Et cum dies aliquot transact
essent : Agrippa rex, et Bernice descenderunt Ca^saream ad salutandum Festum. 14. Et cum dies plures ibi demorarentur, Festus regi indicavit de Paulo, dicens : Virquidam est derelictus a Felice vinctus.
" contre le temple " ressortissait au Sanhedrin. — En ma presence. Le gouverneur veut inspirer confiance a Paul : " Si tu veux monter a Jerusalem, j'assisterai a la seance du Sanhedrin pour surveiller les debats et empecher tout procedc, toute sentence qui serait contraire a la justice."
1 1, y^eii appelle a Cesar. Tout citoyen romain avait. de par |)lusieurs lois, le droit d'en appeler d'une juridiclion intermediaire k la juridicVion immediate de I'empereur, et par la meme de se faire conduire a Rome, devant le tribunal supreme. Par cat appel a Cesar, I'Apotre se soustrait aux basses intrigues et a I'aveugle fureur de ses ennemis; en meme temps, et ce fut sans doute le motif principal qui le decida k faire usage de son droit, il comptait voir enfin se rdaliser son projet, toujours tres cher,d'allerannoncer I'Evangile dans la capitale meme de I'emjiire remain. (Comp. xix, 2 1 ; xxiii, 1 1 ; Rom. i, 10; xv, 23.)
13. Agrippa II, tils d'H^rode Agrippa I (xii, 21-23) et arriere petit-fils d'Herode le Grand. Claude lui avait donne la principaute de Chalcis, ainsi que I'ancienne tetrarchie de Philippe, avec le titrede roi. En 55, Neron avait ajoute a son royaume quelques villes de Galilee et de Per^e. — Berenice, soeur d'Agrippa II, et veuve de leur uncle Herode, prince de Chalcis, vivait alors avec son frere, non sans soupgon d'infamie. Apres un second mariage avec Polemon, roi de Cilicie, elle eut des relations scandaleuses avec Vespasien, puis avec Titus. — Pour saltier Festus, le nouveau procurateur ; car Agrippa etait un roi tributaire de Rome.
14. Festus ex posa au roi. Encore etranger aux moeurs et h. la religion des Juifs, il profita de I'occasion pour s'eclairer aupres du juif Agrippa.
ACTES DES APOTRES. Chap. XXV, 15—27; XXVI, 1 — 5.
disant : "II y a ici un homme que Felix a laisse prisonnier. ^sLorsque j'etais a Jerusalem, les princes des pretres et les Anciens des Juifs ont porte plaintc centre lui, demandant sa condanmnation. ^^ Je leur ai repondu que ce n'est pas la coutume des Romains de livrer un homme avant d'avoir confronte I'accuse avec ses accusateurs et de lui avoir donne les moyens de se justifier de ce dont on I'accuse. ^7\\s sont done venus ici, et, sans diff^rer, j'ai pris place le lendemain sur mon tribunal, et j'ai ordonne de m'amener cet homme. ^^Les accusateurs, s'etant presentes, ne lui imputerent aucun des crimes que je supposais; i9mais ils eurent avec lui des controverses ayant trait a leur religion particuli^re et a un certain Jesus, qui est mort, et que Paul affirmait etre vivant. ^oComme j'etais embarrasse pour faire une enquete sur ces mati^res, je lui demandai s'il voulait aller a Jerusalem et y etre juge sur ces accusations. 21 Mais Paul en ayant appele, pour que sa cause fut reservee a la connaissance de I'empereur, j'ai ordonn^ de le garder jusqu'a ce que je I'envoie a Cesar."
22Agrippa dit a Festus : " Je voudrais bien, moi aussi, entendre cet homme." — " Demain, repondit Festus, tu I'entendras."
23 Le lendemain, Agrippa et Berenice vinrent en grande pompe. Ouand ils furent dans la salle d'audience avec les tribuns et les principaux personnages de la ville, Paul fut amene par I'ordre de Festus.
24 Et P"estus dit : " Roi Agrippa, et vous tous qui etes presents avec nous, vous avez devant vous I'homme au sujet duquel les Juifs sont venus en foule me parler soit a Jerusalem, soit ici, en criant qu'il ne fallait plus Ic laisser vivre. 25 Pour moi, ayant reconnu qu'il n'a rien fait qui merite la mort, et lui-meme en ayant appele a I'empereur, j'ai resolu de le lui envoyer. ^^Comv[\e je n'ai rien de precis a ecrire a I'empereur sur son compte, je I'ai fait comparaitre devant vous, et surtout devant toi, roi Agrippa, afin qu'apres cette audience je puisse rediger mon rapport. 27 Car il me parait deraisonnable d'envoyer un prisonnier, sans indiquer en meme temps de quoi on I'accuse. "
' Agrippa dit a Paul : " Tu as la parole pour ta defense." Alors Paul, etcndant la main, se justifia en ces termes :
2 " Je m'estime heureux, roi Agrippa, d'avoir aujourd'hui a me justifier devant toi de toutes les accusations portees contre moi par les Juifs; 3car tu connais mieux que personne leurs coutumes et leurs controverses.
Je te prie done de m'ecouter avec patience.
