Et castrametatus est Israel cum Absalom in terra Galaad
27. Cumque venisset David in Castra, Sobi filiusNaas de Rabbath iiliorum Ammon, et Machir filius Ammihel de Lodabar, et Berzellai Galaadites de Rogelim, 28, obtulerunt ei stratoria, et tapetia, et vasa fictilia, frumentum, et hordeum, et farinam, et polentam, et fabam, et lentem, et trixum cicer, 29. et mel, et butyrum, oves, et pingues vitulos : dederuntque David, et populo, qui cum eo erat, ad vescendum : suspicati enim sunt, populum fame, et siti fatigari in deserto.
To2/s les homines d^Israel qu'il avait leves d'apres le conseil de Chusai.
25. LUsmaelite : comp. I Par. ii, 17. Le texte hebreu acftuel porte Vlsraelite. Les LXX et la Vulg-. ont lu, le Jesraelite, de la ville de Jezrael {Jos. xix, 18). — Etait allc vers : euphemisme, rem Jiabiierat cum. — Sceur de Sa/via .-on ne dit pas sceur de Da- 7'id, ce qui porte k croire qu'Abiga'il et Sarvia dtaient filles de la mere de David et de Naas, non d'lsa'i, et par consequent les belles scEurs du roi. Fils illegitime d' Abigail, Amasa etait done neveu pareillement illegi time de David.
27. Sobi, peut-etre le fils du roi d' Ammon vaincu par David (xii, 29), et tributaire de ce dernier. — Naas, autre que celui du vers. 25. Machir : voy. ix, 4. — Rogelim : situation inconnue dans le pays de Galaad.
28. Coinieitures, propr. lits, objets de literie pour une armee en campagne. — Des marmitesj Vulg., des tapis. — Des pais rotis torrefies (Vulg.) : c'est le meme mot hebreu {qdli) qui vient d'etre rendu '^■ax grain roii; peut-etre est-ce une erreur de copiste.
29. Frontages de vache; par opposition au fromage de chevre, plus commun. Vulg., veanx gras; Theodotion, veaux de lait.
DEUXIEME LIVRE DES ROIS. Chap. XVIII, i — i.
CHAP. XVIII. — Defaite ct mort d'Absalom.
Chap.
XYIII.
jAvid, ayant passe en revue la troupe qui etait avec lui, etablit sur eux des chefs de milliers et des chefs de centaines. ^H rnit le peuple, un tiers sous le commandement de Joab, un tiers sous celui d'Abisai, fils de Sarvia, frere de Joab, et un tiers sous celui d'Ethai, le Getheen. Et le roi dit au peuple : " Moi aussi je veux sortir avec vous. " 3 Mais le peuple : " Tu ne sortiras point!
Car, si nous sommes mis en fuite, ils ne prendront pas garde a nous, et si la moitie d'entre nous succombe, ils n'y prendront pas garde. Mais toi, tu es comme dix mille d'entre nous; il vaut done mieuxque tu puisses venir de la ville a notre secours. " 4Le roi leur repondit : " Ce qui vous paraitra bon, je le ferai. " Et le roi se tint a cote de la porte, pendant que tout le peuple sortait pargroupes de mille et par groupes de cent. 5 II donna cet ordre a Joab, a Abisai et a Etha'i :
" Menagez-moi le jeune homme, Absalom! " Et tout le peuple entendit I'ordre du roi adj'essek tous les chefs au sujet d'Absalom.
6 La troupe sortit dans la campagne a la rencontre d' Israel, et la bataille eut lieu dans la foret d'Ephra'im. 7 La le peuple d' Israel fut battu par les gens de David, et il y eut en ce jour un grand carnage; vingt mille hommes perirent. ^Le combat s'eten-
dit sur toute la contree, et ce jour-la la foret devora plus de gens que n'cn devora I'epee.
