IV. La fete de Pnrim et celle de In Dcdicace
I . La fete deP/irim ou ' '■des Sor/s'\ appeleeaussi "■ le jour de Mardochee" (II Madi. XV, 37), avait lieu le 14 du dernier mois (Adar, Fevrier-Mars), en souvenir de la delivrance que Mardochee et Esther procurerent aux Juifs, captifs en Perse, sous Assuerus. Cette fete fut instituee par ordonnance de Mardochee et d'Esther.
Elle regut le nom de fete des Sorts parce que le sort avait determine le jour marque dans I'edit d'Aman pour I'extermination des Juifs. D'apres les derniers versets (29-32) du deuxieme chapitre du livre d'Esther, il semble qu'aux rites proposes par Mardochee, pour cette fete, les Juifs disperses dans les 127 provinces d'Assuerus, ajouterent un jour de jeune et de lamentations qu'Esther et Mardochee approuverent et qui fut place la veille de la fete, le 13 Adar (voy. Esther ix, 17-32).
2. La fete de la Dedicace, ou encore la fete du Feu. Le 25 du 9*^ mois, appele Kisleu (Novembre-I)ecembre) avait lieu la fete dela Dedicace. Lorsque Judas Machabee eut triomphe d'Antiochus Epiphane, purifie le temple et retabli le culte, il institua en memoire de ce triomphe et de cette restauration la fete des Eficenies [vi-y.c^l'^i^) c'est-a-dire de la Renovation (I Mach.
iv, 52-59; II Mach. i, 18; x, 5-8). Cette fete durait huit jours, elle devait se celebrer " avec joic et allegresse, a la matiiere de celle des Tabernacles. La joie et I'allegresse se manifestaient done probablementaussi par I'eredlion de huttes ou tentes de feuillages. — Josephe appelle cette solennite, fete des himieres {Antig. xii, vii, 6, 7). Du second livre des Machabees (ch.i,vers. 18), il ressort que lorsque Dieu, j)our recompenser le zele de Nehemie, permit le nierveilleuxrenouvellementdu feu sacre, cette faveur fut I'objet d'une fete annuelle que les Juifs de Palestine celebraient en meme temps que celle de la purification du temple.
Fils de rhomme, c'est I'un des noms du Messie dans le Nouveau Testament.
Ni le peuple, ni les Apotres ne donnent a Notre-Seigneur ce titre (voy. pourtant An. vii, 56), mais dans I'Evangile on a pu relever quatre-vingt deux passages ou Notre-Seigneur se designe lui-meme par cette appellation (p. ex. Matth. viii, 20; xxix, 30, et surtout xxvi, 64). Quoique, prise en elle-meme et isolement, cette formule n'ait rien de caradteristique et figure d'ordinaire dans I'Ancien Testament comme une simple locution biblique, un peu plus solennelle si Ton veut qui designe un homme quelconque, quelquefois un prophete; au chapitre vi^' de Daniel (vers. 13), elle sert a designer le Messie. Dans ce passage, en effet, apparait, au milieu des esprits celestes, un personnage humain qui se presente devant Jehovah, re(^oit de lui le pouvoir et les insignes d'une eternelle domination surtoutl'univers, et des lors est suffisamment designe comme le Messie, le futur Dominateur de I'univers. C'est ainsi d'ailleurs que les docteurs juifs contemporains de N.-S. entendirent ce passage de Daniel. Et le Sauveur lui-meme aimaase I'appliquer pour se designer par la comme I'homme parfait, le representant de I'humanite degeneree, et se signaler aux esprits attentifs comme le Liberateur attendu.
Freres de Jesus. — II est fait souvent mention dans les Evangiles, les A6les et les Epitres des Freres de Jesus. Nous les voyons nommes. dans les Evangiles comme un groupe de personnages tres rapproches de J.-C. par des liens de famille {Matth. xiii, 55; Marc, vi, 3). Us accompagnentsa sainte Mere {Alatth.\\\,^b\ Marc, iii, 31; Lnc, vii, \q\Jean., ii, 12), etc. Aux temps apostoliques, nous les retrouvons parmi les fideles, formant un groupe special dont on parle avec un respec^l: particulier. Les noms de ces freres de N.-S. sont d'apres S. Matthieu et S. Marc •.Jacques., Jose ou Joseph, Judas ou Jude, et Simofi ou Simeon.
