XXV II
E. — De Make a Rome. Captivite et predication a Rome [chap. XXVIII, II — 31^.
i)--Dc Malte a Rome par Syracuse, Reggio, Pouzzoles, les Trois Taverncs [vers. 11 — 15].
2) — Captivity a Rome : Deux entrevues avec les principaux d'entre les Juifs [vers. 16 — 29]. — Durant deux ans S.Paul pent, quoique prisonnier, exercer son ministere apostolique [30 — 31].
Pres un sejour de trois mois, nous nous embarquames sur un vaisseau d'Alexandrie qui avait passe I'hiver dans I'ile; il portait pour enseigne les Dioscures. ^^ Ayant aborde a Syracuse, nous y restames trois jours. ^sDe la, en suivant la cote, nous atteignimes Reggio, et le lendemain, le vent soufflant du sud, nous arrivames en deux jours a Pouzzoles; Mnous y trouvames des freres qui nous prierent de passer sept jours avec eux; ensuite nous partimes pour Rome. ^^Ayant entendu parler de notre arrivee, les freres de cette villc vinrent au-devant de nous jusqu'au Forum d'Appius et aux Trois-Tavernes. Paul, en les voyant, rendit graces a Dieu et fut rempli de confiance.
^^Ouand nous fumes arrives a Rome, on permit a Paul de demeurer en son particulier avec un soldat qui le gardait.
i7Trois jours apres, Paul fit appeler les principaux d'entre les Juifs, et quand ils furent venus, il leur dit :
'' Mes freres, sans avoir ricn fait ni contre le peuple, ni contre les coutumes de nos peres, je suis prisonnier, et, depuis Jerusalem, livre au pouvoir
des Romains. ^^ Apres m'avoir interroge, ils voulaient me relacher, parce qu'il n'y avait rien en moi qui meritat la mort. i9Mais les Juifs s'y opposerent, et je me suis vu force d'en appeler a Cesar, non certes que j'aie aucun dessein d'accuser ma nation. ^oVoila pourquoi j'ai demande a vous voiret a vous parler; car c'est a cause de I'esperance d'Israel que je porte cette chaine." ^iJls lui repondirent : "Nous n'avons regu de Judee aucune lettre a ten sujet, et aucun des freres qui en sont revenus n'a rien rapporte ou dit de defavorable a ton sujet.
22 Mais nous voudrions entendre de ta bouche ce que tu penses; car, pour ce qui est de cette sefte, nous savons qu'elle rencontre partout de I'opposition."
^sAyant pris jour avec lui, ils vinrent en plus grand nombre le trouver ou il logeait. Paul leur exposa, dans un langage pressant, le royaume de Dieu, cherchant a les persuader, par la loi de Moise et les prophetes, de ce qui concerne Jesus. L'entretien dura depuis le matin jusqu'au soir.
24 Les uns furent convaincus par ce qu'il disait, mais les autres ne crurent point. 23Comme ils se retiraient en
II. Ap?rs iin sejour de irois mois^ quand I'hiver fiit passe, vers le mois de fevrier. — 11 portait pour enseignes tes Dioscures. Les
vaisseaux .anciens portaient h I'avant une image peinte ou sculptee : c'est de Ih. qu'ils tiraient leur nom. CeUii dont on parle ici
ACTUS APOSTOLORUM. Cap. XXVIII, 8 -25.
principis insulas, nomine Publii, qui nos suspiciens, triduo benigne exhibuit. 8. Contigit autem, patrem Publii febribus, et dysenteria vexatum jacere. Ad quern Paulus intravit :
F- 5 '4- *et cum orasset, et imposuisset ei manus, salvavit eum. 9. Quo facto, omnes, qui in insula habebant infirmitates, accedebant, et curabantur :
10. qui etiam multis honoribus nos honoraverunt, et navigantibus imposuerunt quas necessaria erant.
1 1. Post menses autem tres navigavimus in navi Alexandrina, quas in insula hiemaverat, cui erat insigne Castorum. 12. Et cum venissemus Syracusam, mansimus ibi triduo, 13, Inde circumlegentes devenimus Rhegium : et post unum diem flante Austro, secunda die venimus Puteolos; 14. ubi inventis fratribus rogati sumus manere apud eos dies ^eptem : et sic venimus Romam.
15. Et inde cum audissent fratres, occurrerunt nobis usque ad Apii forum, ac tres Tabernas. Ouos cum vidisset Paulus, gratias agens Deo, accepit fiduciam.
16. Cum autem venissemus Romam, permissum est Paulo manere sibimet cum custodiente se milite.
I 7. Post tertium autem diem convocavit primos Judasorum. Cumque
convenissent, dicebat eis : Ego, viri fratres, nihil adversus plebem faciens, aut morem paternum, vinctus ab Jerosolymis traditus sum in manus Romanorum, 18. qui cum interrogationem de me habuissent, voluerunt me dimittere, eo quod nulla esset causa mortis in me.
19. Contradicentibus autem Judasis coactus sum appellare Cassarem, non quasi gentem meam habens aliquid accusare. 20. Propter banc igitur causamrogavi vos videre, et alloqui.
Propter spem enim Israel catena hac circumdatus sum. 21. At illi dixerunt ad eum : Nos neque litteras accepimus de te a Judasa, neque adveniens aliquis fratrum nuntiavit, aut locutus est quid de te malum.
22. Rogamus autem a te audire quas sentis : nam de secta hac notum est nobis, quia ubique ei contradicitur.
23. Cum constituissent autem illi diem, venerunt ad eum in hospitium pIurimi,quibusexponebattestificans regnum Dei, suadensque eis de Jesu ex lege Moysi, et prophetis a mane usque ad vesperam. 24. Et quidam credebant his, quas dicebantur : quidam vero non credebant. 25. Cumque invicem non essentconsentientes, discedebant dicente Paulo unum verbum : Quia bene Spiritus sanctus
s'appelait done le Ca<;for et Pollux, noms des deux fils jumeaux de Jupiter et de Leda, selon la fable. Les navigateurs les honoraient comme divinites tut^laires.
13. Reggie, autrefois R/iegiuin, en Calabre. — Pouzzoles, pres de Naples, port de la mer Tyrrhenienne, alors tres frequente par les trafiquants de I'Orient.
15. Les freres vinrent aic-de7'ant de nous. Paul, depuis I'envoi de son epitre aux Romains, etait pour les fideles de Rome un maitre connu et respect^. Pendant les sept jours qu'il passa a Pouzzoles, le bruit de son arrivee s'etait repandu. Une premiere deputation I'atteignit au Fofiun d'Appnes, petite ville sur la voie Appienne, aujourd'hui San-Do77atoj un autre groupe vint le rejoindre a dix milles plus loin, aux Trois- Tavernes.
16. De demeu7-c7' e7i son pa7-iiculie7-, chez un bote chretien (vers. 23), peut-etre Aquilas. Selon I'usage, une chaine joignait le bras
gauche du soldat au bras droit du prisonnier. 17. Je sJiis ... livre au pouvoir des Ro- 7/ta77is, auxquels les Juifs ont donne I'occasion de se saisir de moi.
19. No7i ce7-tes qJie j'ate aucu7i des s a' 71 d\iccuser 7/ia natio7i : je ne veux que me defendre.
20. Voila pou7-quoi : pour vous dire cela et vous reveler mes veritables sentiments envers le peuple d' Israel. — L^espe7-a)ice d'' Israel, c.-a-d. I'esperance dans I'ensemble des promesses faites a Israel, au sujet du royaume messianique. Comp. xxvi, 6-7.