9 Absalom se trouva en presence des gens de David. II etait monte sur un mulct, et le mulct s'engagea dans les branches toufifues d'un grand terebinthe ; la tete d'Absalom se prit au terebinthe, et il resta suspendu entre le ciel et la terre, et le mulct qui le portait passa outre. ^oUn homme I'ayant vu, vint le rapporter a Joab; disant : " J'ai vu Absalom suspendu a un terebinthe. " "Joab dit a I'homme qui lui apportait cette nouvelle : " Tu I'as vu! Pourquoi done ne I'as-tu jms abattu sur place? Je t'aurais bicn donne dix sides d'argent et une ceinture. " ^^^et homme repondit a Joab : " Non, quand je peserais sur ma main mille sides d'argent, je ne toucherais pas au fils du roi; car nous avons entendu le roi te donner cet ordre a toi, a Abisai et a Ethai :
Prenez garde chacun de toucher au jeune homme, a Absalom! ^sEt si j'avais perfidement attente a sa vie, rien n'aurait ete cache au roi, toi-meme tu te serais dresse centre moi. " i4joab dit : " Je ne veux pas m'attarder aupres de toi ; " et ayant pris en main trois javelots, il les enfon^a dans le coeur d'Absalom, encore vivant au milieu du terebinthe. ^sEt dix jeunes gens, qui portaient les armes de Joab,
CHAP. XVIII
2. La disposition d'une armee en trois corps etait la plus ordinaire chez les Israelites. — Ethai : voy. xv, 21 sv.
3. Ve7tir de la ville a notre secojtrs : David devait rester a Mahanaim avec un corps de reserve, soit pour appuyer au besoin les combattants, soit pour les recevoir dans la ville en cas de fuite.
5. Mhiagez; litt., douceinent pour moi envers le jetine homme, envers Absalom.
6. La troupe de David ; Israel, celle d'Absalom. — La foret d'' Ephraim : d'apres ce qui precede, il semble bien que cette bataiUe fut livree dans le voisinage de IMaha-
na'im ; mais, d'autre part, on ne connait pas d'autre foret d'Ephraim que celle qui etait a rO. du Jourdain (Jos. xvii, 15, 18). Cette difficulte se resoud de deux manieres : i. Ou bien une foret a I'E. du Jourdain avait pour quelque raison inconnue, peut-etre apres une vi(floire ou une defaite des Ephrai'mites (Jtig. vii, 24 sv. xii, 6), regu le nom d'Ephraim ; 2. ou bien I'auteur ne nous a donne qu'un recit incomplet des evenements : passant sous silence le combat de Mahanaim, et peut-etre d'autres encore, qui avaientforce Absalom a repasser le Jourdain et a se refugier dans les montngnes et les bois de la tribu d'Ephraim, il se bornerait a raconter la bataille decisive livree dans ces parages. La
LIBER SECUNDUS REGUM. Cap. XVIII, i— 15.
— :::— CAPUT XVIII. — *— Absalom vidlus proelio, et de quercu pendens ab Joab transfoditur ; quod audiens David, amare euni flevit.
GIl'UR considerate David populo suo constituit super eos tribunes et centuriones, 2. et dedit populi tertiam partem sub manu Joab, et tertiam partem sub matiu Abisai filii Sarvias fratris Joab, et tertiam partem sub manu Ethai, qui erat de Geth : dixitque rex ad populum :
Egrediar et ego vobiscum, 3. Et respondit populus : Non exibis :
sive enim fugerimus, non magnopere ad eos de nobis pertinebit : sive media pars ceciderit e nobis, non satis curabunt : quia tu unus pro decem millibus computaris : melius est igitur ut sis nobis in urbe prassidio. 4. Ad quos rex ait : Qj.iod vobis videtur rectum, hoc faciam.
Stetit ergo rex juxta portam : egrediebaturque populus per turmas suas centeni, et milleni. 5, Et pra;cepit rex Joab, et Abisai, et Ethai, dicens : Servate mihi puerum Absalom. Et omnis populus audiebat pr^cipientem regem cunctis principibus pro Absalom.
6. Itaque egressus est populus \n campum contra Israel, et factum est proelium in saltu Ephraim. y.Et caesusest ibi populus Israel ab exercitu David, t'actaque est plaga ma-
gna in die ilia, viginti millium.
8. Fuit autem ibi proelium dispersum super faciem omnis terr^, et multo plures erant,quossaltus consumpserat de populo, quam hi, quos voraverat gladius in die ilia.