II ne faut pas songer, dans tous ces passages, a des freres proprement dits.
1. II n'est presque pas de fait aussi souvent et aussi energiquement afifirme par la tradition que celui de la virginite permanente de Marie, laquelle, apres avoir miraculeusement con^u et mis au monde Jesus, n'eut pas d'autres enfants.
2. Le nom meme de freres ne demontre rien ici; car dch en hebreu, et aosXcpo'c; dans les Septante, ont un sens tres etendu et ne designent souvent qu'un parent en general : c'est ainsi que Lot est nomme frere d^ Abraham, dont il n'est que le neveu (voy. Gen. xiii, 8; xiv, 16; xxix, 12).
VOCABULAIRE
3. Si les ff'eres de Jesus I'avaient ete dans le sens naturel de ce mot en frangais, il serait tres singulier que jamais Marie n'eiit ete appelee leur mere; or, on ne volt dans le Nouveau Testament comme fils de Marie que Jesus, et c'est precisement par opposition avec ceux qui sent appeles ses freres qu'il est designe comme le Fils de Marie {Afarc, vi, 3). II serait tout a fait inconcevable, en outre, que Jesus, du haut de la croix, eut recommande sa mere i\ S. Jean; si eile avait eu d'autres fils, c'eijt ete leur devoir naturel de la recueillir, et ils n'y auraient certes pas manque. La maniere meme dont Jesus recomrnanda alors sa mere a S. Jean indique qu'il etait le fils unique de Marie, car il dit : toE 6 u'.oc aou : I'article aurait evidemment manque, s'il y avait eu encore d'autres fils de Marie.
4. Quantacette circonstance que \qs freres de Jesus sont mentionnes d'ordinaire a cote de sa mere, soit dans les Evangiles, soit dans les A6les {Mait/i. xii, 46; Marc, iii, 31 ; Luc, viii, i();Jean, ii, 12; A^. i, 14), elle s'explique naturellement par les relations etroites qui existaient entre les deux families. Apres la mort de S. Joseph, arrived selon toute vraisemblance avant la vie pubiique du Sauveur, Marie se retira, semble-t-il, avec son divin Fils chez son beau-frere Cleophas, de telle sorte que les deux families furent comme fondues en une seule. Selon d'autres, c'est Cleophas qui serait mort le premier et S. Joseph <|ui aurait recueilli chez lui la veuve et les enfants de son frere. Nous avons connu une famille dans laquelle, par suite d'adoptions semblables, des cousins se traitaient entre eux, et etaient traites par tout le monde, de freres et de sceurs.
Mais ce qui prouve d'une manifere peremptoire que les freres de Jesus n'etaient pas les fils de la mere de Jesus, c'est qu'ils avaient une autre mere, dont I'Evangile fait une mention expresse. Parmi les femmes presentes au crucifiement, S. Matthieu (xxviii, 56) cite une Marie, mere de Jacques et de Joseph; S. Marc (xv, 40) ajoute que ce Jacques, qu'il appelle le petit ou le mineur, est different de Jacques, fils de Zebedee. Comme il ne parait en general, dans le Nouveau Testament, que deux personnages du noni de Jacques, il faut que le premier soit celui que S. Paul nomme \efrhe du Seigneur {Gal, I, 19), celui a qui sa position comme premier eveque de Jerusalem donnait alors une haute importance, I'auteur en-
fin de I'epitre admise dans le canon. Ensuite S. Jude, au commencement de son epitre, se nomme le frere de ce Jacques. On trouve done dans le Nouveau Testament, pour trois des freres du Seigneur, Jacques, Joseph, Jude, une Marie qui est ieur mere et qui est differente de la mere de Jesus. Cette Marie est sans aucun doute identique avec la Marie nommee par S. Jean (xix, 25), la femme de Cleophas et la soeur de la mere du Seigneur. Cleophas, ou, suivant une autre forme du meme nom, Alphee, etait par consequent le pere de Jacques, de Joseph et de Jude; et en effet Jacques est souvent nomme le fils d'Alphee {Matt/i. x, 3; Marc, iii, 18; Luc, vi, 15). Quant a Simon, il est expressement designe comme fils de Cleophas par Hegesippe, le plus ancien historien de I'Eglise. Les quatre freres de Jesus seraient done des cousins du Seigneur du cote de sa mere.