2 1-22. On sent, dans le langage des Juifs, une sorte de reserve diplomatique; ils s'en tiennent vis-a-vis de Paul au point de vue purement officiel. — Pou7' ce qui est de cette setle, c.-k-d. de la religion de Jesus, k laquelle Paul a fait allusion vers. 20.
23. Ce qui co7icer/ie Jesus, savoir que Jesus est le Messie annonce par Moise et les prophetes.
fjO 23 — LA SAINTE BIBLE. TOME VI.
ACTES DES APOTRES. Chap. XXVIII, 26—31.
disaccord, Paul n'ajouta que ces mots : " Elle est bien vraie cette pa role que le Saint-Esprit a dite a vos peres par le prophete Isaie : 26 Va vers ce peuple, et dis-leur : Vous entendrez de vos oreilles, et vous ne comprendrez point; vous regarderez de vos yeux, et vous ne verrez point.
27Car le ccEur de ce peuple est devenu insensible; lis ontendurci leurs oreilles et ils ont ferme leurs yeux, de peur de voir de leurs yeux, d'entendre de leurs oreilles, de comprendre avec leur coeur, de se convertir et de rcce-
voir de moi le salut. — ^8 Sachez done que ce salut de Dieu a et^ envoye aux gentils; pour eux, ils le recevront avec docilite." 29[Lorsqu'il eut ainsi parle, les Juifs s'en allerent, en discutant vivement entre eux].
30 Paul demeura deux ans entiers dans une maison qu'il avait louee. II recevait tous ceux qui venaient le visiter, 3iprechant le royaume de Dieu et enseignant ce qui regarde le Seigneur Jesus-Christ, en toute liberty et sans empechement.
25. Par le prophete Isaie, vi, 9 sv., cite "k peu pies litteralement d'apres les Septante. Comp. Matth. xiii, 14; Marc, iv, 12; Luc, viii, 10; Jean, xii, 40.
28. Ce salut que Dieu veut donner aux hommes par J^sus, et qui est indique dans le passage d'Isaie. — Ils le recevront aiwc docility, ils ^couteront avec docilite la predication des Apotres et profiteront ainsi des
graces de salut que rejettent les Juifs. Comp. xiii, 46; xviii, 6; xxii, 21.
29. Ce verset ne se trouve pas dans plusieurs manuscrits grecs tr^s anciens, par exeniple ceux du Sinai, d'Alexandrie, du Vatican; il manque aussi dans plusieurs manuscrits de la Vulgate. II semble renfermer un developpement de la premiere partie du verset 25.
ACTUS APOSTOLORUM. Cap. XXVIII, 26—31.
locutus est per Isaiam prophetam ad patres nostros, 26. dicens : '' Vade ad populum istum, et die ad eos :
Aure audietis, et non intelligetis :
et videntes videbitis, et non perspicietis. 27. Incrassatum est enim cor populi hujus, et auribus graviter audierunt, et oculos suos compresserunt : ne forte videant oculis, et auribus audiant, et corde intelligant, et convertantur, et sanem eos.
28. Notum ergo sit vobis, quoniam gentibus missum est hoc salutare Dei, et ipsi audient, 29. Et cum base dixisset, exierunt ab eo Judaei, multam habentes inter se quaestionem.
30. Mansit autem biennio toto in suo conducto et suscipiebat omnes, qui ingrediebantur ad eum, 3 1 . praedicans regnum Dei, et docens quae sunt de Domino Jesu Christo cum omni fiducia, sine prohibitione.
30. Deux ans entiers. Pourquoi le proces ne fut-il pas termine plus tot? Peut-etre parce que d'autres accuses en avaient appele k Cesar avant S. Paul, et que leur cause avait du etre tranchee avant qu'on n'abordat celle de I'Apotre. Peut-etre aussi pour qu'on eut le loisir de recueillir les depositions des temoins dans les diverses regions evangelisees par S. Paul. — // recevait... prechant. S. Luc ne nous avait donne que peu de details sur les deux annees passes a Cesaree
(xxiv, 26); de meme il se contente de nous dire quelques mots sur les occupations de S. Paul pendant son sejour k Rome. Quelques autres renseignements nous sont fournis par les quatre Epitres {Ephes., Colos., Philip., Philein.) ecrites par I'Apotre durant cette periode.
31. Terminons par ce mot d'un commentateur : " La parole de Uieu triomphe; Paul est \ Rome : c'est le sommet de I'Evangile et la fin des Afles."
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Abilene.
Anciens du peuple.
Anne.
Ariinathi'e.
Bapteme de Jean-Baptiste.
Beelzebub.
Bethanie.
Bethldem.
Bethphage : voy. Oliviers (Mont dcs).
Bethsai'de.
Caiphe.
Calendrier Juif.
Capharnaiim.
Cene pascale.
Conseil (grand) : voy. SanJicdrin.
Crucifiement.
Decapole : voy. Palestine.
Dedicace: voy. Fetes juives.
Demoniaques.
Do6leurs de la Loi : voy. SanJioiriji.
Fetes juives.
Fils do rhomme.
Freres de Jesus.
Galilee : voy. Palestine.
Gehenne.
Genealogie de Jesus-Christ.
Genesareth.
Gethsemani.
Herode (Famille d').
Herod iens.
Ituree : voy. Palestine.
Jericho.
Jerusalem.
Jourdain.
Judee : voy. Palestine.
L}'sanias.
Marie- Madeleine.
Mesures et Monnaies.
Nazareth.
Oliviers (Mont des).
Palestine.
Paquc : voy. Ci'ne pascale et Fetes juives.
Parabole.
Peree : voy. Palestine.
Pharisiens.
Pilate.
Princes ou Principaux du peuple :
voy. Sanhedriu.
Princes des pretres : voy. Sanhedriu.
Prosel)-tes.
Publicains.
Quirinius (Recenscment de).
Royaume de Dieu.
Sadduceens.
.S a marie : voy. Palestine.
Samaritains.
Sanhedrin ou grand Conseil.
Synagogues.
Scribes : voy. Sanhedrin.
Tabernacles : vo}'. Fetes juives.
Tiberiade.
Verbe.
Abilene. — Nom d'une petite contree ou tetrarchie citee Luc, iii, i,ayant pour capilale Abila, et gouvernee, sous Tibere, par le tetrarque Lysanias. Des ruines encore existantes {Souq-ouadi-Barada) marquent la place d'Abila dans un distri6l, arrose par le Barada, sur le versant oriental de I'Anti-Liban, entre Heliopolis (Baal beck) et Damas, a 30 kilometres au nord-ouest de cette derniere.
Anciens ou Anciens du peuple. —
Les Anciens {zaqeniiii), sans aucune addition, designent tantot des dodeurs juifs celebres, dont les interpretations de la Loi faisaient autorite et etaient regues, surtout des Pharisiens, presque avec autant de respect que la Loi elle-menie; tantot les Anciens du peuple. Pour cette derniere signification, voy. A?iciens du peuple a I'art. Sanhedrin.
VOCABULAIRE
Anne, fils de Seth, fut eleve au souverain sacerdoce par Quiriniiis, legal imperial en Syrie, I'an 6 ou 7 de notre ere. Depose I'an 15, au commencement du regne de Tibere, par le procureur Valerius Gratus, il resta tres considere; on continuait a Tappeler le grand pretre, a le consulter dans routes les questions graves, etses cinq fils, sans compter soTLgendre Caj£he, furent tour a tour revetus de la memedignite. Dans un temps ou, sous le regime des procurateurs romains, les pontifes se succedaient si rapidement, le vieux grand pretre jouissait done d'une grande autorite, c'etait lui qui menait tout le college des pretres. Caiphe. son gendre, n'etait entre ses mains qu'un instrunient docile, et c'est sur Anne que doit peser, sans aucun doute, la plus grande responsabilite dans la condamnation de J.-,C.
