‹ La Sainte BibleChapitre 344 sur 735 · XIII — XIV · texte numérisé non relu

XIII — XIV

CHAP. XIII. — Inceste d'Ammon. Absalom le fait as.sassiner.

Cli. XIII. ^^^Prescela il arriva qu'Absalom, fils de David, ayant une soeur qui etait belle et qui .s'appelait Thamar, Amnon, fils de David, I'aima. ^Amnon se tourmentait ju.squ'a se rendre malade au sujet de Thamar, sa sceur; car elle etait vierge, et il semblait impossible a Amnon de lui rien faire. 3 Amnon avait un ami, nomme Jonadab,fils de Semmaa, frere de David, et Jonadab etait un homme fort avise. 4ll lui dit : " Pourquoi es-tu ainsi defait, fils du roi, chaque matin? Ne me le diras-tu pas.'' " Amnon lui repondit : " J'aime Thamar, soeur de mon frere Absalom. " sjonadab lui dit : " Mets-toi au lit et fais le malade. Quand ton pere viendra te voir, tu lui diras :

Permets, je te prie, que Thamar, ma soeur, vienne me donner a manger, et qu'elle prepare le mets sous mes yeux, afin que je le voie, et je mangerai de sa main. " ^Amnon se concha et fit le malade. Le roi vint le voir, et Amnon lui dit : " Je te prie, que Thamar, ma soeur, vienne faire deux gateaux sous mes yeux, et que je les mange de sa main. "

7 David envoya dire a Thamar dans I'appartement interieur : " Va chez ton frere Amnon et prepare-lui un

mets. " ^Thamar alia chez son frere Amnon, qui etait couche. Prenant de la pate, elle la petrit, prepara les gateaux sous ses yeux et les fit cuire; 9 elle prit eiistiite la poele et les versa devant lui. Mais il rcfusa de manger.

Amnon dit alors : " Faites sortir d'ici tout le monde. " Lorsque tous fui'ent sortis de chez lui, ^o Amnon dit a Thamar : " Apporte le mets dans I'alcove chambre, et que je le mange de ta main. " Thamar prit les gateaux qu'elle avait faits, et les apporta a son frere Amnon dans I'alcove.

^^Comme elle les lui presentait a manger, il la saisit et lui dit : " Viens, couche avec moi, ma soeur. " ^^EHe lui repondit : " Non, mon frere, ne me deshonore pas, car on n'agit point ainsi en Israel; ne commets pas cette infamie. i3Moi, oii irais-je porter ma honte? Et toi tu serais comme I'un des infames en Israel. Parles-cn au roi, je te prie, et il ne refusera pas de me donner a toi. " i4l\Iais il ne voulut pas I'ecouter; plus fort qu'elle, il lui fit violence et coucha avec elle.

^sAussitot Amnon eut pour elle une forte aversion, plus forte que n'avait ete son amour; et Amnon lui dit: " Levetoi,va-t'en! " ^^EHe lui repondit :" Au mal que tu m'as fait, n'ajoute pas le

CHAP. XIII

1. Aprcs cela. apres la guerre centre les Ammonites, vers la vingtieme annee du regne de David. —77mw/<zr.- ce nom veut dire pahiiier. — A/iinof!,Jils (aine) de David et d'Achinoam (iii, 2). ■ — Les evenements racontes dans les chap. xiii-.\xiii, sauf quelques faits particuliers, sont omis dans les Paralipomenes.

2. Elle etait vierge : la chastete virginale de Thamar, qui vivait enfermee dans I'appartement des femmes, semblait opposer une barriereinfranchissable aux desirs coupables d' Amnon.

3. Seininaa ou Sam ma (I Sam., xvi, 9) etait le troisieme fils d'Isai; Jonadab etait done le cousin germain d'Amnon. — Avise, ici dans le sens de 7Jise, comxnG. Job, v, 13.

4. Chaque matin : c'est le matin surtout que la souffrance se lit sur le visage, apres une nuit sans sommeil.

6. Deux gateaux, deux patisseries, hebr. lebiboth (de leb, coeur,) peut-etre ayant la forme de coeurs. Vulg., deux petiies potions; de meme au vers. 8.

7. On voit par la que les fils de David avaient dans le palais leurs appartements, oil ils demeuraient avec leur famille.

