‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 78 sur 506 · I. — Les conseils cvangeliqiies [CHAP. XIX · texte numérisé non relu

I. — Les conseils cvangeliqiies [CHAP. XIX

Indissolubilite du manage, chastete parfaite; petits enfants benis. Le jeune homme appele a la perfe6lion; danger des richesses et recompenses de la pauvrete volontaire a la suite de Jesus.

Esus ayant acheve ces discours, quitta la Galilee, et vint aux frontieres de la Judee, au-dela du Jourdain. 2 Une grande multitude le suivit, et la il guerit les malades.

3Alors les Pharisiens I'aborderent pour le tenter; ils lui dirent : " Est-il permis a un homme de repudier sa femme pour quelque motif que ce soit.-*" 4 II leur repondit : " N'avezvous pas lu que le Createur, au commencement, fit un homme et une femme, et qu'il dit : 5 A cause de cela, I'homme quittera son pere et sa mere, et s'attachera a sa femme, et ils deviendront les deux une seule chair. — ^ Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Que I'homme ne separe done pas ce que Dicu a uni. " 7 " Pourquoi done, lui dirent-ils,

MoTse a-t-il prescrit de donner un a6le de divorce et de renvoyer la femme .^" ^11 leur repondit : " C'est a cause de la durete de vos coeurs que MoTse vous a permis de repudier vos femmes : au commencement, il n'en fut pas ainsi. 9Mais je vous le dis, celui qui renvoie sa femme, si ce n'est pour impudicite, et en epouse une autre, commet un adultere ; et celui qui epouse une femme renvoyee, se rend adultere. "

-4-ioSes disciples lui dirent : " Si telle est la condition de I'homme a I'egard de la femme, il vaut mieux ne pas se maricr. " "II leur dit : " Tous ne comprennent pas cette parole, mais seuleiueiiicevxyi a qui cela a ete donne. ^^Car ily adeseunuques qui le sont de naissance,desleseinde leur mere; il y a aussi des eunuques qui le sont deve-

CHAP. XIX

I. Quitta pour toujours la Galilee, et, commengant son dernier voyage k Jerusalem {Luc, xvii, 11), il vint aux frontieres de la Judee, en longeant la rive gauche du fleuve, par la Peree. La route la plus courte pour aller de la Galilee a Jerusalem etait celle de Samarie; mais souvent, pour eviter les dangers qu'un Juif pouvait courir dans le pays des Samaritains, on prdfdrait celle de la Peree.

3. Cette grave question partageait alors les do<fleurs Juifs. Elle roulait sur interpretation de ce texte obscur du Deut^ronome (xxiv, i) : Si un Jiomme ayant epouse tmc

femme s'en degoute, puree qu^il a decouvert eti elle quelque chose de repoussant (ou de de's/ionnete), ii ecrira pour elle une let tie de divorce, et V ayant mise dans les mains de cette femme, il la renverra. Qu'entendre par ce terme vague de chose repoussante ou dcsJioniiete? Un ddfaut du corps, la moindre legerete de conduite meritent-iis ce nom? Oui, rdpondaient Hillel et sonecole; son rival Schamma'i soutenait, au contraire, que le divorce n'etait justifid que par de graves laisons, mais le peuple et les grands goutaient peu cette severe interpretation. Jesus se trouvait alors sur le territoire d'Herode Antipas : n'est-il pas permis de croire que les Pharisiens de la Peiee, en lui adressant

EVANG. SECUNDUM MATTH.^UM. Cap. XVIII, 34, 35; XIX, i — 12. 75

ergo oportuit et te misereri conservi tui, sicut et ego tui misertus sum?

34. Et iratus dominus ejus tradidit eum tortoribus, quoadusque redderet universum debitum. 35. Sic et Pater meus ccelestis faciet vobis, si non remiseritis unusquisque fratri suo de cordibus vestris.

— *— CAPUT XIX. :|j—

Matrlmonium docet ex sua institutione esse indissolubile, nee iixorem extra causam fornicationis posse dimitti : inter varios ennuchos laudat illos qui se castrarunt propter regnum coilorum : parvulis manus imponit; adolescens qui omnia se servasse pnecepta dicebat, audito Christi consilio de omnibus vendendis abit tristis : difficile ergo asserit divitem intrare regnum ccelorum : et quid illis pra^mii sit qui omnibus reliflis ipsum sequuntur.