Tous ses fils furent d'ardents persecuteurs des Chretiens, et le dernier, appele aussi Anne, fit mettre a mort S. Jacques, le frcre du Seigneur.
Arimathie. — D'apres quelques modernes, cette ville, que S. l.uc nous dit Qtre une ville de Judee, serai t la meme que RcDiiatliaim-SopJiini, patrie de Samuel, dans la montagne d'F.phraim. On en montre aujourd'hui I'emplacement sur une colline pittoresque qui se dresse au N.-O. de Jerusalem, et que les Arabes appellent Nebi Saiuouil. D autres preferent Topinion de S. Jerome et des auteurs anciens cjui identifient Arimathie avec la Rauilch actuelle, ville de 3,000 ames, situee dans la plaine de Saron, a trois kilometres au sud de Li:dda (ou Diospolis), a 8 heures de marche de Jerusalem. II est vrai que Ramleh, d'apres Aboulfeda, est une ville relativement moderne, mais elle a pu etre batie sur I'emplacement d'une ancienne ville detruite.
Bapteme de saint Jean-Baptiste.
— .v sa predication. S. Jean avait joint, sous inspiration de Dieu (Jean., i, 21).^ un rite exterieur, un bapfa/ie, c'est-a-dire un bain par immersion complete dans les eaux du Jourdain. Analogue aux diverses especes d'ablutions prescrites par la loi mosaique a ceux qui avaient contracle des souillures legales {Levit. xi-xv), ce bapteme avait un but special : c'etait de preparer les Juifs a entrer dans le royaume de Dieu et a recevoir le Messie par qui ce royaume allait bientot s'etablir. — Les oracles des Prophetes decrivent le temps du Messie comme le commencement d'un nouvel ordre de choses, d'un monde nouveau, d'une regeneration. Pour faire partie de ce nouveau royaume, la premiere disposition requise, c'etait le repentir de ses
fautes, la purete de conscience, la transformation morale de I'ame avec le changement de vie qui en est la conserjuence. L'immersion complete dans le Jourdain etait le syuibole de cette purification interieure. Elle rappelaitaux pecheurs le souvenir de leurs fautes et leur enseignait que leurame, surtout, avait besoin d'etre lavee de ses impuretes. Pour assurer davantage encore cette purete de I'ame, le bapteme etait accompagne de la confession des peches {Matt/i. iii, 6). Cette confession n'etait, semble-t-il, ni unedeces formules generales dont tout homme pourrait se servir pour se declarer pecheur, ni I'aveu detaille, complet, precis, exige dans la confession sacramentelle. C'etait une accusation plus ou moins complete dont I'etendue et la precision se mesuraient a la ferveur et a I'humilite des divers penitents. Le bapteme de Jean etait done plus excellent que les ablutions anterieures, mais il etait bien inferieur, par son efficacite, a celui de Jesus-Christ. II n'etait pas un sacrement, au dire meme du precurseur (y]/(fz////. iii, 11). Le bapteme qu'il conferait figurait seulement, sans I'operer, la purification interieure de I'ame; il n'etait la cause ni du pardon ni de la grace, il n'en etait gue.roccasion. Diredtement, pluTirrmeme, il ne pouvait qu'exciter des sentiments de confusion et de repentir.
Q)uant a la remission des peches, il ne la produisait que d'une maniere indire(^le, en faisant naitre dans I'ame des dispositions capables de toucher le coeurde Dieu et de le porter a la misericorde et au pardon.
Notre-Seigneur voulut se soumettre a cette pratique d'humilite et de penitence, non point parce qu'il etait pecheur, mais parce qu'il devait expier les peches des hommes. Saint Thomas ajoute une autre raison : Notre-Seigneur voulait que I'eau san6lifiee solennellement par le contact de sa. chair divine fut rendue ainsi plus apte a devenir la matiere du sacrement de Bapteme.
Beelzebub. — Nom en usage chez les Juifs, au temps de J.-C, pour designer Satan, le prince des demons. Ce nom etait celui d'un dieu des Philistins, honore a Accaron (II Kois, i, 2), Baal-Zebub, litt. Seigneur-mouc/ie, auquel on attribuait le pouvolr~d*em-oyer ou de faire cesser le fleau des moucherons et autres insecles, si redoute en Orient des hommes et des troupeaux. On salt que les Grecs et les Romains avaient aussi leur Jupiter chassemouches, tt^'jc, kii6-[}.u'.n:, ou^unjt~Ypo:;. Au lieu de Beelzebub, les manuscrits grecs et beaucoup de versions anciennes ecrivent Bcelzebul, qui veut dire, ou bien
VOCABULAIRE
le maitre de V habitation, ici des demeures souterraines, de I'enfer; ou bien le seigneur du fumier. Cette alteration du b final en /a ete diversement expliquee : las uns la regardent conime un adoucissement de la prononciation introduite par les Juifs hellenistes; les auties I'attribuent a une intention formelle des Juifs de tourner en ridicule le phganisme, en donnant un noni vil et abjecfl a I'idole philistine.
Bethanie. — L'Evangile mentionne deux localites de ce nom. L'une etait situee au deladu Jourdain, " ou Jean baptisait." (Jean, i, 28). Pour I'autre, voy. Oliviers (Mont des).
Bethleem, — Cette villa, situee a environ 2 lieues au sud de Jerusalem, existe encore aujourd'hui sous le nom arabe de Beit-LacJvn. Quoique dans la montagne et batie sur une hauteur rocheuse coupee a pic du cote de I'orient, alia etait entouree de terrains tres fertiles, plantes de vignes, d'oliviars, de figuiers et d'amandiers, d'ou son nom d'Ephrata, la fertile, et de Bethleem, maison, ou lieu du pain. Beit-Lachm a une population de 8,000 habitants, dont 4,700 catholiques, 3,200 grecs non-unis, une centaine de musulmans et quelques juifs. A Test de la ville, a 200 pas de distance, se trouve sur une hauteur le couvent latin des Peres de Terre-Sainte, qui renferme I'eglise batie par sainte Helene a I'endroit meme ou naquit le Sauveur. Comme S. Luc met le lieu de naissance de J.-C hors de la ville, rien ne peut ebranlar la certitude de cette tradition, d'autant plus que la chretiente n'a jamais perdu de vue, depuis la naissance du Sauveur, le souvenir de cette situation unique. La basilique de la Nativite est une des plus anciennes et des plus belles de tout I'Orient. De chaqua cote du maitre-autel part un escalier tournant qui conduit a la grotte de la Nativite. Cette grotte est longue de 36 pieds, large de 12, haute de 9. Trente-deux lampes, dont l'une a ete donnee par le roi de France Louis XIII, repandent sur la creche du Sauveur une douce clarte, pareille a telle de la lune pendant 2ine nuit de printef/ips, et rappellant que celui qui a daigne y naitre est la lumiere du nionde. La place oil la Vierge enfanta le Redamptaur des hommes est marquee par une plaque de marbre blanc incruste de jaspe. Dans cette plaque est incrustee une etoile d'argent avec I'inscription suivante :
HlC DE ViRGINE MaRL-V
Jesus Christus natus est.
Ici, de la Vierge Marie, Jisus- Christ est tie.