LIBER SFXUNDUS RECxUM. Cap. XIII, i— 16.

Davidj et omnis exercitus in Jerusalem.

—^^ CAPUT XII I. -^;--

Absalom, propter incestiim cum sorore Thamar, fratrem Amnon inter epulas, occidit: iratoque patre, profugiis ad regem Gessur, tribus annis ibi permansit.

'ACTUM est autem post h^c, ut Absalom filii David sororem speciosissimam, vocabulo Thamar, adamaret Amnon filius David, 2. et deperiret eam valde, ita ut propter amorem ejus asgrotaret : quia cum esset virgo, difficile ei videbatur ut quippiam inhoneste ageret cum ea.

3. Erat autem Amnon amicus, nomine Jonadab filius Semmaa fratris David, vir prudens valde. 4. Qui dixit ad eum : Quare sic attenuaris macie fili regis per singulos dies.'^ cur non indicas mihi.^ Dixitque ei Amnon : Thamar sororem fratris mei Absalom amo. 5. Cui respondit Jonadab : Cuba super lectum tuum, et languorem simula : cumque venerit pater tuus ut visitet te, die ei : Veniat, oro, Thamar soror mea, ut det mihi cibum, et faciat pulmentum, ut comedam de manu ejus. 6.Accubuit itaque Amnon, et quasi asgrotare coepit : cumque venisset rex ad visitandum eum, ait Amnon ad regem :Veniat, obsecro, Thamar soror mea, ut faciat in oculis meis duas

sorbitiunculas, et cibum capiam de manu ejus.

7. Misit ergo David ad Thamar domum, dicens : Ven\ in domum Amnon fratris tui, et fac ei pulmentum. 8. VenitqueThamar in domum Amnon fratris sui : ille autem jacebat : quas tollens farinam commiscuit : et liquefaciens, in oculis ejus coxit sorbitiunculas. 9. Tollensque quod coxerat, effudit, et posuit coram eo, et noluit comedere : dixitque Amnon : Ejicite universos a me. Cumque ejecissentomnes, 10. dixit Amnon ad Thamar : Infer cibum in conclave, ut vescar de manu tua. Tulit ergo Thamar sorbitiunculas, quasfecerat, et intulitad Amnon fratrem suum in conclave.

II. Cumque obtulisset ei cibum, apprehendit eam, et ait : Veni, cuba mecum soror mea. 1 2. Quas respondit ei : Noli frater mi, noli opprimere me: nequeenim hoc fas est in Israel : noli facere stultitiam hanc.

13. Ego enim ferre non potero opprobrium meum, et tu eris quasi unus de insipientibus in Israel : quin potius loquere ad regem, et non negabit me tibi. 14. Noluit autem acquiescere precibus ejus, sed prasvalens viribus oppressit eam,et cubavit cum ea. 15. Et exosam eam habuit Amnon odio magno nimis : ita ut majus esset odium, quo oderat eam, amore quo ante dilexerat. Dixitque ei Amnon: Surge, et vade. 16. Quas

8. Pate ; Vulg., farine. — Sous ses jeu.v, dans une chamlore voisine, dont la porta etait ouverte (vers. 10).

9. Le refus de manger et I'ordre de sortir donne a tous las serviteurs devaient faire croire qu' Amnon etait devenu plus malade.

12. E/i Israel : comp. Lev. xx, 8 sv. — Ce//e infatnie^ litt. cette folie : comp. Ge/i. xxxiv, 7.

13. // fie refusera pas : Thamar ne devait pas ignorer que la loi dcfendait les mariages entre demi-soeurs et demi-freres {Lev. xviii, 9; XX, 16); elle nevoulait sans doute que gagner du temps (Josephe).. D'autre part, I'institution du harem, contraireaussi a la loi de Moise {Dent, xvii, 17), n'aurait-elle pas en-

traine d'autres deviations, et notamment celle dont il est question ici, pour laquelle I'exemple meme d'Abraham pouvait etre invoque {Gen. xx, 12)?

15. Aussitot A/iinon, etc. : ce trait est d'une grande verite psychologique. La passion d'Amnon etait tout exteriaure; i\ peine I'a-t-il satisfaite, qu'il a honte de lui-mema et horreur de celle qui en a dte I'objet.