4 Ma vie, des les premiers temps de ma jeunesse, est connue de tous les Juifs, puisqu'elle s'est passee a Jerusalem, au milieu de ma nation. 5 Me connaissant ainsi depuis longtemps, ils savent, s'ils veulent en rendre temoignage, que j'ai vecu en pharisien selon la se6le la plus austere de notre
16. De livrer au supplice; litt. de donner par faveiir {yapXiaaon), d'abandonner a ses accusateurs.
20. Comme j\'iais embarrasse, comme je manquais de connaissances suffisantes pour me prononcer dans un proces relatif a la religion juive.
2\. De I'empereur : litt. d'Auguste, de sa majeste : ce titre, pris par 0(5lave, passa ensuite a tous les empereurs romains.
26. Comme je n'ai rien de precis d, dcrire. Quand un accuse en appelait a Cesar, son afifaire devait etre expos^e dans une lettre
indiquant avec precision a I'einpereur les accusations forniulees contie le prevenu. Or Festus n'avait pu jusque-la se faire une idee nette de cette cause, etant donnees son ignorance des mceurs juives et la violence des accusateurs. — A Pemperenr. Suetone nous apprend {Aug. 53; Tib. 27) qu'Auguste et Tibere avaient repouss^ cette appellation de seigneur, majeste', qui ne convient qu'aux dieux. Mais leurs successeurs I'accepterent. Pline le jeune, dans ses lettres, donne souvent ce titre k Trajan.
ACTUS APOSTOLORUM. Cap. XXV, 15—27; XXVI, 1—5. 551
I 5. De quo cum essem Jerosolymis, adierunt me principes sacerdotum, et seniores Judasorum, postulantes adversus ilium damnationem, 16, Ad quos respondi : Quia non est Romanis consuetude damnare aliquem hominem prius quam is, qui accusatur, prassentes habeat accusatores, locumque defendendi accipiat ad abluenda crimina. 17. Cum ergo hue coiivenissent sine ulla dilatione, sequent! die sedens pro tribunali, jussi adduci virum. i 8. De quo, cum stetissent accusatores, nullam causam deferebant, de qui bus ego suspicabar malum : 19. quasstiones vero quasdam de sua superstitione habebant adversus eum, et de quodam Jesu defuncto, quem affirmabat Paulus vivere. 20. Hassitans autem ego de hujusmodi quasstione, dicebam si vellet ire Jerosolymam, et ibi judicari de istis. 2 i. Paulo autem appellante ut servaretur ad Augusti cognitionem, jussi servari eum, donee mittam eum ad Cassarem.
22. Agrippa autem dixit ad Festum : Volebam et ipse hominem audire. Cras, inquit, audies eum.
23. Altera autem die cum venisset Agrippa, et Bernce cum multa ambitione, et introissent in auditorium cum tribunis, et viris principalibus civitatis, jubente Festo, adductus est Paulus.
24. Et dicit Festus : Agrippa rex, et omnes, qui simul adestis no biscum viri, videtis hunc, de quo omnis multitudo Judasorum interpellavit me Jerosolymis, petentes et acclamantes non oportere eum
vivere amplius. 25. Ego vero comperi nihil dignum morteeum admisisse. Ipso autem hoc appellante ad Augustum, judicavi mittere. 26. De quo quid certum scribam domino, non habeo. Propter quod produxi eum ad vos, et maxime ad te rex Agrippa, ut interrogatione facta habeam quid scribam. 27. Sine ratione enim mihi videtur mittere vinctum, et causas ejus non significare.
— :i:— CAPUT XXVI. — :):— Paulus coram Agrippa suam causam defendit, referens sua; ad Christum conversionis ordinem, et se Judaeis ac gentibus sub divina protetlione praedicasse ostendens : Festoque ipsum ex nimia scientia insanire dicenti respondet, omnesque optat esse Christianos : Agrippa dicit eum potuisse dimitti, nisi Cjesarem appellasset.
GRIP PA vero ad Pau-
lum ait : Permittitur tibi loqui pro temetipso. Tunc Paulus extenta manuccepit rationem reddere.
2. De omnibus, quibus accusor a Judasis, rex Agrippa, asstimo me beatum, apud te cum sim defensurus me hodie, 3. maxime te sciente omnia, et quas apud Judasos sunt consuetudines, et quasstiones : propter quod obsecro patienter me audias.
4 Et quidem vitam meam a juventute, quas ab initio fuit in gente mea in Jerosolymis, noverunt omnes Judasi : 5. prasscientes me ab initio (si velint testimonium perhibere) quoniam secundum certissi-
« Matlh
CHAP. XXVI
I. Paul se jiistifia en ces lernies : Le discours de Paul est plein d'elan et de vie; on y sent respirer la confiance du triomphe. Defensif quant a la forme, il est, pour le fond, agressif dans le plus noble sens de ce mot. Comme Agrippa est Juif, I'Apotre s'attache principalement a demontrer cjue le christianisme forme un seul tout avec I'Ancienne Alliance, et qu'en lui sont realisees toutes les esperances du judaisme. Sa con-
version n'est done pas une defecflion, encore moins une chute, mais un progres. II ne revient sur les faits anterieurs de sa vie qu'afin de faire voirqu'un appel d'en haut,un ordre de Dieu, non la legerete ou le caprice, I'a fait disciple de Jesus. Dans ce discours, TApotre reprend le theme et les divisions dont il s'etait ddja servi lorsqu'il s'etait adresse, dans la cour du temple, h. la multitude ameutee contre lui. Voy. xxii, 1-2 1.