Bethphag^
des).
voy. Oliviers (Mont
Bethsaide. — Ce nom, qui signifia maison ou lieu de la peclie, designe dans I'Evangile deux villas distin6les : l'une moins importante, appelea aussi bourg, est situee non loin de Capharnaiim, sur le bord occidental du lac de Genesareth, par consequent dans la Galilee : c'etait la patria des apotres Pierre, Andre at Philippe; Jesus y sejourna souvent; mais, indocile a sa predication, elle provoqua les menaces du Sauveur {Matth. xi, 21; Luc, X, 13). — L'autre, plus celebre, etait situee vers I'extremite N.-E. du mema lac, dans la Gaulonitide, tetrarchie de Philippe, et nommeey////(7j- en I'honnaur de la fillede I'empereur Auguste : c'est de cette derniera qu'il est question {Matth. xiv, 13, 22, 24; Marc, vi, 32, 45; Luc, ix, 10).
Caiphe (Katitpa; en grec) fut nomme grand pretre sous le regne de Tibere, par Valerius Gratus, procurateur de Judee, avant I'an 25 de notre ere, et se maintint dans cette dignite sous Ponce-Pilate, successeur de Gratus. Mais quand Pilate eut ete eloigne de la province, Caiphe fut depose par le proconsul Vitallius. Quelques jours avant la passion du Sauveur, il avait dit aux Juifs pour les exciter au maurtra : " II est avantageux qu'un homme perissa pour le salut du peuple." C'etait, du reste, a ce qu'il parait, un homme peu verse dans la science de la Loi, at qui sa laissait dominar par Anna, son baau-pere.
Calendrier juif. — /" L'Annk. — Durant las 400 ans de laur sejour en Egypteles Hebreux n'avaient, samble-t-il, qu'une annee ciz'ile et cconomique, commen^ant avec les semailles d'automne et finissant avec la recolta des derniers fruits. A partir de institution de la Paque, ils eurent une annee religieuse, qui s'ouvrit avac la nouvelle lune qui suit I'equinoxe du printemps, c'est-a-dira le mois d'Abib ou JSisan (Voy. Exod. xii, 2). Toutefois, pour faciliter sans doute leurs relations avec les peuples etrangers, ils fixerent apres I'exil le commencement de I'annee civile au premier jour du septieme mois (Thischri). L'annea civile s'ouvrit par consequent avec la nouvelle lune qui suit I'equinoxe d'automne.
20 Le Mois. — L'annee religieuse, (c'est d'elle qu'il sera dorenavant question) se partagaait en 12 mois lunaires dont la duree etait alternativement de 29 at de 30 jours, la mois lunaire durant en lealite 29 jours et demi. Ces mois etaient le plus
VOCABULAIRE
souventdesignes par leur numero d'ordre:
premier, second, troisieme mois, etc. I,e livre de I'Exode (xiii, 4) et le i" livre des Rois (vi, I, 3, 8;viii, 2) nous font connaitre le nom qu'avaient re(;u, avant I'exil, quatre de ces mois. Le i^'s'appelait/ii^//^ou;//6'/5 des epis. Le second Ziv, le T Ethaniiii, le 8<= Bi'iL Apres la captivite, tous furent designes sous les noms dont se servaient les Chaldeens. Nous donnons en note I'enumeration des douze mois, et nous y joignons indication des jours qui,lors de I'institution successive des principales fetes, furent fixes pour la celebration de ces diverses solennites. Quant aux rites propres a ces fetes, on les trouvera indiques plus loin au tableau des Fetes Jidves.
J" La Semaine. — EUe renfermait sept jours cjue Ton designait, comme les mois, par leur numero d'ordre : premier, second, troisieme jour, etc. Le septieme jour correspondait a notre samedi. 11 s'appelait Sabbat, c'est-a-dire repos. II etait consacre au Seigneur. Le sixieme jour etait appele veille par les Juifs Palestiniens, et preparation {iz%p'xcy.i\jr\= parasch'e) par les Hellenistes. On se preparait en effet ce jour- 1^ a la celebration du sabbat en a^livant ses travaux de maniere a passer le lendemain dans un repos absolu.
-/" Le Jour. — La journee, civile ou .sacree, etait le laps de temps compris entre deux couchers de soleil. La coutume des Hebreux d'appelery't'/zr le temps qui s'ecoule d'un soir a I'autre semble avoir ete introduite par les premiers versets de la Genese : *' Et il y eut un soir et il y eut un matin, ce fut le premier jour."
(i, 5 sv.) La nuit commengait avec le coucher du soleil; elle avait douze heures, qui se partageaient en quatre parties ou veilles, plus ou moins longues selon les saisons : de six heures environ aneuf heures, c'etait le soir (o^s); de neuf heures a minuit, le milieu de la nuit jj.stovjxtiov ou pleine nuit; de minuit a trois heures, le chant du coq aXs/.-cposwvta; de trois a six heures du matin, le matin t.camI ou aube. Le jour, lui aussi, avait douze heures comme la nuit, et se divisait en quatre parties plus ou moins longues, selon les saisons : le lever du soleil, vers six heures du matin; la troisieme heure (9 heures); la sixieme heure (midi); la neuvieme heure (3 heures de I'apres-midi). — Au sens large et usuel, on appelait auss'i pre/// I'ere, troisie//ie heure, etc., le temps compris entre 6 et 9 heures, 9 heures et midi, etc. {Marc, XV, 25, iy,/ean, xix, 14).
Capharnaiim. — ViUe de Galilee, aux confins des tribus de Zabulon et de Nephtali, sur le bord N.-(). du lac de Genesareth, non loinde I'embouchure du Jourdain. La fertilite de son sol, sa position centrale entre la Syrie, la Phenicie et la Palestine, sur la grande route qui conduit de Damas a Jerusalem, a la Mediterranee et en Egypte, I'importance de son commerce, que demontre I'existence d'un essaim nombreux de coUedteurs d'impots, charges de percevoir les droits d'entree ou de transit, la presence d'un grand nombre de fermiers des douanes romaines, enfin les pecheries du lac voisin contribuerent a sa prosperite. Jesus s'arreta sou-
ler mois [30 jours] Nisaii [avant I'exil, Abib] Mars-.Avril.
14 au coucher du soleil, celebration du festin pascal. 15-21 Fete de Paque ou des Azynies.
2« mois [29 jours] lyyar [avant I'exil Ziv\ Avril-Mai.
^ mois [30 jours] Sivaii Mai-Juin.
7 Fete de la Pentecote ou des " Semaines. "
.)<= mois [29 jours] Taminiiz Juin-Juillet.
56 mois [30 jours] At Juillet-Aoiit.
6e mois [29 jours] Eli'd.... Aout-Septembre.
ye mois [30 jours] Tisckri [avant I'exil Et/i,iniin] Septembre-Odlobre.
I Neomenie plus solennelle.
Fete des trompettes.
10 Fete de I'Expiation [Vcm Kippour\. 15-22 Fete des Tabernacles.
8e mois [29 jours] Marcheschvdn [avant I'exil BiW] Octobre-Novembre.
9e mois [30 jours] Kislen Xovembre-Decembre.
25 [8 jours] Fete de la Uedicace.
loe mois [29 jours] Tebeth Decembre-Janvier.
lie mois [30 jours] Chebdt Janvier-Fevrier.
12^ mois [29 jours] Adar Fevrier-Mars.
14 et 15 Fete de Piirim, cest-a-dire des Sor/s.
