‹ La Sainte BibleChapitre 234 sur 735 · LES DEUX LIVRES DE SAMUEL · texte numérisé non relu

LES DEUX LIVRES DE SAMUEL

ranger sous quatre chefs : I. Minister e de Samuel, I Sam. i-vii; — II. Royaute de Saiil, viii-xv. — III. Rejet de Said et comuienceinents de David, xvi-xxxi. — ^ I V. Regne de David, II Sam, i-xx. — Epilogue, xxi-xxiv.

Mais I'auteur n'est pas un simple historien qui relate une serie de faits pour satisfaire la curiosite; I'ecrivain sacre veut nous donnerun enscignement plus eleve, et cet enseignement, il est facile de le decouvrir, soit par I'etude du livre en lui-meme, soit en le rapprochant de ceux qui precedent. Son but est de nous montrer la fondation du royaumc de Dieu,de son regne eternel, dans la maison de David. Le temps est venu ou la glorieuse promesse faite a Juda par Jacob mourant doit commencer a s'accomplir dans la personne d'un de ses fils, de David, auquel ses freres, les autres tribus, rcndront hommage et obeissance, qui soumettra a son empire les nations voisines et, semblable a un lion, reviendra de ses expeditions guerrieres charge de butin, et qui enfin transmettra le sceptre a un fils plus grand que lui, au Messie.Tout se rapporte a cette pensee maitresse, meme ce qui est dit de Samuel et de Saiil : le premier n'etant que I'instrument choisi de Dieu pour preparer la realisation de ce grand dessein, le second devant faire ressortir le contraste entre le roi theocratique infidele et le roi selon le coeur de Dieu, le veritable oint du Seigneur. Cette pensee, avant d'etre clairement exprimee par la boiiche de Nathan (II Sam.

vii), apparait deja dans le cantique d'Anne (I Sam. ii, lo) : " Jehovah jugera les extremites de la terre ; il donnera puissance a son Roi, et il elevera la corne de son Oint "; elle se retrouve

en des termes non moins magnifiques dans les novissima verba de David (II Sam. xxiii), et on la devine encore dans le dernier appendice {ibid, xxiv) ou nous voyonsce roi offrir un sacrifice sur I'aire d'Arenna, emplacement du temple futur. C'est ainsi que les livres de Samuel se relient au dernier chapitre de I'episode de Ruth, a la genealogie de Phares, fils de Juda, dont le dernier nom est celui de David.

On ne saurait assignerd'une maniere certaine Tepoque a laquelle cet ouvrage a ete compose. Des explications d'anciens usages, telles que I Sam.

ix, 9, et des remarques comme I Sam.

xxvii, 6 : " Siceleg appartient aux rois de Juda jusqu'a ce jour "(comp. xxx, 25), indiquent seulement que I'auteur a vecu a quelque distance des evenements. Parmi toutes les conje6lures emises a ce sujet, la plus vraisemblable nous parait etre celle qui attribue la composition du livre a un prophete vivant sous le regne de Roboam.

A quelles sources I'auteur a-t-il puise ses informations? Tout d'abord dans des traditions orales conservees jusqu'a lui; mais nul doute qu'il ait eu aussi sous les yeux des documents ecrits, tres rapproches ou meme contemporains des evenements. Luimeme cite le livre du Juste {^\ Saui.

1,18. Comp. Jos. X, 13); il faut y ajouter d'autres ouvrages rediges par les prophetes du temps, ouvrages connus de I'auteur des Paralipomenes etegalement utilises par lui^, tels que le Livre de Samuel le Voyant, le Livre de Nathan le prophete et celui de Gad le prophete, sans parler de la colle6lion nationale des genealogies. Ainsi s'expliquent cette delicatesse de touche, cette vivacite unie a la finesse des traits biographiques^ et a la fraicheur

' Voy. I Par. xxvii, 24; xxix, 29; II. Par. ix, 29.

^ L'historien de Saiil et de David, dit M. Vigouroux, est un des meilleurs ecrivains en prose de I'age d'orde la litterature hebiaique; il tient parmi les prosateurs le meme rang qu'Isaie et Joel parmi les pro-

phetes. On ne trouve chez lui ni les archaismes du Pentateuque, ni ce qu'on a appele les provincilialismes de I'auteur des Juges, qu'on suppose avoir vecu dans le nord de la Palestine, ni les chaldaismes assez nombreux des deux livres des Rois.

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