Ceux qui obje6tent que deux soeurs vivantes n'ont pu toutes deux porter le nom de Marie, font preuve d'une faible connaissance des usages de I'antiquite. Pour ne prendre qu'un exemple parmi beaucoup d'autres, Ocitavie, la soeur de I'empereur Auguste, avait quatre filles qui vecurent ensemble; deux d'entre elles se nommaient, sans autre surnom, Marcella, et les deux autres Antonia. On sait d'ailleurs que le nom de Marie etait d'un usage tres frequent en Galilee.
On peut encore, si on le prefere, — car cette opinion s'accorde egalement bien avec la tradition, — faire de Cleophas le frere de S. Joseph, et de Marie, sa femme, la belle-soeur (seulement) de la Sainte Vierge, et, en effet, on a tout lieu de croire que Notre-Dame etait fille unique, unique heritiere. C'est a cause de cette circonstance qu'elle dut prendre un epoux, et le prendre dans sa parente. Dans ce cas, les freres de Jesus {patrueles, c'est-a-dire les fils du frere de son pere putatif ou legal), seraient ses cousins du cote paternel.
L'opinion de quelques Peres grecs, que Xq.?, freres de Jesus etaient des fils de S. Joseph, mais d'un premier mariage, ne s'appuie sur aucune preuve traditionnelle : c'est une pure conjecture, nee de la difficulte qu'ils trouvaient a accorder ensemble la perpetuelle virginite de Marie et la mention des freres de Jesus. Ne connaissant pas les diverses acceptions du mot frere dans les langues semitiques, ils crurent, semble-t-il, qu'il fallait I'entendre au moins de frhes de lit different.
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Le tableau suivant met sous les yeux la veritable relation des Frires de Jesus avec le Sauveur :
Heli {Luc. iii, 23).
Cleophas — Marie
Jacques, ap. — Joseph.
i^"^ ev.
de Je'rusalem.
Jude.
Simeon, 2^ ev.
de Jerusalem.
La S'e Vierge Marie — Joseph
Galilee : voy. Palestine.
Gehenne. — C'etait primitiveuient le nom d'une gracieuse vallee au sud-est de Jt§rusalem, appelee Guel-Hinnom ou Val de Hinnom (Jos. xv, 8), oil, a partir du temps de Salomon, les Israelites immolerent des enfants a Moloch. Mais, apres le retour de la captivite, revenus a de meilleurs sentiments, ils eurent tellement en abomination le lieu qui avait ete le theatre de ce culte impie et barbare, qu'ils en firent une voirie, et y jeterent les cadavres et les immondices. Comme il fallait, pour consumer tout cela, y entretenir un feu perpetuel, la vallee fut nommee Gclienne du feu ou ardente; de la naquit une autre acception de ce mot en usage au temps de N.-S. : veritable image de Xenfer, la Gehenne servit a designer le lieu de I'eternelle damnation.
G^n^alogie de J ^sus Christ. —
En comparant la genealogie de N.-S.
rapportee par S. Luc (iii, 23-38) avec celle que donne S. Matthieu (i, 1-17], on voit qu'elles different beaucoup et, en particulier, qu'elles n'ont presque rien de commun de Jesus a David. D'oii viennent ces divergences? II y a deux manieres de resoudre la difficulte.