T factum est, cum consum masset Jesus sermones istos, migravit a Galilasa, et "venit in fines Judaeas trans Jordanem, 2. et secutas sunt eum turbas multae, et curavit eos ibi.

3. ''Et accesserunt ad eum Pharisasi tentantes eum, et dicentes : Si licet homini dimittere uxorem suam, quacumque ex causa? 4. Qui respondens, ait eis : Non legistis, quia ''qui fecit hominem ab initio, masculum, et feminam fecit eos? et dixit :

5. '^Propter hoc dimittet homo patrem,et matrem, et adhasrebit uxori suae, et erunt duo in carne una, 6.1taque jam non sunt duo, sed una caro.

Quod ergo Deus conjunxit, homo non separet. 7. Dicunt illi : 'Quid ergo Moyses mandavit dare hbellum repudii, et dimittere? 8. Ait illis : Ouoniam Moyses ad duritiam cordis vestri permisit vobis dimittere uxores vestras : ab initio autem non fuit sic. 9. 'Dico autem vobis, quia quicumque dimiserit uxorem suam, nisi ob fornicationem,et aliam duxerit, moechatur : et qui dimissam duxerit, moechatur.

10. Dicunt ei discipuli ejus : Si ita est causa hominis cum uxore, non expedit nubere. 11. Qui dixit illis : Non omnes capiunt verbum istud, sed quibus datum est. i 2. Sunt

* Marc. 10,

Gen. I, 27,

'^Gen. 2,24.

I Cor. 6, 16.

Eph. 5, 31.

■ Deut. 24,

■^Siipni 5, 32. ^Iarc.

10, II. Luc.

16, 18. I Cor. 7, ID.

cette question, se proposaient de le compromettre aux yeux de ce prince adultere, qui avait fait decapiter Jean-Baptiste?

4. Litt., les fit male et fcnielle, c'est-a-dire que Dieu crea I'homme, I'espece humaine, de maniere qu'il y eCit deux sexes et une personne de chaque sexe, marquant par la qu'il les destinait a former dans le mariage une indivisible unite.

5. Gen. ii, 24. Dieu dit ces paroles, par cela meme qu'il les inspira, soit h, Adam, soit a I'auteur du r^cit de la Genese.

6.Notre-Seigneur ramene ainsi le mariage a son institution primitive, de contrat sacre et indissoluble.

8. Le divorce dans la loi mosaique n'etait done pas a proprement parler une institution, mais seulement la regularisation legale d'une pratique tolerde, en vue d'eviter des abus plus graves encore. Voy. Dent, xxiv, 4 notes.

c).Si ce n'est pour impudicite : cette parentli^se ne se trouve ni en S. Marc, x, 11, ni en .S". Luc, xvi, 18, et la formule absolue de ces deux evangiles, confirmee par S. Paul (I Cor. vii, 10 sv.), exprime certainement la docflrine de Jdsus-Christ, comme I'enseigne le Concile de Trente, Sess. xxiv, can. 7.

Quel est alors le sens de I'exception apparente inseree par S. Matthieu?

La plupart des interpretes catholiques, prenant le mot TTopvsia (\\XX.i.x. prostitution et, par extension, impudicite en general) dans le sens d'adu/tere, expliquent le reiivoi ainsi autoris^, du simple eloionement par cessation de vie commune, sans divorce reel. De fait, \adultcre est un des cas oii cette separation est permise aux epoux Chretiens.

D'autres, observant que I'evangile de S. Matthieu a dte redige specialement en vue des Juifs, et que le terme -oov-J.y., impudicite etait usuel parmi eux pour designer les unions incestueuses, contraclees an mepris des prohibitions legales {Levit. xviii; voy. A^. XV, 29; I Cor. v, i), pensent que la parenthese : /lors le cas dHmpudicite (d'inceste), a pour but de declarer que I'indissolubilite absolue du mariage, proclame'e ici, n'appartient qu'.ux mariages le'gitimes, et nullement a ceux qui seraient contrades avec un empechemeni legal.

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