Tous les trois ans environ, pour faire concorder I'annee lunaire, qui n'avait que 354 jours, avec I'annee solaire, on ajoutait un mois supplementaire nomme Vedddr cest-a-dire Nouvel Addr.
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vent dans cette ville pendant sa carrieie publique, et il y demeurait probablement dans la maison des deux freres Pierre et Andre : c'est pourquoi Capharnaiim est appelee sa ville. II y enseignait tantot dans la synagogue, tantot dans la maison ou il demeurait, tantot au bord du lac, et il y opera beaucoup de miracles. Le declin de Capharnaiim suivit de pres la mort de J.-C. {Matth. xi, 23; Ltic, x, 15); sa mine est si complete que les traces memes de son emplacement ont disparu. Les voyageurs et les archeologues croientle reconnaitre dans le khan ou caravanserail a demi mine, appele Mitiyeh, ou, ce qui parait moins probable, dans les mines nonimees Tell-Uoii/n, a 3 kilometres du Jourdain.
Cene pascale. — Les quatre Evangel istes racontent avec plus ou moins de details la cene pascale que Jesus fit avec ses apotres la veille de sa mort. Voyez S. Matthieu, xxvi, 20-29; S- Marc, xiv, 17- 25; S. Luc, xxii, 14-30; S. Jean, xiii, 1-30. (Comp. I Cor. xi, 23-25). On sait que ce fut dans cette derniere cene que le Sauveur institua TEucharistic. Les quatre recits, comme il arrive souvent dans les Evangiles, se completent Tun I'autre, et pour savoir tout ce qui s'est i)asse dans ce moment solennel, il faut les comparer ensemble et les suppleer I'un par I'autre. Malheureusement ilestassez difficile d'assigner I'ordre dans lequel se sont succede les divers faits et discours, et les interpretes sont fort partages sur ce point. Avant d'exposer notre sentiment, nous decrirons brievement les rites qu'observaient les Juifs dans la manducation de I'agneau pascal, et auxquels se conforma Notre-Seigneur, comme I'attestent les recits evangeliques.
La cene pascale commen(j;ait le 14 Nisan, au coucher du soleil. Dans I'apresniidi du 14 Nisan on faisait immoler au temple un agneau ou un chevreau. Puis on le faisait rotir et non bouillir, en prenant soin de ne briser aucun de ses os. Le soir venu, on se reunissait pour le festin, que Ton celebrait suivant un rituel determine. Les Talmuds nous ont laisse, a ce sujet, de nombreux details : Dix personnes au moins, vingt au plus, devaient elre a table ensemble. Les convives etaient etendus sur des lits peu eleves, ou divans, le bras gauche appuye sur un coussin, de maniere que la mam droite restat toujours libre : depuis longtemps etait tombee en desuetude la coutume de prendre le repas pascal debout, un baton a la main, en tenue de voyageur, pour reproduire la scene du depart d'Egypte, la nuit de la delivrance {Exod. xii,«ij). — Le pere de
famille commengait par annoncer I'ouverture de la fete pascale et par prendre une coupe pleine de vin, puis il pronongait la benedidlion en ces termes :
"Ceci est le temps de notre delivrance, et nous rappelle la sortie d'Egypte. Beni soit le Seigneur, I'Eternel, qui a cree le fruit de lavigne!" Ensuite il buvait du vin contenu dans la coupe, et la passait aux autres convives, qui en buvaient comme lui, chacun a son tour.
Aussitot apres on faisait passer dans I'assemblee un bassin plein d'eau et une serviette pour que chacun se purifiat les mains. On apportait alors, ou bien on approchait des convives la table toute servie. II y avait sur la table, a cote de I'agneau, des herbes ameres, en souvenir des souffrances endurees autrefois en Egypte; du pain azyme, sans saveur, comme celui que le levain n'eut pas le temps de faire fermenter lors de la fuite precipitee d'Israel; une tasse de vinaigre ou d'eau salee, qui rappelait aux assistants les larmes versees par leurs peres; enfin une espece de brouet appele cliarosct/i, et compose de pommes d'amandes, de figues, etc., cuites dans du vin. Le maitre de la maison disait : " Beni soit le Seigneur, qui a cree les fruits de la terre ! " Puis, prenant des herbes ameres, il les levait en Fair en disant : "Nous mangeons ces herbes ameres parce que les Egyptiens ont rempli d'amertume la vie de nos peres." II trempait ensuite ces herbes dans le vinaigre, et en mangeait gros au moins comme une olive; ce que les autres faisaient a leur tour. On retirait alors la table a quelque distance, et le pere de famille, ou son filsaine, faisait une le61ure (p. ex. Dciit. xxvi), ou une instru(5lion sur la Paque et la sortie d'Egypte. L'instruction finie, on rapprochau la table, on recitait la premiere partie du Halhi c'est-a-dire les Ps. cxiii et cxiv; puis on vidait la deuxieme coupe, et on se lavait une seconde fois les mains. Alors commengait le repas proprement dit. Le pere de famille, ayantdevant lui deux pains, en benissait un, qu'il rompait aussitot; et, prenant un des morceaux, il I'enveloppait d'herbes ameres, le trempait dans le charoseih, adressait a Dieu des aftions de graces, et mangeait cette bouchee. Apres qu'il avait de la meme maniere, en benissanteten rendant graces, goute de I'agneau pascal, il le coupait en morceaux, qu'il distribuait aux convives avec du pain azyme trempe dans le charoseth. Le repas fini, il leur presentait la troisieme coupe de vin, appelee specialement coupe de benedi6]:ion, parce qu'on rendait alors a Dieu des acflions de graces pour la cene pascale que Ton venait de faire. Apres
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avoir recite la seconde partie du Haliel, les Ps. cxv-cxviii, on vidait la quatrieme coupe, quelquefois une cin(]uieme, mais rien de plus.
Si, maintenant, nous combinons avec les usages des Juifs dans la manducation de I'agneau pascal les diverses donnees de I'Evangile, nous arriverons aux resultats suivants, dont la plupart nous paraissent certains, et les autres extremement probables :
I. L'hypothese d'un repas commun qui aurait suivi la cene pascale doit etre ecartee comme contraire a la coutunie juivc aussi bien qu'au recit evangelique. Non seulement I'Evangile n'en laisse pas apercevoir la moindre trace, mais il semble meme I'exclure positivement, lorsqu'il dit que Jesus et les Apotres sortirent du cenacle apres le chant de \Jiynine, c'est-a-dire de la seconde partie du Hallel.
2.Le lavement des pieds eut lieu au commencement du festin pascal, soit des I'entree dans le cenacle, soit plutot apres la benediction de la premiere coupe, au moment oil se faisait I'ablution des mains, et avant que la table chargee de mets fut apportee ou approchee des convives. Ce- {jendant quelques interpretes, s'appuyant sur les mots acna facia de la Vulgate (Jean, xiii. 2), ont place le lavement des pieds apres I'achevement de la Cene.
Mais, a tort, selon nous. En effet, la meilleure le^'on des manuscrits grecs a oct-vou Ytvo;j.£vo'j, dnrant\it rc])as, pendant (\wq se faisait la cene pascale, et non yz'JOiJ.v/00, apres le repas. S. Jerome lisait i)eut-etre cette seconde le(;on, beaucoup moins autorisee que la premiere. D'ailleurs le terme facia dont il s'est servi ne signifie pas qu'une chose est ac/icvce, mais qu'elle s'est realisee et que peut-etre elle dure encore.