I. Les uns pensent que nous avons dans S. Matthieu la genealogie officielle de N.-S. c'est-a-dire celle de Joseph, pere putatif de Jesus, et dans S, Luc la genealogie reelle, c'est-a-dire celle de Marie. S'il n'est pas fait mention de Marie ellememe Luc., iii, 23, et si son epoux Joseph est cite comme le filsd'H^li ou Joachim,' pere de celte Vierge benie, c'est une suite de I'usage regu parmi les Juifs et chez les autres peuples de I'Orient. D'apres cet usage, les hommes qui epousaient des fiUes heritieres, c'est le cas de
Marie, etaient portes sur les tables genealogiques comme les vrais fils de leurs beaux-peres. Les partisans de cette opinion, rejetant ici la version de la Vulgate, traduisent le grec : Or Jesus avait environ trente ans lorsqu'il connnefi^a son ministt^re. etant {tandis qu'on le croyait fils de Joseph) fils d'LLeli, fils de Mathot, etc., le mot y?/5', qui est sous-entendu en grec, serapportant toujours ayt-iv/j-, parce qu'en hebreu on est fils de son ascendant a quelque degre que ce soit.
Le Talmud reconnait aussi que la genealogie de S. Luc est celle de J.-C.par sa mere; car, dans les blasphemes qu'il ose proferer centre la reine du ciel, il appelle Marie, fille d'LLeli. Que si la tradition chretienne donne au pere de Marie le nom de Joachim, il n'y a point en cela de contradi6lion; car chez les Juifs les noms d'Heli, d'Heliakim ou Eliakim et cle Joachim sont synonymes, et se mettent facilement I'un pour I'autre.
2. Toutefois Marie pouvait descendre de David, sans qu'il fut pour cela necessaire de rapporter contre un usage presque constant, sa genealogie particuliere.
II suffisait qu'il fut etabli qu'elle etait parente de Joseph, pour que la genealogie de ce dernier s'appliquat a elle comme a lui. Or cette parente, que I'Evangile suppose sans I'exprimer, est etablie par les temoignages les plus certains de I'antiquite. Les deux genealogies sont done, selon toute apparence, celles de Joseph, et on leur trouve, meme dans la periode que nous avons marquee, une fraction commune : Zorolnibel, fils de Salatliiel. MaiS; pour deux noms pareils. que de noms differents! Ce Salathiel des deux listes, qui n'a dans chacune d'elles qu'un meme fils, Zorobabel, a deux peres : en S. Matthieu, Jechonias; en S. Luc, Neri; et les deux branches remontent par deux
' Cette premiere solution n'est guere soutenable; elle n'eut aucun partisan avant le xvil"" siecle. De plus elle suppose une traducflion inadmissible,
car en grec I'article se rapporte au nom precedent et tient lieu de uio?, fils. II faut done traduire '■'■ ^taiit fils de Joseph \lequel iHait) fils d'Hcli. "
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tiges entierement separees jusqu'a David, comme de Zoiobabel elles descendent en deux lignes tout a fait distindtes jusqu'a Joseph qui, lui aussi, a deux peres. Comment expliquer cela? — Par la loi meme des Juifs. II existait chez les Juifs une coutume sanclionnee par la loi de Moise, qui voulait que, si un homme mourait sans laisser d'enfant, son plus proche parent epousat sa veuve pour lui susciter une post^rite, et I'enfant qui naissait du mariage, fils naturel du second mari, etait fils legal du premier. C'est la loi du levirat, telle qu'on la voit reglee dans le Deuteronome (xxv, 5-10), et mise en pratique dans I'histoire de Ruth (iv, 7)- Des deux peres donnes a Joseph, et avant lui a Salathiel, I'un est le pere naturel, I'autre le pere legal; et les deux evangelistes, selon qu'ils ont pris I'un ou I'autre, ont etti amenes a donner deux series differentes : de Joseph, par Jacob ou par Heli, a Zorobabel, fils de Salathiel; et de Salathiel, par Jechonias ou par Neri, a David.
