elie? " II dit : " Je ne le suis point. — Etes-vous le Prophete?" II repondit: " Non. — ^^Qui etes-vous done? lui dirent-ils, afin que nous donnions une reponse a ceux qui nous ont envoyes. Que dites-vous de vous-meme? " ^sJl repondit : "Je suis la voix de celui qui crie dans le desert : Aplanissez le ehemin du Seigneur, comme I'a dit le prophete Isaie. " 24 Or, eeux qu'on lui avait envoyes etaient des Pharisiens. 25 Et ils I'interrogerent, et lui dirent : " Pourquoi done baptisez-vous, si vous n'etes ni le Christ, ni Elie, ni le Prophete?" 26Jean leur repondit : " Moi, je baptise dans I'eau; mais au milieu de vous il y a quelqu'un que vous ne connaissez pas, 27c'est celui qui vient apres moi; je ne suis pas digne de delier la courroie de sa ehaussure." ^sCela se passait a Bethanie, au dela du Jourdain, ou Jean baptisait.

29 Le lendemain, Jean vit Jesus qui venait vers lui, et il dit : " Voici I'Agneau de Dieu, voiei eelui qui ote le peehe du monde. soC'est de lui qij^" j'ai dit : Un homme vient apres moi, qui est passe devant moi, parce qu'il etait avant moi." 31 Et moi, je ne le eonnaissais pas, mais e'est afin qu'il fut manifeste a Israel, que je suis venu baptiser dans I'eau."

32 Et Jean rendit temoignage disant : " J'ai vu I'Esprit descendre du ciel eomme une colombe, et il s'est repose sur lui. 33 Et moi, je ne le eonnaissais pas; mais eelui qui m'a envoye baptiser dans I'eau m'a dit: Celui sur qui tu verras I'Esprit descendre et se reposer, e'est lui qui baptise dans I'Esprit-Saint. 34 Et moi j'ai vu, et j'ai rendu temoignage que celui-la est le Fils de Dieu."

2° — Nouveau temoignage du Precurseur. — Jesus et les cinq premiers disciples [CHAP I, 35 — 51].

dit : " Oue cherchez-vous .'"' lis lui

E lendemain, Jean se trouvait encore la, avec deux de ses disciples. 36 Et ayant regarde Jesus qui passait, il dit : " Voici I'Agneau de Dieu." 37 Les deux disciples I'entendirent parler, et ils suivirent Jesus. 38Jesus s'etant retourne, et voyant qu'ils le suivaient, leur

repondirent : " Rabbi (ce qui se traduit Maitre), oil demeurez-vous? " 39 II leur dit : " Venez et vous verrez." lis allerent, et virent ou il demeurait, et ils resterent aupres de lui ce jourla. Or, c'etait environ la dixieme heure.

tendre ici par ce mot les autorites juives, les membres du Sanhedrin (comp. v, 15; ix, 22, al.). — Qui etes-vous? La reponse de Jean indique que ces envoyes lui demanderent s'il etait le Christ.

21. Les Juifs attendaient alors, outre Elie {Matth. xi, 14; xvii, 12), le prophete annonce par Moise {Dent, xviii, 15). Or ce prophete etait le Messie selon la plupart, Jeremie selon d'autres {Matth. xvi, 14). Toutes ces questions n'etaient sans doute pas adressees paries memes personnes. — Etes-vous Elie? "Je ne le suis point. Quoiqu'il ait I'esprit d'Elie {Matth, xi, 14; xvii, 10), Jean-Baptiste n'est pas Elie en personne.

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