3. A quel moment precis du festin pascal faut-il placer I'institution de la Sainte Encharisfiel II est difficile de repondre avec certitude. Nous croyons que la consecration du pain et celle du vin doivent etre placees vers la fin du repas i)roprement dit. En effet S. Matthieu (xxvi, 26) et S. Marc (xiv, 22) rapportent que les deux consecrations eurent lieu saO'.ov-rcov a'jTwv, innnducajitibus illis, pendant quails soupaient, qu'ils etaient a table, ce (|ui s'applique meme a la fin du repas, et aux dernieres coupes de vin, par lesquelles il s'achevait regulierement. Et S. Luc dit explicitement que la consecration du calice eut lieu,;j£Ta to ^v.-'rr^^a.\, postquani canavit, c.-a-d. apres le repas proprement dit, avant recitation de la seconde partie du Hallel. — Mais, obje61;era-t-on, ne faut-il i)as admettre un certain intervalle entre les deux consecrations? Car, apres avoir raconte simplement la preuiiere, -S. Luc
ajoute (xxii, 21) : "Jesus prit de meme la coupe, apres le soi/per disant, etc." — Ces paroles sem blent s'expliquer facilement Au moment oil s'achevait le repas legal, Jesus consacra le pain, puis il consacra et fit circuler la coupe dite de benedi6lion, la coupe eucharistique, qui avait ete prel)aree et apportee au Sauveur, quelque temps auparavant (Voy. Z/^r.xxii, 17, note). 4. Beaucoup de Peres et d'anciens commentateurs admettent que Judas assistait a I'institution de I'Eucharistie et qu'il communia. D'un autre cote, S. Jean nous apprend (xiii, 26-30) qu'il quitta brusquement le cenacle avant la fin du repas. II aurait done communie sous I'espece du pain. De nos jours la plupart des interpretes pensent que Judas ne re<;ut pas la Sainte Communion. Et en effet, S. lean rapporte que Judas quitta le Cenacle apres avoir jiris le morceau de paui azyme trempe dans le charoseth, que lui avait presente le Sauveur {Jean, xiii, 26, 27, 30).
Conseil (grand) : voy. Sanhf.drin.
Crucifiement. — Le supplice de la croix parait avoir ete inconnu de la loi n^.osai(]ue;car la suspension des cou])ables a un poteau n'avait rien de commun avec le crucifiement, puisqu'elle n'avait lieu qu'apres I'execution, en signe de honte infiigee au cadavre {Nomb. xxv, 4 sv. Dent. xxi, 22 sv. ) : ce tiui rend d'autant plus etonnante cette circonstancc, qu'un Psaume tout entier, le Ps. xxi, relatif aux souffrances du Messie, decrit precisement ce supi)lice. Emprunte aux Komains par les derniers princes asmoneens, le crucifiement resta en usage chez les Juifs sous les Herodes etdurant la domination romaine.
Les Romains avaient retire aux tribunaux juifs le droit de faire executer une sentence de mort. Le Sanhedrin, il est vrai, pouvait prononcer une condamnation capitale conformement aux lois judaiques; mais ce n'etait plus que pour la forme, car le procurateur romain recommen(^ait I'instrufHion, procedait a un nouveau jugement, et appliquait lui-meme, s'il y avait lieu, la peine de mort. C'est par suite de la situation politique oil se trouvait alors la Judee, que Jesus, qui devait etre livre au procurateur Pilate et ne pouvait etre condamne que par lui a la peine capitale, subit le crucifiement; accuse de blaspheme devant le Sanhedrin, il aurait ete, suivant la loi mosaique, condamne a etre lapide.
Le crucifiement t'tait considere chez les Romains comme la peine capitale la plus dure et la plus ignominieuse; il etait reserve aux esclaves, aux voleurs de grand chemin, aux assassins et aux seditieux ;
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c'est pourquoi les Juifs, pourle faire infliger a Jesus, convertirent devant le procurateur leur grief religieux en line accusation politique, et le firent condamner non point comme coupable d'heresie, mais comme ayant aspire a la royaute. La sentence i)rononcee, le condamne appartenait a I'autorite romaine. Dans les localites ou le juge n'avait pas de li6leur, un centurion a la tete de quatre soldats presidait au supplice.
L'execution commenc^ait par une flagellation dans le pretoire. Les instruments de la flagellation romaine etaient ou des verges d'orme, ou des fouets de cuir, garnis, a I'extremite, de nceuds, d'osselets ou de balles de plomb; et Ton administrait cette peine avec tant de cruaute que plus d'une fois les condamnes y succomberent. Mais cette flagellation, qui faisait partie integrante de la peine du crucifiement, n'eut pas lieu pour Jesus. II en avait, quelques instants avant sa condamnation, subi une autre dont le cara6lere legal n'est pas nettement defini. Ce qui resulte du recit plus exa6l de S. Jean (xix, i sv.), c'est que Pilate, en I'ordonnant, esperaii emouvoir les Juifs ou assouvir leur hainc et les amener a demander la delivrance de Jesus.
Le crucifiement se faisait toujours hors des villes populeuses. Les condamnes etaient tenus de porter eux-memes la croix jusqu'au lieu de l'execution. L'endroit fixe pour le supplice de Jesus se trouvait au N. O. de Jerusalem! C'etait un tertre denude, appele Golgotha, mot hebreu qui veut dire Calvaire, cnrm'^c'usta-dire, en forme de crane. Nous dirions ChaiDiwnt (Mont chauve).
A peine le Sauveur etait-il arrive a la porta de la villa, que ses forces I'abandonnerent, et les soldats contraignirent un certain Simon de Cyrena, qui rencontra le cortege en revenant des champs, de porter la croix a la place de Jesus : cette violence n'etait pas chose rare de la part des soldats dans les provinces conquisas. On suspendait au cou des condamnes, ou Ton faisait porter devant eux, une tablette, tiftilits, portant une inscription qui enon(;ait la cause de la sentence, et qu'on fixait ensuite sur la croix au-dessus de la tete du crucifie.
Lorsque Jesus fut parvenu au lieu de l'execution, on lui presenta, par pitie, un vin fortement aromatise, afin d'allegerpar ce breuvage les souffrances de I'agonie. C'etait un usage juif, non romain, et il parait que souvent les dames de Jerusalem apportaient elles-memes au condamne ce vin de la derniere heure. Jesus, apres avoir approche ses levres du vase, refusa de boire. II faut distinguer dece breuvage
celui que Jesus, devore sur la croix d'une soif brulante, re^ut d'un soldat romain {Luc, xxiii, 36; Jean, xix, 29). C'etait une boisson vinaigree que les soldats remains avaient ordinairement avec eux et qu'ils presentaient quelquefois aux condamnes.
— Ceux-ci etaient depouilles de leurs habits, qui appartanaient de droit aux soldats. On leur laissait seulement, pour la decence, un linge qui antourait las rains, comme cela parait avoir au lieu pour Jesus. Un sentiment analogue, et non la verite histori(}ue, inspirait les artistes du moyen age (]ui revetaient d'une tunicjue Timage de Jesus en croix.
La croix etait faite de deux poutres en forme de X, croi.x dc S. Andre, ou en forme de T; une troisieme forme etait celle oil la i)artie verticale de la croix depassait la partie transversale, f, comme on represente d'ordinaire la croix de J.-C. : ce sommet vertical n'etait, ce semble, qu'une piece surajoutee au T pour supporter le titre. On se servait aussi simplement d'un poteau droit, surtout quand on suppliciait des centaines d'individus a la fois, par example des prisonniers de guerre; dans ce cas, on se contentait de troncs d'arbres. D'apres I'opmion communement adoptee, Jesus fut attache a une croix de la troisieme espece, ayant quatre parties, pour figurer que la redemption embrassait les quatre parties du monde, les quatre points cardinaux. Cependant on voit la seconde forme sur des monnaies des empereurs Constance et Constantin, sur des anneaux et des pierres sepulcrales de la plus haute antiquite, tandis que, d'apres Ladtance, il faudrait admettre que Constantin vit au ciel la croix sous la premiere forma.