II ne s'agit plus que de savoir (mais cela ne touche pas a la veracite des deux auteurs) lequel a suivi I'ordre legal, lequel I'ordre naturel, et pourquoi ils ne se sont pas accordes dans le meme systenie. Sur ce dernier point, on pourrait dire qu'ils ne I'ont pas fait precisement pour donner la genealogie du Sauveur sous ses deux aspedls difterents. La parente legale etait celle qu'on observait dans les aCtes pu-
blics; mais il importait de montrer que- J.-C. etait, de par sa nature, et non pas seulement par une fiflion legale, du sang de David ; et c'est sans doute ce que S. Matthieu a voulu expressement marquer par le mot etigendra. S. Luc se sert d'un terme plus vague et plus general.
QueUjues interpretes modernes, tout en admettant encore que les deux genealogies sont de S. Joseph, partent d'une autre idee pour en expliquer les divergences. S. Matthieu, disent-ils, se pr^occupe d'etablir les droits de Jesus a la royaute d'Israel; par consequent la descendance qu'il cherche pour Jesus est celle qui fait de lui I'heritier legitime du trone de David; S. Luc, au contraire, ne songe qu'a la descendance naturelle. Or, la branche ainee, issue de David par Salomon, s'etant eteinte dans la personne de Jechonias, on suppose que ce prince adopta pour son successeur Salathiel, fils de Neri, de la branche cadette. Plus tard, nouvelle extinction de la branche ainee, ou d'Abiud, dans la personne de Jacob, et nouvelle transmission des droits royaux a la branche cadette, ou de Rhesa, sur la tete de Joseph, mais cette fois par le mariage levjratique d'Heli avec la veuve de Jacob.
Ce systeme de conciliation differe peu du precedent. Le tableau suivant mettra sous les yeux le systeme qui nous parait le meilleur, celui qui fait de Jacob le pere legal et d'Heli le pere naturel de S. Joseph.
David
Salomon
Nathan
Jdchonias (sans enfants), p^re legal ou adoptif de
Neri, p6re nature! de
Salathiel
Zorobabel
Abiud
Rhesa
Jacob, pere legal de
Heli, pere naturel de
S. Joseph.
G^n^sareth, plaine a I'ouest du lac de ce nom : voy- Tiheriade (mer de). Arrosee par une riviere et plusieurs sources, elle formait comme un jardin fleuri; le
Talmud I'appelle " le paradis de la terre." Dans son abandon acSluel, elle donne encore des signes de son ancienne fecondite : les fleurs la couvrent au prin-
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temps; des bosquets de lauriers-roses ombragent ses ruisseaux, et les chardons y deviennent des taillis ou le voyageur se fraie difficilement une route.
Gethsemani (c.-a-d. pressoird'hnile), jardin situe a I'E. du Cedron, au pied du mont des Oliviers, et ainsi appele sans doute a cause d'un pressoir qui s'y trouvait pour ecraser les olives au temps de la r^colte. II appartient aujourd'hui aux PP. Franciscains, qui I'ont entoure de murs. On y admire huil oliviers enormes, aux troncs noueux, au feuillage rare, qui pourraient bien avoir ete temoins de I'agonie du Sauveur.
H^rode (Famille d'), famiile d'origine idumeenne qui, depuis la conquete de ridumee par Alexandre Jannee (105 av. J.-C), etait entree en frequente relation avec les Asmoneens (Machabeens), et avait congu le plan ambitieux de profiter de leur faiblesse et de leurdesunion pour s'emparer dela Palestine. Voici les membres de cette famille dont il est question dans les Kvangiles.
1" H erode VAticien, surnomme le Grand, et bien plus digne du nom de tyran execrable, etait fils d'Antipater. L'an de Rome 714, un decret du senat le nomma roi de Judee, au detriment de tous les Asmoneens. Ce ne fut qu'a la fin de I'annee 716 qu'il parvint a se rendre maitre de Jerusalem; Antigone, son rival, eut la tete tranchee, et Herode, paisible possesseur du pays, comment^a veritablement son regno l'an 717. Apres une longue vie, troublee par beaucoup de crimes et d'amcrs remords, ce prince astucieux et cruel mourut sans etre regrette de personne, a la suite d'une affreuse maladie, peu avant Paque, au moment d'une eclipse de lune (l'an 750 de Rome). II avait regne 34 ans depuis la mort d'Antigone, 37 depuis le decret du senat. C'est a lui qu'est attribue le massacre des Saints Innocents.