9. Accidit autem ut occurreret Absalom servis David, sedens mulo:
cumque ingressus fuisset mulus subter condensam quercum et magnam, adhassit caput ejus quercui : et illo suspense inter coelum et terram, mulus, cui insederat, pertransivit. 10. Vidit autem hoc quispiam, et nuntiavit Joab, dicens : Vidi Absalom pendere de quercu. 1 1. Et ait Joab viro, qui nuntiaverat ei :
Si vidisti, quare non confodisti eum cum terra, et ego dedissem tibi decem argenti siclos, et unum balteum.^ 12. Qui dixit ad Joab : Si appenderes in manibus meis mille argenteos, nequaquam mitterem manum meam in filium regis : audientibus enim nobis praixepit rex tibi, et Abisai, et Ethai, dicens : Custodite mihi puerum Absalom. 13. Sed et si fecissem contra animam meam audacter, nequaquam hoc regem latere potuisset, et tu stares ex adverse.'' 14. Et ait Joab : Non sicut tu vis, sed aggrediar eum coram te.
Tulit ergo tres lanceas in manu sua, et infixit eas in corde Absalom : cumque adhuc palpitaret ha:;rens in quercu, 15. cucurrerunt decem juvenes armigeri Joab, et percutientes interfecerunt eum.
premiere solution nous parait la meilleure.
8. La /oref, semee de precipices et de marais ou les fuyards trouvaient la mort, devora, etc.
9. La tete d'' Absalom sc prit^ etc. : il n'est pas dit ciue ce fut par sa riche chevelure; peut-etre la tete se trouva-t-elle prise entre deux fortes branches tres rapprochees (Theodoret).
II. Side = 14 gr. 2. — Ccinture : c'etait chez les Hebreux one des pieces les plus riches du costume, souvent donn^e en present (I Rois^ xviii, 4). On y mettait I'argent que Ton portait sur soi {Maith. x, 9).
12 sv. Cliacun^ hebr. mi, litt. qui que ce soit. Les anciennes versions ont lu //, pour
moi. — Per/idetnent {Vu\g., audacieusement), malgre les ordres du roi. — A sa vie, hebr. benaphscho. D'apres le qeri, benaphsc/ii, il faudrait traduire, aiiiremeiit faurais agi traitreusement coiitre moi-meine, j'aurais prononce ma propre sentence de mort, car rien n'aurait ete cache, etc.
14. Je ire veux pas perdre le temps en discours inutiles. D'autres, jc tCattendrai pas apres toi, je ne te laisserai pas ce soin, savoir de tuer Absalom. — Trois javelots; mieux, trois batons pointus, qu'il trouva sous la main. — Eitcore vivant; d'autres, avec la Vulg., joignent ces mots a ce qui suit : comme Absalom vivait encore, dix jeunes gens, les (5cuyers de Joab, Pentourt:rent, etc.
DEUXIEME LIVRE DES ROIS. Chap. XVIII, i6
entourerent Absalom, et, le frappant, lui donnerent la mort.
'^^Aussitot Joab fit sonner de la trompette, et le peuple cessa de poursuivre Israel, car Joab le retint.
^7Ayant pris Absalom, ils le jeterent dans une grande fosse an milieu de la foret et on eleva sur lui un tres grand monceau de pierres; et tout Israel s'enfuit chacun dans sa tente.
— ^8 j)e son vivant, Absalom s'etait erige le monument qui est dans la vallee du Roi ; car il disait : " Je n'ai point de fils pour conserver le souvenir de mon nom. " Et il donna son propre nom au monument, et on I'appelle la main d'Absalom jusqu'a ce jour.
i9Achimaas, fils de Sadoc, dit :
" Laisse-moi courir et porter au roi la nouvelle que Jehovah lui a fait justice en le delivrant de la main de ses ennemis. " ^ojoab lui dit : " Tu ne seras pas aujourd'hui le porteur de la nouvelle ; tu la porteras une autre fois, mais tu ne saurais le faire aujourd'hui, puisque le fils du roi est mort. " 2iEt Joab dit a un Couschite : " Va, et annonce au roi ce que tu as vu. " Le Couschite se prosterna devant Joab et courut. ^aAchimaas, fils de Sadoc, dit encore a Joab : " Quoi qu'il puisse arriver, laisse-moi courir apres le Couschite. " Et Joab dit :
" Pourquoi veux-tu courir, mon fils?
Ce message ne saurait te profiter. "
— 23" Quoi qu'il arrive, je courrai, " reprit Achimaas. Et Joab lui dit :
" Cours! " Achimaas courut par le chemin de la Plaine, et il devanca le Couschite.