La croix n'etait pas tres haute, si ce n'est, par exception, pour das criminals extiaordinaires; les pieds du crucifie touchaient presque la terre. Telle fut la croix da Jesus, puisqua les soldats purent, avec une tige d'hysope, porter a sa bouche une eponge trampee dans le vinaigre. Au milieu de la tige verticale, on attachait un morceau de bois projete en avant, sur lequel, selon sa forme, le condamne etait comme assis ou a cheval, afin que la pesanteur du corps n'arrachat pas les mains des clous qui les fixaient. C'est a quoi font allusion les expressions desanciens : acuta cruce sedere, inequitari, etc. On commencait par dresser la croix; puis le condamne, souleve ou tire par des cordes, etait attache, afin qu'il ne fit pas de resistance pendant qu'on clouait les mains et les piads. Cependant il n'est pas sans exemple qu'on ait cloue dabord la condamne a la croix etendue par terre, et dresse la croix ensuite; et beaucoup d'au-
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teurs pensent qu'on suivit ce mode pour N. S. Parfois on se bornait a attacher les pieds et les mains avec des cordes. Mais que les pieds et les mains de Jesus aient ete reellement cloues c'est ce qu'indiquent S. Luc (xxiv, 39-40) et S. Jean (xx, 2 5-27),et ce qu'atteste toute la tradition. Mais on ne sait pas d'une maniere certaine si les pieds du Sauveur furent superposes et attaches avec un seul clou, ou s'ils furent places a cote I'un de I'autre et cloues separement; cependant cette derniere opinion est plus probable comme s'accordant mieux avec le mode de crucifiement le plus en usage parmi les anciens.
Pour aggraver la peine, on crucifiait quelquefois la tete en bas, comme on le fit pour S. Pierre; d'autres fois on faisait devorer le crucifie par des betes feroces, ou bien on allumait du feu sous la croix. Quand on n'abregeait pas le supplice par ces cruautes, les crucifies vivaient d'ordinaire toute la nuit de I'execution, et meme tout le jour suivant; il y a des exemples de crucifies qui vecurent jusqu'au troisieme jour. En effet I'hemorragie des mains et des pieds transperces par les clous s'arretait parfois assez tot. Alors les supplicies succombaient plutot au tourment de la faim, ou, plus souvent encore, a une congestion cerebrale determinee par les affreuses souffrances qu'occasionnait la suspension des bras largement etendus. A Rome, on laissait les esclaves suspendus au gibet jusqu'a ce que leur corps fut corrompu ou devore par les oiseaux de proie. II parait qu'il en etait de meme dans les provinces pour tous les crucifies. Cependant les Remains fai.saient une exception a cet usage en Judee, pour s'accommoder aux coutumes des Juifs, auxquels leur loi ordonnait de descendre le condamne de la potence avant le coucher du soleil, afin que le i/iaudit de Dieu ne souilldt pas la terre que le Seigneur leur avail donnee {Deut.^ xxi, 23). Cette condescendance amena I'usage de rompre les jambes des condamnes, crurifragium, ce qui hatait la mort et pouvait etre considere comme une compensation de I'abreviation du supplice. On n'appliqua pas le crurifragium a J.-C, parce (jue les soldats qui en etaient charges remarquerent en lui les signes certains de la mort. Les souffrances physiques et morales qu'il avait endurees avant son supplice, et Paction que librement il permit aux tortures les plus violentes d'exercer sur tout son etre pour separer son ame de son corps, expliquent comment il avait rendu le dernier soupir quatre ou cinq heures apres le crucifiement. Cependant I'un des soldats lui porta un coup de sa lance dans le cote : c'etait dans d'autres executions, le coup |
de grace ordinaire. II fut applique a Jesus pour eteindre la derniere etincelle de vie qui pouvait encore I'animer. La loi romaine livrait le corps des executes, sauf ceux des esclaves, a leurs parents, pour qu'ils le pussent ensevelir. C'est pourquoi Joseph d'Arimathie obtint sans peine ce qu'il demandait.
Le supplice de la croix subsista dans I'empirc jusqu'a Constantin leCrand qui, par respe(5l pour N.-S. J.-C, I'abolit la treizieme annee de son regne.
Ddmoniaques. — L'homme n'est pas la seule creature intelligente et morale qui soit sortie des mains de Dieu. Ilexiste au-dessus de lui et il existait avant lui des creatures d'un ordre plus eleve et d'une nature plus spirituelle, les anges. Mais tandis qu'une partie de ces esprits glorieux, les anges saints ou les anges elus, sont demeures fideles a Dieu, et servent avec joie ses desseins demisericorde sur la race humaine {Hcbr. i, 14), dont ils saluerent la naissance par de saints cantiques {Job. xxxiii, 7), il en est d'autres, les demons ou les esprits malins, " qui ont peche, qui n'ont pas garde leur origine, qui ont abandonne leur demeure propre, qui ont ete precipites dans I'abime, 0(1 ils sont reserves pour le jugement du grand jour (II Pier, ii, y,Jud. 6). " Toutefois, ce jour qui doit fixer irrevocablement leur affreuse condition n'est point encore venu; et en attendant qu'il vienne, une certaine liberte leur est laissee de sortir de leur prison et de se repandre dans le monde {Eplies. vi, 12), liberte dont ils abusent pour faire a l'homme tout le mal qu'ils peuvent, desireux de I'avoir pour compagnon de leur revolte et de leur misere. A peine etait-il cree, qu'ils Font fait tomber dans le peche; et maintenant leur ambition funeste est de le retenir dans ce triste etat, ou d'y ramener ceux que la grace de Dieu en a retires.
Or l'homme, compose d'un corps et d'une ame, est attaquable a la fois par ces deux parties de son etre. C'est a I'ame avant tout et le plus souvent que les demons donnent I'assaut par des tentations de loutes sortes. Mais leur influence pernicieuse peut, en certaines circonstances et avec la permission de Dieu, s'etendre aussi au corps, dont ils s'emparent et prennent en quelque sorte possession. L'homme dont le corps est ainsilivre a Tinfluence plus ou moins complete des demons s'appelle un danoniaque. Ce nom n'est jamais donne a ceux, sur les organes desquels le demon agit non point par une action physique immediate, mais seulement d'une maniere indire6le, par persuasion et impulsion morale, quelque empire
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d'ailleurs qu'ils lui donnent sur eux, lors nieme que, comnie les faux prophetes et les antechrists, ils se feraient ses organes et ses representants dans le monde.