2" Arc/u'laus, fils d'Herode TAncien et de la Samaritaine Malthace, ethnarque, improprement roi de Judee, a la mort de son pere, l'an 750 de Rome. Cet homme faible et sans caradtere, parfois violent, regna en Judee et en Samarie pendant dix ans. II fut depose par Auguste Pan 759 de Rome. Aprt^s sa mort, la Judee fut definitivement rattachee a la province de Syrie et gouvernee par des procurateurs romains. L'un d'eux fut Ponce-Pilate (26- 37). Apres la disgrace et I'exil de Ponce- Pilate a Vienne, en Gaule, Caligula confia le gouvernement de la Judee, avec le titre de roi, a Herode Agrippa I, petit-fils d'Herode le Grand.
3° Herode Anfipas, ou le Tetrarque, fils d'Herode I'Ancien et de Malthace, fut tetrarque de la Galilee et de la Peree pendant toute la vie de N.-S. C'etait un prince paresseux et nul, favori et adulateur de Tibere, en I'honneur duquel il appela Til)eriadeMwe\\\\c qu'il avait fait batirsur le lac de Genesareth. Marie a une fille d'Aretas, roi d'Arabie, il s'eprit d'Herodiade, femme de son demi-frere Philippe, et contrafta avec elle un mariage secret. Jean-Baptiste ayant reproche a Antipas cet inceste, fut emprisonne par ses ordres dans la forteresse de Macheronte, et mis a mort sur la demande d'Herodiade {Matth. xiv, 3 sv. ; A'Iarc\ vi, 14 sv. ; Luc, iii, 19; ix, 7-9). Herode se trouvait a Jerusalem au temps de la Passion, et Pilate lui renvoya Jesus comme son sujet. Mais n'ayant pu en obtenir ni un miracle, ni meme une reponse, il le fit revetir d'une robe blanche par derision, et reconduire au procurateur. Antipas fut exile par Caligula a Lyon, oil Herodiade I'accompagna; d'apres Josephe, il mourut en Espagne.
4" Philippe, fils d'Herode I'Ancien et de Cleopatre, tetrarque de la Gaulonitide, de la Trachonitide et de I'lturee, sur les terres duquel Jesus fit de frequents voyages; il se montra meilleur souverain que ses freres.
5" Herode Philippe, ou simplement Philippe, fils d'Herode I'Ancien et de Mariamne (seconde femm.e de ce nom, qu'il nefaut pas confondre avec Mariamne I'Asmoneenne), n'eut aucune part dans I'heritage paternel. Son demi-frere Herode Antipas seduisit sa femme Herodiade {Maiih xiv, y,Marc, vi, 17).
6" Herodiade, fille d'Arislobule (ce fils d'Herode I'Ancien et de I'Asmoneenne Mariamne, massacre par son pere), par consequent petite-fille d'Herode I'Ancien. Elle avait, d'apres la volonte de sonaieul, epouse Herode Philippe; mais, seduite plus tard par Herode Antipas, elle s'unit a lui, et ce fut a sa demande que S. Jean- Baptiste fut decapite {Matth. xiv, 3 sv.; Marc, vi, 17, 18).
Herodiens. — Hommes attaches au parti d'Herode et des Romains. II en est question trois fois dans I'Evangile : Alatth. xxii, 16; Marc, iii, 6; xii, 13. La version syriaque du nouveau Testament les appelle ge>is de la maison d^ Herode, c'est-^dire courtisans, officiers diipalais d'Herode. lis formaient un parti politique mais ils peuvent aussi, en tant que favorables a la domination etrangere sur le peuple de Dieu, etre regardes comme une se6le religieuse proprement dite. " Le parti des Herodiens, dit le dotleur Sepp, avait
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