16. En c/iassant 'YhsLm-a-Y, Amnon ne randait pas seulement sa faute publique, il faisait croire que c'etait elle qui etait venue le seduire, lorsqu'elle n'avait ete que vicTime. Le texte original de ce verset difficile parait avoir ete altere; I'auteur semble melanger les paroles de Thamar avec son propre recit.

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mal plus grand encore de me chasser. " Mais, sans vouloir I'ecouter, ^711 appela le garcon qui le servait et dit : " Jette cette femme dehors loin de moi ; et ferme la porte derriere elle. " ^^Or elle avait une robe longue, car c'etait le vetement porte par les filles du roi en guise de manteaux, aussi longtemps qu'elles etaient vierges.

Le serviteur d'Amnon la mit dehors et ferma la porte derriere elle. i9Thamar repandit de la poussiere sur sa tete et dechira sa longue robe, et mettant la main sur sa tete, elle s'en alia en poussant des cris. ^oAbsalom, son frere, lui dit : " Vraiment, ton frere Amnon a-t-il ete avec toi?

Maintenant, ma soeur, tais-toi, c'est ton frere ; ne prends pas cette affaire a cceur. " Et Thamar alia demeurer, consumee de chagrin, dans la maison de son frere Absalom. ^^Lorsque le roi David apprit toutes ces choses, il fut tres irrite [; mais il ne voulut pas contrister I'esprit d'Amnon, son fils, car il I'aimait comme etant son premier-ne]. ^2 Absalom n'adressait plus aucune parole bonne ou mauvaise a Amnon, car il le haissait a cause de I'outrage fait a Thamar, sa soeur.

23 Deux ans apres,comme Absalom avait les tondeurs a Baal-Hasor, pres d'Ephra'im, il invita tous les fils du roi. 24Absalom alia trouver le roi et dit : " Voici que les tondeurs sont chez ton serviteur; que le roi et ses officicrs vicnnent chez ton serviteur. " 25 Et le roi dit a Absalom : " Non, mon fils, nous n'irons pas tous, de peur que nous ne te soyons a charge. " Absa-

lom fit des instances, mais le roi ne voulut pas y aller,et il le benit.^^Alors Absalom dit : " Si tu ne viens pas, permets du moins a Amnon, mon frere, de venir avec nous. " Le roi lui repondit : " Pourquoi irait-il avec toi.^ " ^/Absalom ayant insiste, le roi laissa aller avec lui Amnon et tous les fils du roi.

28Absalom donna cet ordre a ses scrviteurs : " Faites attention! quand le coeur d'Amnon sera egaye par le vin et que je vous dirai : Frappez Amnon! vous le tuerez. Ne craignez pas; n'est-ce pas moi qui vous I'ai commande? soyez fermes et montrez du courage ! " 29 Les serviteurs d' Absalom firent a Amnon comme Absalom I'avait ordonne. Et tous les fils du roi se levant, monterent chacun sur sa mule et s'enfuirent.

soComme ils ^X.-dXo.n'i encore ^x\ chemin, ce bruit arriva a David : " Absalom a tue tous les fils du roi, et il n'cn est pas reste un seul."3iLe roi se leva, dechira ses vetements et se coucha par terre, et tous ses serviteurs se tenaient la, les vetements dechires.

3-Jonadab, fils de Semmaa, frere de David, prit la parole et dit : " Que mon seigneur ne pense point que tous les jeunes gens, fils du roi, ont ete tues; Amnon seul est mort. C'est une chose qui etait sur les levres d'Absalom depuis le jour ou Amnon a deshonore Thamar, sa sceur. 33 Que le roi mon seigneur ne s'imagine pas que tous les fils du roi sont morts; car Amnon seul est mort." 34 Et Absalom prit la fuite.

18. Robe longue, a manches et tombant jusqu'aux pieds (Vulg. LXX) : voy. la note de Gen. xxxvii, 3. Sens : Elle avait..., et un valet la chasse comme une courtisane !

19. La jnain siir sa t;te,^c>wx signifiei" qu'un lourd chagrin, que la main de Dieu en quelque sorte, pesait sur elle. Comp. Jdr. ii, 37.