L'etat du demoniaque est un etat maladif, oil rinfluence morale des demons et leur influence physique sont combinees d'une maniere etrange et difficile a demeler. C'est, le plus souvent, a la suite de certains peches qu'il a commis, et plus specialement des jjeches de la chair, qu'un ou plusieurs demons ont pris possession du corps de ce malheureux. De la, une surexcitation, un trouble profond du systeme nerveux, des sens et de leurs organes. De laaussi parfois un developpement enorme de force musculaire. Dans quelques-uns, la surdite ou le mutisme sont les seals phenomenes apparents {Matth.
ix, 32; xii, 22; Marc, ix, 24); mais cette surdite et ce mutisme tiennent a des paralysies nerveuses produites par la presence du demon, non a la destruction des organes de Touie ou de la parole. Le trouble jete par la presence et I'adlion du demon dans le systeme nerveux, dans les sens et leurs organes et, par suite, dans les facultes raixtes comma la sensibilite, la niemoire, I'imagination, a naturellement son contre-couj; dans les operations intelle(5tuelles. L'intelligence n'a plus son jeu normal, regulier. Parfois ses attes sont si desordonnes, si incoherents que le malheureux possede presente tons les symptome de I'alienation mentale. D'aulres fois le demon eclairc, remj^lit son intelligence d'une lumiere extraordinaire. C'est ainsi que dans I'l-^vangile nous voyons plusieurs demoniacjues, ou les demons qui sont en eux, reconnaitre Jesus pour le Fils de Dieu et lui rendre temoignage. Le demoniaque n'est pas necessairement un etre perverti : il gemit de son etat et semble se condamner, et quand il ne pent exercer sur d'autres la fureur qui le consume, on le voit la decharger sur lui-meme et se meurtrir miserablement. Aussi souhaite-t-il la guerison et va-t-il, avec une lueur de foi, chercher J.-C. pour etre delivre. Mais c'est ici que se decouvre la presence d'un hote etranger dans I'interieur de I'infortune. L'homme possede vient a Jesus pour etre gueri, mais le demon qui le possede ne veut pas lacher sa proie. Alors, soit que le demon emprunte les organes vocaux de sa vi6lime, soit que le malade perde en queUjue sorte la conscience de son existence personnelle etse confonde par moments avec I'esprit impur, c'est le demoniaque qui exprime les pensees du demon. C'est ainsi (]u'on voit le meme homme, dans le meme instant, couime livre a deux forces contraires, chercher Jesus et le repousser, implorer
sa compassion par des cris et des gestes suppliants, et lui dire : " Qu'y a-t-il entre nouset toi? " Toutefois, malgre le trouble (|ue peut apporter dans les operations de I'ame un pouvoir si etrange sur le corps, le plus souvent la liberte morale n'est pas detruite; le possede conserve la force et le pouvoir moral de resister aux assauts et aux suggestions de son ennemi, et, dans la mesure meme ou lui est laissee la maitrise de son ame, I'independance de sa volonte, il reste devant Dieu responsable de ses mouvements interieurs, de ses desirs, de ses determinations. Que si par intervalles le corps dompte par son maitre plus puissant echappe a son empire, il n'est plus responsable d'adles exterieurs qu'il n'a pu ni commander ni empecher.
Kt si meme parfois la perturbation produite dans tout son etre est si profonde qu'il perd I'usage meme de sa liberte, semblable alors a un homme prive de reflexion et de raison, il devient, aussi longtemps que dure la crise, irresponsable devant Dieu.
Dans les phenomenes du magnetisme animal, et de I'hypnotisme, nous voyons I'hypnotiseur tenir sous sa dependance absolue le sujet endormi, lui di6ler ses propres pensees, etc. La possession est comme un magnetisme satanique, qui s'empare a tel point du corps de l'homme, qu'il en fait son instrument et son organe.
On a essaye dans ces dernicrs temps, de revoquer en doute la frail U' des possessions diahoUques. Les Juifs contemporains de J.-C., dit-on, attribuaient a {'influence des demons de simples cas de manie ou de crise nerveuse; les Apotres partageaient I'erreur commune, et Jesus, accommodant ses a6les et son langage a cette superstition populaire, guerissait ces sortes de malades (epileptiques, lunatiques, etc.) en laissant croire qu'il avait chasse de leurs corps un ou plusieurs demons. Mais cette explication repugne tout a la fois a la veracite du recit evangelique et au caraftere divin du Christ. D'ailleurs les Evangelistes montrent a I'occasion qu'ils savaient ties bien distinguer une infirmite ordmaire, une maladie naturelle, des terribles effets produits par les anges de Satan. Tout homme muet, par exemple, n'est pas pour eux un demoniaque, bien qu'ils mentionnent des mutismes qui procedent de I'esprit mauvais. C'est ce qui resulte encore de ce passage ou S. Matthieu (iv, 23) esquissant les aites du ministere de J.-C-, distingue, parmi les malades qu'on lui amenait et qu'il guerissait, des deinoniaques, des lunatiques (epileptiques) et des paralytiques.
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II est vrai que les livres de I'Ancien Testament ne signalent pas un seul cas de possession diabolique. Mais ces divers ecrits, loin de contrediie la realite de ce phenomene, accordent en plusieurs endroits aux puissances infernales des pouvoirs analogues ou meme superieurs a ceux qu'elles manifestent dans la possession. Qu'il nous suffise de rappeler le role du serpent tentant la premiere femme sous I'arbre d'Eden, I'histoire de job, celle de Tobie (comp. I Paralip. xxi, i; Zach. iii, 1-2).
II est vrai encore que les possedes semblent avoir ete beaucoup plus nombreux au temps du Sauveur qu'a aucune autre epoque de I'histoire. La depravation qui avait gagne les Juifs comme les paiens avait ouvert aux demons I'entree des esprits et descorps:ilsregnaientvraimentsur le monde. En outre, leur influence ne devait-elle pas paraitre avec des cara6leres particuliers dans ces jours glorieux ou Jesus est venu fonder sur la terre le royaume des cieux; a cette epoque d'une lutte terrible et decisive entre le bien et le mal, ou tons les contrastes ont eclate plus vivement, ou la puissance du ciel plus magnifiquement declaree a provoque un deploiement plus a6lif de celle de I'enfer, et ou les choses du monde invisible ont ete des deux cotes rendues visibles pour un moment et manifestees dans la chair? Le bapteme et les autres sacrements protegent aujourd'hui, contre cette possession a la fois physique et morale, une multitude de personnes qui vivent en opposition direcle avec le titre de chretien qu'elles ont recu; mais a-t-elle completement disparu? Plus d'un fait d'hysterie et plus d'un cas d'alienation mentale ne semble-t-il pas difificilement explicable par le seul jeu des causes physiques et ne parait-il pas etre le resultat d'une cause superieure et malfaisante, c'est-a-dire du demon.
Docteurs de la loi : voy. Scribes a I'art. Sanhedrin.
Fetes juives. — En vertu de prescriptions divines conservees dans I'Exode (xxix, 38-42) et le livre des Nombres (xxviii, 3-8), chaque jour, soir et matin, les Israelites faisaient offrir comme sacrifice public I'holocausted'un agneau. Ainsi reconnaissaient-ils le souverain domaine de Dieu et symbolisaient-ils I'entiere donation de leur etre au Createur. A I'holocauste ils joignaient une offrande de fleur de larine et une libation de vin pur. Mais Dieu voulut qu'a ce double holocauste quotidien on ajoutat, a dates fixes, d'auires sacrifices et d'autres oblations. II
prescrivit qu'on I'honorat d'une manifere plus speciale tous les samedis, c'est-a-dire tous les jours de Sabbat; puis au commencement de chaque mois; et, durant le cours de I'annee, a certaines fetes destinees a rappeler la memoire des grands evenements de I'histoire d'Israel eta faire monter vers le ciel de plus ferventes actions de graces.
Voici quel etait, au temps de Notre- Seigneur le cycle complet des fetes juives. II comprenait :
I" Le Sabbat et les Neomenies.
2" Les trois grandes solennites de la
Paque, de la Pentecote et des Tabernacles.
3° Le grand jour de I'Expiation.
4" La fete de Purim et celle de la
Dedicace.