20. C est ton frere : Absalom calme Thamar, dont il a deja rdsolu de venger I'outrage.

2[. Les mots entre crochets sont empruntes par la Vulgate aux Septante, qui ont voulu expliquer pourquoi David ne punit pas Amnon conformement aux prescriptions

de la loi {Deut. xx, 17). Cette indulgence du roi irrita Absalom et jeta peut-etre dans son coeur la premiere semence de sa revoke.

22. N'adressait plus aiiaine parole, litt. 7ie parlait ni en bien ni en 7nal, ne parlait plus du tout a Amnon.

23. Les tondeurs : la tonte des brebis etait une occasion de rejouissances et de festins. Comp. Gen. xxxviii, 12; I Sam. xxv, 4. — Baal-FLasor, inconnue; peut-etre Tell-Azour, a 2 lieues au N. de Bethel. — Ephraim, appelde ailleurs Ephrain, Ophera, Ephrem {Jean, ix, 54), a 2 lieues a I'E. de Bethel

LIBRR SECUNDUS REGUM. Cap. XIII, 17—34.

respondit ei : Majus est hoc malum, quod nunc agis adversum me,quam quod ante fecisti, expellens me. Et noluit audire earn : 17. sed vocato puero, qui ministrabat ei, dixit :

Ejice hanc a me toras : et claude ostium post eam. 18. Quas induta erat talari tunica : hujuscemodi enim filias regis virgines vestibus utebantur. Ejecit itaque eam minister illius foras : clausitque fores post eam.

19. Qjiae aspergens cinerem capiti suOjScissa talari tunica, impositisque manibus super caput suum, ibat ingrediens, et damans. 20. Dixit autem ei Absalom frater suus: Numquid Amnon frater tuus concubuit tecum. ^ sed nunc soror tace, frater tuus est : neque affligas cor tuum pro hac re. Mansit itaque Thamar contabescens in domo Absalom fratris sui. 2 1 . Cum autem audisset rex David verba haec, contristatus est valde, et noluit contristare spiritum Amnon filii sui, quoniam diligebat eum, quia primogenitus erat ei.

22. Porro non est locutus Absalom ad Amnon nee malum, nee bonum. :

oderat enim Absalom Amnon, eo quod violasset Thamar sororem suam.

23. Factum est autem post tempus biennii, ut tonderentur oves Absalom in Baalhasor, quae est juxta Ephraim : et vocavit Absalom omnes filios regis, 24. venitque ad regem, et ait ad eum : Ecce tondentur oves servi tui : veniat, oro, rex cum servis suis ad servum suum. 25. Dixitque rex ad Absalom : Noli fili mi, noli rogare ut veniamus omnes, et gravemus te. Cum autem cogeret

eum, et noluisset ire, benedixit ei, 26, Et ait Absalom : Si non vis venire, veniat, obsecro, nobiscum saltem Amnon frater meus. Dixitque ad eum rex : Non est necesse ut vadat tecum. 27. Coegit itaque Absalomeum,etdimisitcumeo Amnon et universos filios regis. Feceratque Absalom convivium quasi convivium regis.

28. Prasceperat autem Absalom pueris suis, dicens : Observate cum temulentus fuerit Amnon vino, et dixero vobis: Percutite eum,et interficite, nolite timere : ego enim sum qui pra^cipio vobis : roboramini, et estote viri fortes. 29. Fecerunt ergo pueri Absalom adversum Amnon, sicut prasceperat eis Absalom. Surgentesque omnes filii regis ascenderunt singuli mulas suas, et fugerunt.

30. Cumque adhuc pergerent in itinere, fama pervenit ad David, dicens : Percussit Absalom omnes filios regis, et non remansit ex eis saltem unus. 31. Surrexit itaque rex, et scidit vestimenta sua : et cecidit super terram, et omnes servi illius, qui assistebant ei, sciderunt vestimenta sua. 32. Respondens autem Jonadab fili us Semmaa fratris David, dixit : Ne asstimet dominus meus rex, quod omnes pueri filii regis occisi sint: Amnon solus mortuus est, quoniam in ore Absalom erat positus ex die qua oppressit Thamar sororem ejus. ;^^^. Nunc ergo ne ponat dominus meus rex super cor suum verbum istud, dicens : Omnes filii regis occisi sunt :

quoniam Amnon solus mortuusest.

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